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IX. — Discours du Président Hindenburg du 31 décembre

Berlin, 31 décembre.

« Le Président Hindenburg, parlant ce soir à 21 h. 30 devant le microphone, a adressé au peuple allemand un discours dans lequel il déclare notamment :

« Hommes et femmes d’Allemagne, en ma qualité de Président du Reich et par le fait que je suis un vieil homme qui a vécu une phase relativement longue de la vie allemande, je crois avoir le droit de vous adresser, à la fin de cette année qui a été lourde d’épreuves, quelques paroles venant d’un cœur fidèle pour vous aider à supporter la détresse de ces temps.

J’ai conscience de tous les sacrifices qu’on demande à chacun de nous afin d’essayer de maîtriser, par notre propre effort, la misère actuelle, On peut être reconnaissant au peuple allemand de la bonne volonté et de la patience avec lesquelles, conscient d’une dure nécessité, il a supporté tant de charges, tant de souffrances et tant de sacrifices. Mais la grandeur même de ces sacrifices nous autorise à demander à l’étranger de ne pas entraver notre relèvement par limposition de lourdes charges. »

En ce qui concerne la question du désarmement, l'Allemagne ne peut être privée de ses droits. Nous aussi pouvons revendiquer une sécurité égale à celle des autres peuples. Il est clair qu’il n’est pas possible de nous contester cette sécurité.

« Involontairement ma mémoire me reporte à la victoire de Tannenberg. À cette époque aussi nous nous trouvions dans une situation critique. Il nous fallait prendre des décisions, jamais osées encore. Il fallait tout sacrifier à l’armée pour que nous soyons certains du succès.

Assurément, certains cœurs allemands ne pouvaient se débarrasser de quelque crainte; mais nous, soldats, nous nous sentions liés par la confiance, par la camaraderie fidèle, par notre amour pour la patrie, par la foi que nous avions en nous-mêmes. Aussi, en quelques jours, après une lutte acharnée, la décision nous fut favorable.

Aujourd’hui, je m'adresse à l’Allemagne entière dans une situation tout aussi grave. Je l’invite à une union fidèle devant la destinée commune. Comme jadis, marchons la main dans la main et sans trembler vers un avenir incertain. Que personne ne se laisse vaincre par le découragement, que chacun conserve une confiance inébranlable dans l’avenir de la patrie. Dieu, qui a déjà souvent sauvé l’Allemagne de la détresse suprême, ne nous abandonnera pas cette fois encore.

Et maintenant, je souhaite au peuple allemand tout entier et à chacun des Allemands, d’un cœur simple et fidèle, une nouvelle année bénie. »

(La Victoire, du 1+ janvier 1932.)

SECTION VI

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