‹ Le prétendu par hazardChapitre 19 sur 21 · SCENE XV · texte numérisé non relu

SCENE XV

Les précédens, LI5E , ADÈLE , DAUBIGNAC.

Lise et Adèle.

Que se passe-t-il donc ici?

Daubignac.

Qui peut causer ce bruit étrange?

Gaspard.

Avance, Daubignac ( à part.') dis comme moi, ou tout est perdu, {haut) tu reconnais sans doute, ce drôle qui faisait partie de ceux qui nous ont attaqué, et qui ^ lient encore le portrait , et les îettresqu'il s'est appropriés ? ' Daubignac, (à part. ) Je comprends, {haut. ) miséricorde ! c'est celui que j'ai tant rossé déjà. Dé grâce, mousu Courtois , prêtez-moi votre canné , que je l'étrille encore plus à mon aisé. Benjamin.

C'est vouloir me pousser à bout.

Adèle.

Quel peut donc être son but , en se présentant ici ?

Courtois.

TJn bien simple , ma fille : revêtu de ses dépouilles , il prétend se faire passer pouf ton prétendu, et ne désire rien moins que de t'épouser.

Air : Il faut qu'on le saisisse. ( des Petits Savoyards.) Il faut tirer vengeance D'une pareille offense , Prenons -vite un parti :

Soyons rans indulgence»

Qu'on l'emmène d'ici.

Courtois , Rousselot , Gaspard.

Oui , oui j prenons vite un parti.

Ciel! que répondre à icut ceci ?

Tocs.

Qu'il soit puni.

Lise , Adkle , Dadbtgnac. Ah ! grand Dieu , quelle effronterie!

Je cherche à l'expliquer envain !

II faut quelques grains de folie, Pour avoir forme ce dessein.

Courtois, Gaspard.

Ah ! quel e'trange dessein !

Je veux l'expliquer euvain.

Écoutez-moi.

Tous.

Non , non.

Benjamin.

Réfléchissez.

Tous.

Non, non.

Benjamin.

Épargnez-moi.

Tous.

Non , non.

Comme lui , quand on est coupable , On est indigue de pardon.

Dacbiguac II doit périr sous le bâton.

Benjamin.

Ils ont tous perdu la raison.

Benjamin.

Je ne sais plus où donner de la tête; mais enfin M. Courtois , si je vous montre la dot que papa vous envoie , refuserez- vous de la reconnaître ? Courtois.

La dot ! vous ne m'aviez pas dit qu*on vous l'eut ertlevée.

J'ai cru devoir" vous éviter de nouveaux regrets, et je me suis contenté d'écrire à mon père, pour le prier de remédier à cet accident.

Daubignac.

Mais , voyons-donc cette dot.

Benjamin.

Rien de plus aisé. Je l'ai en lettres de change , dans mon porte-feuille 'rouge, (iltherche.) Eh bien? quelqu'un s'en serait-il emparé? Je la lui mets sur la conscience, d'abord. Ah.! je me rappelle; la précipitation;

l'empressement elle est restée sur le secrétaire

à papa.

Gaspard, à part-

Heureux à propos, (haut. ) quelle pitoyable défaite! eh! c'est trop maladroit pour un fripon aussi rusé î allons s qu'il restitue le portrait, et qu'on le chasse sans l'écouter davantage,

a* LE PRETENDU PAR HASARD,

Benjamin.

Je n'ai rien à restituer , que les injures dont on m'acca» cable depuis une heure.

Dé gré, ou dé forcé, monsu, il faut vous faire rendr» Totré bien ; si j'en viens aux voies dé fait. . . . Benjamin.

Ne vous en avisez pas téméraire !

Courtois.

Le seul parti qui reste à prendre, est de le conduire chez le commissaire : qu'on fasse venir la garde pour l'emmener.

Daubicnac.

Eh! non, nous sommes assez dé mondé pour l'accompagner. Rousselot et moi , cela suffit. Décidez-vous donc a nous suivre. . . .

Rousselot.

Ou prenez garde à la garde.

Benjamin.

Hommes sans pitié ! femme sans sensibilité , pourquoi euis-je venu à Troyes? on m'avait bien dit que c'était une ▼ille de malheurs.

En prison ! en prison !

Benjamin.

Air : Je suis encore dans mon printems.

Que faire en cette occasion ï

J'entends chacun gui m'injurie !

On m'enlève jusqu à mon nom ,

On m'enlève ma douce amie ;

Qui pourra me sauver , hélas !

D'un aussi cruel embarras ! (bis.)

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