I. <)n du rÀle. — II. Son efficacité. — III. Ses mérites
I II du zèle. — Que le sacerdoce soit établi pour procurer le
. ce n'est point douteux. Tous les autres sacrements ont pour
ition de ceux qui les reçoivent: l'Ordre suppose la sainteté
■ 11- ' cloi a t|ui il est conflé, il l'augmente, il est vrai; mais son but principal
l'si <le rendre son sujet apte A s'occuper du salut des autres. 1" />«i adjuto-
'■'■.< iiumus ; or, rpielle est l'œuvre de Dieu par excellence ? C'est le salut des
iiii.s: Majus opus ext e.r impio justum fnrere, quam rreare rœlum et
Il rritm. (S. .Augustin.) Il ne nous a pa.s a|)pelé8 a son aide pour la création,
mii-< pour la ré(leuj[)lion. Sacerdotes Uominus votait esse srilvutores, dit
.lén')me. ftmnium divinorum divinissimum est roojteniri in salufem
iirum. (Suint Denis.) î" Faciam vos fieri piscatores hominum. quelle
• si I anlciir du [(êcheur, sa patience, pour poursuivre le poisson! c'est
I iiiiau'.' .le ce que doit faire le prêtre. Kt saint François de Sales veut que
(1) Aux témlnarislea, il ftnl rfconoModer de ne p«« négliger U piété poor l'élode, aux préiret de ne paa prufeaner dea (ro^Ode auliiude ou d'6tudea non nécea«*irsa aux devoir» du aaini miniBière; la piélé aerail mal enlendur, xi elle empêchait de reaptir •«a devoira d'étal; et laïaser la pouranile de la brebia égarée uour faire dea rtchcrchM »c<eatiflquea et dea travaux non néceaMires, c'est ne plua être bon paateur.
nous ayons le zMo fin cliasscur. Jérôniie «lit, en efTol : Miftam eis mulfos rend fores et re/iaftttnfur eoit deomni monte et deomni colle et de cavernis petniruin. (Jkiikm.. \m, 10), c'esl-ù-ilire ijifils ])oursiiivr()nl partout les pôilieiirs les plus (lësespér<!^s. lif> Exhibeamn» nos tanr/ua/fi Dei ininistros. l>ans tontes les cours, on établit <les ininislres ifui onl cliarge <le faire respecter les lois, (le rô[)rimer les désordres, de mettre à couvert l'honneur du roi. Les ministres expnsPnt mrme leurs jours pour l'honneur de leur prince. Erhiheamus nosmettjuios tanqufun Dei ministros. Ouel criuie si les ministres conspiraient contre les intérêts du roi et se li^'uaient avec ses ennemis ! 4" Miait operarios in vineain mia/n. fte et vos in vineani me.um. Siu/anf af/rirol(p : fot/iunt vinitores, (\'\{ Siùul Mernard ; et les prôtrcs, ajoute-t-il, for/ienf otio, niadenf deliciis, et pourtant : Eleiji vos ut eufis et f met uni affenitis. .'i" Sirut misit me Pater et eijo mitto ro§. Pourfpioi le Père l'a-t-il envové? Misit Filium ut salretur mundus per ipsum ; et cela h quel prix ? Il est yemi [)our être le médecin des ftmes /// sanet omnes œf/rotos. Non est opus Vdientilms medico. Non x*eni vocdre justos sed peccatores. Si medicus fiifiit. (rijrotum quis curabif ? demande saint iJonaventure.
ii^^ Sucerdos tpiasi communis quidam omnium pater est; dif/num est if/if ur ut omnium curam af/at, omnihusque proi'ideat, sicut et /)eus cujus funt/itur rire. (Saint Chrysostomc.) Ce sont les prêtres ipii enfantent les Ames: Filio/i quos iterum parturio douer formetur C/iristus in i^obis. Les parents nous en{,'endrenl pour la vie présente; les prêtres pour la vie éternelle « Sans prêtres, disait saint Ignace martyi^il n'y a point de saints ; toute l'espérance, tout le salut, sont en eux. »
Vos estis presbi/teri in populo />ei et e,r vobis pendet anima illorum. (JlDiTii., VMi, il.) On se souvient de l'exhortation de saint Vincent de Paul aux datiies tpii étaient tentées de renoncera l'iH-lnvre des enfants trouvés. »< Or, sus. Mesdames, leur dit-il, leur salut est entre vos mains; si vous vous occupez deux, ils vivront ; si vqus cessez d'être leurs mères, ils mourront. »
l/exhortation fut eflicace ; mais avec plus de raison, on peut l'adresser aux prêtres. (Développez,) C'en est fait des paroisses, si les prêtres abandonnent les Ames ; en les négligeant, ils cessent d'être pères, ils deviennent bourreaux.
