‹ Le Prêtre dans le ministère de la prédicationChapitre 122 sur 416 · ENFANTS DE MARIE · texte numérisé non relu

ENFANTS DE MARIE

Oui ne voudrait le partager! Est-il une jeune fille qui ne vonlùt pas être enfant de Marie, ou qui osi\t faire ce qui la rendrait indijfne d'un tel bienfait? Mais prenez-v garde, noblesse ohlif/e. dit le proverbe. Ce qui veut dire que l'enfant il une faïuille noble ne doit |»as se conduire comme le fils d'un misérable vagabond, l'ne enfant de Marie doit vivre d'une manière conforme à sa diçnilo, reuifilir les deviiirs qu'elle lui impose, pratitiuer les vertus qu'elle e\içe, enfin porter en soi les traits de sa divine .Mère ; car si elle ne ressemblait pas à Marie, .Marie ne pourrait la reconnaître pour son enfant.

1397. — II. (^omme Marie, vous devez : 1" être les plus dévouées aux intérêts de hieu ; car .Marie ne vivait que pour la gloire de .\otre-.Seigneur. Dans la famille, dans la paroisse, soyez les premières <l faire la prière, à venir à la messe le dimancbe, et même dans la semaine, à assister aux instructions et aux réunions de la (Congrégation, à parer les autels rlo la Sainte Vierge ; so.vez les plus empressées à vous approcber des sacrements. C'est vous surtout qui édilierez les autres, en communiant tous les huit jours et en vous Préservant dans ce but du péclié mortel; ne vous contentant pas d'aimer ieii vous-mêmes, vous chercherez à le faire aimer, empêchant autant cpie possible, dans la famille, les blasphèmes, la profanation du dimanche et tout discours contre la pudeur.

i'> l'arhi vous exercerez non seulement la charité envers Dieu, mais encore la rharité envers le prochain, qui est un autre ti'ail de la Sainte Vierge, que vous devez reproduire. tj"i pourrait dire, en elTet, l'amour de .Marie pour les Ames dont elle est la Mère ! On reconnaîtra que vous êtes ses enfants, si vous vous aimez les unes les autres, si vous vous soutenez dans la pratique de la vertu, si vous cherchez à ramener celle d'entre vous qui s'égarerait dans des compagnies ou des liaisons dangereuses pour elle, si vous priez pour vos compagnes défuntes, si vous visitez les malades, si vous assistez les mourants et faites rauiimne selon vos ressources.

I!VJ8. 3" Knfin à l'égard de vous-mêmes, il est <leux vertus de .Marie que vous devez reproduire : Virr/inifate pincuif, humilitate concepit. 1) .Marie a plu h Dieu par sa virginité. Dieu a trouvé le c<Hur de .Marie plus pur que les ailes des anges; et l'est pourcela qui! en a fait son trône, (l'est par la vertu de pureté que vous serez dignes de Dieu et île .Marie. 0»oi ! oseriez-vous apporter, au pied des autels de l'Immaculée, une Ame esclave île coupables alTeitions ? Cacheriez-vous. sous une couronne de rose et sous une robe blanche, un cœur noirci par le vice? Ce serait ne plus comprendre votre vocation. Pureté donc de pensées, de désirs, de paroles, de regards, d'allures; respect pour votre corps, temjtle du Saint-Ksprit.

Personne plus que vous ne doit fuir «le loin ce qui perd la jeunesse : les liaisons, les fêtes du monde, les danses, les compagnies frivoles, les lectures légères. S'.ni'îiger dans ces occasions, ce serait s'exposer i\ se faire exi-lure de la ( n. Pasteur vén''*ré, ne gardez pas parmi les enfants de .Marie

les j' s esclaves du monde. F'Iles seraient une pierre de scandale pour

toutes les autres jeunes filles, qui s'aiitiu'iseraicnt do leurs tristes exem|tles pour se perdre. Confiilimus de vohis meliorn et viriniorn saliiti. J'espère que c'est parmi vous que Jésus se choisira des épouses, oui iront se donner A lui dans la vie religieuse, ou qui feront fieurir, au milieu du monde, le lis de la pureté. Heureuses i-clles qui sei-onsacreront ainsi, .sous la bannière de .Marie, à la pureté |»arfaite!... Klles auront le centu|)le en ce monde, et en l'autre elles suivront r.\gneau partout où il ira.

