SCENE III D'ORMUSSON, DES RIEUX
DES RIEUX, entrant, à d'Ormusson.
Bonjour, mon cher, mille excuses... j'ignorais que...
d'ormusson.
C'est moi qui suis indiscret, et j'allais me retirer.
des RIEUX.
Du tout! du tout!... L'heure de la bergère n'a pas encore sonné!... Mais qui me procure le plaisir?... d'ormusson.
Une nouvelle qui va vous stupéiier, mon bon!
DES RIEUX
Vous couronnez une rosière?
d'ormusson.
Mieux que cela... je la couronne... et je l'épouse.
DES lUElX.
Vous vous mariez? Vous !
d'ormusson.
Je me marie... moi!
DES RIEUX
Sérieusement? Par devant M. le maire?
Par devant M. le maire, et par devant M. le curé.
DES RIEl'X.
Tous mes compliments... de condoléance...
d'ormusson.
De condoléance?
DES RIEUX
Que voulez-vous, mon cher? j'ai été élevé par une brave femme de tante qui m'a appris qu'il faut toujours saluer respectueusement un convoi funèbre qu'on rencontre dans la rue.
d'ormusson.
Eh bien ?
DES RIEUX
Eh bien, j'obéis à ce pieux conseil, lorsque je croise une noce. Celui qu'on traîne à l'autel ne meurt-il pas aux joies de ce monde, au bonheur et à la liberté? La couche nuptiale ne l'attend-elle pas ce soir, comme la tombe l'attendra quelques années plus tard?
d'ormusson.
Vous êtes lugubre !
DES RIEUX
C'est de circonstance... Ah! ah! higete, venercs... Lionel d'Ormusson fait une fin! Un crêpe à vos rubans roses!... une sourdine à vos chansons... Mais qui diable vous pousse dans le gouffre, mon pauvre ami?