‹ Le Président Wilson et l'évolution de la politique étrangère des États-UnisChapitre 38 sur 49 · DEMANDE DE POUVOIRS · texte numérisé non relu

DEMANDE DE POUVOIRS

suite de la répugnance des armateurs à risquer leurs navires en mer en l'absence d'assurances et de protections efficaces. La congestion de notre commerce qui en résulte devient rapidement de plus en plus sérieuse. Ce seul fait dès maintenant constitue 1 équivalent de ce que les nouvelles instructions allemandes sur la guerre sous-marine tendaient à obtenir, en ce qui nous concerne. Tout ce que nous pouvons dire, c est que, selon mes espérances, les commandants allemands ont évité la provocation manifeste. Elle ne s est pas produite, cela est heureusement vrai. Mais il faut reconnaître que certaines informations supplémentaires, traduisant les intentions des autorités et de la presse allemandes, ont accru plutôt que diminué limpression que voici : si nos navires et nos concitoyens sont épargnés, c est grâce à des circonstances heureuses ou au fait que les commandants des sous-marins allemands qu ils peuvent rencontrer s imposent une réserve et une discrétion inattendues, plutôt que grâce aux instructions d après lesquelles ces commandants agissent.

Ce serait une folie de nier que la situation est grosse des possibilités et des dangers les plus graves. Aucun homme sensé ne peut manquer de voir que la nécessité dune action définie risque de survenir à tout moment, si nous voulons défendre en fait, et non pas seulement par des paroles, nos droits fondamentaux de nation neutre. Il serait extrêmement imprudent de ne pas être prêts.

Je ne puis, en de pareilles circonstances, négliger le fait que le terme de la législature actuelle est proche et que vraisemblablement la réunion et l'organisation du Congrès qui doit succéder à celui-ci prendraient un temps exceptionnellement long. Aussi, j estime que je dois prendre ce fait en considération pour obtenir de vous confirmation complète et immédiate des pouvoirs que je pourrais avoir à tout moment besoin d'exercer.

Sans doute, je possède déjà ces pouvoirs, sans mandat légal spécial, aux termes mêmes de mes devoirs et de mes droits constitutionnels, mais dans les circonstances actuelles je préfère ne pas agir en vertu simplement de mes pouvoirs ordinaires. Je désire que 1 autorité et le pouvoir du Congrès m appuient pour tout ce qu il pourrait devenir nécessaire que je fisse. Nous sommes vous et moi les serviteurs de la nation, et nous devons agir de concert et dans F esprit de la nation, pour autant que nous puissions le deviner et 1 interpréter.

Personne n'ignore ce quil est de notre devoir de faire. Nous devons défendre notre commerce et l'existence de nos concitoyens, dans les difficiles conjonctures actuelles, avec discrétion, mais avec une décision claire et ferme. Seules, la méthode et l'étendue de notre action restent à déterminer d après les circonstances, si ces circonstances doivent vraiment se présenter.

Puisqu il a été malheureusement prouvé quil est impossible de sauvegarder par les moyens diplomatiques nos droits comme neutres contre les atteintes illégales quils subissent de la part de T Allemagne, il ne peut y avoir d'autre solution que la neutralité armée que nous saurons maintenir et dont il y a de nombreux précédents dans Ihistoire des Etats-Unis.

On doit espérer ardemment qu il ne sera pas nécessaire de mettre en action des forces armées. Le peuple américain ne le désire pas. Nos désirs ne diffèrent pas des siens. Je suis convaincu qu il comprendra les sentiments qui me font agir en ce moment, le but qui est le plus cher à mon cœur, et que je voudrais faire apparaître dans chacune de mes actions. Je désire vivement que les populations des nations belligérantes aussi nous comprennent et nous regardent sans méfiance.

J'espère ne pas avoir à donner plus de preuves et

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