PAILLET A
Vie. gén.
Entre les nombreuses lettres de félicitations reçues, à l'occasion de nos éditions précédentes, de plusieurs Cardinaux et d'un bon nombre d'Evêques, nous ne reproduisons ici que les plus explicites:
» Nous approuvons ei recommandons aux prêtres et aux séminaristes ■a 4* édition du Préire dans le ministère de la prédication, dont les premières éditions ont été si favorablement accueillies du clergé. Un grand n.,mhre de prêtrcs ont été heureux d'y trouver, avec des prônes pour les -hes et les fêtes, des instructions pour les retraites et des conseils ^ jes pour en diriger les exercices. Plusieurs sociétés de missionnaires n tau de ce livre leur manuel.
♦ Cette 4' édition ajoute aux précédentes de notables améliorations et Iditions.
•* Le Tome I" offre aux prêtres la direction la plus sûre pour annoncer 1 parole de Dieu et administrer le sacrement de pénitence avec fruit. 'ny trouve les décisions les plus récentes du Saint-Siège sur la juridiction.
♦ Le Tome II, sous le nom de glose, renferme une doctrine chrétienne s plus complètes. Un curé y puisera tout ce qu'il est nécessaire d'exposer
. commenté par des traits nombreux et bien choisis, qu'il pourra
je année. Cette exposition simple et claire des vérités de la foi,
être, de nos jours en particulier, ce qu'il importe le plus de
quemm^nt en chaire. L ignorance en maiière de religion laisse
amo sansdifensc contre les attaques journalières de l'impiété. Ce ne
nt pas les sermons relevés qui peuvent efficacement remédier à ce grand
lal.
♦ Les instructions sur les grandes vérités de la religion sont présentées • .-..r.-.. , ;i.,rf.. ^j pfécision, et mises à la portée de tous les fidèles.
avec grand profit dans le temps du carême et dans les
. f ..,„,.i. On trouve dans ce livre des sujets pour tous les di-
les de l'année, pour toutes les fêtes de Noire-Scigneur et de laSainte- , de nombreux panégyriques des Saints, et des sermons pour les ,^alcs circonstances où un prédicateur est appelé à annoncer la parole
» Four tous ces motifs, nous croyons devoir faire des vœux sincères. 'Ur que ce livre si substantiel et si pratique, soit de plus en plus connu
ent le saint ministère, et des jeunes lévites qui s'y prè-
ids séminaires.
» F. MUSSLL, vicaire général, ♦ Sup. hon. du Grand Séminaire.
I) Grenoble, le a février 1893. »
Lettre de son Eminence Mgr DESPREZ, Cardinal, Archevêque
de Toulouse
Toulouse, 2 0 janvier i8gi .
Mon Révérend PfePK,
J'ai reçu avec votre lettre le volume que vous avez bien voulu m'offrir : je n'ai pu jusqu'ici que le parcourir rapidement et je n'hésite pas à dire qu'il mérite tous les éloges qu'il a reçus. Je ne manquerai pas de le recommander à mon clergé, à qui il sera d'une utilité incontestable.
•\- Fi... Card. Archev. de Tnii/nii\i-
Lettre de Mgr FONTENEAU, Archevêque d'Albi.
Mon Révérend Père,
Vous avez rendu un éminent service aux missionnaires et au clergé par votre livre : Le prêtre dans le ministère de la prédication.
Je ne suis pas surpris que, en peu de temps, vous nous donniez déjà une troisième édition. Votre ouvrage a pour lui le témoignage des saints et l'expérience de tous les jours. La première partie, qui expose les conseils pour la direction d'une mission, l'ordre des exercices, les sujets à traiter est une svnthèse précise et complète du travail d'un parfait missionnaire, La seconde partie fournit la matière de la prédication. Vous avez tout prévu les avis, les catéchismes, les conférences, les sermons. Vos plans sont conci abondants, méthodiques, faciles à développer.
Dans ce livre, les missionnaires trouveront un guide et un mémoria! les prêtres, une mine féconde pour leurs prônes. Quiconque vous étudiera, saisira mieux le prix des âmes et les moyens de les gagner à Jésus-Christ.
