‹ Le premier pas de son altesse; vaudeville en un acte. Par MM. De Leuven et DeforgesChapitre 23 sur 26 · SCÈNE XIX · texte numérisé non relu

SCÈNE XIX

LE PRINCE , puis LUCY.

tE PRINCE , allant ouvrir la porte de gauche. Ain . Vaudeville de la Haine d'une femme. Venez, venez, je vous en prie...

Ma chère Lucy !.. c'est bien moi !..

Que de charmes !, qu'elle est jolie : Auprès d'elle quel doux émoi:..

Votre leçon, bonne comtesse !

Ici , me vaudra le bonheur !..

Mais agissons avec flnesse.

Et surtout pas de maladresse...

(a Lucy.) N'ayez pas peur ! )bi8.)

Ma chère enfant, n'ayez pas peur!

LUCY

Eh bien! monseigneur... vous êtes-vous occupé de moi?

LE PRliNCE.

Elle mêle demande... depuis ce matin je n'ai pensé qu'à vous... décidément votre mari est un scélérat...

LUCY

Oh! oui, monseigneur... flgurez-vous que tout à l'heure, ici... je l'ai vu....

LE PRINCE

Et vous lui avez parlé?

LUCY

Oui... mais sans me faire connaître... ce voile me dérobait à ses yeux...

LE PRINCE

Et que vous a-t-il dit?

LUCY

Oh! des choses... des choses à faire frémir !

LE PRINCE

En vérité?

LUCY, hésitant.

Il m'a conseillé ?..

LE PRINCE

Quoi donc ?..

LUCV, baissant les yeux.

De vous aimer...

LE PRINCE

De m'aimer... Allons, iUlons , il n'est pas si coupable que je le (jensais.

LUCY

Oh! monseigneur... un mari !..

LE PRINCE

Vous avez raison... Oui, il est très coupable.. . et je me charge de sa pu- BttJk)n... (Il iui prend la main qu'it baise.)

LUCV,

Que faites-vous? <

LE PRINCE

C'est sa punition qui commence... (Ici on entend en dehors un prélude de musique militaire.) Ah ! mon Dicu !.. qu'esl-ce que c'est que ca ? (Il va regarder à la fenêtre qu'il ouvre.) Une sérénade... ct c'est Pilbury qui conduit l'orchest.re..,.

LUCY. Mou mari?..

LE PUlNCIi:.

Lui-même !

PILBURY, en dehors.

.\llons, messieurs... l'air favori de monseigneur... cl bien en mesure...

(La sénérade accompagne les couplets suivans.l

LE PRIMCB.

Air do Boaqaet de Bal.

Oui , je veux tenir la promesse ♦ jm^i {)|Dy^ .»!,

Que je vous ai faite aujourd'hui.

Puisque votre i^poux vous délaisse, Moi, je dois vous venger de lui Mais d'abord, aimez-moi, ma belle.

Car je serai toujours fidèle...

(u la fait asseoir près de lui sur le canapé. )

PlLBURV, criant au dehors aux musiciens. Amoroso ! comptez les soupirs I

LE PRINCE

Ma petite, c'est ainsi Que l'on se venge d'un mari ! ' *"" ''" ' "« '""' -"' "'

LUCY

Eh ! quoi ! vraiment c'est ainsi ' 'vi/»|i|M ^If^ 8hl»ï M

Que l'on se venge d'un mari?

PILBURY , criant en dehors aux musiciens. ' ^''''f^'- '^«'''1'» ' Crescendo!

LE PRINCE

Ah 1 pour mom ame quelle ivresse : ,. t .-

A mes vœux enfin rendez-vous !

(a part.) Je dois ici, de la comtesse, ...^

Suivre les préceptes si doux ! ii#V»'^*

(aLucj.) Du tendre amour qui nous engage

Il me faut un baiser pour gage. (il l'embrasse.)

PILBURY , criant en dehors aux musiciens. Forlissimé ! appuyez sur la note !..

LUCY

Je ne fais que suivre ici

Tous les conseils de mon mari !

LE PRINCE

Ma petite, c'est ainsi Que l'on se venge d'un mari ;

PILBURY, criant en dehors.

Bravo î bravissimo! vive monseigneur I

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