NOTRE-DAME DR LA SALKTTE
âgées à la messe. » Quel reproche ! ne le méritons plus. Les saints offices sont le marché des Ames. C'est là qii'elles font pour la semaine des provisions de çrâces : assislons-y toujours. Si une affaire nous appelle ailleurs, ' isla messe avant le départ, ou partons à temps pour entendre la l'urs. Kt si nous manquons /e« vêpres, à quoi employons-nous la j.Miiiiti .lu dimanche ? Les vêpres omises, la messe ne tarde pas de l'être, et alors malheur aux flmes qui vivent sans Dieu! « Les autres travaillent le dimanche tout l'été ; et l'hiver, quand ils ne savent que faire, ils vont à la messe pour se moquer de la religion. » Ne soyons pas de ces insulteurs de Dieu, qui comme les hourreaux outragent Jésus pendant qu'il s'immole pour eux. Tous ayons im livre ou un chapelet. Que les parents en procurent à leurs enfants ; qu'ils gardent ces enfants avec eux et veillent à ce ipTils récitent des prières ; ou du moins qu'ils les observent de loin et les punissent après la messe, s'ils n'ont pas été attentifs, (jue les jeunes hommes évitent de se placer à côté de ceux qui seraient capables de les distraire pendant les saintsoffices.
1555. Fréijuentation des sacrements. Le meilleur moyen d'entendre la messe, c'est de se préparer pendant les saints mystères à la sainte communion. C'est le vœu de l'Eglise fiu'on communie à toutes les messes qu'on entend el par consé(pient tous les dimanches. (Voir n» liOiL) Si vous ne pouvez communier, du moins confessez-vous à temps pour éviter toute chute, (jui empêche un homme, im jeune homme d'aller, à la cure, faire visite au pasteur el lui dire ses faiblesses et ses tentations? Point de persévérance possible sans fréquentation des sacrements.
ir>5tî. 12) Abstinence : (i Le carême, ils vont à la boucherie, comme des chiens, n Quelle dure parole! Mais l'est-elle trop pour llétrir le sensualisme des chrétiens de notre temps, cpii foulent aux pieds les lois de l'Kglise ? Donc, en voyage comme dans vos familles, respectez l'abstinence, évitez les maisons, les compagnies qui vous exposeraient à la violer.
1557. 14) Confiance en Marie : « N'avez-vous jamais vu du blé gâté, Vies enfants? » demanda enfin la céleste .Messagère; et les deux bergers de répondre : « Non, Madame. » Puis, s'adressant à Maximin : « Mais toi, mon enfant, dit-elle, tu dois bien en avoir vu ime fois, vers la terre du Coin, (c'est le nom d'un petit hameau de la commune de Cor|is), avec ton père. Le maître de la pièce (de blé) dit à ton père : Viens voir mon blé gAté. Vous y ('tes .'iljés tous les deux. Il prit deux ou trois épis dans sa main, et puis il les IV.pissa, et tout tomba en poussière. Puis vous vous en retournâtes. Quand vous étiez encore à une demi-heure de (iorps, ton p^-e t'a donné im morceau de pain, en te disant .• Tiens, mon enfant, mange encore <lu pain cette année ; je ne sais uasqui en mangera l'année prochaine, si le blé continue encore comme vA {•* se gi\ter). — Oh! oui. Madame, je m'en souviens à présent, répondit Maximin ; tout à l'heure je ne m'en souvenais pas. » Quoi de plus touchant que ces humbles détails ! Comme ils nous révèlent cette maternelle tendresse A laquelle rien n'échappe, ni celte terre solitaire du Coin où les épis de blé tombent en poussière, ni les 8ollicitu<les d'un pauvre montagnard, qui craint de n'avoir pas de pain i\ <lonner à son enfant !...
Quelle i-onfiance nous devons donc avoir en Mfiric. même dans les épreuves
' ''('S ! Marie, si nous l'invoquons, nous obtiendra, sinon cette faveur
<• qui pourrait être fimeslc à nos âmes, <lu moins des grâces spiril ..iille fois plus précieuses.
155H. — IV. Lai/isparition. La Sainte Vierge termine son discours par ces |»arole8, prononcées en français : « Kh bien ! mes enfants, vous le ferez passer à tout uniri peuple. » Puis s'éloignant des deux bergers, elle traverse la Sézia. .\u milieu du lit de ce ruisseau, est une pierre sur laquelle elle semble poser les pie<ls.
