PRÉFACE
Ce n’est pas une histoire de l’usure ni des faits relatifs à l'usure que nous avons entreprise : c’est avant tout une étude des doctrines. Et comme il nous était impossible d'étudier en détail la foule innombrable des docteurs et des écrivains qui en ont parlé, nous avons choisi ceux d'entre eux qui nous ont paru offrir les aperçus les plus originaux, ou donner à ces aperçus un développement suffisant pour mériter un examen attentif.
Si l'on y prend garde, on verra que cette étude est consacrée, non pas seulement aux écrivains français, mais aux influences qui se sont fait jour dans l'ancienne France. Pour en bien marquer l'originalité, nous n'avons pas hésité à remonter jusqu’à leur source, même lorsque cette source étaitune source étrangère. Ce serait d’ailleurs n'avoir de l’ancien régime qu’une conception très incomplète, que de se l’imaginer, en littérature, comme exactement semblable au temps présent. Plus qu'aujourd'hui, les lettres étaient choses internationales. On écrivait en latin des livres qui tombaient aussitôt dans le domaine public, et faisaient rapidement le tour de la république des lettres. Lorsque, au xvri° siècle, le français prit une place prépondérante en Europe, on tradui-
sit dans cette langue les meilleurs ouvrages étrangers. FAVRE fl