III. — AvMnta^oN de Tétat rc^ligieu.x
\M^. Levé nos reliquimus omnia : Voici que nous avons tout quitti^ pour rous suivre, quelle sera notre récompense f Pierre avait peu «piilté ; car, omme le remarque saint Jérôme, c'était un pécheur : jamais il n'avait lé riche ; il se procurait la nourriture nécessaire avec le travail de ses ■i'; et son humble métier. Et cependant il dit hardiment : Voici que nous - tout quitté. Notre-Seigneur pourtant ne le blAme pas de cette har- ' MMi plus, il lui fait des promesses magnifiques ; et même il fait ces à tous ceux ipii, à l'exemple des .\potres, quitteront tout : omnis ■f.. .../,/^rj7. dit-il. Quiconque quitte, pour l'amour de moi, père, mère, ini»^s. sœurs, biens, etc., recevra le centuple en ce monde, et la vie éternelle en l'autre. Oi'ell<?s paroles!
Ce sont elles (jui ont rie tous lem[)S peuplé les solitudes des cloîtres.
Heureux ceux (pu les comprennent et les mettent en i)rati(pie ! ils auront
le itniuple ; mais ce centuple quel est-il ? l'n ancien auteur, qu'on a cru
è!r<> saint IJernard, l'explique dans un admirable commentaire qne voici:
/hins l'état relif/ieuc, (ï\\.-'ï\, l'homme vit d'une manière plus pure ; ses
rhutes sont plus rares, il se relève plus vite, il marche avec plus de pré-
itution, il est arrosé plus fréauemment de la f/rdre, il se repose avec plus
'''Sécurité, il meurt avec plus de confiance, il est puri fié plus tt')t en
'ttoire, et il est récompensé plus abondamment dans le ciel. .Méditons
iU de ces avantages de la vie religieuse, {i)
(\) Ce sermon et les suivants peuvent être donnés avec fruit aux jours d'une prise
d'habit ou d'une profession. Un trouvera aussi des serinons sur ces sujets à la (in du
volume.
(2) Tependanl, me ditts-vous.il y en a qui se (rouvenl frustrés de leur attente, et qui
nulle dans ienioode. ne foulent point ce centuple dans la religion t
^)as qui le publient eux-ni<^nie.s et qui ne le font que trop hautement
• -"'!•< pas queiqucloLS témoins f Levei-vtus, .Seigneur, s'écrie
Iàdc8su>4 ^.l ^-vous, et prenant votre cause en main, jusiill«»x-vuus vous-
iiii*!!! :'. Tir •• que ce repriH'ii,' s'ailre.s»*-, et voire providence ne doit
I lu'uti II pioiiic «I frivole, m reux, ébranlelafoi de vos serviteurs
' vantes au nréjudice de la (i us leur avei donnée. Klevj'z vous
■ • '- - . . 1 ir/MijuHi. iNon.
refus»' à ceux
,'iiin. mais je
1 y ai point vu de juitie trompé ni duiai^sé. Si lian» le» monastères et les flotlres on Voit
i> s âmes »|ui ne j^uinnent p»« d(» r«> rcnttiple évBn?élii]iip, ce ne sont point de celles qui
(I quitté, uu mnns d'esprit et se «ont (ait de serrrie.s ié«er>
.;; .V. ,. , ... .,. >.)ni pas qiiilléi'!* elle-' iiiémej. Si
Idn en voit qui, n npie dans le* pieiiiKiei .iim'i> de leur
profession, le peri' la suite de leiK vu-, ce de ^'■'iil point de
celles qui persévèrent ilaui cet e-prii Ju renoncement au inonde ; mais de telles qui par un fune.sie relâchement voudraieol retrouver tout ce qu'elles ont (juitlé cl là repreu* dre, eo accordant la religion avec le monde. (Buordalouk).
