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KET.S DE LA COMMUNION ÔG

lui; il nous dit que si une mère oubliait son enfant, il ne nous oiihliertiit jamais: il est «le plus noire Dieu; et son amour pour nous réflame une union ilivine avec sa pauvre «Téalurc. Celui qui mange ma chair demeure en moi et moi en lui. a-t-il «lit (I).

Bien plus, il nous transforme en lui par la communion, comme la nourriture que nous prenons se transforme en notre corps. L'histoire nous apprend qu'une reine de lantiquilé. avant perdu son époux, voulut ensevelir dans son jtropre corps l'objet de son alTection, en avalant ses cendres. Faible image de l'imion que Jésus-Chrisl contracte avec nous par l'Kucharistie. Il se donne à nous en quelque sorte, comme il se (tonne aux élus dans le ciel. .\u ciel, les élus voient Dieu, ils aiment Dieu, ils le possèdent comme leur bien. L'Ame qui comunmie est éclairée de la linuiére divine ; son cœur peut-il ne pas battre d'amour pour un Dieu si plein de bonté pour elle ; elle le possède tout entier. 0 Kucbarislie, tu unis la terre au ciel, la créature au Créateur; tu commences dés ici-bas ce tpii se consommera dans l'éternité ! .Vnges saints, je n'ai rien à vous envier I

(1) L'homme s'est séparé de Dieu par le péché; mais son libre arbitre n'est pas détruit, et il lui reste une tendance de retourner vers celui qui est sa fln dernière comme son créateur. La miséricorde de Dieu lui a fourni un moyen d'effectuer ce retour dans la religion qu'il lui a donnée: elle s'appelle religion, car elle relie Dieu à la créature qui s'en était éloignée. Dieu qui ne se laisse pas vaincre par la malice de ses créatures, a voulu que la grâce abondât là i^ti avait abondé l'iniquité, et que l'homme réparé par sa miséricorde lui fût uni p!us intimement qo'avanl sa chute. Pour le comprendre, il faut savoir <jue toutes créatures de Dieu, au ciel et sur la terre, peuvent se classer dans quatre catégories, ou ordres différents : l'ordre de la nature, l'ordre de la grâce, l'ordre de la gloire, et l'ordre de l'union hypostalique ou personnelle de l'humanité à la divinité réservée à Notre-Seigneur Jésus-Christ seul. Dans l'ordre de la nature. Dieu donne à chaque créature un trait, une trace, un linéament, une image, ou, pour mieux dire, une ombre de son <'"•" *'^'" /.■..•.......(, hominem ad imnginem nostram ; d&ns l'ordre

de la grâce, i > un rayon de sa sainteté : dans l'ordre de la gloire,

il donne aux \j pation et comme un échantillon de sa félicité, en leur

faisant voir à iéc luveri les iiclie.sàes inestimables des perfections infinies qui le rendent bienheurpux; pi dans l'ordre de l'union hypostalique, il ne communique pas seulement à la sainte . un rayon, un linéament de son être, de sa sainteté et de

sa félicr ut à elle ; il fait habiter en elle sa divinité, selon toute

l'étendue >- . --- - ;i être: In ipso inhahitat omnis plenitudo dirinitatix

corporalHer ou mieux encore : Pleniludo Deilatis : car c'est plus d'être Dieu que d'être divin. Dan<! l'arilre de la nature, la sainte humanité est vivifiée ; dans l'ordre de la L' idre de la gloire, elle est glorifiée; mais dans l'or-

dre déifiée.

1 , de la Personne divine à la nature humaine, un hom-

me ligueur de vérité, en réalité, en unité de personne

et e e de la nature. Dieu est aux hommes un père débon-

naire, en leur douiiant l'étie et la vie par sa toute puissance et en la leur conservant par »« providence ; Sonne ipxf p*t i'uter tuu* qui cr^'aril te et potsrdit te ? Dans l'ordre ...,:. ,te bien des i ' " ''■ cliiv nn rot f( da: iiiant aux I .. ce be > r oninia bana sua constUuet e<iy X très Rimableet très aimant:

il se du: inunique à elle, il i'épousr lumaine ne sont pa.s seu ' mais en une même personn< ' que la mort, qui a pu d(M roix, n'a point eo de tranchttiii rurla divinité des parties d« l'humanité o

Or, c'est à I t> !> >> in irticipation d'une alliance si

sainte, si excellente et Si et associés par l'eucharistie ;

cari' i'nr,,l.> .If lii.;. r! Jésus u institut^ L-f s.'KTeiiient

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l'eachariniif, ; • de »a

chair: /■.< Ho»i/('' fuyiin'/- '. , ^/ii i..*; /* imm. m.- ..ii-r,.

