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59(i SERMONS DE MISSIONS
avec un tiuiniiie, quel (jiie suil son Age. sinon en présence de personnes d'une gravité bien connue. i.<u-s<|ue vous éles seule dans votre appartement, ne vous assevez (piaïu-és en avoir fermé la porte, et ne l'ouvrez pas imprudemment à ipiii'onipie vient v heurter. » Saint Iternard parle dans le même sens: « (juelque saint et juste (pi'un homme puisse être, dit-il, n'avez jamais avec lui dos <-onversations Iréquentcs ni funuliéres ; mais s'il est imprudent de converser souvent avec les saints, à plus forte raison devez-vous redouter la société des jeunes gens (pii courent apn-s les vanités du siècle. »
Ceux qui veulent nous pordre nous protestent souvent ipi'ils nous aiment, dit saint (ivprien : cl quel(jues-unes d'entre vous en (»nt fait peut-être la triste expérience. Déliez-vous donc de telles pnjtestations, hien loin d'en être liéres ; ayez peur des compliments : ils sont comme les traces des limaçons, qui brillent i-ommc de l'argent au soleil, et qui ne sont que de la bave d'un stupide mollusque ; ne recevez ni lettre, ni présent «pii puissent enchaîner votre co'ur ^l). Ine jeune vierge refusa de voir saini Martin (jui remplissait les (iaules du bruit de sa sainteté et de ses miracles ; le saint l'admira et la bénit. In bon moven de se jtréserver des chutes, c'est d'avertir ses parents et sa mère en particulier des dangers, ipie telle ou telle personne nous fait courir, et de prier ses parents de Tes écarter. L'ouverture la plus entière envers son confesseur est aussi d'un puissant secours. (Voir n" 160G.)
141)6. 2" Les sorties. Il ne suflit pas de ne pas admettre dans sa maison des personnes de sexe différent quand on se trouve seule, il faut éviter aussi les sorties, les visites, les promenades où l'on risque de les rencontrer. La Mienheureuse Marguerite-Marie a écrit: « Dans mes jeunes années, je sentais dans mon co'ur une si grande horreur pour les rendez-vous que, plutôt que d'en avoir seulement la pensée, j'aurais consenti à voir mon corps déciiiré en mille pièces. » .Saint Jérôme ne voulait pas que la jeune Démétrinde sortit sans sa mère, ni (jue les jeunes personnes sortissent seules ; il en donnait la raison : Souvent l'épervicr sépare la colombe de ses compagnes pour la saisir et la dé(-liirer : la brebis malade s'éloigne du troupeau et devient la pâture du loup. F.l il écrivait à Mustochie : « Ne quittez point votre demeure et ne cherchez point à voir les femmes d'un pays étranger. i>ina sortit pour ce motif et elle perflit son honneur. » Saint Hasile veut (pie, s'il ^' a nécessité de sortir, la jeune lille le fas«f' iv.- «ios femmes graves et déjà avani"'^« ''f
(\) (a) Loin de rechercher des raaiques d'affection, il faut savoir les fuir et dans lai taque se défendre au péril même de sa vie. Amolon, duc de Champagne, flt enlever par force à ses parents, une Jeune fille de noble famille. Cette innocente colomba cherche d'abord à résister aux sollicitations coupables par les larmes et le» prières ; mais quand elle voit qu'elle n'obtient rien, elle s'élance sur le duc, lui arrache son épée, l'en perce de part en part ; le duc tombe baigné dans son sang, et avaot de mourir, il recommande de ne pas venger sa mort, avouant qu'il était seul coupable. La jeune flile s'enfuit, fait 8oixante-et-dix kilomètres à pied et arrive à Cbàlon-sur-Saône, auprès du roi Contran, auquel elle raconte son histoire. Le roi l'accueille avec bonté, admire sa vertu et la prend sous sa protection.