43'.>9. i) Marie est devenue Mère de Dieu par son humilité : Ecce anrilla />»/ni/»i,a-t-elle dit. Soyez humble à son exemple, dans vos pensées, dans votre mise; c'est triste de rencontrer parfois la vanité la plus rerherchèe parmi les congréganistes. Marie ne se para jamais que de modestie el de simplicité ; et c'est pour cela qu'elle fut si belle aux veux de Dieu el des hommes. Si vous voulez réussir comme elle, prenez le même mo.ven.

1 i()0. Nous avons dit vos gloires et les vertus qu'elles vous imposent : Viflete vocfitionem. .Maintenant que vous comprenez vuin- .li.Miii,' ne desrcndez pas à la vie commune d'une jeune jiersonne ^ iianl que

vous connaissez quelles vertus vous devez pratiuiier. itM- dans

votre conduite : Sic lurent Itua retira coram nnminibus ut vuieant. 0"0

tous baissent les jciix devant vous, comincdevnnt un monceau d'orétincelant dans un ln'asior. selon le lanjjage de saint Clirvsoslonie. On'ils disent : Qu'elle est L'rande dans le ciel la Heine qui a de telles servantes sur la terre ; on dirait voir un ange dans un ot)r[is mortel : (]uelie modestie, quelle gravité douce, quelle charité, quel zèle, quoi piété ! (l'est une enfant de Marie.

F'our la reconnaître, nous n'avons pas besoin de voir le costume, le cordon, la médaille quelle porte ; ses vertus la désignent assez. Aussi bien n'est-ce pas au casque <pi'on reconnaît le vrai soldat, mais à la force et au courage. Ce n'est oas à la barbe, ni au manteau, qu'on reconnaît le sage philosophe, mais à la sagesse. Je reconnais cette enfant de Marie à ses vertus. S'il en est ainsi de chacune d'entre vous, vous honorerez votre .Mère et elle aura lieu d'être fière de sa famille. Promettez-le-lui toutes avec moi, en vous consacrant à elle.

On récite à genoux une courte consécration qui récapitule ces enseignements, en prenant la résolution d'y être fidèle.

X\XIII. -- Do la fr<^quenf af ion dos SacromonlMt

liOl. Quaremorietnini, domus Isrnrl ? (Kzkcu- xvmi, 31.^ (i). Etant à la source de la vie, comment mourrez-vous? La source de la vie, c'est le sacrement de pénitence, c'est aussi la communion. Disons, 1, combien il importe de nous en approcher fréquemment ; II, ré[»ondons aux prétextes qu'on allègue pour s'en éloigner; et III, donnons les règles pratiques qui doivent nous dirif^ordans la Iréquenlation des sacrements.

HOt. 1. A'otre-Seigneur, son Kglixe. nos intérâts éternels nous disent d'aller |niiscr fréquemment aux sources du salut.

\» Nntre-Seigneur t\ons {\i\ic(mni\\\.vc le désir qu'il a de nous voir nous approcher souvent des sacrements ; 1) PAR sKs l'ARoLKS. Venez tous à moi, dit-il, demeures en moi et moi, je demeurerai en vous, "i) \\ omiAoieh» MK.SACEs (â) : Si vous ne mangée pas la rhair du Fils de l'homme et si vous vebuvez pas son sang, i^ous 7i' aurez pas la vie en vous. 3) les pro.mes.sks : f'elui qui mange ma chair et boit mon sang ne mourra pas :je le ressusciterai au dernier jour. Si vous demeures en moi, vous demanderez tout ce que vous voudrez, et je vous t'accorderai. Par ses fiEivREs. Quels prodiges n'a-t-il pas faits pour venir jusqu'à nous ! Je suis avec vous, dit-il, jj/*7«'« la consommation des siècles ; et que d'outrages il subit pour demeurer avec nous! Il a institué IKucharistie sous les apparences du pain, afin de nous montrer que de même que le pain est l'aliment quotidien de nos corps, de même la sainte Eucharistie est la nourriture ordinaire do nos Ames.