C'est avec empressement que je recommande votre précieux travail m mes missionnaires et à mon clergé.
Agréez, m<in R.'vérend Père, l'assurance de mes sentiments les r>li! dévoués.
-{- Jean-Emile, Archevêque d'Albi.
Lettre de Mgr BECEL. Evêque de Vannes.
Mon Révépend Père,
Je crois rendre service aux prêtres de mon diocèse en leur faisant coi naitre, par \a Semaine Religieuse, votre ouvrage intitulé: Le prêtre dans le ministère de la prédication. Ce volume, d'une doctrine sûre, renferme de sages conseils, de précieux renseignements, des instructions résumant le dogme et la morale.
L'amour de Dieu et des âmes a parfaitement inspiré l'auteur, dont la piété, le savoir et l'expérience, se font jour de page en page, sous les auspices de plusieurs saints Docteurs.
Veuillez, mon Révérend Père, agréer avec mes remerciements et mes félicitations, l'assurance de mon respectueux dévouement.
-|- Je.vn-.Mapie. Evoque de Va)i>u's.
P- S. — Je serais heureux de recevoir un exemplaire des Etals de vie chrétienne et de la vocation et du Brève compendium Theolog. dogm. et moralis. Je les recommanderai à nos jeunes prêtres.
Lettre de Mgr LUÇON. Evéque de Belley.
ijt'lley, 5 février iSin .
Mon Révérend Pébe,
Je vous remercie de l'envoi que vous avez eu la bonté de me faire du livre du R. P. Berihier. C'est un ouvrage qui me parait d'une grande valeur. Je n'en ai lu que quelques passages ei la table; cela me suffit pour me faire comprendre combien ce manuel peut rendre de services. Les conseils que l'on y donne sur la prédication, sur le ministère des âmes, y sont si utiles, si pratiques, si empreints de l'esprit de Dieu, si bien appuyés sur les maximes des Saints !
.\ussi m'empresserai-je de le communiquer aux rédacteurs de laSemaine Religieuse fin les priant de le recommander. Et je ne craindrai pas de leur dire qu'en le faisant, ils seront encore plus utiles à ceux qui profiteront de la recommandation, qu'à celui même dont le livre en est l'objet.
Veuillez agréer, mon Révérend Père, l'assurance de mes sentiments les plus respectueux.
Louis-Joseph, Evêque de Belley.
Lettre de Mgr SEBAUX, Evêque d'Angouléme.
Angoulême, j février iSgi.
Mon Révérend Père,
J'ai fait examiner l'ouvrage du R. P. Berthier; et j'ai tenu à m'en rendre à moi-même, au moins un compte sommaire.
Le rapport qui m'a été remis est favorable à ce travail. Les avis pratiques sont sages, les instructions solides, les moyens de succès dans les missions et dans l'exercice quotidien du ministère pastoral, prévus et indiqués avec à propos. On sent que l'auteur a fait passer dans son livre les fruits d'une lonj^uc cl fructueuse expérience.
Veuillez bien agréer, mon Révérend Père, l'expression de mon respectueux dévouement.
f A. L., Evéque d'Angouléme.
Lettre de Mgr LELONG, Evêque de Nevers.
Sevcrs, 2 mai i8<ji.
Mon Révérend Père,
X'otre ouvrage contient beaucoup de bons conseils pratiques, empruntés aux meilleurs maîtres et de précieux renseignements sur « la mise en train» d'une mission, l'organisation des cérémonies, le savoir-faire du missionnaire, toutes choses secondaires, il est vrai, mais très importantes pour le M. '
principales. Vos « plans » apprendront aux prêtres laborieux à ui. notes, cl votre livre sera pariiculièrcn :é des prêtres de paroisse mic
la pénurie des missionnaires de pr- t des ressources, contraint
part >is d'entreprendre eux-mêmes ce imnisieic tout spécial.
KeccNcz donc, mon Révérend Père, avec mes meilleurs vœux pour le succès de votre ouvrage, l'assurance de mon dévouement affectueux en Noire-Seigncur.
-•'- I'tii-ssi- Fvi'pue lie S'evers.
Lettre de Mgr ORIMARDIAS, Evéque de Cahors.