(h) Sainte Solange était une humble bergère du Bcrry qui, élevée dans la piété par ses parents, se consacra dès l'enfance à Notre Seigneur, par le vœu de chasteté. Tout en gardant ses brebis, elle faisait de grands miracles, et sa réputation de vertu et de beauté attirèrent jusqu'à elle le jeune Bernard de la Golhie, fils du comte de Poitiers, qui vint k cheval la voir sur les terres oii elle gardait ses troupeaux. Il lui parle d'abord avec respect, et la demande en mariage. Solange répond qu'elle appartient à Notre-Seigneur et qu'elle lui sera fidèle jusqu'à la mort. Bernard la saisit ; la bergère lui échappe et s'enfuit. Il la poursuit, l'atteint et la met par force devant lui sur son cheval, cherchant à la persuader; mais Solange parvient à s'arracher à son ravisseur en se jetant à terre. Bernard, furieux, de.scpnd <ie cheval et lui coupe la tête. Solange reste debout, prend sa téie dans ses mains, pendant que ses lèvres redisent encore par trois fois le nom de Jésus, et va ainsi jusqu'à SaintMartin-du-Pras, où on l'ensevelit et où on l'honora comme une sainte.
(c) Arsène était un des grands seigneurs delà cour de Théodosc le Grand, qui lai avait confié l'éducation de ses deux fils. Les honneurs de ce monde ne lui faisaient pas oublier son salut et souvent il priait Dieu de lui faire connaître ce qu'il avait à faire pour se sauver. Un jour qu'il faisait cette prière avec larmes, il entendit une voix qui lui criait: « Arsène, fuis la compagnie des hommes et tu te sauveras I » Il comprit et s'enfoit au désert. A combien de jeunes filles le prêtre n'a-t-il pas à dire : Fais, etc.
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Age ; il ne veut pas qu'on la rencontre dans les lieux où se forment des groupes d'hommes sans pudeur.
1197. 3" Les réunions mondaines nui se font à l'occasion des noces, des bapti'Mies, des veillées dans certaines taniilles, les danses. (voir?i<)7, la note), le théAtre, sont encore des occasions non moins dangereuses (juc les courses hors do chez soi, »pie rien ne juslilie. Les saints les ont toujoui-s condaumés et flétris ; tous les prêtres en gémissent ; toutes les mères qui ont la foi. en préservent leurs enfants ; et toutes les jeunes personnes vertueuses les fuient, comme un péril. Ce serait donc une témérité effrayante poiu' vous que de ne pas les éviter. Quand sur la terre, ravagée par le déluge, .Noé lan<;a un corbeau, cet oi.seau ne revint pas dans iarclie ; il se trouva bien au milieu de la fanée et des ca<iavres. qui lui servaient de pâture; mais la colombe qui ne voulait pas ternir la blancheur de ses ailes revint frapper à la fenêtre de l'arche. Les âmes vicieuses courent dans le monde, les âmes pures le fuient et aiment la retraite, la solitude de nos églises, ou de la famille (I ). Si je fuis le monde, je ne pourrais pas mélablir convenablement, dira une jeune tille sans expérience. Mais c'est tout le contraire, un homme sérieux la recherchera plutôt (pi'une volage semblable à un fruit flétri, parce qu'il a déjà été exposé sur trente-six marchés.
1498. io j^es com/iaf/nes dangereuses. L'ami des insensés leur devient semblable, dit le Saint-Ksprit; les exemples et les discours d'une compagne perverse sont un moyen puissant de perversion. Kt ce n'est point assez d'éviter les lompagnies mauvaises: les saints ne veulent pas même que les jeunes personnes s'entretiennent familièrement avec des femmes mariées ou trop jeunes, ou trop mondaines, ni même avec des compagnes simplement légères. Sainte Thérèse, qui avait une si belle Ame. déplore avec larmes le mal que lui Gt dans sa jeunesse une cousine non point perverse, mais trop légère. Défiez-vous de celles qui parlent du monde, «lèses fêtes, déjeunes gens, de mariage; et choisis.sez pour amie celle qiu ne connaît (pie le chemin de ré;:lise, ne s'entretient ijue des pratiques religieuses ou de sujets irréprn ' ' ' 'Jiian<l vous aurez trouvé une telle compagne, elle vous sera d'im grai > pour faire le bien; vous vous encotiragerez mutuellemeni
à .sêi .11 i'\<<i. A l'aimer, à vous approcher des sacrements, etc. (2). (ieux qui
(i ~ lien rapporte qu'une femme chrétienne, ayani assisté aux speclacles des
pai< ' t possédée do démon. Quand le ministre de Dieu l'e-Xircisait et reprochait
au lie, . i^tre empari' d'elle, le démon répondait : • Je l'ai fait hardiment, car je
l'ai trouvée dans nmn domaine. »
(h) Alipius, ami de saint Augustin, avait en horreur les spectacles sanglants de son temps. 11 y fut entraîné malgré lui par ses amis. Il y assista d'abord en fermant les yeux ; mais un cri de la multitude les lui tit ouvrir, et il sortit du spectacle passionné pour ces amusements profanes. Qu'on ne se flatte donc pas de tenir ferme au milieu des séductions.
