AUGUSTINE, CLAIRVAL
(Clairval traverse le loyer avec précipitation et s’arrête en apercevant Augustine.)
Clairval. Ah ! c’cs! toi , petite... Ça se trouve bien... tu m’éviteras la peine de retourner à ma loge... Rattache-moi ce ruban qui ne tient pas...
Augustine, sèchement. Oui, Madame... (A elle-même.) Voilà donc celle qne Raptistc me préfère... Si je pouvais lui trouver des defauts!.. (L’examinant.) Ses yeux?.. (Avec humeur.) sont superbes... (De même.) Sa bouche?.. est charmante... Ses épaules?., gracieuses... Ob ! décidément elle est d’une beauté désespérante...
CLAIRVAL , qui s’est mirée pendaut le Jeu d'Augusiine. Eh bien ! petite... à quoi penses-tu donc?.. Et ce ruban ?..
augustine. Voilà, Madame...
(Elle attache le ruban.)
clairval. Aïe!., aïe!.. Mais, lu me piques... fais donc attention.
augustine, a elle-même. Puisque je ne peux pas me venger autrement... (Haut.) Voilà qui est lait. Madame... - ,
clairval. Merci, mon enfant... merci.
augustine , h elle-même. Oh ! si j'avais su cela... je ne lui aurais pas fait une robe si gracieuse... Maintenant, je la rendrai bossue... je veux qu'elle soit horriblement habillée.
clairval. Ali ça!., mais à quoi rêves tu donc?.. Je l’ai amenée pour voir la pièce... et tu restes au foyer toute seule... Est-ce que ça ne t’amuses pas?.. ( sr
augustine. Ça m’ennuie à mourir, Madame...
clairval, riant. Eh bien ! c'est agréable pour moi... Mais, que vois-je?., les yeux sont rouges... Tuas pleuré?..
augustine, sèchement. Non, Madame...
clairval. Allons donc!. .j’en suis sûre...
! Voyons... j'ai le temps, je ne suis plus que de la fin du second acte... Conte-moi tes peines... et si je peux les soulager... je le ferai... Je suis une bonne fille...
augustine. Madame!
clairval. Je vois ce que c’est... îles peines de cœur?.. Parle... ça me connaît... J’ai des remèdes certains pour les guérir...
augustine. Je n'en ai pas besoin , Madame...
clairval, avec borné. Est-ce qu’on pleure pour rien ?.. Voyons, je veux savoir ce que tu as?..
augustine. Demandez plulôt ce que vous avez...
claibval. Comment?
ACGUSTINE. pleurant presque. Oh! oui...
Ata : mirtii le praiiil Eu peu*.
Vous atez de l'esprit. Madame, l’n port charmant et gracieux.
Un son de voix qui porte a l'Ame,
Et puis vous avez de beaux yeux Qui séduisent les amoureux ;
Sur votre figure accomplie Brillent les plus douces couleurs;
Enfin, vous êtes trop jolie:
Voila le sujet de mes pleurs I
claibval , riant. Comment!., tu pleures parce que ic suis jolie?..
augustine. Oui, Madame... Oh! ça me fait bien de la peine, allez!..
ci.aihval. Eh bien !.. tu es aimable !
AUGUSTINE, pleurant presque. Je voudrais que vous fussiez laide à faire peur... que vous eussiez des yeux horribles... un nez énorme... une bouche édentée...
claibval. Assez!., assez!., lu me fais peur... Mais... m'expliqueras • tu pourquoi ce vœu... charitable?..
Augustine. Parce qu’alors je ne vous craindrais plus... parce que vous ne m'enlèveriez pas mon Baptiste... que j’ainte, moi... et que vous ne pouvez pas aimer, vous...
cuxinvAL, riant. Baptiste!., notre jeune auteur?
augustine. Oui, Madame... oui... Oh! c'est bien mal de votre part... allez!., parce que, moi, je vous aimais... Je vous aurais habillée pour rien , s'il l'avait fallu... Je ne vous croyais pas capable de ça... vous, qui avez plus d’adorateurs que vous ne pouvez en écouler... subtiliser encore celui d’une pauvre fille comme moi... *
claibvai. , riant. Alt! ah! ah! Mais, rassure toi, ma pauvre fille... Je ne sais pas si ton Baptiste m'aime... quoique ça ne soit pas impossible... entre nous... mais je sais bien, moi, que je n’y pense pas le moins du monde... augustine, avec joie. Bien vrai?
claibvai,. Tu en doutes ?
augustine. Dame !.. c’estqu’il m'avait dit que vous aviez pour lui tics bontés...
claibvai.. Ah! il t’a dit?.. Voyez-vous le petit fat !.. Il n’en est rien, ma petite... et. pour te le prouver... je te promets, si tu veux m'écouter, de le ramener a tes pieds... soumis et repentant...
augustine. Vrai ?.. Oh ! que vous êtes bonne!.. Mais, comment?
ci.aihval. Ne t’ai-jc pas dit que ça me connaissait... Je sais le moy en de mener les hommes, ma chère.
augustine , naïvement Dame ! la grande habitude...
claibval. Hein?..
augustine, se reprenant. Vous jouez si bien la comédie.