Cahors, le 2 1 janvier i8gi.
Monsieur l'Abbé,
J'ai reçu voire livre que vous avez eu la bonté de m'envoyer, et je vous en remercie. Je le regarde comme un des plus utiles à mettre entre les mains des ecclésiastiques. Il est, du reste, fort apprécié dans mon diocèse, où M. le Supérieur du Séminaire l'a recommandé souvent à ses élèves et en a même distribué parmi eu.x, un certain nombre d'e.xemplaires.
Veuillez agréer, Monsieur l'abbé, l'assurance de mes sentiments respectueux et dévoués.
f Pierre, Evéque de Cahors.
Nous ne voulons pas reproduire ici toutes les lettres si bienveillantes (^ue nous avons reçues de directeurs de grands séminaires, de supérieurs de Communautés, et d'autres confrères de mérite ; mais il est un encouragement reçu de si haut que nous ne pouvons le passer sous silence. Ayant déposé, au.\ pieds de Notre Saint-Père le Pape Léon XIII, un exemplaire des livres que nous avons publiés pour le clergé, Sa Sainteté a daigné nous faire adresser la lettre suivante :
Révérend Père,
Avec votre lettre du 23 novembre dernier, le Saint-Père a reçu les livres que vous avez publiés et dont vous avez voulu lui offrir le pieux hommage. Sa Sainteté m'a confié la douce charge de vous exprimer sa reconnaissance.
Kn même temps qu'elle loue le soin que vous avez pris de travailler à la sainteté de l'Etat sacerdotal, afin d'appeler sur vous les lumières et les faveurs célestes, et sur vos travaux de grands fruits de sanctification. Elle vous accorde de tout cœur la Bénédiction apostolique que vous sollicitez.
Avec des sentiments d'une particulière estime, je suis de votre Paternité, le très affectionné dans le Seigneur.
M. Cardinal RAMPOLLA.
Rome, le 22 décembre i8g4.
JÈCLARA'nON Dfc
Nous déclarons de tout cœur désavouer et condamner tout ce qui, dans cet écrit, serait contraire à l'enseignement de l'Eglise romaine. S'il nous est arrivé, dans le cours de cet ouvrage, de donner le titre de Saint ou de Bienheureu.x à des personnages recommandables par leurs vertus, ou la qualification de miracles à des faits extraordinaires, ce n'a point été en vue de prévenir le jugement du Saint-Siège apostolique, dont nous serons jusqu'à la mort l'eofant le plus soumis.
1. Laprédicationest un ministère divin queN.S.J.C. aexercé luimême, Oportet me evangeli^are, quia ideo missus sum, et qu'il a confié à son Eglise. Euntes docete. Prœdicate Evangeliiim omni creaturœ, a-i-il dit à ses Apôtres et à leurs successeurs. Jusque-là, en dehors du peuple choisi, la parole humaine qui a toujours été la plus grande puissance de la terre, n'avait plaidé que la cause des intérêts terrestres et temporels : désormais, de la part de Dieu, elle dira à tous les hommes, avec autorité, les vérités éternelles. Elle leur exposera, avec les droits de Dieu, leurs devoirs ; elle leur montrera la fin sublime que le Seigneur leur a marquée, ':t leur indiquera les moyens de l'atteindre.
2. Forts de Ja mission du Maître, les Apôtres partent : ils enseignent, ils prêchent : des miracles confirment leurs discours ; leur voix retentit par toute la terre ; et non seulement le monde écoute,
nais même il croit. L'humanité courbée vers les fanges de la coraption, relève sa tète et regarde le ciel, et elle s'élance pour le conjuérir, dans la voie des commandements et des vertus chrétiennes.
3. Les Apôtres meurent; mais la prédication ne meurt pas. Dans tous les siècles, Jésus-Christ a ses hérauts et ses porte-voix. Après les Apôtres, viennent les Basile, les Chrysostome, les Grégoire de Na-
ianze, les Augustin ; puis Jes Bonifâce en Allemagne, les Patrice n Irlande, les François Xavier dans les Indes, les François de Sales ans le Chàblais, les Léonard de Port-Maurice en Italie, les Bridaine n France, et cette multitude de prédicateurs de tous les siècles dont •j nom n'est pas aussi illustre, mais dont le ministère a été néanmoins fécond. C'est la prédication qui a civilisé le monde, c'est elle ;ui l'a sanctifié et qui a peuplé le ciel. Et aujourd'hui encore, que de mi.ssionnaires vont porter sur les terres sauvages, avec la croix, le nom de Jésus-Christ, et élargissent les limites du royaume des Jeux !
