SCÈNE NEUVIÈME
Les MÊMES, AMBROISE, entrant par la gauche.
AMBROISE, à Gotlieb.
Qui est là?... avec Frida?....
GOTLIEB.
Érix, mon père.
AMBROISE, avec joie.
Ah! le voilà donc arrivé, ce cher voyageur!
ÉRIX, sourdement.
Oui.... mais je suis forcé de repartir à l’instant.
Comment!... déjà?... Que se passe-t-il donc?
ÉRIX, fort troublé.
Rien.... rien.... mais rester ici.... serait au-dessus de mes forces.... (Les yeux toujours fixés sur Frida) Et je Vais.... je vais.... (il se dirige à reculons vers l’arceau) (brusquement) au grand air!... (sourdement.) car j’étoufîe!..
AMBROISE, inquiet, allant à lui, en étendant les mains.
Ërix!...
ÉRIX, l’arrêtant du geste.
Non, Monsieur Ambroise.... laissez. ...je veux être seul.... Et toi, Gotlieb.... ne m’attends plus!... je ne reviendrai pas.
FRIDA, très-anxieuse.
Ainsi.... vous partez?...
ÉRIX
Oui !... et cette fois, c’est pour toujours! (il sort.)
AMBROISE
Mais expliquez-moi donc.
GOTLIEB, à Ambroise.
Mon père, Ërix a perdu celle qu’il aimait , et il est trop malheureux pour. supporter la vue de mon bonheur!...
Ah!...
GOTLIEB.
Mon bonheur!... Ah! je veux, comme un avare, le cacher à tous les yeux !... (Il enlace Frida de ses bras) et de peür qu’on ne me l’enlève, le tenir ainsi serré sur mon cœur, ....ô ma bien aimée!...
AMBROISE, tombant sur un siège.
C’est étrange !