Si on est bien coupable quand on empoisonne, est-on innocent en laissant mourir de faim? Pauvres enfants abandonnés! Pauvre jeunesse livrée à elle-même ! Pauvres pécheurs éloignés de Dieu ! Pauvres moribonds ! Ah î les jirêlres négligents ne sont plus les portiers du ciel, comme les ont appelés les l'ères ; mais les pi-ovisenrs de l'enfer. Pauvre société que celle qui n'a que des prêtres négligents ! Les premiers Apôtres (mt relevé une société abaissée ; mais si nous ne, remplissons pas notre ministère, nous qui sommes les pierres du Sanctuaire et ses fondements, les colonnes qui soutiennent l'univers chancelant, comme dit saint Eucher. tout s'effondre dans l'ablrae du vice.
7» Saint .\nlonin prétend que le mot Sacerdos, signifie Sacra docens, et saint Thomas : Sacrum dans, llonorius d'Autun. assure ({ne presbi/ter \eul dire : Prwbuas ifer. Mais tout cela nous fait comprendre que, comme le dit le théologien llabert: Essentia sacerdofii consistit in ardenti studio promovendi f/ioriam Itei, salutem pro.rimi. — Ah ! certes, les premiers prêtres ont arrosé de leur sang la foi qu'ils ont plantée au milieu du pagaviisine, et nous laisserions, par noli-e négligen<'e, se dégra«ler l'édifice du ^■■\)h\ qn'il.s ont élevé malgré les tourbillons et les tempêtes? Sommes-nous ilignosd ctrc les successeurs de ces hommes apostoliques, si nous ne sommes pas les héritiers de leur esprit ? Ils ont fait ce qui demandait de l'InToisme, serons-nons incapables d'un elTorl facile pour conserver à Jésus-Christ ce (pi ils ont acquis, ponr écarter l'homme ennemi qui veut jeter l'ivraie dans le champ, [»our arracher celte ivraie et faire disparaître les scandales et les abus qui déshonorent le christianisme ?
« Il ne faut pas dire, remanpie saint Ligiiori. je suis un simple prêtre, je n'ai pas charge d'Ames, je dois seulement m'occuper de moi. Non, tout prêtre est obligé de s'appliquer autant qu'il est en lui au salut des Ames. Partoul donc où les fidèles éprouvent de grands besoins spirituels, par le
LB ZÈLB DU l'RÈTRE 7i9
mannue de confesseurs, (comme nous l'avons prouvé dans notre théologie morale, I. G, n. (524. 11), un simple prt"'tre est tenu d'entendre les confessions ; s"il n'y a point d'apliiude. il doit en arquérir. Puisipi'il est du du prêtre de remettre les péchés, son devoir essentiel est de se .pable de l'exercer, au moins tpianfl la nécessité l'eiiiiera, ne in iuinuiu i/ratinm f)ei reripiafis. Se ne sais comment on pourrait justifier un pr»''tre ipii, témoin dos hesidns pressants où se trouvent les i\mes dans son 4iiivs. et pouvant les secourir en leur ensei^'nanl les vérités de la foi, en leur p[<"<liant la parole de Dieu, en entendant les confessions, néglige pourtant de le faire par paresse.
» Je ne sais comment il évitera le chAliment du serviteur négligent qui on fouit le talent qu'on lui a donné pour négocier. Corneille de Lapierre applique celte parabole aux prêtres (pii, pouvant travailler au salut des Auios. ne le font pas, soit par négligence, soit par une vaine crainte de pécher. •> (Saint Liguori.)
Le grand devoir du prêtre, c'est donc le zèle du salut des Ames : et si saint Jean «'.hrvsostome dit: Xon temere dico : non arbitror inter sacerdotes multos f>-.'"" -'ilri fiant : sed mulfo plures qui pereant : cela ne vient pas des n mœurs et des scandales qui étonnent parce qu'ils sont
rares ; m ., , . Ire du manque de zèle. Le défaut de zèle suffit pour damner un [irôlro. yui en pourrait douter? Un pasteur est-il innocent parce qu'il n'a pas fait le mal? N'est-il pas obligé, et sous peine de faute grave, d'employer ses soins à bannir le mal de son troupeau, à extirper les désordres, la désertion des sacrements, la profanation du dimanche, etc.. à ramener ceux nui s'égarent, à instruire les ignorants ? Y a-t-il jamais eu dans la théologie (leiix sentiments à cet égard ? Donc, s'il ne lofait pas, il se perd. Vœ pasturibus Israël', iîrefjem tneum non pascebatis. Quod infirmum fuit non consolidastis, et quod œr/rotum non sanastis. (Juod perierat non quœsistis... et diif/ifrsif sunt oves meœ... Ecce ego super pastores reqtiiram gregem meum (Ir i/iiiiat eorum. (Ezech., xxmv.)