{c} Le dauphin, père de Louis IV, redoutait les théâtres. « Les spectacles d'un prince,
diMil il. c'est l'état des provinces. » Un jour qu'il dut y accompagner Louis XIV, ce
dernier lui dit en sortant « Il m'a paru que vous preniez peu de plaisir à la comédie.
- -^n>, ; y ai eu celui d'être auprès oe Votre Majesté, u I^ ri : l'il lui laissait la
; j u 'le liberté à cet égard, et depuis lois il ne parut \> ■.■vt.
' ■"■ un de» fondateurs des r'^'rf-'"-'-"-»" .'- ^"1-^ ,, ..lul et un des plus
• urs de notre siècle, a à l'ans ; il avait une
e à M. de Chateaubria iidatt. Il osnit à peine
abordiT t:clui que Charles \ appelait uuc pu;.->.saiuc ilu lUiiidu. Cependant, " ' '
ses crainte*, il »e présente chez lui. Chateaubriand revenait de la messe, il jeune homne avec bonté, ! • - ' : ipg conseil-; ' ' 'mande s'il
d'aller au théâtre. Oianam mis à sa n, '•t. « Je V(.i
dit Cbate.nubriaod en emhrri ^ mtnt, de > 'nseils de n
Vous ne gagnerez rien au théâtre, ei vout pourriez y perdre beaucoup. • l><?puiB lur* Ozanam se souvint des paroles de Chateaubriand pour triompher des instances que lui faisaient tes camarades pour le mener au théâtre. (Voir la note do n'> lOil. )
(2) {n^ ppndanl la persécutioo de Dioclélien. il y avait â Nisibe en Mt'^ijxiiami^. Hana un > vierges, une m .aulé et lU-
Fétn me veuve d'un s> i, qui était <
•'enUi..<^».> a.cc elle el se litavc i-.v -ut une malaU „ ,.. . — ^
«or un lit de douleur, elle fut sa compagne ildéie. Fébrooia fut arrachée de aoa lit «t
•vivent dans tinc atmosphère embaumée s'imprègnent eux-mêmes des parfums qu'ils respirent et les répandent autour d'eux.
M'Mi. .>' Les tnuuraises lectures, (l'est là encore unécueil, contre lemiel faillil se briser la vertu de sainte Thérèse. Kt pourtant cette Ame si pure n ouvrit jamais <lc livres mauvais, mais seidement des écrits frivoles. (Ju'en serail-il donc d'une jeune fille d'une vertu faible, (pii se permettrait de telles lectures ? Hélas ! on n'a ipie trop souvent sous les veux le triste spectacle des rav;ij;cs produits par les mauvaises lectm-es! Que d'Ames en qui le sentiment clirclicn a été élouiïé par l'esprit du monde ; que d'imaginations remplies, non des grands mystères de notre foi, mais de honteuses rêveries ; que de cœurs en qui on ne trouve plus de place que [»our ilc folles affections! Les mauvaises lectures ont tout usé, tout épuisé, tout perverti.
.Mais (jucl profit, ipiel plaisir peut-on trouver dans des fables inventées pour [>erdre la jeunesse ? Quelle folie de repailrc de menscmges un esprit, rpii est l'ail |»our la vérité! (îardez-vous donc, mes chères sœurs, d'ouvrir jamais un mauvais livre, et même ce qu'on appelle aujourdlnii un bon roman ; car les meilleurs ne valent rien. -Ne jetez jamais les veux sur les journaux, où la foi et la vertu ne sont pas respectées; et s'il vous tombe entre les mains de tels écrits, à l'exenqjle de saint Louis de (ionzague, jetez-les aussitôt au feu sans les lire, et allez vous laver les mains. Heureuse la jeunesse qui sait fuir les écueils ! Klle se préservera du naufrage. Ne lisez donc rien, rien sans la permission de votre confesseur. (Voir les n. 1059 et 24')1).