G38 SBttMONH poufi LRâ coi^munàutÉs
4569. — 1" llnmovivit purius. L'homme y vit d'une manière plus pure. Heuretur ceti-r qui ont lecteur pur, parce qu'ils verront Dieu ; rien de soui/ié n'entrera dans ie ciel ! Oeci csl vrai poui' tous, même pour ceux qui vivent dans le luon'le; mais, au milieu du siècle, esl-il lacile de mener cette vie pure <(ue le IMcu trois lois saint exige de ses enfants? Hélas ! rintelHirence v est uhscurrie par mille préjugés qui l'enveloppent comme de soMiiui-s nuages; l'imagination v est plus ou moins viciée par tout ce qui s'entend cl par tout ce (pu se voit; le cd'ur, porté au mal dans l'homme, dès reniani'e. se trouve entouré de séductions qui cntraincnl la volonté toujours faihie.
Ah! sans doute, (^eliii qui fait naître des Heurs au sommet des glaciers, comme au milieu <le la fange des marais, a partout des élus. Daniel ne fut pas déchiré dans la fosse par des lions allâmes; au sein des llammes d'une ardente fournaise, trois jeunes Israélites chantaient les grandeiu's du l>ieu qui les préservait des llammes : partout il y a îles Ames pures. C'est une merveille de la gri\ce ; mais, dans le monde, sont-elles nombreuses ? Dans cet océan, fécond en naufrages, on ne voit apparaître vil et lA que quelques Auies qui surnagent au milieu de mulliludes englouties. La colombe bannie de l'arche, ne trouvant sur la terre, au sortir du déluge, que île la boue capable de maculer ses blam-hes ailes, revint à la fenêtre de l'arche et s'y renferma. Ainsi fit David, cette Ame pure qui disait : Qui uw donnera les ailes de la colombe et je volerai et je me reposerai f Dieu lui donna des ailes ; et, ecce elonf/avi fiit/iens, il s'éloigna dans la solitude, fuvant d'un volra[iidece inonde, où il ne trouvait que contradiction et iniquités.
(i'est dans la solitude du cloître que se réfugient les Ames pures; c'est là que les fleurs les plus éclatantes de la grAce s'abritent contre les passions humaines et contre le vent des tentations, qui pourraient faner leur beauté et épuiser leiu* parfum. Si nos veux pouvaient contemplerce monde invisible (lésâmes, quels [u-odiges de grAce n'admirerions-nous pas dans les couvents ! L'Ame est iraulani plus pure que, da«s ce quelle fait de bien, elle met moins de sa volonté propre et se conforme plus entièrement à la volonté de Dieu. Ur, les Ames religieuses font tout par obéissance ; elles vivent donc plus purement, vivit purius. Mais voici une autre raison de leur pureté ;
1^)70. 2» 6'a^//7 ranws. Dans la vie religieuse on tombe plus rarement: et c'est en tombant que l'Ame se couvre delà poussière de la terre et ternit sa pureté. C'est la faiblesse (|ui fait qu'on tombe ; lenfant qui commence A marcher, chancelle toujoui-s; et, dans la vie spirituelle, grande est notre faiblesse' à tous. Les saints eux-mêmes en sentent le poids; et saint Faul s'écrie: O homme mat/ieureiu:queje suis ! qui me délivrera de ce corps de mort f Je setis en moi une loi de péché qui répuqneà la loi de l'esprit ;je ne fais pas le bien que je veux et je fais le mal que je ne veuj: pas. Les paiens eux-mêmes ont convenu de l'inlirmité humaine ; et un des plus célèbres d'entre eux a dit dans un vers que chacun sait : » Je vois le bien, je l'approuve et je poursuis le mal. »
Lire faible au milieu des écuoils et presque sans appui, quel malheur ! C'est souvent relui de ceux qui vivent dans le monde. Autour d'eux (pie de périls! IN'rils delà part des sociétés ; périls dans la famille: discours, leo turps, diverlisscmenls... 0"e d'obstacles se dressent sous leurs pas ! Pauvre nacelle fragile, (pii porte une Ame voguant vers lélernité, au milieu des récifs, ballolée par li- souffle des vents ennemis, combien tu cours le risipie de chavirer ! L'Ain '/ i->e est dans le port, à l'abri des tempêtes. J'our elle, presque plus point de compagnies dangereuses, point de faux
amis, point de lerlinr> ..i;.ies.