558 Seumons de missions

MTI. 2" Ktre uni à Dieu, c'est aroir lu vie (I) ; en Mrc séparé, c'est la mort. Il y a des degrés dans la vie comme dans la mort: il y a la vie de I enfant qui vient de naître et «luun soiiflle peut éteindre : il y a la vie du convalescent, fjui relève d'une grande maladie, (i'est M l'ima^'C de la vie d'une Aine, qui a reçu par lalisidution le pardon do ses péchés. « Je suis venu, a dit Jésus, pour qu'ils aient la vie et qu'ils l'aient abondamment ; » et lui qui a donné à l'enfant le lait de sa mère, et plus lard le pain dur pour le fortifier, nous a donné son corps adorable pour être l'aliment, la force de nos Ames.

Le prophète Klie, fuyant les persécutions de Jézabel, errait dans le désert; accablé de fatigue, il s'étendit à l'ombre ilun arbre. In ange le réveilla et lui dit : Lève-toi et mange ; car il te reste une yrande route à faire. Klie vit à c<ité de lui un paincuil sous la cendre, le mangea, et, fortifié par cette nourriture, il arriva jusqu'à la montagne de Dieu. C'est au ciel que nous aurons la force d'arriver, si nous mangeons le fiain eucharistique (2). Où les Apôtres ont-ils puisé le courage de porterie nom de Jésus-(;hrist jusriu'aux extrémités de la terre ? où les martyrs, cette force qui étonnait les bourreaux ? où tous les saints, l'énergie qui les a fait triompher de Satan, du monde et d'euxmêmes ? Dans la communion. On les voyait, dit saint (ihrysostome, sprtir de la table sainte, comme des lions respirant des flammes, et terribles an démon lui-même. L'ange exterminateur n'osa pasentrer dans les maisons ipii étaient teintes du sang de l'agneau; et comment le démon entrerait-il dans une Ame abreuvée du sang divin ? Quand le voyageur admire les riches productions des plaines de l'Kgypte et en demande la cause, l'Kgyptien lui montre le Nil, fleuve qui régulièrement inonde ses plaines, et se retire ensuite en y laissant im limon précieux. A ceux qui demandent à l'Kglise la source des fruits de salut qu'elle produit dans l'humanité, elle peut montrer l'Eucharistie. Jlnurietis aquas de fontibus Salratoris (3^.

1438. 3o L'union de Dieuàl'dme non seulement nous fortifie, mais encore nous console. Le pain de chaque jour, en même temps qu'il soutient et nourrit le corps, le rassasie cl lui fait éprouver un bien-ôtre. Ainsi en est-il de

(1) Elisée voulant ressusciter l'enfant delà Sunamile.lui envoya son serviteur Gié?! avec son bâton, ellui commanda de le mettre sur le corps du df'funt : ce que le .«crviteur ayant fait inutilemeni, il revint à son matire, tout triste, et lui dit : Non surre.Tit puer, non erat vox neque sen$us. Le prophète va en personne, et pour s'ajuster au petit corps de cet enfant, il raccourcit le sien; il colle ses yeux aux yeux de cet enfanl, sa bouche à sa bouche, ses mains à ses mains, et par ce moyen il lui rend la vie. Le Fils de Dieu désirant vous ressusciter, vous a envoyé son serviteur, le prédicateur ou votreconfesseur, qui vous a mis devant les yeux le bàtnn de sa justice et la verge de ses menaces ; mais en vain et sans aucun elTel : Puer non surrexil. non est ror, neque senma Vous êtes demeuré mort, immobile et insensible, sans sentiment de Dieu, sans appréhension de ses jugements et sans aucun mouvement pour la venu ; il est venu à vous en personne et pour entrer dans votre corps et en votre âme, pour se joindre intimement à vous, il semble s'être raccourci, il s'est mis sous les apparences d'un peu de pain, pour vous rendre la vie. (Le jRi:tF.).