L'iOO. — III. A faire, t" h'n temps de mission ou en temps pascal : i) e.vercer le zèle ilans la famille A l'égard d'un père, d'un grand-père, d'un oncle, d'un frère, etc. ; 2) penser sérieusement à sa vocation, (irave question, en effet, qu'on ne décide que trop souvent sans consulter Dieu. De là des périls pour le salut et souvent de grands malheurs. C'est pendant une mission, une retraite, qu'il est bon de s'en occuper; c'est l'avis de tous les maîtres de la vie spirituelle. L'Ame, en effet, est pendant ce temps sous l'action de Dieu, et éclairée des lumières de la grAcc, elle connaît mieux ses tendances mauvaises ; elle découvre plus clairement la route qu'elle doit suivre pour aller au ciel.
4501. Or trois chemins se présentent à une jeune personne, pour la conduire au bonheur des élus: ce sont les trois états de vie: le mariage, la virginité, la vocation religieuse, (a) Le premier de ces étals est saint, béni de Dieu et de l'Kglise ; mais c'est le plus impju'fait, le moins heureux et celui où le salut est plus difficile, cela n'est pas douteux. Si vous voidez vous y engager, n'ayant pastl'autre vocation plus parfaite, libre A vous. Toutefois nous avons A ce sujet A vous faire trois recommanrlations importantes. {«) (iet état étant saint, réclame l'état de grftce flans ceux qui le reçoivent ; il impose de graves devoirs à accomplir; et pour y être fidèle, on a grand besoin delà bénédiction de Dieu. .Miilheur donc A celles qui s'y prépareraient [lar une jeunesse légère, achetant un mariage par des entrevues et des familiarités dangereuses! Ce mariage ne vaudrait pas ce (|u'il leur aurait coûté; et elles ne larderaient pas à sentir que Dieu «st juste. Il leur ferait trouver un châtiment dans celui-là même, qui aui'ail été l'occasion de leurs fautes.
traînée au tribunal de Selène, envoyé de Dioclélien, et de Lysiinaque, neveu de Selène. Fébronia avait dix-huit ans, et elle était d'une beauté incomparable. Selène, qui n'avait point d'enfanl, lui offrit sa fortune pour dot el la main de Lysimaque. « J'ai, répondit Fébronia, un lit nuptial dans le ciel. L'époux que j'ai choisi est immortel et son royaume est ma dut. Je ne puis ni ne veux lui préférer un époux mortel. » Selène lui fil couper les deux mains, les pieds, les seins el enfin la tête. Après il se tua lui-même de rage. Lysimaque se convertit el se fil religieux. Hiéria jeta tous ses bijoux dans le cercueil de Fébronia el pril sa place dans le monastère.
(b) Un roi nommé Scillurus, sur le point de mourir, fit appeler tous ses fils et leur présenta successivement un faisceau de flèches liées ensemble, afin qu'ils le rompissent. Us le tenlèrenl en vain. Déliant alors les flèclies, le mourant les rompit l'une après l'autre et dit à ses enfants: « Tant que vous serez unis vous serez forts. La désunion fait la ruine. ■ Rien ne donne la force comme le lien qui unit de saints amis. Que de grands fltuves sont formés par l'union de plusieurs petits ruisseaux I Les hirondelles se soutiennent les unes les autres lorsqu'à l'approche des hivers elles traversent la mer orageuse, pour atteindre de plus doux climats. Seules elles périraient.
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l.'iOÎ (h) Clioisissez pour unir voire vie à la sienne un jeune homme chrétien el vertueux; <|uell(' i;arantio «le hrmheur peut-on trouver dans qui n'a ni pu<ieur. ni loi. ni pruliiiuos religieuses':' Ah ! il changera une fois marié, diton ; je crains bien iju'au ronlraire il ne devienne pire, comme il arrive trop souvent ; et je crains plus encore que celle, qui a la présomption de procurer ce changement, au bout de quelques années, ne lui soit devenue semblable. Kn vivant avec un malade, il est plus facile de prendre son mal, que de le guérir. Aussi voit-on déjeunes personnes pieuses avant leur mariage, négliger bientôt après les principaux tlevoirs du chrétien f II n'est pas facile, aiton. lie trouver un jeime homme vertueux ! (l'est vrai, mais qui oblige à s'engager dans le mariage? Et ne vaut-il pas mieux v renoncer «pie d"y trouver de grands périls pour le salut, dans la compagnie d'un libertin ou d'un impie (I) ?
