‹ Le Prêtre dans le ministère de la prédicationChapitre 121 sur 416 · XXXII. — Aux enfantN de Mari · texte numérisé non relu

XXXII. — Aux enfantN de Mari

139i. Videte vocationem vestram. (1 Cor. i, 2(>). — Considérez votre vocation, non |>as au bienfait de la foi, comme l'enlendail saint Paul, mais bien à cette ussocialion en l'honneur de la jSainte Vierge dont vous faites partie. C'est une gri\ce parli(;ulière de Dieu (|ui vous y a apjtelès. Comprenez donc: I, la faveur qui vous est l'aile, la dignité dont vous êtes revotas; 11, les devoirs et les vertus que cette vocation vous impose.

I3i>5. — I. Nos titres de gloire sont écrits ilans le testament de Jésus- Christ mourant. Transportons-nous au Calvaire. Bourreaux, écartez-vous, suspendez vos blasphèmes, laissez-nous recueillir en silence les dernières paroles du Sauveur expirant: Kcce Mater tua. C'est à tous les fidèles qu'il s'adresse et qu'il donne Marie pour Mère. 0 hommes, je n'ai pas eu une pierre pour reposer ma tète, l'our vous, j'ai été dépouille de mes vêtements, j'ai versé jus(]u"à la dernière goutte de mon sang, et je vais rendre le dernier soupir. Il ne me reste plus que ma Mère, et je vous la donne.

Quel don plus précieux pouviez-vous nous faire en mourant, ô mon Sauveur? Votre Mère devenir notre Mère! 0 Marie, nous sommes vos enfants ; mais en devenant vos enfants, nous sommes les frères de Jésus-t^hrist, les enfants de Dieu le l'ère: quelle gloire, quels titres! et cela est le partage de tous les hommes, de tous les fidèles surtout. Kh bien ! Notre-Seigneur trouve encore le inoven de faire une faveur à part à son disciple favori, à saint Jean. Tous les autres .Apôtres, tous les autres hommes, auront Marie pour Mère; de plus que les autres, Jean aura le bonheur d'emmener Marie avec lui. de la garder dans sa maison, de lui donner tous les jours la sainte communion, de recourir à elle dans tous ses doutes, d'être dirigé par elle, d'avoir sous ses yeux ses admirables exemples. 0 heureux saint Jean, qui n'envierait votre bonheur! Que ne nous a-l-il été donné, comme à vous, de vivre avec Marie, de la voir, de l'entendre!

■lUÎMJ. Le bonheur de saint Jean est le vôtre, enfants de Marie, n'en sovez donc pas jaloux ; il y a la même différence entre vous et le commun des fidèles qu'entre le disciple bien-aimé et les autres Apôtres. Si Marie est la Mère de tous les hommes, justes et pécheurs, vous êtes les aines de sa famille, vous êtes ses enfants de prédilection, sa joie et sa couronne, sa garde d'honneur, l'élite de son peuple. Klle vous réunit sous son manteau, quemadtnoduin yallina ronf/ref/at pullos suos sub alas. Elle vous protège ; elle vous parle, si vous savez l'écouter; elle prête l'oreille à vos vu'ux ; elle vous comble de ses faveurs: Videte vorationem vestram. Quelle grâce, quel bonheur!

péchears, invoquez Marie : Solrevincla reis, et venez déposez à ses pieds lacbatnede vos habitudes coupables.

(fc) Pendant que jeune encore Thomas à Kempis s'appliquait à s'instruire de» sciences humaines, il commença à négliger tantôt une prière, tantôt une autre, parmi celles qu'il faisait tous les jours à la sainte Vierge; et par cet artifice le démon finit par lui per.sua» der peu k peu de les abandonner totalement. La Reine du ciel, qui ch'-nssail le jeune Thomas à cause de l'innocence de sa vie, voulut lui ouvrir les yeux sur l'erreur à laquelle il se laissait entraîner, et pour y parvenir se servit d'une vision qu'elle lui procura pendant qu'il était plongé dans un profond sommeil II lui sembla qu'il était à l'école en compagnie de ses condisciples, lorsqu'il vil apparaître à l'improviste, au milieu de ces derniers, la Vierge Marie couronnée de splendeur, éclatante de magnificence, telle qu'on la voit dans le ciel dont elle fait les délices. Elle faisait le tour de la salle, élreignant de ses doux embrassennents tantôt l'un, tantôt l'autre de ses condisciples. Thomas était dans un singulier état d'anxiété à ce spectacle, et il attendait que la sainte Vierge vint aussi l'embrasser lui-même et lui donn&i quelques marques de sa tendresse maternelle. Mais il fut trompé dans son e-^pérance; car Marie, étant arrivée à la place qu'occupait notre jeune écolier, se contenta de le regarder d'un œil sévère et lui dit : C'est bien vainement que tu attends mes tendresses et mes en.brassements, car tu m'es devenu infidèle. Où sont ces prières que tu m'adressais autrefois avec tant d'amourf Comment s'est refroidie cette dévotion avec laquelle lu m'honorais autrefois î Ta ferveur à me servir a-telle pu s'évanouir si promptemeni? En disant ces paroles, la sainte Vierge disparut laissant le jeune écolier «iblmé dans un océan d'amertuae. Persévérons donc à invoquer Marie.

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