Locataire^ voisin^ habitant la même maison
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flairent, je les pusse assouvir, et qu'ensuite, rassasiées de ces mets, elles se tournassent ailleurs. Quand Eve eut mangé la pomme, elle n'en cueillit pas une seconde ; de même, ces commères, une fois satisfaites; âe tairaient. 'Non pas en laissant ce voile à demi baissé sur la chose, leur curiosité s'attise, elles rôdent autour, et, ne pouvant le soulever,, elles guettent, elles flairent, et, plutôt que de ne pas savoir, elles inventent. Déjà l'histoire de ta fille court le quartier, faite- de leurfaçon^ quand j'aurais préféré* qu'elle fût de la tienne. Finalement, ceci te regarde, et tu en étais bien libre.
Elles disent donc que ce notable , c'est bien M. ^cnest de la Cour ; à preuve que, contrarié dans ses amours et froissé de tes refus, il a quitté l'endroit et s'en est venu habiter avec sa mère une maison de la Gour-Saint-Pierre, où ils ont débarqué avanthier; j'ai vu moi-môme les bagages devant Pallée, et un cornichon de domestique qui, faisant de l'embarras, gênait le service des remueurs. Pendant que j'étais là» ce M. Ernest lui-même est sorti ; et j'ai regretté, à voir son air et tous ces meubles de bonne maisoQ, que ce ne ^oit pas ta Louise qui doive rendre la gaieté à ce cavalier-là et se prélasser sur ces canapés de soie et de dorure. La vie est courte, ReybazV^^ ce bas monde uiie loterie. Pour que tu aies ainsi refusé le gros lot, il faut que par-dessous ce soit bien verreuz ; ou bien comment se mettre dans l'esprit que tu aies préféré à richesse et condition. misère et.... et quoi d'autre? puisque enfin ton futur gendre ne peut dire d'oii il sort , et toi pas davantage. Après tout ^ ceci encore te regarde, et tu en étais bien libre.
En attendant, le voici, ton futur, nommé, étudiant. Au milieu de cette engeance, il en va prendre l'esprit ; et, si toi ou M. Prévère vous vous êtes attachés à lui idonner. règle et discipline^ il va les perdre en moins de temps qu'il ne lui en a fallu pour, les gagner. Étudiant ou tapageur, c'est tout un., Faire des dégâts, C'est leur récréation ; huer les passants, inquiéter le bourgeois, railler les gens d'âge , ce sont leurs menus amusements ; assommer de balles de neige un infirme ou un goutteux qui se traîne devant leur repaire, c-'estleur exploit et leur joie; brider des. vitres, c'est \mv pain . quotidien. Il m'a l'air, lui, d'un éveillé qui^fera bien sa partie, et qui^ pour longtemps encore, sera plus à môme de tapager que d'être un lévite du Seigneur. Pour l'heure néanmoins, il est tranquille, vu que , novice , il croit encore que c'est en travaillant qu'on avance. Mais, avant
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àeai. mfris^ il £era oomme ils sont tous, employant toute sa fainéantise à criailler et mal faire. Dernièrement, à leur leçon de physique, ils ont fait grimper un âne, les uns l'amenant par la tète, les autres le tirant par la queue , si bien que la boufrii^pe est arrivée en haut. Quand le professeur a vu cette bête parmi sa physique : c Ce n'est qu'un de plus , » a-t-il dit ; et , s'étant assis, il a donné sa leçon. C'était bien dit. Mais pendant ce temps la lanière cherchait son âne par les quatre chemins , toute misérable, et en §prand danger d'être battue ou cotigédiée , si elle ne le retrouvait pas à temps.
Pour ta gouverne, il sait les affaires à l'égard de M. Ernest ; car Payant voulu tàter sur l'article , je Tai trouvé retenu , et bien plus disposé à en prendre de moi qu'à m'en. dire lui-même. Seulement ai-je pu connaître que la pensée de ce beau monsieur qui le rivalise ne lui est guère charmante, et qu'il sent de reste que, si peu que tu inclinasses de son côté, nul n'y trouverait à blâmer ou seulement à en être surpris. Et je parie que luimême, au fond, bien qu'il n'en laisse rien paraître, reconnaît que c'est ton droit de père. Quand, pour voir, je lui ai eu dit : c Le bruit court que Reybaz donne sa fîUe à M. Ernest, a j'ai bien vu l'effroi sur son visage, la rage dans ses yeux; et que, s'il compte sur quelque chose, ce n'est guère sur le droit qu'il a d'être préféré à un cavalier de naissance et de richesse. Toutefois, sans rien laisser percer dans son propos : c Possible, » a-t-il répandu, et il a regagné sa chambre.
En fait de nouvelles, voici Jalabert, Samuel, que tu as connu dans le temps, qui marie son fils à la fille des Gamtbard, une éveillée qui donnera du fil à retordre. Les malins disent qu'il y a urgence, et que, pour s'être trop aventurée auprès d'un certam quiconque, ses corsets lui sont trop étroits. Ce quiconque allait l'épouser ; mais voici qu'on découvre qu'ayant des dettes, c'est la dot qu'U marie ' ; alors le père Gambard l'envoie paître, et se retourne vers Jalabert, qu'il avait précédemment rebuté. Jsdabert, sans faire le fier, accepte, en disant bien obligé «acore. C'est luzidi la noce. La Jaquemay annonce que l'alné viendra à sept mois, et un convié fait des couplets coname quoi
L'hyménée
Est farceur en tout temps, jmais surtout cetti aanée.
D'autre part, voici la mienne qui est reluquée de près par un