ir»03. (c) Si vous voulez vous engager «lans cet état, n'en parlez pas et même n'y pen.sez pas habituellement. Prendre un bon repas pour réparer ses forces, ce n'est pas une faule ; mais [lenser toute la matinée à ce qui sera servi à table, s'entretenir fréquemiuent «lurant laprès-miili «le ce «pi'on a mangé, c'est la marque d'ime âme basse. Ainsi en est-il «lu mariage. S'y engager, ce n'est point un mal ; mais s'en préoccuper habituellement, s'entretenir avec ses compagnes «le jeunes gens, c'est la {»reuve «l'une àme sensuelle ; et si vous rencontrez une jeune personne «pii fasse de ces sujets la matière ordinaire de ses conversations, ne vous liez p«)int à elle : ce n'est pas une bonne compagne, elle n'est pas vertueuse, fd) Ènfln attendez-vous plutôt à des épreuves qu à des bonheurs (2).
1504. ^b) Lu virginitt^, (a) ses gloires, voir les premiers alinéas de la chasteté, n. 1598. // ne faut pas craindre de concevoir soi-même ni de faire concevoir auj' autres une grande estime pour la virginité. <• Ce n'est pas une œuvre inutile, dit saint Liyuori ; mais une œuvre très agréable à Dieu t/ue celle des prêtres f/ui prennent soin d'e.r/iorter les jeunes personnes à consacrer à Jésus-Christ le lis de leur virginité : c'est pourquoi dans nos missions, il est d'usage qu'un des missionnaires, assisfé de quelque autre prêtre avancé en âge. adresse une erhortation sur ce jjoint à toutes les Jeunes personnes. » (Tom. Wl, page i7i). Le saint docteur lui-même trace le modèle de cette instruction, où il fait le plus bel éloge de la virginité, et il veut qu'à la fin du sermon, le missionnaire, Il gi'HDU.r avec son auditoire au.r pieds d^un rrucifi.r, ou d'une image de Ji'sus enfant, fasse prendre auj: dmes qui s'g sentent attirées par la grdce, la résolution, mais non faire le va'u, de garder la virginité. Ce saint missionnaire sentait que les désirs de garder la chasteté fnirfaite, lors même qu'ils ne se réaliseraient jtas. non seulement ne nuiseiit point au.r (imfs. mais même les élèvent, les purifient, les firéservent des goûts et dfs ftérils du monde et les unissent à Sotre-Seigneur. (Après l'éloge de la virginité le missiqnnaire continue.)
(1) Pendant la grande révolatioo, on menait au supplice les filles de M. de la Biliais, dont tout le crime était la ndélité à Dieu et au roi. Un officier n publicain, qui les accompagnait, voulant en sauver une, lui dit : < Viens avec moi, Je t'épouserai. • Ella répondit : « J'aime mteox la mort que d'appartenir à l'ennemi de mon Dieu et de mon roi. »
(îi («) l.e mariage de I.cui» XV, roi quand la grand'm^re de la Jeune prirp
ce «|irelle ■■■■■■"■• ■<■• ■■"><■■ .•.■>-..!.• f ,, ,„.
de»su» ipi' heu-
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l« Roi du ciel. •
{b) M'i>« ào. Hainieoon était dans la misère, après la mort du poète Scarron, son pramier mari : " it à devenir l'épouse de l^uisXIV; mais son bonheur ne dura que
tr«iis sem.i ;>r^s, elle écrivait au comte d'Aubigné son frère : « Je n'y peux
plus tenir. ,.. ^ Irais être morte J »
(e) Sainte Kare, liile du comte Cagneric, voulait se consacrer à Dieu. Son père la fiança malf^ré elle. Elle en versa tant de larmes qu'elle en perJit la vue et fut réduite à l'extrémité. Saint Kuatase de Luxeuil vint la visiter; il la guérit, et obtint pour elle de sou père la permission d'éire religieuse.