• '^"'«•■ribien d'autres missionnaires, plus près de nous, évangélisent
et nos campagnes, et par leur parole apostolique, ramènent
-Mcurs, affermissent les justes, démasquent le vice, arrachent à
) ses victimes! Que d'humbles prêtres, sans sortir des limites
;. leur paroisse, nourrissent les âmes du pain de la divine parole,
enouvelant les miracles qui éclatèrent à la prédication de N. S. et
^! Par eux, les aveugles voient: l'ignorance est dissipée;
icndent : ceux qui fermaient leurs grcilles à la voix du
entendent le tonnerre des menaces divines ; les boiteux
\ : ceux qui dans leur route à travers la vie, tantôt pen-
-Mit du côté de l'enfer, tantôt se redressaient du côté du ciel, s'al-
isscnt sur leur base et marchent droit dans la voie qui mène à
. ; les muets parlent : ceux qui n'ouvraient la bouche que pour
r>hémcr leur Créateur, se mettent à le louer, à le prier et à le
r; les pauvres, délaissés par le paganisme et méprisés par la
"hie antique, sont évangélisés, et avec le seul Evangile ils
!U plus savants que les sages tant vantés de la Grèce et de
:. in nomi'nc weo dœmonia cjicient, les prédicateurs délogent
1 des ûmcs qu'il retenait captives, et rendent à ses esclaves la
liberté des entants de Dieu.
5. Ces prêtres sont plus utiles à rEglisç, à la^Socicté, à la patrie. Il * .îiille. aux âmes, à la terre et au ciel, que les grands 'guerriers, UL les orateurs en renom, que les magistrats les plus célèbres, que
jue les littérateurs de nos académies et ûuc tout ce que le monde estime ici-bas. . ,. . .
Quelle uloire pour nous, prêtres du Sci^^neur, d avoir été honores d'un ministère ï\ sublime, que d'être appelés a coopérer par ja Jjredication à l'œuvre de la rédemption des hommes, de la civilisation du monde, de la sanctification des âmes ! Avec quel cœur ne devonsnous pas nous préparer à cette fonction sainte et presque divine, et avec quel zèle ne devons-nous pas l'exercer, sous les diverses formes qu'elle peut revêtir ! ,. . j- • i ^
0 Or la prédication peut être, ou extraordinaire, ou ordinaire. La première s'exerce surtout dans les retraites et les missions.
7 Personne ne doute de l'i'.nportance des exercices de retraite dans les communautés : on a plus de raison encore de croire a 1 utilité des missions et des retraites dans les paroisses, ht si 1 on n en était pas pleinement convaincu, il suffirait de lire sur ce su)et la lettre de saint Alphonse de Liguori, dont nous ne citons que de
"""Vl Les' misions sont très utiles dans les villes, mais très nécessaires dans les campagnes... Je conviens qu on Prêche le Carême dans presque toutes les paroisses ; mais ces sermons de Carême, que sont-ils? Le plus souvent des sermons appris par cœur, écrits dans un genre fleuri et élevé au-dessus de la capacité de 1 auditeur... De là vient qu'après le Carême on voit subsister les mêmes criminelles habitudes... Ces inconvénients n'ont pas lieu dans les missions... Dans les instructions, les gloses, les catéchismes, nesmissionnaires) reviennent sans cesse sur les mystères de a Foi, 1 explication des Commandements, la manière de recevoir les sacrements de 1 enitence et d'Kucharistie, les moyens de se conserver dans la grâce. Ces accents simples et populaires sont rendus p>ar des voi.x nouvelles, au milieu d'un appareil nouveau.... Considérées a ce point de vue, es missions produisent donc de grands fruits. Voyez le bien quelles opèrent sous un autre rapport, je veux dire