‹ Le prétendu par hazardChapitre 10 sur 21 · LISE, ADÈLE · texte numérisé non relu

LISE, ADÈLE

Adèle.

Je te cherchais , Lise.

List..

Et moi, je me disposais à aller vous trouver , mademoiselle, car vous devez avoir beaucoup de choses à me dire.

Comment ?

Lise.

La veille de ses nopes, on se livre à tant d'occupations ! le soin de la parure , le contrat , que sais-je, moi? Oh! comme je me divertirais à votre place! N'est-il pas vrai que vous êtes bien contente ?

Adèle.

, Contente ! ah!

Air : Petits chagrins de tems en tems. ( de iPalma. )

Comment verrais-je avec plaisir,

Ces jours trop rapides s'enfuir !

Ces jours écoulés sans allarmes,

Qui n'eurent pour moi que des charmes :

J'étais heureuse et si 'bien en ces lieux?

Près d'un mari serais-je mieux \

-Mon cœur , tendrement agité., Regrette sa félicité ; Envain l'Amour vient lui sourire , Malgré moi , tout me fait redire :

J'étais heureuse et si bien en ces lieux , Près d'un mari serais-je mieux \ (bis.)

ta LE PRETENDU PAR HASARD;

Lise. Même air.

Pour moi , j'en conviens sans détours ,

L'hymen me séduira toujours :

Fille passe une triste vie ,

On l'observe , on la contrarie ,

A charru'instant craindre et baisser les yeux ,

Près d'un mari tout va bien mieux. {bis.)

Adèle.

Toujours de même , Lise , lu ne vois rien au-dessu du mariage.

Lise.

A la vérité , je ne vois point qu'il soit si fâcheux d'é pouser un homme qui vous convient , sous tous les rap ports , et que sans doute vous ne haïssez pas. Adèle.

Oh ! non ; mon père me l'a destiné , et la reconnais sauce que je lui dois, pour le service signalé qu'il nou a re..du....

Lise.

Quel caprice peut donc vous empêcher de répondr» a son amour ? Serait-ce le souvenir de l'amabilité d M. Florville , qui vous empêcherait d'être sensible la galanterie de M. Benjamin ?

Adèle.

Ah ! ma chère Lise, que je suis à plaindre de l'avoi connu !

Lise.

J'ai donc deviné ; mais c'est un peu votre faute , s vous (êtes à plaindre. Il fallait que M. 'Florville a van son départ, fit la demande de votre main à œonsieu votre père.

Adèle.

Florville est sans fortune, mon père l'aurait refusé.

Lise.

Alors, vous aviez des raisons pour refuser M. Ben jamin. Vous ne voulez pas me donner pour époux relu qui me plaît, parce qu'il est sans biens; je refusemoi, celui que vous me proposez , parce que je ne 1 connais pas. Il est encore tems....

Ad è l e* L'autorité d'un père est trop respectable, pour ose jamais la braver.

Air : L"un est le fils du sentiment.

L'amour me parle ploqupmmpnt- , Mais la vertu m'est toujours chère ; ■

COMEDIE i5

Faut-il que les vœux d'un amant,

L'emportent îur le» droits d'un père?

Fille qui d*«npère chéri ,

Brave la voix qui la dirige.

Est un bouton bientôt flétri,

Qui meurt séparé de sa tige. (bis.)

Lise.

C'est fort bien dit : mais on n'as pas toujours le courage dé faire ce que le devoir commande.

Ad é l e.

On vient ; cessons cette conversation.

Page 1