SCEN2 XVI
Les mêmes , ELORVILLE, GUILLAUME.
Benjamin.
Qu'entrevois-je?qu'apperçois-je? je ne metrompepas? en vient à mon secours.
3 ") Adèle. Ç C'est vous Florville! Jg/ Lise. \ M. Florville ici !
Courtois. / Quel hasard vous conduit chea y moi dans ce moment ?
Rousselot. f Ma fine , il arrive encore à tems.
Benjamin.
Air : Jeunes amans , cueillez des fleurs»
Être sensible et bienfaisant , j
Tu peux terminer ma souffrance; J'éprouve un doux saisissement , Et mon cœur s'ouvre à l'espérance :
Tu vas , en ces tristes instans , Devenir mon DU a tutélaire ; Et prouver à tous ces méchans Que je suis le fils de mon père.
Florville.
Eh ! mon cher Benjamin , qui vous afflige de la sorte? Daubignac.
Us se connaissent; et vite décampons. (Ils s'évadent: y
Courtois.
1 Comment, monsieur ! serait réellement Benjamin ? Benjamin.
Ouï, monsieur, Benjamin du terroir, natif dejBrives, département de la Corrèze.
Florville.
Fils de votre ami qui m'a chargé de vous remettra ces papiers.
Courto i s.
Voyons donc, oui, c'est bien l'écriture le mon ami, Couvrant le paquet , /zi...) Mon cher et ancien camarade, » Je vous envoyé la dot que notre étourdi a laissée >» chez moi , tant la joie qu'il ressentait de vous voir le »? mettait hors de lui ; monsieur Florville , que le recou- » vrement d'une succession considérable, a fixé quel- »» ques tems à Brives, veut bien s'en charger Qs'inter- >i rompant J ah ! monsieur , vous avez hérité ? Florv ille.
De six mille écns de rente.
Co urtois.
- Je vous ai toujours singulièrement estimé. jQue pouvez ■vous répondre à cela messieurs les flippons ? Comment , ils ont disparu!
a$ LE PRETENDU PAR HASARD,
RoUSSELOT.
Je vajs me mettre à leur poursuite ; et les faire arrêter
Courtois.
Non , Rousselot : je leur ai d'assez grandes obligations pour désirer que leur punition se borne à la honte qu?il doivent éprouver.
Benjamin.
Oui, mais je ne leur ai point d'obligation, moi, e je prétends. . . . • .
Courtois.
De grâce , mon cher , épargnez-moi le chagrin d'avoi causé leur perte. De quel malheur vous me sauvez, M de Florville. Mais cen est un presqu'aussi grand^ d m'être engagé avec cet original , ce n'est qu'un imbécilh Benjamin.
Enfin , vous me reconnaissez.
Courtois, à Benjamin.
Oui, monsieur, et j'espère que vous ne m'en voudre pas , d'une avanture-dont je suis plus affligé que vous ? Benjamin.
Ecoutez- donc, beau-père, personne n'a moins de rai cune que moi , et la main de votre fille, est un dédoir magement assez doux , -pour me consoler de tout ce qu j'ai enduré.
Adèle. Je suis sensible autant que je le puis, à thon n eu que vous voulez bien me faire , mais ce qui vient de s passer , m'a tellement troublée , que je supplie mon pèr de vouloir bien différer cet engagement. Benjamin.
En voici bien d'un autre à présent! maderaoisell Adèle, saura que Benjamin, le Benjamin du sexe Brives n'est pas accoutumé à recevoir des refus. Air : Hélas ! ici bas tout voyage.
Dans mon pays , Mademoiselle , On connaît mes galans exploits ; Apprenez que plus d'une belle Mva désiré plus d'une fois : .
Comme le papillon volage , Je changeais d'objets chaque jour :
J'étais un oiseau de passage , Comme l'hirondelle et l'amour.
Florville.
Eh ! bien mon cher Benjamin , avec tous vos talehs
ne serait-ce pas un meurtre que de vous arrêter ici dans les nœuds de l'hymenée?
Ce serait un vol fait à la société.
Courtois.
Sans doute , et tu ne veux pas te rendre coupable d'un pareil larcin. Point de courroux , mon bon ami , retournez briller dans votre ville , et je me charge de faire recevoir mes excuses à monsieur votre père.
Benjamin.
A la bonne heure. Rendez-moi ma dot , et je resterai
Î'usqu'à ce que je sois remis de mes fatigues. . . vous e permettez.
Courtois.
Je vous en supplie , croyez que je suis on ne peut plus
fâché
Benjamin.
Et moidonc, ah , je le suis fâché ! mais ce n'est pas pour moi; C'est pour mademoiselle votre fille qui ne se doute pas de la perte qu'elle fait , je l'abandonne à ses regrets. Courtois.
Vous avez raison et oubliez ce qui s'est passé et vive la gaîté !
Rousselot.
Et le mariage , entends-tu Lise ? Guillaume , elle est à toi.