SCENE VÎIL
LISE, ADÈLE, GASPARD, DAUBIG.NAC.
G A s p a R D, offrant un bouquet à Adèle. J'attendais avec impatience , mademoiselle . le moment de vous présenter mon hommage ; privé du bonheur de vous voir, ces fleurs vous prouveront, du moins, que je n'ai pas cessé de penser à vous.
Adèle.
Ah ! monsieur , il m'est impossible de répondre à tant de galanterie.
Daubignac, à Lise.
Le même soin nous occuppait tous deux. Permettesmoi de mettre cette rose eu famille.
Lise.
Cela est trop flatteur, mais à mon tour , permettezmoi de vous demander une explication sérieuse. Ad è l e , à Gaspard.
Souffrez-ausi, monssieur, que j'en aye une avec vous. Puis-je croire, de bonne foi, à la violence d'un amour aussi prompt?
Gaspard.
O ciel! que dites-vous? vous en pourriez douter?
Adèle. Mon Dieu, écoutez-moi : d'après un accord fait entre nos deux familles, vous vous décidez à prendre pour femme , une personne que vous n'avez jamais vue. Voua arrivez , et sans savoir quels sout mes qualités , et mes défauts, sans connaître mon caractère, vous brûlez du plus beau feu, et deux jours suffisent, pour allumer cette flamme éternelle.
Gaspard.
Mais il ne faut que deux minutes , pour vous aimer h la folie.
Adèle.
Voilà encore de vos expressions! eh bien, monsieur, je ne crois pas qu'on puisse raisonnablement compter sur ta constance d'un fou.
Gaspard.
Je vous jure. ... >
Adèle.
Air : Jeunes filles qu'on marie»
Ce n'est qu'une fantaisie , Un feu frivole et léger ; L'amour aisément s'oublie Et le tempi- vous fait changer.
"Voit-on paraître une femme , ; Le cœur pour elle s'enflamme
Chacun vente ses appas :
Mais l(fs amans sont , hélas ., Infidèles , trompeurs, ingrats , Ils ne me séduiront pas.
Souvent ils ont touché notre âme, Oui , trop souvent, ils ont touché notre âme, 3S 'écoutons pas , n'écoutons pas leurs discours Et répondons toujours-:
Ce n'est qu'une fantaisie, etc.
!Non : je ne cesserai jamais de vous adorer, (il lui baise la main. )