‹ Le pressoir drame en trois actesChapitre 50 sur 92 · ACTE II, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VI

ma bâtisse à la paroisse et la confection du pressoir qui l’occupe. — Père Valentin, voilà comment je répare mes torts, moi! Voilà comment je remercie ceux qui me les ont pardonnés.

PÈRE VALËNTI!V.

A la bonne heure... à la bonne heure ! Je n’ai jamais nié, moi, que vous fussiez généreux !

PIERRE, à Valentin avec effort.

Allons, Valentin ; mon père a raison ! Il agit noblement... Je ne serai pas indigne de lui... Accepte !... accepte donc... (Avec un vicient dépit.) puisqu’elle t’aime!

VALENTIN, troublé.

Elle m’aime?... mais non !.... Cela n’est pas! (Regardant l'émoti™ de pierre.) Non, non, Pierre, ne crois pas cela!

* SUZANNE, bas à Reine.

Du courage, Reine! La prudence le veut, le cœur aussi! Vois comme il regarde Valentin... et comme il souffre!

REINE, baisant la main de Bienvenu,

Mon parrain, soyez béni !... Oh! oui, vous m’aimez, vous voulez mon bonheur ; mais je ne veux pas me marier !

BIENVENU

Comment!... Sainte Ursule! elle refuse aussi celui-là! Ah! c’est trop fort, pour le coup, et cette fille est folle!... Eh bien! moi, mademoiselle; comme je sais que je suis incapable de me tromper, et que, du moment où j’ai dit C’est Calentin, ça ne peut être que Valentin , je vous ordonne d’aimer Valentin , de l’épouser, et je vous défends de songer à aucun autre !

VALENTIN , regardant Pierre , qui est tombe 1 assis sur le tronc d’arbre

à droite.

Doucement, maître... Quoi ! vous voulez la contraindre... Vous si bon !... Pourquoi la faire souffrir? Est-ce que je pourrais accepter une femme dont le cœur ne m’appartiendrait pas?

BIENVENU

Et quand je te dis qu’elle est folle de toi ! Comme c’est difficile à voir !

( Piorrc, assis» et pâle, serre les poings et fait tons ses efforts pour se contenir.)

VALENTIN, l’observant toujours.

Je vois tout le contraire, et Reine sait fort bien que, n’éprouvant pas d’amour pour elle, je ne peux pas songer à la tourmenter.

REINE , blessée au cœur et virement.

Oui, oui, je lésais, Valentin. Aussi... démon côté... (As a i»nM.) Parle donc pour moi !... dis tout ce que tu voudras.

SUZANNE passe à son père.

Mon père... c’est pour la première fois certainement... mais vous vous êtes trompé. C’est lui ! (Eue montre noh.) C’était bien lui; nous nous en sommes expliqués tantôt tous les trois.

NOËL, stupéfait.

Tous les froisse ?

SUZANNE

Oui , oui... J’ai bien vu que vous teniez à votre parole, et qu’elle m’aimait beaucoup, la pauvre enfant ! J’ai vu que tous deux vous alliez vous sacrifier pour moi... Eh bien ! je ne veux pas de ça. J’ai le cœur juste, moi, et grand ! je suis comme mon père... Je vous rends votre liberté, Noël , et je ne vous en veux ni à l’un ni à l’autre.

NOËL

Ah ! par exemple !

SUZANNE , bas.

Tais-tOi ! ( NoSi reste pétrifié.) 1

PÈRE VALENTIN , à Bienvenu.

Qu’est-ce que vous dites de ça? Je n’y comprends plus rien , moi !

!- Noël f Heine furie banc, Suzanne, Valentin père, Bienvenu , Valentin fila, pierre astis. "

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