ACTE II, SCÈNE VI
BIENVENU
Une bonne nouvelle? hein? quoi? Est-ce que...
f II se laisse embrasser par Reine.) VALENT IN.
Oui, maître, on embrasse les enfants, et on donne une poignée de main aux amis!
BIENVENU, .îperdu, se levant.
Ah! c'est donc fini'.... Mes enfants... mes amis!... mon voisin!... çn lui serre la main. ) Vrai ! VOUS valez mieux que je ne croyais!... Comment, c'est fini? Je ne rêve pas?
PÈRE VALE.NTI-N. '
Et j'ose dire que c'est une pièce un peu réussie! (nie mène vers le hangar.) Regardez moi ça avant qu'on l'enlève! Ça sera en place avant le coucher du soleil.
BI E W E N" U , redescendant avec tout le monde, snlennellenient.
Valentin père î... Valentin fils !... à partir de ce jour, je vous donne le titre d'amis.
PIERRE
Oui, mon père, c'est à eux seuls que vous devez cette victoire.
BIENVENU
Je le sais, Pierre ! Je connais mon devoir... et avant tout , je veux donner une preuve... une grande preuve de ma reconnaissance à de si braves gens. Tu le veux aussi , Pierre, car tu es grand, tu es mon fils! — Écoutez donc, père Valentin, écoutez tous ! et apprenez à me connaître. Reine * , je t'ai pardonné, je t'aime toujours , tu vas le voir ! Je veux que tu sois heureuse et que tu épouses celui qui te plaît.
NOËL
Ah mais... moi, un petit moment ! dites donc !
1. Reine, Suzanne, Bienvenu , Valentin père, Noël, Valentin fils, Pierre. ). Suzanne, Reine, Valentin père, Bienvenu, Noël, Valentin fils, Pierre.
BIENVENU
Tais-toi ! tu n'as pas la parole !
NOËL
Mais si!...
BIENVENU
Mais non ! (Noël s'éloigne ea grommelant près du jardin.) VoUS BVCZ tOUS
été bien simples, ce matin, devons imaginer... Non! ça n'avait pas le sens commun ! j'y songeais dans ma vigne... Je me disais : C'est impossible ! ma filleule est une personne trop bien élevée pour convoiter le bien d'aulrui... et je vous dis ceci : Voisin! c'est votre fils qu'elle aime !
PÈRE VALENTIN
Ah î vous croyez ?
VALENTIN, à Pierre qui a tressailli.
Laisse donc dire ton père : ça l'amuse de rêver comme çà.
REINE, à Suzanne.
Ils me feront mourir ! . . .
N 0 E L , à part, en gagnant l'extrême gauche.
Allons 1 le beau-père... (n touche son front.)
SUZANNE, observant Pierre, qui est -violemment ému.
Mon cher père, vous ne savez pas...
BIENVENU
Ta, ta, ta! silence. Il n'y a que moi ici qui sache ce qu'il dit. Reine et Valentin se conviennent ; il n'y a pas de mal à ça. Ils croient qu'ils ne peuvent pas se marier parce que la petite n'a rien et le garçon pas grand'chose? Etibien! moi, je m'étais toujours promis de lui assurer un sort, à cette pauvre enfant. Fidèle à Valentin, elle refuse la fortune et l'honneur d'être ma bru. Ça fait son éloge. Mon fils et moi, nous l'en estimons davantage. Il ne sera pas dit que je manquerai à mes sentiments qui ne sont pas ceux d'un homme ordinaire. Donc je lui donne mille écus en la mariant, les raille écus que je gagne sur la vente de