Klle leur répète ensuite une seconde fois, sans se retourner vers eux, ces mêmes paroles. (» Kh bien ! mes enfants, vous le ferez passer à lout mon peuple ; » et elle se dirige vers le monticule(iu'avaient gravi les bergers pour découvrir leur troupeau. Ses pieds ne font aucun mouvenient ; elle gli.s.se audessus de l'herbe qu'elle eflleure A peine, «domine entraînés par un rharme irrésistible, les enfants la suivent; Mélanie la devance même uu peu, .Maxi-
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min est à la ganclie, à rleux ou Irois pas de la Sainte Vierge, mii parcourt ainsi unespare de trente-huit ft quarante pas. Dès que la belle Dame est parvenue sur le plateau, elle sYlèveft la hauteur d'un mètre rinquanle environ, reste un instant suspendue flans les airs, porte ses regards vers le ciel, puis les ahaisse vers la terre dans la direction du sud-est, c'est-à-dire du cùW' de Home. A cet instant, ses larmes cessent de couler; elles n'avaient point tari durant tout son discours.
Mcliinie se trouvait alors en face de la Sainte Vierge ; Maximin, à sa drf'ilo et un peu en arrière. La tète de la belle Dame disparut d'abord ; puis li)ut le corps. Alors Maximin s'élança pour saisir une des roses qu'elle avait aux |>ied8. KITort inutile ! C'était peut-être une grande sainte, dit-il. Ah ! si nous l'avions su, répondit Mclanie, nous lui aurions bien dit de nous mener avec elle.
iri'iO. — V. Modestie. Les vêtements de la Vierge étaient tout de lumière, comme il convient à la Reine du ciel, mais d'une grande modestie et siu)plicité. Sa coifTure lui voilait les cheveux; sur les épaules était jeté un fichu, et devant elle pendait un tablier : grande leçon pour les femuies chrétiennes ! Il ne suflil pas de se dire enfant de Marie, il faut l'être en réalité en portant les traits de cette divine Mère. O'iand donc la femme, la jeune personne comprendront-elles que plus on s'adonne à la vanité, moins on a de valeur? Le luxe court les rues; la modestie, la simplicité, voilà la vi*aie, la rare noblesse, qui nous fait ressembler à la Heine du ciel.
45(îO. — VI. Vigilance, Fuite des occasions. La belle Dame ne souffrit pas que Maximin vit son visage. (Joëlle réserve ! Hélas ! elle n'est pas toujours celle des pauvres Ames de notre temps, pourtant si faibles! Que ce grand exemple nous apprenne à veiller surnos;yeux, sur tous nos sens. J'ai fait un pacte avec mes veux, disait le saint liomme Job, afin de ne pas avoir une pensée coupable; veillons pour écarter les occasions qui nous ont perdqs. (Joëlle douleur si nous rendions inutiles, instructions, confessions, résolutions ! et c'est ce qui arriverait infailliblement si nous ne fuyions le danger. ( Voir «o 1021 et suiv.)
1501. — Vil. Le culte. Le bruit du fait de la Saletle se répandit bientôt dans toute la France et dans le monde. Les pèlerins accoururent ; on en compta cinquante mille sur la sainte montagne au premier anniversaire de l'apparition; depuis lors un grand concours s'est maintenu régulièrement. Trois commissions, nommées par l'Kvèque de fîrenoble, examinèrent le fait •qui fut jugé indubitable et certain par I autorité compétente, le V.i septembre 4851. l>es Souverains Pontifes ont béni la dévotion à lauuelle l'apparition a donné naissance. Indulgence plénière à quiconque visite le sanctuaire et V communie. Il y a une Archiconfrérie de Notre-Dame de la Salelte enridiie d'indidgences ; pour avoir part à ces indulgences et aux prières des associés qui sont innombrables, il suffit de faire Inscrire ses nom et prénom sur le registre de l'Association et de réciter chaque jour un Pater et im Ave.
Le culte de Notre-Dame de la Salette n'est pas restreint à la montagne de l'apparition, il est répandu dans l'univers : il y a plus de mille monuments ptibiics. élevés par toute la terre à la gloii-e de Notre-Dame de la Salette. Ilonorons-la donc, mais surtout en étant fidèles à ses enseignements, et le ciel sera notre récompense ! (Voir Adieux, n° 270.) (i). ( ['oir un autre plan sur ce sujet j no 2259.)