‹ Le pressoir drame en trois actesChapitre 38 sur 92 · LH PRESSOIR · texte numérisé non relu

LH PRESSOIR

cœur tout entier, comme je l’avais donné à Valentin, (rud» presque. ) Oh ! si c’était Noël I je t’assure que je serais vite résigné... et guéri !

SUZANNE

Vrai? A la 1 bonne heure 1 Alors tu n’en voudras à personne, car Valentin n’est pas capable de te trahir; et si Reine l’aimait sans qu’il eût rien fait pour ça , il faudrait bien en prendre ton parti.

PIERRE. -

Jamais !

SUZANNE

Comment donc? C’est singulier!

PIERRE

Jamais! Valentin?... Non, elle serait trop heureuse avec lui, elle l’aimerait trop, elle ne serait jamais punie de m’avoir dédaigné !... Ah ! je crois que je me tuerais !

SUZANNE

Te tuer? mon Pierre... mon ami! Tu n’aimes donc plus ta sœur, ni ton père?... Tu ne ferais pas une chose si mauvaise , dis !

PIERRE

Non , non , ma bonne Suzanne ! Qu’est-ce que nous disons là? des folies 1 «

SUZANNE , à part.

Clestégal , il me fait peur!... (Haut.) Dis donc, le voilà, Valentin !... (Valentin sort du bangar et cherche un bout de bois propre à faire une cheville.) J’espère que tu ne vas pas lui dire de quoi tu l’as soupçonné? ça serait une offense !

PIERRE

Sois donc tranquille ! Est-ce qu’au fond , je ne l’aime pas cent fois mieux qu’elle?

SUZANNE , à part, ot s’éloignant par le berceau.

Eh bien , oui ! mais je ne les perdrai pas de vue.

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