LA RUPTURE AVEC L ALLEMAGNE
l'honneur des Etats-Unis : c'est de recourir à la décision que, par sa note du 18 avril 1916, il annonçait devoir prendre au cas où le gouvernement allemand ne déclarerait pas abandonner et n'abandonnerait pas effectivement les procédés de guerre sous-marine qu'il employait alors et qu il a lintention demployer derechef aujourd hui.
En conséquence, j'ai chargé le secrétaire d'Etat dannoncer à S. E. 1 ambassadeur d'Allemagne que toutes les relations diplomatiques entre les Etats-Unis et l'Empire allemand sont rompues, que l'ambassadeur des Etats-Unis à Berlin sera immédiatement rappelé ; et, en conformité avec cette décision, j ai chargé le secrétaire d'Etat de remettre à Son Excellence ses passeports.
Malgré cette action inattendue du gouvernement allemand, ce retrait soudain et profondément déplorable de l'assurance donnée à notre gouvernement dans un des moments de tension les plus critiques des relations entre les deux gouvernements, je me refuse à croire que, ce soit l'intention des autorités allemandes d'exécuter ce que, d'après leur avertissement, elles se sentiraient libres de faire. Je ne puis pas arriver à croire que vraiment elles n auront aucun égard pour l'ancienne amitié entre leur peuple et le nôtre ou pour les engagements solennels échangés entre eux, qu'elles détruiront des navires américains, enlèveront la vie à des citoyens américains, en exécutant de propos délibéré le programme naval sans pitié qu'elles ont annoncé lintention d'adopter.
Seuls des actes positifs, manifestes, de leur part pourront me faire croire cela, même maintenant.
Si cette confiance obstinée de ma part en la modération et la clairvoyance de leurs intentions devait malheureusement se révéler sans fondement, si des vaisseaux américains, des existences américaines devaient réelle-
ment être sacrifiés par leurs officiers navals, inconsidérément et au mépris de toute interprétation juste et raisonnable du droit des gens, au mépris des préceptes évidents de l'humanité, je prendrais la liberté de revenir devant le Congrès demander qu'on m'autorise à employer tous les moyens qui peuvent être nécessaires pour protéger nos marins, nos concitoyens, au cours de leurs voyages légitimes et pacifiques en haute mer. Je ne puis rien faire de moins. Je considère comme entendu que tous les gouvernements neutres adopteront la même ligne de conduite.
Je ne désire aucun conflit armé avec le gouvernement impérial d Allemagne. Nous sommes les amis sincères du peuple allemand, et nous désirons vivement rester en paix avec le gouvernement qui parle en son nom. Nous ne croirons pas que ce peuple est notre ennemi jusqu'à ce que nous soyons obligés de le croire et nous ne nous proposons pas autre chose que la juste défense des droits incontestables de notre peuple. Nous ne désirons satisfaire aucune visée égoïste. Nous cherchons seulement à rester fidèles par lesprit et par les actes aux principes immémoriaux de notre peuple que j'ai cherché à exprimer dans mon message au Sénat, il y a deux semaines seulement. Nous cherchons uniquement à revendiquer nos droits à la liberté, à la justice et à la tranquillité de l'existence. Ce sont là des gages de paix, non de guerre. Dieu veuille que des actes d'injustice prémédités de la pari du gouvernement allemand ne viennent pas nous provoquer à les défendre.
Demande de pouvoirs.
message du président au congrès 126 février 1911)
Messieurs les Membres du Congrès,
Jai demande derechef le privilège de vous porter la parole parce que nous traversons des heures critiques pendant lesquelles il me semble de mon devoir de rester en contact étroit avec les deux Chambres du Congrès, de manière qu il y ait entre nous une parfaite concordance de vues et d action.
Le 3 février, je vous faisais connaître officiellement lacté inattendu et soudain du gouvernement impérial allemand déclarant son intention de ne pas tenir compte des promesses faites en avril au gouvernement des Etats-Unis et d'entreprendre immédiatement des opérations sous-marines contre tout navire de commerce, soit belligérant, soit neutre, qui tenterait d'approcher de la Grande Bretagne, de l'Irlande, de la côte occidentale de l'Europe ou des ports de la Méditerranée orientale, et de conduire ces opérations sans aucun égard pour les restrictions établies par les usages internationaux, au mépris même detoutesles considérations d'humanité qui pourraient entraver leurs desseins.
Cette politique a été mise aussitôt en pratique. Elle est appliquée depuis maintenant près de quatre semaines. Les résultats n en sont pas entièrement révélés.
Le commerce d'autres nations neutres est fortement éprouvé, mais il ne lest peut-être pas beaucoup plus qu'avant le V" février, époque à laquelle la nouvelle politique du gouvernement impérial fut mise en pratique.
Nous avons demandé aux autres gouvernements neutres leur coopération pour empêcher ces attentats, mais je crains qu aucun d eux n ait jugé pas prudent de se joindre à nous pour adopter une ligne de conduite commune. Notre propre commerce a souffert et souffre plutôt par appréhension qu'en fait, plutôt parce que tant de nos vaisseaux restent timidement dans les ports de la métropole qu à cause des vaisseaux américains coulés.
Deux vaisseaux américains ont été coulés. Ce sont IHoiisatonic et le Lyman-M .-Law . Le cas de VHoiisatoiiic, qui transportait des denrées alimentaires pour une maison de Londres, ressemble essentiellement à celui du Frye, pour lequel on se rappelle que le gouvernement allemand a reconnu devoir des indemnités et des dommages. La vie des marins, comme pour le Frye, a été sauvegardée avec des égards raisonnables.
L affaire du Laiv, qui transportait des lattes pour caisses à citrons, à Palerme, révèle une cruauté de procédé qui mérite d être gravement condamnée, mais l'attaque n'a été accompagnée d aucune circonstance à laquelle on ne puisse s'attendre dès que les sous-marins sont employés contre des navires marchands, ainsi que les emploie le gouvernement allemand.
Donc, en résumé, la situation dans laquelle nous nous trouvons par le fait de la conduite actuelle de la campagne sous-marine allemande contre le commerce et de ses effets sur nos propres navires et notre peuple, est, à tout prendre, ce quelle était lorsque je me présentai devant vous le 3 février. Il y a cette seule différence que nos navires sont retenus dans nos ports par