1740. II. Efficarité du zèle, lo Verbum meum non revert et ur ad me va' cuum. Toujours il est accompagné d'une grAce.
2o L'histoire le prouve. Les .\p(Mres... In omnem terrant eœivit sonus eorum. Fides vestra annuntiatur in unirerso mundo. — Ortes les obstarlcs n<^ iii.iiiinaient pas. El les hommes apostoliques dans le cours des Ages, i\iir n 'U' iv pas fait? Dienheuroux Hr)bert <l .Vrbricello, saint François ' ' -liiil Vincent de Paul, saint F'ran«;ois Xavier, saint N'incent Ferrier,
inrois Ilégis, etc. Kt plus près de nous, Hridaine, saint Pierre l........ .. le vénérable curé d'.Xrs ; et la Société (ft's Missions étrangères
qui a eu tant de martyrs et ipii évangélise de si vastes contrées dans l'Kxlréme-l»rient. (Jue ne font pas encore aujoiu'fl'hui, même dans des paroisses iti'lilTi ! i-ntes, de saints prêtres ? Frontons Massillon ; << Il est écrit que le riiivi.' . l'un homme, ayant été plu •'• ii.n- basard auprès du corps mort du f, on vil aussitôt ■ se ranimer. Ses yeux que la mort
se rouvrirent; sa le ^ Iclia et on le vit sortir du séjour
'!• i 1 iiori et jouir em-orc de la vie cl de la liunière. Ilélas! mes frères, les
I ! i\ : s b's plus inlccls, les Ames où la mort et la rorrufdion du pe<lu> !• -Il, :,i I, ;,iii ! tiL'' iiips, ne sauraient presque approcher d'im saint prêtre,
1 ;i •" ! h 1, mort A lui-u)ême, au monde et A toutes ses espéran-
iiienl à l'instant une vertu qui sort de lui, un soutlle de M. .1 les ranimer, à leur inspirer do l>ons désirs. A réveiller
leur 1( Ui.ii-)!' I ! >i (i|.irpr en elles des préiii et de salut. AV/ -y/
qui sf iihsi iHdliit II < nlitre ejug. ■> — <> Le n que Dieu pi/- ■■
fiùrr .'i la terre.
iT<,\ , siiiis, qu'il ;
• "iM'i'ir, rt ' ' iiini a irms pr.'v.iriiiiioiis ijH'H i ■
II' 11^ ' Il I de leurs ennemis? La lin des manv <
■ ]'■•: ■ M, ,,, , I,,' terre où ' — -ftit le lait et \o miel
II! i-es proujcsses ma;. lonis elles n'avaient pu 1'
d.iii.N -. ;.iuceilp la '■>' P' ' 1" . lier de t.r....:tiiM.T !,;;<
h det dieux étran^'ers.
« Il laisse donc des promesses si éclalanleset si capables de faire impression, sur un peuple surtout que des motifs charnels et terrestres faisaient toujours agir ; mais c'est pour leur en faire une encore plus grande et mille fois plus précieuse. Converfisset-vous, Enfants d'Israël. leur dit-il, revenez au liieu de vos pères uue vous avec abandonné, ef je vous donnerai, quoi, mes frcr-es i Je vous aunnerai des pasteurs et des prêtres selon mon cœur ! Co/ivertimini, filii revert entes... et dabo pasturesjtucta cor meum.{iËRK>d., w, 14.)