1505. (b) La virginité est possible : Qui jwtest copere copiât. Et chnriinc d'entre vous ppiil la pratiquer, si elle en «lemanfle la grâce à Dieu. La l'haslotè esl possible lu^me pour celles qui jusqu'ici auraient cornuiis une niullitufle de fautes ; il ne s'agit (pie de prier, Je s'approcher des sacrements, de veiller sur soi et de fuir le danger.
(c) Chat/ue dme a le droit de la pratiquer. Il n'y a aucun commandement qui nous impose d'entrer dans l'état du mariage, et Nolrc-Seigneur nous invite par ses conseils à garder la chasteté. Quand Noire-Seigneur nous la (conseille, aucune autorité de la terre ne peut nous em|)êcher de pratitpier cette vertu ; et vous pouvez, en sûreté de conscience, résister à quiconque voudrait injustement vous contraindre à v renoncer. .M""' de (Chantai se trouvait un jour en Franche-tlomté dans le salon d'une dame de grande vertu et qualité. Knti'e les demoiselles d'honneur de cette dame, elle en remanjua une dont l'extérieur modeste trahissait une belle Ame. Klle s'approcha d'elle et lui dit tout bas : Ma fille, si vous trouvez un époux qui vaille .Noire-Seigneur, je vous conseille de le prendre. (Juclq'ie temps après, celte jeune fille se vouait à la virginité, qu'elle garda li<lèlement toute sa vie. Je vous dirai volontiers les mêmes paroles : Si vous trouvez un époux qui vaille NoIre-Sei^neur, prenez-le ; mais où le trouverez-vous? 0 Jésus, soyez l'époux de toutes les Ames généreuses el pures. (Voir n" dOOO.) (\).
(1) (a) Saint Porphyre, évéque de Gaza, fuyant la persécution des idolâtres, alla frapper à la porte d'une maisonnette, habitée par une vieille femme qui vivait du travail de sa petite fille Irène, &gée de quatorze ans. Celle cl, qui était encore païenne, reconnut l'évéque et se mit à genoux devantlui; elle le conduisit vers la terra.sse de la maison, lui offrit du peu qu'elle avait, du pain et des olives. Plus tard, l'évéque ayant obtenu un triomphe complet sur ses persécuteurs, fit appeler Irène, il l'instruisit ainsi que sa tante et sa grand'mëre, et les baptisa toutes trois. Puis il dit à Irène : • Si vous voulez vous établir, je vous ferai une dot et vous trouverai un époux chrétien. — Saint Père, répondit Irène, vous m'avez trouvé un époux, vous ne voulez pas m'en chercher un autre. — Et quel époux? — Jésus, l'époux des vierges. » Le saint prélat pleura de joie, il confia Irène à la diaconesse Massaris, et l'exemple de cette jeune fille fut suivi par une multitude d'autres. (Voir la note du n» I5t8.)
ib) La B. Oda, d'une noble famille du Brabant, voulait se consacrer à Dieu. Ses parents, auxquels elle avait fait part de son désir, lui préparèrent un mariage avec un noble seigneur du pays, appelé Simon ; et comme ils craignaient un refus de la part de leur nile, ils ne lui en parlèrent qu'au jour des noces, au moment où Simon arrivait avec toute sa suite à la cérémonie du mariage. Un conduit Oda aux pieds du prêtre dans la chapelle, elle se laisse taire : mais quand le prêtre lui demande si elle veut choisir Simon pour son époux, elle répond énergiquement qu'elle ne veut ni lui ni un autre ; car elle a consacré à Dieu sa virginité. Là -dessus Simon, confus, remonte à cheval el s'en va en colère. Les parents, vaincus par la fermeté d'Oda, finissent par lui permettre de se faire religieuse.
(c) La \\. Marguerite de Hongrie, nièce de sainte EHsabetb, refusa successivement la main de deux rois, celle du roi de Pologne, el celle de Georges, roi de Bohême. Comme son père insistait pour lui faire accepter ce dernier parti : • Je préfère, dit-elle, le royaume des cieux el les grâces de Jésus-Christ. » Elle mourut à vingt-huit ans à peine, en disant : « Mon Dieu, je remets mon ûme entre vos mains. » El son corps resta vermeil et beau, et exhalant une odeur suave. Plus de deux cents miracles s'opérèrent à son tombeau.
