XIV AVANT-PROPOS
pules; la domesticité y est impudente et viciée; les relations sociales y sont toutes de surface, et n'ont ni racines profondes, ni solidité, ni charme.
Le vœu de chacun est de fuir, de s'en aller dans les hameaux, dans les villages, les bourgs, de posséder une maison, un champ, un bois à Tabri d'un vallon, de vivre là en paix, d'élever sa famille selon ses moyens, de jouir du parfum des prés, de l'ombre des forêts, de la fraîcheur des rivières, d'avoir quelques amis sûrs dans le voisinage; bref, de revenir à la nature, à la vérité, et ajoutons : à la santé.
Voilà pourquoi Jean-Jacques Rousseau retrouve la laveur et la sympathie auprès des gens qui pensent . Cette vie simple et saine, il Ta préconisée, il l'a célébrée dans des pages adorables. En relisant les descriptions où il peint les bonheurs vrais de l'homme, les affections douces et les riants paysages, on dit : Gomme il a raison! Et si on ne les a point goûtés encore, on s'écrie : Fou que j'étais, je n'ai point vécu !
Notre but, en publiant ce livre, est de raviver plus fortement encore l'attention de nos contemporains autour du nom de Rousseau, et de faire naître, dans l'âme de ceux qui les ignorent, le désir de lire attentivement ses œuvres, et de méditer quelquefois sur elles. Nos pères les connaissaient mieux que nous, aussi éprouvaient-ils des joies que nous ignorons, et avaientils des convictions qui manquent à notre temps.
Rousseau éclaire l'intelligence et, en même temps, réchauffe le cœur. Il instruit et il console, c'est à k fois