^403. 2" L'Eglise qui ne veut que notre salut, bien qu'elle ne nous commande rigoureusement que la confession annuelle et la communion pascale, nous invite A recevoir souvent les sacrements : \) Par ses conciles. Le concile de Trente désirerait que les tidèles commimiassent A toutes les messes qu'ils entendent, par conséquent au moins le dimanche; il prie, il conjure tous les

M) k\x\Tt exnràt. Homo quidam fecit cœnam tnajfnaw; c'est un grand repas, cœnam* mognam ; grand par l'excellence des mets divins qui y sont servis ; car c'est le corps même el le sang de JésusChrisl :prand par le licnibre de ceuxquis'y liouveni convié8;ce sont tous les hnmmes, du moins tous les fidèles: grand par la dignité de leurs personnes et la sainteté de leurs di.«ipo8itions, puisqu'ils n'y doivent venir qu'en étal de gr&ce : grand par le lieu où il est préparé, c'est toute l'F.glise : grand par sa durée, il ne finira qu'avec le monde : enfin grand par sa signification, parce qu'il contient une vérité dont les mystèrts de l'ancienne loi n'ont été que la figure el que l'ombre. Vous êtes tous tppelt's, mes frères, à celle table du Seigneur, el c'est pour vous l'annoncer de sa part, qu'il envoie ses prédicateurs. el que je parais ici moi-même selon le devoir de mon ministère: Et miiil servum suum. Mais que faites vous? Saint Grégoire, pape, le déplorait autrefois, instruisant le peuple chrétien dont il avait la conduite, et rien en effet n'est plus déplorable : Homo divct invitât et pauper occurrere festinat, ad Dei tocamur contivium, et eû:cusamus. (Bocrdalolk.)

(5) Ahl tremblons que se.s menaces ne se réalisent 1 Assuérus avait invité à un grand festin la reine Vaslhi. Celle ci refusa d'y prendre part ; le roi, indigné, la chassa de sa cour et lui en'cva toutes ses prérogatives. Qu'il est à craindre que le roi du ciel ne rejelle ceux qui repoussent ses invitations miséricordieuses t

FRLyUIiNTATION DES SACREMENTS 553

fidèles d'avoir une telle foi, une telle dévotion pour se sarrement d'amour, quils mt-ritoiil «le le recevoir souvent, l.e dimant-he et les fêtes on [»are les autels, les tidoles se revêtent de leurs plus beaux habits, ne serait-ce pas plus agréable à Dieu et plus utile pour eux, s'ils revêtaient leur âme de la robe nuptiale de la prAce par la réception des sacrements ?

iMU. 2) Par les saints docteurs qui nous disent comme saint Ambroise : « Vivez de telle sorte que vous méritiez de communier tous les jours. Recevez tous les jours, ce qui tous les jours vous est utile. Puisque c'est votre pain quotidien, pourquoi tardez-vous un an devons en nourrir (1)? «

1403. 3) Par t'ejremple de ses vrais enfants. Les premiers fidèles communiaient à chacune de leur réunion, et les diacres portaient la communion aux malades. Ils ne pouvaient pas, il est vrai, se réunir tous les jours; mais ils emportaient la sainte Kucharistie dans leurs maisons, afin de pouvoir tous les jours s'en nourrir. Aussi, avec quel courage ils souffraient les tourments et la mort ! Kl il en a été ainsi fies saints de tous les siècles. Sainte Thérèse, pendant vingt-trois ans, communia chaque jour. Sainte Catherine de Sienne, quand elle était privée de la communion, souffrait des douleurs intolérables. Le bienheureux llavmond de Capoue fut celui de ses confesseurs qui lui donna le plus de consolation, parce qu'il lui permettait toujours de communier. Souvent, dans l'ardeur de ses désirs, Catherine lui disait : <■ Mon Père, j'ai faim ; pour l'amour do Dieu, donnez à mon Ame sa nourriture. » Kt même de nos lours, les Ames vraiment chrétiennes, dans toutes les conditions, se font un Donheur de communier souvent (2).

140<>. 3'> iXous avons besoin de recevoir les sacrements. Sans la grAce, point de salut ; or nous n'avons que deux movens d'obtenir la grAce : les sacrements et la prière ; et ceux qui ne se confessent et ne communient que rarement ne prient presque pas, ou ils prient mal. Leur salut est donc bien compromis. Combien de temps restent-ils en état de grAce? Quelques jours, quelques semaines ; et puis ils sont le plus souvent dans le péché. Si la mort vénal', h'< siii|irondre, c'en serait fait d'eux pour l'éternité. Kt il n'est rien là de - I. Si nous restions longtemps sans prendre <le nourriture, nous

ne I i - ims de succomber (3). Si un homme mourant de faim était invité

A un festin splendide et qu'il refusAt d'accepter cette invitation, ne passeraitil pas à bon droit pour un insensé? N'est-ce pas le cas de ceux qui, avant un besoin pressant de la grAce, cet aliment de nos âmes, refusent de s'approcher de la table sainte ?