comme occasions de confessions extraordinaires. jvc;«n„ q « Combien d'hommes, combien de femmes surtout, dissimuleiit leurs péchés, rendus muets parla honte, par 1 intérêt, ou par la crainte d'être renvoyés sans absolution ! Dans les petites localités ou les confesseurs sont en moindre nombre, où ils sont de la tamiuc, de la société, ou du moins de la connaissance de leurs pénitents, c. fléau de la fausse honte fait des ravages incroyables et multipliesan nombre les confessions sacrilèges. Elles se renouye lent pendant deannées et des années, et ne se réparent pas même a la mort. Les mis sions sont le meilleur remède, préparé par la divine Miséricorde, . cette maladie si grave et si commune. . . c-n^e „oc 10. 0 Feu de paille (dit-on) que le fruit des missions, hlles passent, et l'on se trouve au même état qu'auparavant, si ce n est dan un état pire encore. A cette objection très commune, voici ma rc ponse : Il serait sans doute à désirer que tous ceux qui se convertissent, persévérassent dans la grâce de Dieu jusqu a la mort ; mai est-ce bien possible ? La faiblesse humaine est si grande! Les mei leures résolutions viennent échouer si vite contre les restes d anciennes habitudes, contre les occasions renaissantes, contre l influence toujours funeste du monde et du respect humain î guoi qu il en soit, la mission a réparé bien des sacrilèges ■ elle a opère des restitutions, des réconciliations sincères; et elle a fait pour tout iepass-
amende honorable à Dieu et aux hommes. Pondant lout le lemp-^ de sa durée, elle a fait cesser les scandales et taire les blasphèmes. Kl ' plus profondément dans l'esprit et le cœur de tous, la
co:. ce de Dieu et la pensée du salut.
« (^)uand elle sera passée, il arrivera que plusieurs persévéreront jusqu à la mort, que beaucoup d'autres retomberont, mais pour se relever aux approches du Temps pascal ; que ceux qui viendront à mourir dans 1 année, après avoir participé aux exercices et aux induli^'ciices de la mission, seront presaue infailliblement sauvés; telle est ma conviction. L'impression salutaire produite par la mission durera au moins un an ou deux, et si le fruit n'en est pas plus durable, à qui la faute r La faute en est, il faut .bien le dire, aux prêtres du lieu qui n'ont pas soin de l'entretenir par de fréquentes mstructions, par l'assiduité au tribunal de la pénitence, par l'encouragement donné aux saintes pratiques de la piété. Aussi quel compte n'auront-ils pas à rendre à Dieu! Vœ prœlatis dormitantibus! Vœ presbyteris otiosis ! Au bout de trois ou quatre ans, quand on voit la piété des fidèles se refroidir, il convient de la ranimer par une nouvelle ^1i^sion. î
Pie VI a condamné comme téméraire et pernicieuse la proposition du concile de Pistoie .qui appelait les missions un vain bruit, n'opérant jamais, ou n'opérant que très rarement une conversion sincère.
11. t Un pasteur plus zélé me dira : Voilà trois ans que ma paroisse a reçu le bienfait de la mission; quand cette grâce revient trop souvent, on l'apprécie peu et l'oreille s'y accoutume. Je suis d'avis comme lui qu'on ne doit pas emplover trop fréquemment ces moyens extraordinaires; mais un intervalle de trois ans me paraît bien suffire pour que l'on revienne à la charge. Au bout de trois ans, les discours entendus sont généralement oubliés. Plusieurs sont retombés dans la tiédeur et le péché mortel; il est temps de les rappeler à la .:,'ràce et à la ferveur.
