‹ Le presbytere drame en trois actes, en proseChapitre 28 sur 44 · SCÈNE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

SCÈNE CINQUIÈME

Les Mêmes, GOTLIEB.

GOTLIEB.

Qu’est-ce donc?

GERTRUDE, arrachant la couronne de fleurs d’oranger de Frida.

Cette femme est indigne de porter ces fleurs.... et je les arrache de son front.... Cette femme est indigne de porter ton nom.... et je la chasse de ma demeure !...

GOTLIEB.

Ma mère !...

GERTRUDE, devenant tout d’un coup très-grave, se dresse devant Gotlieb (d’un air sombre).

Mon fils!... vous n’êtes pas le premier amour de cette femme....

GOTLIEB, vivement, à Frida.

Est-ce vrai? dis?... (Frida baisse la tête.)

GERTRUDE

Tu le vois, elle n’ose plus même te regarder !...

GOTLIEB, prenant violemment le poignet de Frida, les dents serrées.

Mais parle !... parle' donc !...

FRIDA, se rapprochant de lui, et le regardant de très-près (d’un air suppliant).

Me tuer serait une charité !...

GOTLIEB, vivement.

Non pas toi!... mais lui!... Dis-moi son nom!.. (Frida fait un geste négatif.) Dis-le-moi !... je le Veux !

Pii

FRIDA

Jamais !...

gotlieb.

Ah ! tu trembles pour lui !

FRIDA, très-véhémente.

Et que m’importe cet homme ! il n’existe plus pour moi!... (Avec tendresse.) Mais pour te préserver d’un danger, toi, je donnerais ma vie.... Ainsi, rien ne me fera dire ce nom!

GOTLIEB, à Gertrude.

Le connaissez-vous, ma. mère?

GERTRUDE

Oui.

GOTLIEB.

Ah !... vous me le direz !...

GERTRUDE

Non!

GOTLIEB, à Ambroise.

Mon père, je m’adresse à vous.... Répondez-moi. Quel est-il? Je veux le savoir 1

AMBROISE

Mon fils.... est-ce pour pardonner?

GOTLIEB.

C’est pour me venger, mon père!

AMBROISE, qui avait gardé jusque-là le bracelet dans sa main, le met vivement dans sa poitrine.

Eh bien! alors, ce nom mourra avec moi....

GOTLIEB.

Mais vous voulez-donc me rendre foui... (il tombe

sur un siège, la tète dans ses mains.) (Un silence.)

GERTRUDE

Je pense, mon fils, qu’il est inutile de vous rappeler que cette femme ne doit pas rester ici....

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