‹ Le pressoir drame en trois actesChapitre 37 sur 92 · ACTE H, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE H, SCÈNE II

PIERRE

Tais-toi , je te dis! Cette idée-là m’a passé par la tète un instant; j’ai cru que j’en deviendrais fou !

SUZANNE

Mais, enfin, pourquoi?

Pourquoi ? tu me demandes pourquoi , ma sœur? Est-ce que tu ne sais pas que Valentin est mon ami, mon seul ami, le confident de toutes mes pensées, le seul homme au monde en qui j’aie une entière confiance?

, SUZANNE

Mais savait-il que tu aimais tant que ça notre petite Reine? Nous ne le savions pas, nous autres ; et dans ce moment-ci , ta colère, ton chagrin m’étonnent tant , que je me demande si tu n’es pas un peu fou.

PIERRE

Il le savait, lui, combien j’étais épris d’elle ! Il y a déjà longtemps que je lui en parle tous les jours, et que je n’en parle qu’à lui seul 1 II sait de quoi je suis capable dans mon chagrin , dans ma colère, comme tu dis.

SUZANNE

De quoi donc es-tu capable, Pierre?.

* PIERRE, hors do lui.

Je n’en sais rien!... Mais l’homme qui me volerait lâchement mon espérance 1...

SUZANNE , effrayée et sortant du jardin.

Ça n’est pas Noël Plantier d’abord ; j’en réponds.

PIERRE

Oh ! n’aie pas peur pour celui-là, Suzanne ; il est au-dessous de ma vengeance ! C’est un garçon qui n’a pas conscience du mal qu’il peut faire avec sa sottise. * D’ailleurs il ne me doit rien, à moi : il n’a jamais eu ma confiance... mon

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