« Il est faux du reste que les missions souvent répétées à justes intervalles produisent peu de fruits. On ne voit pas, il est vrai, la seconde mission produire les mêmes démonstrations de pénitence que la première; mais s'il y a moins d'entraînement, il en résulte pourtant de grands avantages. Les rechutes sont prévenues, le zèle rallumé, les bons raffermis. Ces motifs engagent les missionnaires de notre congrégation à revenir, au bout de quelques mois, faire une petite station aux lieux où ils ont donné la mission, pour y renouveler la ferveur, et l'expérience a démontré que cet usagé produit d'excellents effets i \ »
12. Le Père Segncri. un des grands apôtres de l'Italie, voulait dans chaque paroisse une mission tous les cinq ans. Saint \'incent de Paul était si convaincu de l'importance des missions que. quand
' ' iiucrrompait pour rentrer à Saint-Lazare, il avait peur que les p. Iles de la ville ne tombassent sur lui. pour le punir de ce qu'il abandonnait le peuple des campagnes L'expérience des grands fruits des missions a fait instituer des congrégations religieuses qui se consacrent à ce ministère spécial, et y dépensent la vie de leurs membres à la sanct ' • n des âmes.
i3. Mais si la pr extraordinaire a cette importance, qui
peut contester la neccssuc de la prédication ordinaire qui se fait par
(1) Saint Ligaori, cité par le P. Nampon, JfanHci dit Minionnairt.
lO
icN iuiMLui>ucs paroisses cl leurs collaborateurs, au moins aux jours où IKglise le prescrit? Les missions et les retraites passent vite ; elles s'ont comme des festins extraordinaires ménagés aux fidèles de loin en loin ; la prédication ordinaire, c'est le pain quotidien. C'est elle, surtout si elle est faite dans les conditions voulues, qui instruit d'une manière suivie nos populations; c'est elle qui fait une guerre constante aux vices, qui prévient les scandales, qui éclaire la piété, qui l'alimente et la conserve, qui forme enfin l'esprit chrétien dans les paroisses.
Notre but serait de mettre le prêtre en mesure de s'employer avec fruit à ces deux sortes de prédication.
14. Par le malheur des temps, les missionnaires deviennent rares. Si les missions devenaient rares, par suite, ce serait un grand malheur pour la société Ce malheur, nous pouvons le conjurer. Pour cela, il faut et il suffit que les prêtres auxquels Dieuaaccordé le don d'annoncer avec profit sa parole, consacrent chaque année quelques semaines à ce ministère.
h'n un temps de jubilé, il est nécessaire qu'ils s'y emploient ; car les membres des congrégations religieuses n'y peuvent suffire ; et dans le temps pascal.'que de bien un curé opère dans sa paroisse en v appelant pendant huit ou quinze jours, un de ses confrères pour y iprccheretv entendre des confessions! Que d'hommes s'approchent par là des'sacrements, dont ils s'éloignent sans ce secours ! Combien de confessions sacrilèges sont réparées ou prévenues! et la confiance, comme l'ombre, poursuit le pasteur qui semble la fuir ; c'est ce que l'expérience démontre.
i5. Aussi, dans ses statuts synodaux, saint Alphonse de Liguori ordonna-t-il que, dans le Temps pascal, et plusieurs fois dans l'année, les curés eussent à appeler dans leurs paroisses des confesseurs étrangers, lesquels devaient toujours être en nombre suffisant pour les besoins des populations. Là où il n'y avait pas moyen de se procurer d'autres prêtres, les curés devaient se rendre mutuellement ce service dans les paroisses les uns des autres. (En sa Vie, par M. Jeancard, page 261.)
16. Mais tous les prêtres n'ont pas l'habitude de donner des missions et des retraites ; la difficulté de les entreprendre entrave parfois leur zèle. Ce livre leur otîre une direction et toutes les instructions utiles pour les missions et les retraites.
Nous ne pensons pas qu'aucun ouvra^^e aussi complet, sous un format si commode, ait été publié jusqu ici dans ce but.
Les pasteurs des âmes et leurs collaborateurs, il est vrai, ne manucnt pas de livres où ils peuvent trouver des prônes, des sermons, es homélies et des instructions de toutes sortes ; cependant les sermons des maîtres de la chaire sacrée en France, sont peu à la portée du commun de nos auditeurs ; et parmi les auteurs d'un ordre inférieur, dont un grand nombre sont justement estimés, il en est chez qui on remarque plus d'une inexactitude de doctrine; chez d'autres, la pensée est novée dans de longues phrases ; un petit nombre entremêlent leurs instructions de traits historiques.