(1) Des bandes de Sarrasins, ivres de sang et de débauches, se précipitée Assises, sur le couvent des Filles de Sainte-Claire, qui, saisies d'épouvante, courent auprès de leur Hère. Celle-ci court avec elles à l'cglise du monastère; et, par une pieuse inspiration, elle prend entre ses mains le ciboire et le présente aux lîarhares. Les plus avancés dans le couvent sont aveuglés par une lumière éclatante ; tous prennent la fuite. C'est par l'Eucharistie que tous les saints ont triomphé des assauts de Satan.

(3) Les anciens du temps de saint Augustin, appelaient l'Eucharistie la vie; au lien que nous disons : Avez-vous communié? ils disaient : Avez-vous reçu la vie? Si l'on vous faisait celte question, pourriez-vous dire avec vérité, que vous l'avez reçue ? pourriez-vous dire comme saint Paul : Je vig, ou plutôt, ce n'est pas moi qui vis, c'est Jésus Christ qui vit en moi? Vous avez reçu celui qui est la vie, mais vous ne lui permettez pas d'être votre vie. Avoir la vie, c'est avoir en soi le principe de vos mouvements, dit Aristote. Quel est le principe de vos mouvements 1 Comptons tous vos desseins, vos paroles, vos actions, vous verrez que de cent desseins que vous avez, de cent paroles que vous dites, de cent actions que vous faites, à peine y en a-t-il deux qui aient pour principe le Fils de Dieu ; le ressort de tons vos mouvements, c'est la vanité, la sensualité, l'avarice, l'anibiiion. Comment donc ce que saint Paul disait aux Colessiens se vérillera-l-il en vous : Longue Jésus-Christ qui est votre vie, viendra à paraître, vous paraîtrez aussi avec lui dans la gloire. (Lg Jeiwe).

EFFETS Dlî LA COMMUNION 569

l'Kiirluiristie pour l'Ame qui s'en nourrit. Kn s'unissanl à l'ànie dans le ciel, Dieu lui fait part de sa héatiluile ; il nous donne dans la communion un avanl-Ss'oùl des joies du paradis (1). Ne l'avez-voiis pris éprouvé quelcpiefois ? Ne vous èles-vous pas écrié avec David : l'n jour passé fld/is votre maison, 6 Seiyneur, vaut mieu.r que mille jours dans les fêtes du monde : doutes dont-, et voyez combien le Seif/neur est doiuc ; et à ceux qui vous inviteraient à leurs fêtes, répondez: J'ai mes joies, j'ai mon festin, j'ai mes délices à moi!

14:i!). — II. Dans nos corps, 1" l'Eucharistie apaise le feu de la concupiscence. Depuis que l'homme s'est révolté contre Dieu, son corps s'est révolté contre son Ame. Saint Paul sentait comme nous cette loi des membres, opposée à celle de la raison. Je ne fais pas, disait-il, le bien que je veux et je fais le mal que je ne veux pas, 0 homme malheureux, qui me délivrera de ce corps de mort ? Kt Dieu lui répondit : Ma ijrâce te suffit : et c'est par la communion que celte grAce, répandue dans l'Ame, apaise les révoltes du corps. !..a communion, c'est tme eau bienfaisante qui amortit les flammes de la convoitise, c'est im antidote qui préserve du péché.

Vierfies du ciel, qui suivez l'.Vgneau partout où il va, et vous, vierçes de la terre, qui, pour être moins heureuses, n'en êtes pas moins pures, dites-nous comment dans une chair de boue, vous portez une Ame angélique ? .\h ! je sais votre secret. L'Kucharistie, s'oWk le froment des élus, le vin qui fait germer les vierges (2). La tempête soulevait les vagues sur la merde Tibériade, les Apôtres allaient être submergés; ils appelèrent Jésus qui commanda aux vents et à la mer, et il se flt un grand calme. Appelez Jésus en vous et les orages des passions s'apaiseront. Satire, frère de saint Ambroise, en voyageant sur la mer, courut un danger imminent de faire naufrage ; il demanda aux fidèles la sainte Hostie qu ils portaient toujours avec eux, la plaça dans un linge bien blanc qu'il attacha à son cou, puis se jeta à la mer et arriva heureusement au port. L'Eucharistie nous fera échapper au naufrage du monde (3).

1440. 2oZa communion dépose dans nos corps un germe d'immortalité.