» Suscitez-en donc, ô mon Dieu, à votre Eglise, des prêtres fidèles et des pasiours selon votre cœur. Nous ne vous demandons pas, ô mon Dieu, la fin «les maux qui nous allligent, la cessation des guerres et des troubles, ries saisons plus heureuses, le retour de l'abondance, et de la prospérité ; donnez nous do saints prêtres et vous nous donnerez tout avec eux. Positus in resurrectionem inultorum. »
() mai/na et inrhjta ])ei instrumenta sacerdofes, à auibus populorum />^/»^/(»/ />f«//7«r/o .'(Saint Charles Horromée.) Au second livre des Mach., ni, I, il est dit (|uc si Jérusalem llorissuit, c'était à cause de la piété du grand pn^'lre ( (nias. Les temps sont mauvais, disons-nous. Ils l'ont toujours été. N(Mis n'avons pas à craindre le martyre, comme les premiers prêtres. Nous avons les mêmes moyens queux pour réussir ; et si les temps sont mauvais, ne serait-ce pas parce que nous ne sommes pas assez apôtres. Devenons-le et les temps seront meilleurs. N'oublions pas la maxime de saint Ignace : Tunto plus sprrandum in J)eo, quanto mat/is res videntur desperatœ. Ubi defiriunt au.iilia humana, ibi prœsto saut auxilia divina... Du reste, si notre zèle n'avait pas toute lefflcacité que nous ambitionnons, il n'en aurait pas moins de mérites.
i7il. III. Mérites du zèle. Les faveurs de Dieu: 1» en ce monde : 2° en l'autre. \'^ En ce monde, faveurs : 1) durant la vie, Ef/o dilif/entes mediligo, Simon, Joannis amas mef — Etiam Domine tu scis.. pasce oves meas. Voilà la preuve de l'amour, voilà ce qui nous assure l'amour de Dieu, car nihil ita f/ratum Deo et ita rurœ ut animnrum salus. (Saint Chrysostome.) Jésus- Christ est le bon l'asteur qui laisse le troupeau pour courir après la brebis égarée. Klle lui est donc aussi chère que tout le troupeau. Quelle joie on lui procure en la ramenant ! joie plus grande que celle que lui apporte la persévérance de qiuitre-vingt-dix-neuf justes.
Cont/ratulamini mi/ii,(ï\\.-\\, (/uïu inveni ovem meam quœ perierat. (Le père du prodigue va bien à ce sujet.) Sacrifier sa vie pour Notre-Seigneur, c'est beaucoup. Majorem charitatem nemo habel ut.. ; et cependant sainte Thérèse portait plus envie aux ouvriers de l'Kvangile qu'aux martyrs, tant elle était convaincue de la gloire que procurent à Dieu ceux qui travaillent au salut des pécheurs. Aussi saint Paul, «lit-il : Optabatn ego ipse anathema esse a Christo pro fratribus. Sainte Catherine de Sienne aurait voulu être à la porte de l'enfer pour la fermer aux ftmes. Saint Honaventure désirait mourir autant de fois qu'il y avait de pécheurs, afin de les sauver tous : (1)
(I) Jamais père ne fut plus absorbé par i'amoar de sa famille que saint Jean Chrysostome l'était puur le salul dea âmes de son troupeau de Constaniinople. Constatait-il un progrès moral, avait-il réussi à ramener une seule Ame au devoir, sa joie s'épanchait devant tous. • L'emprreor, disait-il, est moins satiffait de sa puissance que moi de vos vf-rtus. Il reviendrait de l'armée portant les couronnes de la victoire, qu'il aurait moins de j')ie de la victoire, que j'en ai de vos progrès. > Mais quelle tristesse était la sienne, quand une àme i«e perdait : « Je voudrais qu'il me fût possible, di»Qit-il, de mettre mon cœur sous vus yeux... Rien ne m'est plus cher que vous, pas même la lumière ; car je voudra<s devenir aveugle, si je pouvais à ce prix convertir vos âuies. A quoi me servirait la lumière du soleil, si la douleur que vous me causez couvre mes yeux de ténèbres? Si quelqu'un de vous rient à pécher, c'est une douleur qui me poursuit jusque dans le sommeil. Je me sens soulevé comme sur des ailes, quand on me dit du bien de vous. Comblez ma joie. Ce en quoi je l'emporte sur tout le monde, c'est que je vous aime et vous tiens tous embrassés dans mon cœur. Vous êtes tout pour moi : père, mère, frère, sœur. Je ne vous avertis, je ne vous gronde, que pour vous rendre meilleurs. » Et en partant pour son exil, il disait : « On pourra me bannir, me tuer même, on ne me séparera jamais de vous; la mort n'atteindra pas mon Âme, et mon Âme se souviendra toujours de son peuple. Et comment vius oublierais-j*, vous, ma famille, ma vie, ma gloire? Pour vous je suis prêt à répandre jusqu'à la dernière goutte de mon sang. Une telle mort est l'assurance d'une union éternelle. >