17. Or, nous sommes à une époque où les intelligences ne se prêtent que difficilement à un enseignement suivi : il faut leur parler par sentence et les captiver par des histoires. — Du reste, on sait depuis longiQvnps quQ ies paroles émeuvent el que les exemples entraînent.
l<icn lie Muuiciii 111 lie rcvciiie i aiicmion ucï^ auaiieurs comme ics
histoires: rien que le peuple retienne mieux Le moyen le plus
facile de l'émouvoir, de lui inspirer de généreux sentiments, ce n'est pas assurément de lui faire de grandes considérations, mais de lui présenter de grands modèles. — Raconter le martyre des Machabées, rappeler leurs paroles, celles de leur héroïque mère, c'est inspirer le courui^e chrétien plus efficacement que ai on en prouvait la nécessité, 1 excellence et les avantages. Une leçon courte est vite comprise, quand on la voit pratiquer pour ainsi dire sous ses yeux.
Kn étudiant les oeuvres des hommes apostoliques qui ont fait le
f)lus de fruits, comme saint Léonard de Port-Maurîcc, saint Liguori, e bienheureux Louis de Grenade, Le Jeune, etc., on est frappé de la part qu'ils font aux histoires dans leurs écrits et dans leurs sermons, et on se surprend à regretter que les maîtres de l'éloquence sacrée en France ne citent que fort rarement des traits historiques. Peut-être cela n'était-il pas nécessaire de leur temps, où les esprits plus sérieux trouvaient un charme à l'exposition de la doctrine.
Mais qu'on essaie de doni^er aujourd'hui leurs sermons tels qu'on les trouve écrits, et on ne tardera pas de lasser ou d'endormir l'auditoire. Il y a donc dans les prédications une véritable lacune, si elles ne sont pas émaillées d'histoires. Le peuple en est avide ; et c'est le peuple qui, même dans les grandes villes, vient entendre les sermons.
Les lettrés, d'ailleurs, ne les dédaignent pas. Une certaine critique, fruit peut-être du jansénisme, a cru devoir retrancher parmi nous, le merveilleux de la vie des saints ; et l'homme a beso'in du merveilleux ; s'il ne le trouve pas dans les héros du christianisme, il va le chercher dans les tables tournantes et dans d'autres superstitions qui lui enlèvent la foi.
iS. Pourquoi donc craindre de lui présenter les prodiges avérés que Dieu a opérés pour ses élus? En ne voulant pas paraître trop croJ.ule. ou pour ménager l'incrédulité, faut-il rapetisser aux yeux l.;c^ .rjJiteurs, l'action de Dieu dans les âmes et dans le monde, et le Lfe-iit des saints?
Nous avons confiance que nos lecteurs trouveront dans ce livre l'exactitude de la doctrine. Nous ne publions cette sixième édition j ; : is avoir revu et édité quatre fois notre Abrégé de théologie J'jgiiuUique et morale, si favorablement accueilli par le clergé. On ne nous accusera pas non plus d'être diffus; car c'est dans un seul volume d'un format portatif que nous avons condensé les sujets les plus pratiques de la chaire chrétienne; enlin, non seulement nous a . n^ entremêlé nos instructions de traits historiques, mais encore :; . -i.)nnons en note, au bas de chaque sujet, tout ceque nous avons trouve en ce genre dans plus de trente volumes de recueils
de traii ;s(i). Si donc les premières éditions de ce livre ont
eu un succès que nous n'aurions jamais osé espérer, nous comptons
N is avons beaucoup emprunté À VlnstrucUon ffUgieuu en exempUi du H. IV
^ .,''. ^ lj IlihH dhi'oiie lie Lhoner, "n i ,ii/-, lii<i)iii> lii<i,ii i.iiw .;,• Silirml dni
'• ■• ie. aux A •
.'.!<: )';!■■■ .le M. l'aLi.
•<>' • I, aux ImtructioHS iuiiunants Je M, l'abbc Jvavc, el ïur-
^•'- t - .. --m^ine un recueil inlilulé : Parolet et irait» '■■''• ""'-5
remarquables, qui peoi e ire sérieusement utile à nos roDfrérrs. Prix : 3 fr.
aue celle-ci sera mieux accueillie encore de ccux-mèmes qui auraient cjà nos éditions précédentes, car elle est bien plus complète