Elle est laible encore, il est vrai; mais elle est soutenue parles sacrements et la prière, qui lui communiquent la force même de Dieu. Si les mondains, niaL'ié les dangers ipi'ils courent, avaient soin de se confesser, de communier souvent, de prier dans les tentations^ le Seigneur serait leur appui ; mais le respect humain, la négligence leur font presque abandonner ces moyens de salut si efficaces. L'Ame religieuse ne peut en quelque sorte y renoncer. La règle la ramène à ce qui fait sa force. On conçoit donc la rai'ele
AVaKTAOES de L*BTAT RfiLIGlEU.K 039
A.^ cr.c .>i..,(<^o |.'iie p^„t tomber encore sans doute; mais ses chutes ne sont telles sont de celles dont le juste n'est pas alTranohi, et qui ne erdre la justice ; et dans toute hypothèse, Vàme religieuse se
>/it velocius. Malheur à celui qui est seul ; car s'il tombe. '' re/éfe /C'est souvent la situation faite aux Ames qui vivent : beaucoup les poussent dans l'abime ; pas une main amie ■a retirer. Le pauvre paralytique, étendu sur son grabat, disait i <.int : Huminem non hnbeo : Je n'ai point d'homme pour me
swulever. Kt c'est ce qui explique le malheur de tant de lidèles oui, une l'ois tombés, roulent de chute en chute, sans se relever jamais. Ils sont coupables sans doute ; mais leur situation est déplorable. Il n'en est pas ainsi de l'Ame religieuse. Les supérieurs, les confesseurs, les retraites, les bons exemples, les saints conseils, tout ce qui peut rendre à une Ame la vie de la grâce, si jamais elle la perdait, abonde pour elle : Surf/it velocius, elle se relève plus vile.
l.')72. 4'» Incedit cautius. Du reste, elle marche avec plus de précautions, ce qui lui 'ucore des chutes. Rien n'égale la témérité <les gens du
monde. 1' ''v leurs égarements, ils font valoir les périls qu'ils ren-
contrent ; uii\\> UN ne disent pas i]u'ils s'aventurent imprudemment dans ces dangers. Ne les voit-on pas courir aux occasinns qui les perdent, danser follement sur les précipices où ils tombent, cliorcher même des prétextes pour excuser leur folie et la colorer du noui de quelque vertu ? (ju'on es.saie de )f.iir I iM-.» ouvrir les yeux sur le danger de telle compagnie, dételles liaisons, '■'tes : ils n'en conviendront pas, ou ne voudiront pas se garer contre ■: . - .Is.
L Ame religieuse est plus sage, incedit cautius. C'est la crainte de Dieu
(1 l'.iiiHMir .|r Diiii qui lui ont fait fuir le monde et qui ont fait élever les
non comme les cages d'un prisonnier, mais comme des
uparts contre l'air empesté du siècle. Or celui qui craint
Dieu ne n»-k:iij.'«> lien : et rien n'est [dus vigilant que l'amour : il veille même
Fend.int l>> sitntnifil. Kt l'Ame religieuse, grandissant dans la crainte et dans atii ne chaque jour sa vigilance. Klle ne marche pas comme
un i' iidedela mé«litation et de l'examen de conscience, lui
e de laliuler ses démarches, de telle sorte que ses pas ne s'écardu droit sentier.
