‹ Le Prêtre dans le ministère de la prédicationChapitre 180 sur 416 · LE ZÈLE DU PBÈTBE · texte numérisé non relu

LE ZÈLE DU PBÈTBE

V(,il.i los sainls, voilà les favoris de Dieu. Ce sont eux qui ont élé romblésde -. Il comblera de ses grâces ceux qui leur ressembleront par le mes, qui ne s'épargneront pas pour les sauver, qui sauront sacrifier [lour oilps leurs aises, leur oisiveté, leurs forces et, s'il le fallait, leur vie," car. comme le remarque saint Charles Horromée. un pasteur qui veut se procurer toutes sortes d'aises, prendre toutes les précautions pour la conservation do son corps, ne pourra jamais bien remplir son ministère. Il ajoute qu'un curé ne doit se mettre au lit, fju'après trois accès de ûèvre.

Kt quelle gloire donnent à Dieu des enfants qu'un prêtre garde purs par Il fi'';iiPntalion des sacrements, des jeunes gens de l'un et de l'autre sexe i|u il liriiTo vers le sacerdoce ou vers la vie religieuse, ou la prali(]ue de la virginité, les Ames qu'il conduit dans les voies de la vie intérieure ! Notre- Seigneur se laissera-t-il vaincre en générosité? Ne répandra-t-il pas ses plus grandes faveurs sur un tel ministre et sur une telle vie?

i) A ta mort. Ituicis est somniis operanti. (EccL. v. H.) Ue même la mort est pleine de douceur pour le prêtre qui se sera fatigué pour Dieu. On pourra dire avec vérité de lui ces paroles de la recommandation de l'Ame : Licet peccaverif. zelum Dei in se habuit. Saint Ignace de Loyola disait que, s'il avait à choisir d'entrer au ciel aussitôt, ou de rester sur la terre incertain de son salut, afin de travailler à celui des autres, il prendrait ce dernier parti. Kt quand on lui rlisait que c'était là une imprudence : « Est-ce que Itieu est im tyran, répondit le saint : en me vovant exposer mon salut pour lui gagner des âmes, voudra-t-il m'envover en enfer? » Ouelle sécurité donc trouve un prêtre zélé à son heure dernière! Jonathas avait sauvé les Hébreux des mains des Philistins, et il fut condamné à mort par Saiil pour avoir, contre la «léfense de ce roi, mangé un peu de miel ; mais le peuple se mit à crier : Errjone Jonathas morietur, qui fecit salutem hanc tnaf/nam in Israël? Les ftmes qu'un saint prêtre aura envoyées au ciel, à l'heure de sa mort se présenteront à Dieu. VA Dieu leur refusera-t-il ce que ne refusa pas Saùl ? Quiconque a le bonheur de travailler à la conversion des pécheurs, a un certain signe de prédestination, dit saint Liguori, et peut espérer de voir son nom inscrit dans le livre «le vie, adjutorihus meis, dit saint Paul, (/uorum nomina scripta sunt in libro vitœ. (Puu.. iv, 3.) Et saint .Nt.'guslin dit : Animam salrasti, nnimam tuam prœdest inasti.

2" La gloire du ciel : Celui qui donne un verre d'eau froide ne perdra pas sa récompense. Qu'en est-il de nourrir les affamés de la divine parole? etc. Si magna mercede est dignum a morte eri/iere carnem guantloque morituram. t/iianti est meriti a morte animam liberare. sine fine victuram, dit saint «irégoire. Qui ad justitiam, etc. (Dan. xu, :{.) (Juip est enim nostra... corona gloriir, nonne vos ante Jesum Christum eritis in adventu ejus. (Thés, m, 1î>.) Saint (Jrégoire dit : Tôt coronas multipticat </uot Iko animas lucrifarit. ^

Quand saint Philippe de Néri monta au ciel, le Seigneur envoya à sa

Il nniniic toutes les Ames qu'il avait sauvées. Ah! il en coiile parfois d'exer-

.1! !, '. Finifi-s ihiiiit et flebunt mittentes semina sua.. Aiçsi font les

Ile les console. Venientes autem renient cum e.i:ul-

i/)ulos suos. (Hi ! quelles gerbes éclatantes que ces

pii!ilii[if:cs d'élus, auxquels un saint prêtre a ouvert le Ciel !

l'cut-i'tre nos efforts souImIs stériles? Le laboiu'eur qui défriche un mauvais terrain pour son maître, n'a-l-il pas droit à son salaire, comme relui qui cultive une terre fertile? Noli diffidere, dit saint ilernard, ruram e.rigeris non cnratinnem. L'nusi/uis</up pro/iriam merredem accipit secunduni suum labnrem, non selon ses succès. La béatitude, la gloire seront les mêmes, donc (uinMi.'c 1 confiance! travail. Dieu nous a loués A son service; ce n'est pa.s sciili'iiii-iil pour i|ue nous mangions; mais pour que nous travaillions, et cola pour lui. Si cloire et le salut des Ames doivent être notre unique but. Vivons (Miuc s.nivir nos frères. Que notre zèle soit large, qu'il cinluassc tous ' ' 'les, les parents chrétiens. Quelle |»iliç de voir <lc bons

i-nt leur temps avec quelques dèvdtes. ou qui s. .ut tout .iuiii> .i,iii> un.- ii|mrali(U) d'église ou de .sacristie et qui laihKcnl tout le reste. Ne négligeons rien. Dieu le veut. Notrc-Scigneur à ce prix, nous pré-

pare ses plus tendres faveurs pendant notre vie, à notre mort, dans l'éternitt*. Donc, assidiiilc au confessionnal, visite des malades, correction des ixH'lieurs et sans nous venger de leurs rebuts par les noires, pré<lications bien pn-itan'cs. conversations saintes avec tous, exemple, prière : « Tant que vous venez dans votre peuple des pécheurs à ramener, des abus à corriger, des laiMes ;'i soutenir, dilMassillon, ne croyez pas vos obligiilions acquittées. Que l'Age lui -ux'rne ne vous paraisse pas une raison légitime de cesser le combat. Sovez les Eléazars de la loi nouvelle, et que la vieillesse elle-même vous devienne un motif de ne vous rien permettre qui [luisse paraître un exemple de négligence à déjeunes ministres qui, n'ayant pas été témoins de votre fidélité passée, prendraient pour exemple votre relâchement présent. »

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