Le lis de nos jardins est une fiéur si frêle el si tendre que sielleest tant soit peu maniée, elle se flétrit incontinent. La chasteté est encore plus tendre ; elle perd son lustre, même par des affections trop vives, par de petites privautés, par de simples baisers de qui que ce seii, de qui que ce soit; je dis deux fois de qui que ce soit, et je le voudrais dire cent fois, afin que vous ne me disiez pas: C'est un homme de bien, il esl si dévot el si spirituel, il n'y pense point de mal et n'a pas mauvaise intention ; c'est mon cousin germain, mou beau-frère; c'est, dites-vous, ma compagne de même sexe que moi. N'importe, qui que ce soit. Votre cœur n'en esl pas moins abaissé.
La pureté de votre Ame est comme une glace de Venise, c'est comme un beau miroir où vous vous regardez si souvent; bien veuille qu'en le regardant vous vous souveniez toujours de cel avis que je vous donne I Si on le louche tant soit peu, si on le baise, si quelqu'un en approche son haleine, qui que ce soit, soit homme, soit femme, soit fille, soit petit garçon, cela ternit son éclat. La chasteté est pncore plus délicate que ce miroir el que la fleur de lis: elle peui se ternir parla seule conversation et môme parla simple parole de» hommes. Une vierçe qui veut être bien pure évitera de les rencontrer, et surtout elle aura en horreur les cajoleries, les flatteries, les discours de railleries et les conversation! particulières. (Li Jbcnb).
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450fi. (c) La vocation religieuse. La rirginilé est plus parfaite que le mariage : elle mérite une récompense »i part parce que, outre les commanclemenlsde Dieu ipii sont obligatoires pour tous les lidèies. quel que snil leur état, la Vierge prati<pie un «les conseils de Notre-Seigneur. Mais le divin Maître n'a pas donné qu'un seul conseil, celui de la chasteté parfaite ; il a donné de plus celui de la pauvreté et de l'obéissance ; et il a promis le centuple en ce inonde et la vie éternelle en l'autre à qui quitte tout pour les pratiquer, (a) Voir pour le développement de la perfection, des avantages et de la /Mssibilité de ces conseils, ce qui est dit plus loin sur les vœu.T reliffieiuc {iv^ 1582 à 158(î). Suarez, un grand théologien, (Jitque la vie religieuse préserve «le la plupart des occasions de péché et fournil abondamment tous les moyens de salut. ( Voir le trait du n» G73 (c). Marie-Xavier de Lorraine (i).
1507. Ce qui perd les âmes, ce sont les occasions, nous l'avons dit ; or au « ouvent point «le danses, ni de mauvaises lectures, ni de compagnes légères, etc. Si dans le monde on avait soin de prier beaucoup, «le s'approcher souvent des sacrements, etc., on se conserverait sans doute dans 1 amitié de Dieu, malgré les occasions ; mais rien n'y excite à la prière, aux exercices de piété. Au couvent, au contraire, le règlement, les exemples, tout porte à prier fréquemment. .-Xussi saint Liguori nous assure que celles qui se sauvent dans le monde sont rares; tandis qu'au couvent, c'est le petit nombre «pii se perd, l'armi vous il y en a un bon nombre qui deviendraient «les saintes dans la vie religieuse, et qui, au milieu des dangers, seront très exposées à ne pas faire leur salut (2).
15<)8. (6) Droit de l'embrasser. Si vous comprenez «me le monde est plein de périls pour vous; et si, pour y échapper, vous voulez vous consacrer à Dieu, il vous est permis de le faire. Personne n'a le droit d'arrêter celle «pie Noire- Seigneur appelle, pas même les parents. Une opposition de leur part serait onlinairement injuste; et, s'ils étaient assez peu chrétiens pour contrarier les saints désirs d'un enfant, il vaudrait mieux obéir à Dieu«pj'aux hommes.
(r) // est à notre portée. Ce n'est pas au-dessus de vos forces de pratiquer les vertus religieuses, quaml m«'^me vous auriez fait de grandes fautes. Il y en a dans les couvents qui ont été aussi faibles «pie vous et aussi peu vertueuses. Pourquoi ne poiirriez-vous pas ce qu'elles font ? Ne sonl-ellespas de la même nature que vous ? Une des marques les plus claires de la vocation religieuse, c'est «juand on est trop faible pour lutter («jutre les |)érils «lu monde, l'oiir entrer «lan.s une «'«unmunauté, il suffit d'une b«)nne volonté généreuse «le servir Dieu ; pas nécessaire d'être riche, pas besoin non plus «l'être instruite; il y R des communautés où l'on a«liiiet des jeunes tilles qui n'<mt rien et «pii ne savent rien. Il sullil de prier votre bon pasteur, ou quciquebon prèti'ede vous les l'aire connaître et «le ménager votre admission.
