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transi à qui je finirai par la doimer, bien qu'il n'y ait risque à le faire attendre, étant à la fois un pédagogue tout roide de morale et un religieux tout gonflé de catéchisme. D'ailleurs, bête comme un pot, mais du bois dont on fait les agneaux de maris. Il a fondé ici près une école où, tout en bêlant son grimoire de géographie et aes quatre règles, il se fait sa centaine de louis par an^ et encore cherche-t-il un local, faute de place. Le soir, il nous fré* quentait par rapport à un mien cousin qui nous Ta amené. C'est là qu'il s'est mis à couver des yeux ma Catherine de l'air d'im moine qui convoite, jusqu'à tant que je lui ai dit: «Pardieul l'ami, traduisez-moi vos œillades ; je n'aime pas ce jeu couvert. » Le pauvre diable a fait un tressant de frayeur. « On ne veut pas vous manger, lui ai -je surajouté en voyant sa mine effarée; mais faites votre demande ou laisse^-inous tranquilles. — Je la fais, monsieur Champin, a-t-il balbutié. — Eh bien ! je la prends... pour y réfléchir. » Et on en est resté là.
Ce qui m'arrête encore, c'est que ma Catherine est une douce, quand, ici, il faudrait un drujon^ qui portât les culottes. Assemblée à ce mitron', et jolie qu'elle est, ils vont me bâtir ^une lignée à n^en plus finir, et s'anonchalir au milieu de ce tas de poussins à couver ; si bien que cent louis, qui vont encore pour un ménage à deux moutards élevés de croûtes de pain, ne vont être que peu de choses employés à gonfler huit ou dix bouèbes ' de grasse pitance, ainsi que la mienne, par tendresse pour ces morveux, n'y manquera pas, et ainsi que l'autre, avec ses passages*, n'y saura contredire. Toutefois, Reybaz, je crois bien que je ferai l'affaire, étant là pour gouverner, et sentant d'ailleurs que j'entends prêter ma fille bien plus que la donner; en sorte que tel gendre qui aurait de la volonté assez de quoi la rebeller contre moi ne m'irait pas. C'est bien parce que j'incline' à eelui-ci, qu'en le laissant fréquenter Catherine j'aide à ce qu^oa me force la main , ainsi que, sans se soucier d'un fruit, le laisser mûrir, c^est consentir qu'on le mangera. Ils se voieiit donc jomnellement : elle ne se gênant de tourtereller à ma barbe, et lui n'osant devant moi roucouler, si peu que ce soit, crainte qiae je ne l'apostrophe. Mais je pense que, quand j'ai tourné le pas, le drôle retrouve la voix ; et m'est avis qu'à son école, tout guilleret de souvealrs et enivré d^ardeurs, il doit s'embrouiller
1. Femme oa ffile forte, hardie, laborieuse. — 3. Au figuré : placide j bon enfuiL — 3. Petit enfiuit. r-< 4. passages de li Bible, du eatéchisiBd.
124 LE PRESByÇÈRE.
: î. lïH'.V'' n î dans sa grammaire et leur manquer ses additions. Néanmoins i^èst homme à'nfe pas leur' faire tort dWe minute de temps au pi-ôfit des amours ; éi je iJiiis sans crainte régler ma 'montre sur sa venue, qui tombé' le soir dix minutes après six ^heures : juste le temps de vider sa ciassjB et d'arriver. . ,' , )
' lïy avait lonçtempfe,ï'ahbieÀ, qu'on n'aivàit pas tlabillé ensemble; et Je te dévais' cette conflfdénce, pour' que, â^uri moment à Tautré, tii appirenne^ sans sbrprfeè'que, fchez nous kussi, Gup dbW en fkit deis siennes'.' Te' souvient-ii de ce côùplei chanté par LerfeChé aux rioces de sa filïe':
, . i , Halt&tlà> »m^ame Lerèche l ,
DameLei^èiche, haltjs-là! . ;. • .i j. / i » . , . A Cupid.9n rçpdçn?, la fjèçjie ,..,..
Dont autrefois il lious perca. ^ . , ,
Cliacùn soii bûr dans ce tas monde; De nous reposer il e'st temps, '"' ' - Dtoàntt^iieLlsôii; toute lohdè,
•> ' ; ' . Ytt nous faire iios descendante. ' ' ■
, J'en ^uis a me le remémprer, no,tjamme|:^t que jusqu'à hier j'en ai cherché Tair. Et puis je te, quitte pour, ouvrir à un, quidam qui ^carillonne depuis, une hi^ure. , . , .
' , Champin, Jean-Marc.