‹ Le pressoir drame en trois actesChapitre 22 sur 92 · ACTE I, SCENE VIII · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE VIII

en services, commePierre Bienvenu, est un homme dont on peut voir le mérite. Il a de quoi prouver son bon cœur, et il le prouve ! Il est beau autant qu'il est bon , il est instruit ; vous serez fière de lui , et il vous rendra heureuse...

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REINE

Vous croyez? Vous l’aimez beaucoup, Valentin ; je vois que vous l’aimez mieux que tout au monde ! Eh bien... (étouffent «i douleur.) à la bonne heure !

Alors... je pourrai donc lui dire...

REINE

Merci, monsieur Valentin... ne lui dites rien. Je lui parlerai moi-même... Rendez-moi donc mon ouvrage... Il faut que je me dépêche.

VALENTIN , prenant la cravate et la regardant.

Comment , c’est vous qui avez brodé ces coins-là ?

REINE

Ça vous fâche?

VALENTIN , un peu brusquement, après avoir baisé la cravate k la dérobée.

Oui , ça me fâche que vous perdiez votre temps pour moi. (u s 8

lève brusqnemont.

HEINE, le regardant au moment où il lui remet son ouvrage , se levant aussi.

Eh bien! qu’est-ce que vous avez donc, Valentin?... Comme vous êtes pâle!... Vous êtes malade?

VALENTIN , qui se retient au dossier de sa chaise.

Non, rien; la tête me tourne un peu... Que voulez-vous ? { Riant avec effort.) Quand on travaille depuis quarante-huit heures sans débrider... J'ai eu tort de me reposer un moment, ça m’a ôté le courage... et les forces.

REINE

Oui, oui, c’est vrai. Tenez, vous vous tuerez avec ce maudit pressoir ! Valentin , il faut vous reposer aujourd’hui.

VALENTIN , très-aff&ibli , mais souriant.

Oh! pas possible ! Laisser les autres dans l’embarras! Non... mais cinq minutes... Oui, je sens qu’il le faut.

( Il retombe sur se chaise, prës de la table.)

REINE

Je crois bien ! vous êtes prêt à vous trouver mal.

( Elle lui mouille le front arec sou mouchoir, qu'elle trempe dans un pot à eau sur la commode.)

VALENTIN , portant sa main près de ses lèvres. *

Reine,... que tu es bonne! pauvre enfant! (La repoussant. Non, non, ce n’est rien... Laissez, Reine... Laissez donc, je vous dis! Est-ce que j’ai besoin de ça?

REINE , interdite , s’éloignant.

Alors... essayez de dormir... un petit quart d’heure; ça vous remettra.

VALENTIN , brusquement.

Oui, mais ne faites pas attention.

( U met sa têto dans ses mains , s'appuie sur la table , et reste immobile. — Reine s’est assise près de la cheminée, regarde Valentin un instant , et fond en larmes.) v

VALENTIN , relevant la tête et la regardant. Elle s’est détournée pour pleurer.

Est-cc qu’elle pleure? Qu’a-t-elle donc?... Que m’importe?... Je ne dois pas... Ah! je ne comprends plus rien, moi... J’ai lo

Vertige, je suis brisé ! (Il retombe ot s'endort.)

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