Il est bon d'entrer jeune en religion ; on s'y façonne mieux aux exercices
(1) ia) Albert, fils du comte de FulkeDl>erg, entra dans l'Ordre de Saint-Dominique, inal^'ié les oppositions de son père. Tliéodoric, un de ses amis, éiant venu 'ui dire que s'il persistait dans sa résolution, sa mi've rn mourrait de chagrin. Albert lui montra le rrucilix. « Le Sauvtur n'est pa^ (te ia croix pour épargner à sa mère les dou-
leijr> ijue luicau-jnt ».a passim même. Je resterai sur la croix que j'ai em-
bras'iée ; car celui qoi aime »<>ii i>< n- ou sa mère plus que moi, a dit le Sauveur, n'est pas (l'irne de moi. » Théodoric, vaincu, entra peu après dans le même couvent.
"*. '- •"' " ' '" ■ ' ■ - ''■ ' ■ '-ins le mondr - ' ' ' ' 'hit par sa piété et
d< iir qu'il viv il des Incurables,
il r: ^ is-lu à faire nde"? ■ Il regarda
d'aburd cela cumine une luiaguiatiun , luais en sortant de l'hùpilai il fut frappé d'une lumière éblouissante ; et, au milieu du bruit de l'hôpital qui loi semblait crnuler, la même voix se faisait entendre et répétait sans cesse : « Qu'asiu à faire i ^ monde 1 » Alors, s'ufTrant à la divine volonté, il s'écria : « Sfii;neur. que vou ' qn»- I.' fn»<.c ' r. fins il entra (l»'>* i'i^'m^r voisine, oii le Saini-S c '•""•"i •M.'jit tx,, ...; , il nrur d'aci' iide de lui-niéme. ei.u . é(i(^e, il alla
la ^ iel de la Vi> ' tMait fait, Alphonse .i,> .< Dieu s«nl
pour toujours
A combien de jeuoes gens pourrait-oo dire : Qu'as^tu A faire dao» le nondc !
de la vie roliffieiiso ; ri il arrive souvent qu'on imm<i su vnciiinn iiuand on larde Irop de la suivre, ce (jni est un j.'rand nialiieur. La vocation est une «rAceque Ton peut perdre comme toute autre grAce. Les saints, en quittant le monde, ont souvent cherché i\ déterminer les autres ;'i y renoncer comme eux. Ainsi lit saint IJernard ; et saint Thomas enseigne que c'est une œuvre très méritoire d'exhorter les autres à entrer au couvent, tandis que c'est une grande faute de les détourner de suivre, celle vocation.
Je résume : le mariage est un état saint ; mais c'est une route difficile et souvent périlleuse, et c'est le plus imparfait des états de vie. « C'est au dire de saint François de Sales, un certain ordre où il faut faire la profession avant le noviciat ; et s'il y avait hl un an d'éureuve comme dans les cloîtres, il y aurait peu de profès. « La virginité est plus parfaite el plus heureuse (pie le mariage, c'est une vérité de foi; l'état religieux est plus parfait et plus heureux que la virginité gardée «lanslemonde, c'est le chemin le plus facile et le plus siir pour aller au ciel. Voyez donc quelle route vous voulez choisir .• et si vous ne voulez pas vous tromper dans votre choix, metlez-vous en face de la mort el du jugement el dites-vous à vous-mêmes : Si je devais mourir dans deux ans, que vomlrais-je avoir fait ? ou encore : (jue conseillerais-je à une autre, que j'aimerais hien et que je voudrais voir heureuse el sainte T Ceqiie vous voudriez avoir fait à la mort, ce que vous conseilleriez à une autre, dont vous désireriez le salut, faites-le vous-mêmes. Si vous écoutez des considérations humaines, des craintes vaines, des calculs d'intérêt ou d'amourprojtrc, vous risquerez de vous égarer (1).
ilA)\). 2" à faire tout^ la vie. Il faut suivre un règlement (2).