scène: xiii
ROUSSELOT. BINJAMIN.
RoTTSSELOT.
Ah! ah! il y a quelqu'un ici ? c'est sans doute monsieur Prud'homme?
Benjamin.
Non , mon ami :.mais c'est un homme très fatigué.
Rousselot.
Je ne remets pas cette figure là.
Air : Lise épouse l'beau Gernance,
II faut que je l'examine :
Oh ! la singulière mine ! Il fait , dans cette maison , Sa toilette sans façon.
Mais personne , je l'espère , IVe s'en formalisera ; Un gendre , chez son beau-pèr« , W connaît pas ces façons-là»
ao LE PRETENDU PAR HASARD,
' ROUSSELOT
Un gendre chez son beau-père? mais qui êtes-vou» donc, monsieur?
Benjamin.
Qui je suis?
Oui.
RoUSSELOT.
Benjamin.
Vous me demandez qui je suis? {il chante. )
Un jeune Troubadour Ne faisant pas la guerre , Qui vient chez son beau-père , Rêvant à son amour.
RoUSSELOT.
Encor son beau père. . . . ah ! j'entends ! vous arrive* pour la noce/3
Benjamin.
Et la noce arrivera bientôt pour moi.
Rotjsselot. Monsieur arrive de loin, à ce qu'il me paraît?
Benjamin.
Je vous en réponds , de fort loin ! je puis me vanter que mon mariage m'aura fait faire du chemin. Roussel ot.
Son mariage! je n'y conçois rien. . • ;., . vous dites, monsieur ?
Benjamin.
Je dis que les postillons , les cahots, les chaussées, et les montées , se sont réunis pour me tourmenter. Je dis enfin, que je suis accouru en diligence, quoiqu'à pied, de deux bonnes lieues d'ici , où la maudite voiture s'est cassée pour la troisième fois.
Rousseiot.
Auprès de Troyes ?
Benjamin.
Précisément, aussi ai- je fait le serment de ne plus monter en diligence, qu'auparant, je n'aye pesé et examiné tous les objets relatifs. . . . Mais , je crois qu'à présent, je puis me présenter. Faites-moi le plaisir de ïu'annoneer à monsieur Courtois,
TI n'est pas rentré. D'ailleurs qui voulez-vous que l'annonce?
C OM E D I E. 2r
Bill JAM lit, Est-il possible que vous n'ayez pas déjà deviné. Vous lui direz que o'est monsieur Benjamin de Brives. R ousselot, riant.
Monsieur Benjamin de Brives. . . . ah! ah! ah!
Benjami n.
Est-ce que mon nom est lisible? encore des ris? toujours des ris ?
Rousselot, riant.
Ah! ah! ah! ah!
Air : Je suis né natif de Ferrare.
Mon cher, qu'avez-vous donc à rire ?
Rousselot.
Ai-je besoin de vous le dire ?
Mais vous me surprenez , vraiment , Je trouve cela fort choquant. (hit.)
RoTJSSELOT.
Vous croyez donc à ma vieillesse
Bien peu de tact et de finesse :
Pour attraper un vieux renard
Vous êtes arrivé trop tard (bis.)
Benjamin.
Effectivement , j'avais le dessein d'arriver plutôt; maïs cela ue fait rien.
R o ïï s s ï s o i.
Pardonnez-moi, cela fait beaucoup, quand on a vos projets. Au reste, j'entends monsieur Courtois: nous allons voir , si vous lui tiendrez le même langage. Benjamin.
Si je lui tiendrai. . . . la tè le vous tourne , mon ami.