‹ Le Président Wilson et l'évolution de la politique étrangère des États-UnisChapitre 36 sur 49 · LA RUPTURE AVEC L ALLEMAGNE · texte numérisé non relu

LA RUPTURE AVEC L ALLEMAGNE

l'Allemagne, obligée de combattre pour son existence, aille, par égard aux intérêts des neutres, limiter l'emploi du ne arme efficace au cas où on laisserait son ennemi continuer l'application à son gré de procédés de guerre transgressant les règles du droit des gens. Pareille exigence serait incompatible avec le caractère de neutralité, et le gouvernement allemand est convaincu que le gouvernement des Etats-Unis ne songe pas à formuler pareille exigence, étant donné que le gouvernement des Etats-Unis a fréquemment déclaré quil était résolu à rétablir les principes de la liberté des mers, de quelque côté qu en vienne une violation. »

A cela, le gouvernement des Etats-Unis répondit le 8 mai, acceptant naturellement les assurances données, mais ajoutant :

« Le gouvernement des Etats-Unis croit nécessaire de déclarer qu'il considère comme établi que le gouvernement impérial allemand n'a pas lintention de sousentendre que le maintien de la politique nouvellement annoncée dépend en quoi que ce soit de la marche ou du résultat de négociations diplomatiques entre le gouvernement des Etats-Unis et tout autre gouvernement belligérant, nonobstant le fait que certains passages de la note du gouvernement impérial du 4 courant pourraient paraître susceptibles de recevoir cette interprétation. Toutefois, afin d éviter toute espèce de malentendu possible, le gouvernement des Etats-Unis notifie au gouvernement impérial qu il ne peut un seul instant admettre et encore moins discuter lidée que le respect par les autorités navales allemandes des droits des citoyens des Etats-Unis en haute mer dépende en aucune façon et au moindre degré de la conduite de n'importe quel autre gouvernement à l'égard des droits

des neutres et des non-combattants. La responsabilité dans de telles affaires est individuelle, non collective ; absolue, non conditionnelle. »

A cette note du 8 mai, le gouvernement impérial ne fît aucune réponse.

Le 81 janvier, mercredi de cette semaine, l'ambassadeur d Allemagne remit au secrétaire d Etat, en môme temps qu'une note officielle, un mémorandum contenant la déclaration suivante :

« En conséquence, le gouvernement impérial est certain que le gouvernement des Etats-Unis comprendra la situation ainsi imposée à 1 Allemagne par les procédés de guerre brutaux des alliés de lEntente et par leur volonté arrêtée de détruire les Puissances centrales, et que le gouvernement des Etats-Unis reconnaîtra que les intentions maintenant démasquées de l'Entente rendent à l'Allemagne la liberté d action qu elle s'était réservée par la note adressée le 4 mai 1916 au gouvernement des Etats-Unis.

« Dans ces circonstances. l'Allemagne répondra aux mesures illégales de ses ennemis en empêchant par la force, après le V" février 1917 et dans les zones entourant la Grande-Bretagne, la France, l'Italie et dans la Méditerranée orientale, toute navigation, y compris celle des neutres, de ou pour l'Angleterre, de ou pour la France, etc. Tous navires rencontrés dans ces zones seront coulés. »

Je pense que le Congrès conviendra avec moi que, en présence de cette déclaration qui, à limproviste et sans un avis antérieur quelconque, retire 1 assurance solennelle donnée dans la note du gouvernement impérial du 4 mai 1916, le gouvernement des Etats-Unis n a plus qu'une ressource compatible avec la dignité et

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