1 ' oratur frff/uentius. Aussi Dieu récompense-t-il sa vigilance
par [)lus abondantes. Dieu a ménagé partout A la terre, la rosée
du II-' i ' ! iMÎi hfurde la nuit, afin de la féconucr: et. à certaines épo<pjes, il f'uv.iip .il lis le m.me but une pluie bienfaisante. Malgré tout, les hautes
" ■ ' ' irides et brûlées par les ardeurs du soleil, tandis
•<e déversent, avec les pluies, les eaux qui décou- .■i.i |.,. M,,,,,,L^., -nés, sont couvertes de verdure et de riches
prodiirtinns. C'est I Ames.
'■■'I-- ■■"' I' lis souvent les mondains, orgueilleux et durs
ni stériles en fruits de salut. Les Ames relil'iicliiiM lii's <Mii\ rrl(";tr>i. i-i^i;oivent Ics grAocs
naux sont entreteijuiunions, prières, nflirrs divins, oraisons jaculatoires, eïc, etc.
- plus fréquemmenl.
ell
i.Ti (.-I Kl par la menu*, elles se reposent avec plus de confiance entre
les mains «lu Dieu, qui «e montre si hb'TMl pnrir elle^. ffitiesrif serurius.
D.ins le mondr. la joi' mis. D'où
rifnnenf les ifUfrri's ">nt (fui
'■ "ifre rdmf ; p{ les ; qui n'a [>as
!icre. La solliritnde aune opine
Ii>n le lan- ir, l.>-- ' 'ont
lu miel, il. lume du li ■« a
jiuiufs. i, t's<i;ive de son aiMi>iir-jir<qnc ne larde pas .i l'-uc nu ji». u»-,, qui
ii\0 SERMONS POUR LES COMMUNAUTÉS
est le plus cruel <lcs tvrnns. Il inlroduit, en effet, dans l'ûme le remords avec la ilisj;r.\re ilc Hieii.
l.'Amo rcligieiiso, ne tombant pas ou se relevant vite, est affranchie de ce bniirrciiii. Kii renonrant aux plaisirs du temps, aux biens de la terre, elle a aussi renoncé aux amertumes et aux sollicitudes «pii les accompagnent. Klle a tout offert à Dieu, elle a droit d'en tout attcmlre; elle compte sur lui, le sachant ricbe et libéral ; et elle est en paix. La femme a droit de comjtler .«ur l'assislanre de l'époux qu'elle s'est choisi ; à plus forte raison, l'Amo ipii s'est l'aile l'épouse de Nolre-Seigncur,a-l-elle droit à une providence spéciale pour elle.
Sansdoule elle doit s'attendre à la haine et à la persécution : Si vous titier du monde, lui dit Jésus, le monde aimerait ce <fui est à lui ; mais parce uue vous n'êtes pus du monde et que je vous ai choisie du milieu du monde, le monde cous huit. Ils m'ont persécuté, ils i^ous persécuteront. Mais dans les persécutions même, que votre coeur ne se trouble point et n'ait aucune crainte, voici que je suis avec vous. Si Dieu est pour elle, qui sera contre elle "f Que peut-il lui arriver de fAcheux ? La pauvreté? mais elle l'a choisie pour partage ; la croix ? mais elle sait (pi'elle est la clef qui nous ouvre les cieux ; les mépris ?mais.lésus lui a apftris A les aimer; le martyre ? mais n'esl-il pas sa plus noble ambition, ne désire-l-elle pas rendre sangpoursang i\ son Kpoux divin ?
Klle sait du reste que, dans l'épreuve, il la gardera. Les lions ne sont-ils pas venus, en baissant la télé en signe de respect, lécher les pieds d'une Théclc dans l'arène ? Kt si le Soigneur a permis quehpiefois que les bêtes féroces déchirassent le cor[>s de ses épouses, durant les siècles de persécutions, il les a toujours préservées de l'outrage. Pour les en délivrer, il enverra, s il le faut, un de ses anges, comme il l'a fait plus d'une fois. Et <|u'est-il là d'étonnant? 0 Vierges, s'écriait à ce sujet saint Ambroise, faut-il s'étonner que les anges combattent pour vous, puisque vous rivalisez de vertu avec eux ? Ils r.'iisonnent donc à la manière du monde, mais non selon la sagesse évangélique, ceux qui craignent d'embrasser l'état religieux par I raintc des persécutions.
