‹ Le Président du Reich AllemandChapitre 8 sur 65 · ENT · texte numérisé non relu

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apposé à côté du nom, le candidat de leur choix. Mais les électeurs ne sont pas limités par les noms qui leur sont proposés; bien au contraire, ils peuvent voter pour une autre personne. Pour cela, l’électeur doit simplement inscrire dans un espace laissé en blanc, à cet effet, le nom de celui à qui il donne sa VOIX.

La procédure électorale n’est pas réglée par la Constitution, mais par une loi du Reich. Pour être élu au premier tour, il faut avoir la majorité absolue des suffrages exprimés. Au deuxième tour, la majorité relative suffit. Le second tour de scrutin n’est pas seulement une élection qui continue mais aussi une élection qui s’ouvre à nouveau. Il n’y a pas de ballottage, par conséquent on peut voter pour de nouveaux candidats (Loi du 4 mai 1920).

L’exposé des motifs de la loi rappelle les nombreuses discussions qui ont eu lieu à l’Assemblée Nationale sur la procédure électorale à adopter (7). L'Assemblée Nationale, n’ayant pu se décider ni pour le projet du gouvernement, ni pour celui de la Commission, a estimé qu’il serait nécessaire d’examiner plus tard cette question et, au lieu de régler le système électoral dans la Constitution, elle se contenta de laisser ce soin à une loi du Reich.

Le projet du gouvernement a prévu la majorité absolue au premier tour, la majorité relative, au deuxième tour, avec ballottage restreint aux deux candidats ayant obtenu le plus de voix au premier tour. On a reproché à ce projet de ne pas tenir compte du grand nombre des partis allemands. Il est en effet très difficile aux partis de s’entendre entre eux avant les élections puisqu'ils ne connaissent pas encore les chances de leurs candidats. Par conséquent, au premier tour, il y aura vraisemblablement de nombreux candidats et il est possible que les votes soient très partagés. Alors le ballottage aura lieu entre deux candidats n'ayant été désignés que par des fractions restreintes des électeurs et la grande majorité de ceux qui votent pour l’un des deux ne le fera que pour éviter l’élec-

(7) NV. t. 326, s. 4, p. 30 D; t. 327, s. 46, p. 1306 BD, 1310 C, 1312 A; s. 47, p. 1326 B; t. 328, s. 69, p. 2076 A, 2078 B, 2081 D VA. s. 22, p. 232, 285; s. 25, p. 274, 280; s. 26, p. 292.

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tion de l’autre candidat, encore moins désiré. La situation morale du Président s’en ressentira évidemment.

La Commission, n’ayant pas voulu le ballottage, a admis la solution opposée : majorité relative, un seul tour de scrutin. Ce projet évite les inconvénients du ballottage, mais, par contre, il mérite bien davantage que le projet du Gouvernement le reproche de rendre possible l’élection d’un candidat désigné par une fraction restreinte du Corps électoral.

D’après une troisième proposition, pour éviter le ballottage, on invitera les électeurs à indiquer deux candidats sur les bulletins. Si le candidat indiqué en premier lieu n’obtient pas le nombre de voix nécessaire, le vote compte alors pour le deuxième candidat. Ce projet suppose évidemment que les partis rapprochés s’entendent d’avance pour désigner leur deuxième candidat. Ce système évite les inconvénients du ballottage, mais il manque de clarté. De plus, il n’est pas assuré que les électeurs obéiront au mot d’ordre de leur parti. Un parti bien discipliné, dont les membres respecteraient le compromis, se trouverait nettement défavorisé vis-à-vis d’un parti mal organisé.

La procédure adoptée par la loi constitutionnelle du 4 mai 1920 n’impose plus aux partis le sacrifice de renoncer avant les élections à un candidat qui a peut-être de sérieuses chances de succès. Mais quand les divers prétendants ont déjà mesuré leur force, ils peuvent alors s'entendre sur la base des forces relatives qu’on vient de constater. Naturellement, il n’est point indispensable de respecter cette proportion; il est même parfaitement possible de s'entendre sur une personnalité qui n’avait pas fait acte de candidature au premier tour. Ainsi, on espère que le nombre des candidats sera très réduit au deuxième tour et que l’élu obtiendra, sinon la majorité absolue, du moins un nombre de voix beaucoup plus élevé qu'avec les autres projets. Les électeurs pourront voter selon leur libre conviction et l’élu sera vraiment l’homme de confiance de la Nation.

L’inconvénient de ce système, c’est qu’il rende presque toujours obligatoire un second tour de scrutin. Mais, le Président étant élu pour sept ans, l’inconvénient est minime.

Le résultat des élections est constaté par une Commission

(Reichswahlausschuss), contrôlé par le Tribunal des Elections (Wahlprüfungsgericht), et publié par le Ministre de l’Intérieur.

Cette procédure a été appliquée jusqu'ici deux fois. Le premier Président du Reich, Frédéric Ebert ayant été élu par l’Assemblée Nationale, devait rester en fonctions jusqu’à ce que son successeur soit désigné par l’élection populaire, mais il mourut avant (8); il fut d’abord remplacé par le Chancelier du Reich, puis la loi du 10 mars 1928 désigna le Président du Tribunal d’Empire, le Dr. Simons. L’élection a été alors fixée au dimanche 29 mars 1925. Sept candidats se présentèrent au premier tour de scrutin :

1° M. Jarres, candidat des nationalistes et des populistes : 10.387.593 voix ;

2° M. Otto Braun, ancien Président du Conseil Prussien, social-démocrate : 7.785.678 voix ;

5° M. Marx, ancien Chancelier d'Empire, leader du centre catholique : 3.883.676 voix ;

4° M. Thalmann, communiste : 1.669.553 voix ;

5° M. Hellpach, démocrate : 1.565.136 voix ;

6° M. Held, Président du Conseil de Bavière, populiste bavarois : 1.002.278 voix ;

7° M. Ludendorff, ancien quartier-maître : 284.471 voix.

Pour le deuxième tour de scrutin, les partis de gauche s’accordèrent à soutenir la candidature de Marx, alors que les partis de droite présentèrent celle de Feld Maréchal Hindenburg. La candidature de Hindenburg a suscité un véritable scandale à l’étranger : on craignait qu’il ne désire préparer le retour des Hohenzollern.

Ces craintes, comme nous le savons depuis, n'étaient pas fondées. Hindenburg respecta avec autant de loyauté le serment qu'il a prêté sur la Constitution de Weimar que celui qu’il avait prêté à l'Empereur et dont il demanda d’être relevé.

(8) La loi du 27 oct 1922 fixait le terme de ses pouvoirs au 30 juin 1925; Ebert décéda le 25 février 1925.

Un —

Au second tour, qui eut lieu le 26 avril 1925, Hindenburg obtint 14.639.399 voix, Marx 13.752.640, Thalmann 1.931.591. Furent nulles : 21.910 voix. 80 % des électeurs participèrent au deuxième tour tandis que 68 % seulement ne le firent au premier tour.

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