IX. — Vocation
17H0. 1. Nécessité de la vocation, il. Marque de vocation.
I. La nécessité, prouvée 1» par l'Ecriture. Moïse n"est-il pa> nyiinc m- |)ieu?el.\aron n'esl-jl paschoisi? N'est-ce pas Dieuqui envoie Jérémie, Isaïe, Kzécliiel? N'est-ce pas après avoir entendu la parole de Dieu, que Jean se mit à pr(Vher ? (Lit. iu. 3.)
Notre-Seigneur lui-même non semetipsum clarifîcavit ut pontife.t fieret. Les Apôtres: Non vos me elet/istis; sed e</o elet/i vos. Après l'Ascension, avant do choisir saint Malhias. les Apôtres prient. Ostende quem eleyeris e./j his duobus. VA saint Paul conclut par ces paroles: Nec quisqvain sumif sibi honorent; sed qui vocatur a iJeo tanquam Aaron ; et s'il s'intitule Apôtre, il a soin de dire: Non ab hominibus neque per hominem, sed per Jesu m C/i r is t u m .
2o l>ar les saints Docteurs. Ils nous enseignent cetto même vérité : 1) par leurs écrits. « Tous ceux qui s'ingèrent dans les saints ordres, dit saint Augustin, quomodo combusti sunt Core, iJat/ian et Abiron in cor pore, sic isti exurentur in corde ; d'après saint Ephrem, ignem et mortem sibi accumulant.
2) Leur conduite nous apprend quelle crainte salutaire ils avaient de s'ingérer dans un état si saint, sans y être appelés ? Omnes sanctos reperio divina ministeria ingentem veluti tnolem formidantes. (Saint Cyrille Alex.)
Les uns s'enfoncent dans des cavernes ; les autres demandent à Dieu de mourir, et ils sont exaucés comme saint Nilammon. Saint Ambroise fait mettre des criminels h la torture, afin de se faire passer pour cruel. Saint Augustin évite <le se rendre dans îles villes où il y a des évêques, tant il redoute l'ordination ; cl quand on l'a surpris, et qu'on lui a fait une sorte de violence, il en est inconsolable. Par là. les saints faisaient voir i|u'ils étaient réellement appelés; «ar, dit Siiarez, |»luson redoute la charge des Ames, plus on l'embrasse avec siireté; et plus on la recherche, plus on rend suspect sa vocation. Aussi le saint Concile de Trente doeet insuper hœc sncrosancta S;/nodus eos... qui ad hœc ministeria eœercenda ascendant, et oui ex proprid auctoritate sibi sut7iunt,omnes, non Ecclesifp ministros,sea fures et latrones, per ostium non inqressos habendos esse. (Coxc. Thuj. sess. %\, cap. 4.)
3'» I>a raison vient s'unir à l'autorité pour nous convaincre de la nécessité de la vocation.
Ce ministère demande une sainteté sublime, qui peut la donner sinon Dieu? Une intention [>ure, proportionnée à sa fin. qui peut la donner sinon Dieu ?
Audeatne aliquis restrfhn terreni alicujus Iteguli, non prœripiente, auf pro/iibente eo, occu pare ministeria, prœripere bénéficia, negotiadispcnsare. (Saint Bernard).
Hien plus, il y aurait grande témérité à se gli.sser dans la maison d'im simple iKirticulier, pour disposer de ses biens et régler ses affaires; jtarce que, parmi mAme les plus simples j)artiruliers. c'est le fait du maître de choisir les agents de ses propres alTaires et de marquer à chacun son œuvre. Kt vous, s'écrie saint llcrnard, sans être appelé de Dieu, sans être introduit dans sa maison, vous vous mettriez à traiter ses intérêts, ta disposer de ses biens ?yut</ istud temeritutis est? Quid insaniœ est? Tu irreverenter irruis, nec vocatus. nec introdurfus. (Saint |{i;k\ari). de vifa cler. c. 3.)
De quel droit s'ingérer dans l'église pour en remplir les ministères, si elle ne nous apjielle pas?.\ussi, saint Liguori dit que celui qui s'ingérerait parmi les ordinands, sans l'appel des supérieurs ciclésiaslifiuos. pécherait gravement.