Les Ames qui y sont engagées déjà, ne l'abandonnent pas pour une telle «•rainlc ; et celles (]ui v aspirent ne sont pas de meilleure condition qu'elles, l'ounpioi donc redouteraient-elles de se procurer la même couronne par les mêmes sacrilices ? Du reste, tandis (jue les mondains //•e//té//^rt^ là où il n'y a aucun lieu de craindre, les Ames religieuses se reposent avec confiance entre les mains de Dieu, ipii ne laisse pas tomber de nos têtes un seul cheveu .sans sa permission. Klles di-sent avec saint Paul : Je surabonde de joie dans foutes mes tribulations, quiescit securius. VA ce repos dont elles jouissent iluraul la vie ne leur est pas même ravi à la mort; car dans l'état ^-eligieux, on Uiein-t avec plus de conliance.
1575. "o Moritur confidentius. Ce qui trouble la mort des mondains, c'est la vue d'///< passé effrayant, de péchés nombreux sans aucune pénitence et i\'un présent reitoutable ; il fautquitter tout ce qu'ils ont aiujé et poursuivi : - |)laisirs, honneurs, parents. Si l'Ame religieuse a tles fautes, elle a • la ferme conliance qu'elle les a expiées. Klle ne regrette pas les biens oi les plaisirs, que depuis lougteuips elle a sacriliés à Dieu ; elle ne laisse point d'orphelins : et, depuis longtemps déjA. elle n'a d'autre sollicitude pour ses parents que celle de prier pour eux. Klle a devant elle, l'espérance que lui dtmne la parole deNotre-Seigneur: (Jeluiqui aura tout quitté pour me suivre, aura la vie éternelle. Klle s'endort donc en paix sur le sein de Celui pour qui elle a vécu, et dans l'amour duquel elle meurt (1).
(1) Je ne piélends pas que la vie éleroeile ne sOit que pour les religieux; loin Je vous édirter parla, je »ou8jef — - ' - y iir. Mais je dis que la vie éierneile est pour les religieux plus pai -ùremenl que puur vous; je dis que le
royaume céleste leur ev . , , "ni el plus itifailliblemenl qu'à vous: je dis
que si l'Evangile est vrai, lU y uiù pius de part que vous, et qu'ils doivent y être reQus préférablement à vous. En faut-il davantage pour vous inspirer ua saint mépris de ce que vous êtes dans le monde, et de tout <us qui vous attache aa monde ; et pour allumer dans Vus cœurs un déîir encore pius i^aint de vuus conformer à ces serrantes de Oiea,
AVaMtaGRS de l'ktat rKligiel'X (;41
4576. 8«> Elle espère du reste que son purgatoire sera court, purgatur
■ ifius. En efTcl, tandis cpie l'Auie, qui a vécu au milieu du sioi-le, est exposée
df> li>nîîuP5i îinnéos d'expiatiiin après la mort, parce qu'elle a gajj:né peu
I fail peu de pénitences dm-anlla vie, et parce que ceux à qui
it^ns I auront bientôt oubliée et ne songeront peut-être pas h
A- le saint sacrilice pour elle; l'Ame religieuse, puriliée
■ n, que les saints Docteurs appellent un second baptême,
[/Il iis uinniin nions de tous les instants, que lui a imposées sa règle, par
les s.irrements souvent reçus, par les indulgences gagnées, assistée par les
' '^ ses scfurs ou de ses l'rères en religion, ne tardera pas d'être
bonheur du ciel, vers lequel elle a soupiré dans tout le cours de sa ise(l).