(I) Saint Loais, sur le point de mourir, fit à son fils atné Philippe, ses recommandations : «Confesse-toi souvent; choisis surtout un confesseur habile et ferme qui puisse ('enseigner ce que tu dois faire et qui ose te reprendre de tes faites. »

(f) {a) Daniel O'Connell. le libérateur de l'Irlande, un des plus grands orateurs de ce tiède, se confessait et crimmuniait au m<^in8 une fois par .«emaine.

Le jfénéral de Sonis, mort b* 16 août 18«7, récitait son chapelet tous les jours et communiaii tous le.t dimanches, depuis 1859. (V. Bonis, Livre de tou$,]>.t8\.) Sainte Cathef,„p .1. c,..i. .; i„ ^ç sainte Brigitte, se confessait tous les jours.

(' l'es les Ames pures aiment A cmmunier fréquemment; et c'est par la ( > s peuvent ne maintenir pures. Qui nous donne des jeones gens chi <ian* les casernes, des jeunes fliles qui ne se laissent pas entraîner par les >lu monde et qui A l'Age des prands écueils savent n'aimer que Dieu? I.a conifi !■ ' r, I . ', > de la pit' ':o de Nolre- Scicfu'ur 1(1 . M un «linM la fanté à

tous ceux qui t.. . . ;.. . ..-. .. ja* A se le [i.

(3i (a) llolopherne. général des Assyriens, réduisit en peu de temps la ville de Béthulie à la derni<r.' Ht- r.s.ij]i.^ eu fA.v.ini ,(iiiii.>r Ions les canaux qui menaient l'*-»" '^n* U ville, de ' tant de soif, n'avaient devant eu\

pective d 1, .1' même A r(*ci^r(l (tes ^h^étipn^

couper pour eux li's canaux de la gricc, en !' <

sacrements. Mais les ministres de Dieu disent ai:\

à Naaman '" '■'■ - ■ ' ■••• "■•' ••--• *■ •-. c"esla-'ni.

lait pas M : « Si le I

chose di fil ;i'>i refuser 11 ^î

lava sept foi» el li fulgu<-it. Ahi pécheur, lavex-vous souveui don» ie bitm «alui^ua de la pénitence, quoi de plus facile I Et vous oblieiidrex grâce et pardon. Aht les villes de

i407. — II. Bé/tondons ati.r pré(e.rtes qu'on allègue pour ne pas s'apitrorher des sacrements. — 1" Je ne suis pas dit/ne. — Ni le prêtre nop plus : aussi il se prosterne avant de monter à Tautel ; et avant. clia<jiic coiiuniinion, il se frappe la poitrine. Les anpes eux-mi^rnes ne seraient pas dignes. Il sudit de n'être pas indigne. (Jnrdons-nous d'une fausse luiniililé que le détnon inspire. Klle perd les âmes en les écartant de ce «pii ferait leur force. Pour n'être pas in<lij.'ne. il sullit de n'avoir aucun péché mortel sur la conscience. Plus on renvoie, moins on est digne. On ne fait jîucre bien ce qu'on fait rarement (1).

2" Je suis trop tiède. — Ce ne sont pas ceux qui se portent bien qui ont besoin de médecm, mais les malades. Se réchaulTa-t-on jamais en s'éloignant du feu i

3" Je n'ai pas le temps. — On a du temps pour tout, poiu' dormir, manger, sctiivertir; n'y en a-t-il point pour Dieu T Personne ne perd moins de temps que ceux qui se confessent et communient souvent ; car étant toujours en grAce avec Dieu, ils rendent méritoires toutes leurs o-uvres. Ceux qui s'éloignent des sa(^rements et vivent par suite dans le péché, perdent toutes leiu's peines, tant qu'ils sont dans la disgrâce de Dieu. Ah ! à la mort, ils diront : Si <''étail à refaire !... (^e sera trop tard.

1.(08. — III. Donnons enfin quelques règles relatives à la fréquentation des sacrements. If .Ne jamais rester en état de péché mortel cl se relever aussitôt après la chute. Si en tombant, on s'était broyé un bras, attentlraiton le lendemain pour faire venir un chirurgien? Qui garderait plusieurs jours dans son sein un serpent venimeux? C'est une folie, dit saint Antonin, qu'un homme ait moins souci de son Ame que de sa chaussure, qu'il nettoie souvent (i). Si on ne peut voir, immédiatement après une faute grave, le médecin de l'Ame, du moins faut-il l'aire un acte de contrition parfaite, et se confesser dès qu'on le pourra.

i-401). 2" S'ap(»rochor des sacrements lorsqu'on se sent faible, et exposé à tomber. On prévient plus facilement le mal, qu'on ne le guérit.