(1) (a) On rapporte qu'Artaxerxès, roi de Perse, ayant un jour reçu la visite du célèbre général RrecThémislocle, en fut si heureux, qu'en rôve il s'écriait: « J'ai Thémistoc.le, je possède Thémistocle t n Quels doivent donc être les transports de rame qui possède Dieu. (Voir n» 1121.)

ib) Pendant que saint François de Sales donnait ses missions à Thonon, un bon vieillard se pré.senla à lui, pendant qu'il priait dans une église, vers la chute du jour, et lui demanda la communion. Le saint lui répondit qu'ayant communié déjà le matin, il ne pouvait le faire le soir. « Pourquoi, mon Père, me refuser mon Dieu 1 reprit le vieux protestant converti : on trouve tant de bonheur avec lui. » Et il versait des larmes de joie Le saint lui expliqua que la coutume de l'Eglise ne permet pas la communion deux fois le même jour : mais il le consola, en lui promettant de la lui donner le lendemain.

ic) Ecoutons Chateaubriand nous dire les efTets que produisit sur lui sa première communion : « Ti» jour-là, tout fut à Dieu et pour Dieu. La présence rét-lle de la Victime d'i' iment de l'autel m'était aussi .«ensibie que celle de ma mère à mes

c le fui déposée sur mes lt>vres. je me sentis comme tout éclairé en

di>i..... dis de respect. Je conçus encore le coura^çe des martyrs, j'aurais pu,

dans ce moment, confesser le Christ sur des chevalets ou au milieu des lions. »

id) Limpie Voltaire lui-mém-i avouait son admiration pour ce mystère et ses résultats : « Voilà des hommes, dit-il, qui reçoivent Dieu dans eux. au milieu d'une cér^monie auguste, à la lueur de cent oerges, au pied d'un autel tout brillant d'or. Limagin.ilion est suhjupin'o, rame .'ï.'iisie et attendrie ; on respir<! à peine, on r- ' "•-',< de tout lien li'rrcstic . On est uni av«n Dihii .. Oui osera, qui pourra commi' ■ la

une seule f.iine. en C'iiii'ev.)ir seulem-ni la |)t<nsi*c ? Il était impossible li .. •„ un

mystère qui retint plus rortemcnl les hommes dins la vertu. »

(2) La peste ravaf^eait la Grèce. Hippocrale fit allumer partout de grands feux qui purillèrent l'air, et le fléau cessa. La corruption envahirait le monde, si Di»>u n'uvail semé p.irtout l'Eucharistie comme un foyer salutaire, qui nous préserve des scanJtili>& ùu ftucle. (Voir Mme de Main tenon, n* ii97.)

(,'t) Dans un oraf^e «épouvantable, qui jetait l'effroi danstous les cœurs des religieai da son couvent, saint Thomas d'Aquin se rendit à l'Erliso et appuya (ranquilleroenl la lé(« sur le tabernacle jusqu'à la lin de Torage. (Voir n* ROT.;

670 »K|{Nn)NS DK MISSIONS

Vos pères, a dit Jésus, ont matu/è fa manne et ils sont morts. Celui qui mangera du pain que ;V /ui ifonnerai, ne mourra jtas, mais vivra éternellement. Umind nous fituiiiiunions, nds corps tlovionncnl los mcmlircs tlun corps iiiiniuric). Ils parlicipoiil an in«^inc privilège iiiio lui. (iniiiinonl inoiirrnii-il celui A qui In vie serl d'iilinicnf, dil saint Amnroise? Sans doute ce «•or|>s sera purifié par l'épreuve du tombeau; mais le levain de vie quv a déposé la sainte ronimunion, se développera; et moi-même, dit Jésus, je le ressusrilerai au dernier j«»ur.

Nous connaissons les heureux fruits de la communion dans nos corps auxquels elle donne un gage tie la gloire future, et en qui elle apaise les ardeurs des tendances coupables, et dans nos Ames quelle console et fortifie en les unissant à Jésus. Donc allons à la sainte table souvent et avec confiance: Jésus nous y invile : Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et accablés comme d'un fardeau, et je vous soulagerai ! Kl a[»rès la communion, avons soin de faire une action de grftces fervente. (^) Comment justifier la conduite de ces chrétiens q)ii quittent l'église aussitôt après la communion, sans prendre môme quelques minutes pour remercier Dieu (2) ?

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