Kt dans le ciel même, elle sera récompensée plus abondamment,
'itr abu/ulantins. Pour tous les hommes, le ciel est une récom-
1 ' f/ra/ule. Ego merces fua mayna ni/nis. C'est le bonheur de Dieu
I(^ bien de l'Ame. Toutefois dans la béatitude commune des élus, il y
lés, et une place à part réservée aux Ames religieuses. Com-
il sans les récompenser plus abondamment, tant de prières,
i.m' ili' jit iiiienccs. tant de sacrifices accomplis pendant toute une vie, celui
ijui il iMiiinisdo récompenser même im verre d'eau froide?
.N'est-ce pas du reste dans les couvents que fleurit surtout la virginité? Or
l'aïu'éole dune gloire particulière environnera dans le ciel les vierges, et elles
oiront le privilège «/e suivre l'Agneau partout où il ira. Où les conduira-t-
i cet Agneau, demande saint .\ugustin: dans quels bosqueUs, dans quelles
prairies? Sans doute, les joies forment les gazons de ce lieu de délice ».
(Juelle félicite,' quelle gloire de servir d'escorte au divin Epoux ! Voilà le
centuple pnuuis par Notre-Seigncur. <.< D'où vient que les hommes hésitent,
dit samt hernard, à tout laisser pour avoir le centuple. A quel juif, à quel
b ' fuseriez-vous de donner unécu pour en avoir cent, et vous ne vou-
b : 1' «;ef échange avec Notrc-Seigneiir ! Il semble que sa main vous
I liible de telle sorte que vous ne voulez ni rien lui donner ni rien
ir d'elle. » Qu'ils sont in.sensés ceux qui redoutent les fatigues de la vie
use; ils ne connaissent pas le prix du ciel, vers le(|uel l'étal rcligieu.x
•hemm le plus court ! Heureux ceux cpii sont appelés à l'embrasser ;
^ '•'^•tix qui obtiennent par la prière et la fuite du monde d'être appelés;
IX ceux qui, déjA dans la vie religieuse, en observent les devoirs
-. , . . ; juent les vertus; ils sont dans le vestibule du paradis (i).
' ""'"" '^°"^ votre condition, par un détachement aussi parfail qu'il vous peut convenir?
I the, la parente des rois et des héros, après avoir édiHé le nnonde par la
fiélé Ue 6a jeunesse et parles vertu» de la mère de famille, fonda le munasiëre de Blanzy en Artois, dont elle devint abbesse. Etant arrivée à la tin de sa longue carrière, elle vit apparattre son ange gardien portant entre ses mains une croix lumineuse. Elle comprit que la gloire allait être la récompense des croix qu'elle avait «upporiée.s patiemment. Puisses oreillps nui .illaienl se fermer à tous les bruits de la terre, entendirent, aussi bien que tou ' ^ réunies autour d'elles, une harmonie céleste qui accompagnait
ces paroles i ^ par tes anges:* Venez, ma bien-aimée, venez l • El aussitôt son
âme s'envula avec les anges.
fi) "^ainio fifnrgie f'tnit de Clerm'^:nt en Auvergne. Pour rester fidèle à son époux
di. ' dans la solitude, oii elle mourut.
P< m beau ly», une troupe de culonbes
p i a I l'glisr, " ■•• ■ ■ ■■- ^ ' ■' tint
q' i dans les i de
vu- . . ■ '^ venus asM ■ . ■ nul* de leur pureté.
(2) Le B. Jourdain de Saxe avait un zèle el un don particulier pour attirer les jeunes gens dans l'Ordre de Saint-Uominique. Il était si .<ftr en préchant aux jeunes gens de leur persuader de se faire rehirieux, qu'il faisoit préparer l'avance de-i habiln <1e novice, et parfois ses esoéraoces C'i !>ita
Eour ceux qui en deinan le
. Jourdain prêcha, et ii- 1..>, . ,,„...^, .. .^>. „ ,~~ ,- un
de vous allait ù uoeféie, 4 un gruud Icstin, est-ce que les autres seraient mm* insou-
Gi2 ftfinMoss t»oun les communautés