3" Quiconque vit dans la grAce de Dieu, ne fait pas de fautes graves habituelles, lors même fpiil a bien des imperfections, peut communier tous les huit jours, et même plus souvent, si c'est nécessaire pour se préserver de chutes graves. 11 en est de même pour ceux qui tombent dans des fautes graves dont ils sont résolus de se corriger et qui trouveront dans la confession un remède à leur faiblesse. Dans ce cas, si on ne voulait pas communier de

bains, où souvent en cherchant la vie on trouve la mort, sont remplies, en été, de baigneurs qui espèrent y trouver la !<anié du corps; et les sources du Sauveur, qui guériraient toutes les Âmes, sont désertes.

(b) Le P. Lacordaire, étant supérieur du collège de Sorrèze, faisait quelquefois jusqu'à cents lieues pour aller confesser se."» enfants; et quand on voulait le retenir : « Non, répondait-il, cela pourrait peut-être faire manquer la communion de quelques-uns de mes enfants. » On ne peut pas calculer l'etret dune communion de moins dans la vie d'un chrétien.

ic) Marceau, capitaine de vaisseau, & la fin, communiait tous les jours: son équipage en murmurait; il le réunit donc et lui dit : « Au lieu de murmurer, vous devriez vous réjouir; car au moindre mécontentement que vous me faites éprouver, si je ne communiais souvent, je vous ferais jeter tous à la mer. »

(\) Le général Lamoricière, revenu à Dieu, s'entretenait un jour à Paris de la communion fréquente avec sa pieuse fille et avec le curé de sa paroisse. « Je crois, dit-il, qu'il ne faut pas communier souvent. » Son curé répondit : « Tous nous ne sommes nas dignes de le faire ; mais nous en avons besoin : la communion n'est pas la récompense de la vertu, mais le moyen de la pratiquer. » Le général, après un instant de réflexion, dit au prêtre : « Monsieur le curé, on m'avait donné vingt mille mauvaisei> raisons contre la communion fréquente ; v«>us ne m'en donnez qu'une bonne pour, elle me suffit. » Puis, se tournant vers sa jeune fille: o Cnmmunie tant que tu pourras, » lui dit-il.

Et lui-même ensuHe l'ai^compagna souvent à la table sainte ; et, dans ses communions, il versait des larmes de joie, lui que les plus grands dangers n'avaient pu émouvoir sur les champs de bataille.

(2) Le jeune Tobie, éloigné de ses parents, disait à son beau père Raguel qui voulait le retenir : « Je sais que mon père et ma mère comptent les jours, et que leur esprit est tourmenté à mon sujet. » Et il ne céda pas aux instances qui lui furent faites Ah I pécheur éloigné de Dieu, votre Père du ciel compte aussi les jours où vous êtes séparé de loi ° revenez donc à lui sansretaid.

l'eucharistie 55o

peur d'être remarqué, on se contenterait de se confesser. Que d'âmes, pour avoir eu peur de s'approcher ainsi souvent des sacrements, sous prétexte qu'elles n en étaient pas dignes, sont tombées vraiment, et ont retardé leur conversion !

1410. 40 Pour communier fréquemment, c'est-à-dire trois ou quatre fois la semaine, il no faut avoir aucune alTeclion au péché véniel, et s exercer à la pratique de l'oraisim et <ies vertus chrétiennes.

5" Heureux ceux qui s'adonnant A l'oraison, et qui avant surmonté leurs mauvaises inclinations, évitant toute faute volontaire, désirant ardemment s'unir à N'otre-Seignetir, méritent de communier tous les jours ! Heureux les confesseui-s qui les dirigent dans cette voie ! Notre-Soigneur révéla à sainte Marguerite de ("ortone cpiil récompenserait largenient son confesseur, pour lui fiv.vir conseillé de communier fréquemment. \;omprenanl donc les désirs de "^ -ueur, les vu-ux ilc l'Eglise, les intérêts de notre ûme, en même

teu ! utilité des prétextes, qui jusqu'ici nous ont éloignés des sacre-

mc:. désormais puiser souvent à ces sources mystérieuses par les-

q<»<- -^ur nous la grâce. Suivons sans crainte les régies que nous avons

traicfs, cl .qirés les saints Docteurs; nos cœurs en deviendront plus purs et plus fervents, et nous commencerons dès ici-bas, à vivre de cette union avec Dieu, qui, consommée au ciel, fera notre béatitude.

Page 1