QUELQUES VERTUS DU PRÊTRE
Vifle ne te seftucat corporis pulchritmlo et decorem aniitup tuœ amittas. Il ne veut pas qu'on se complaise à entendre leurs discours, ni qu'on se permet le de piu'ler la main sur elles ; car le foin bnile, si on l'approche du feu. •■ leur beauté et les accents de leur voix à l'aimant qui attire de . , leurs veux à une llèrlie qui donne la mort. Saint Chrvsostome dit i'!'' la loinine est un naufrage sur terre, une lance qui perce le cœur, la perte de la jeunesse, une vipère habillée, l'arme de Satan. Ou la femme est I en eiïel, ou elle est faible, ou elle est bonne. Si elle est mauvaise,
■ luvienne du mol du Saint-Esprit: lirerijs omnis malifia super Kir/i mutieris. (Kcc. x\v, 26.) Une femme impudente n'épargne per- , dit saint Jean Chrvsostome parlant d'Hérodiade, elle n'honore pas le •Mo ne respecte pas le prêtre ; elle n'a aucun égard pour le prophète. .' ii-s n'en trouve-t-on pas qui ont ret,u des ennemis de l' Eglise la
li.. c faire tomber les ministres de Dieu, ou qui dépouillent leurs vic-
tiiiit\s par un infAme chantage? N'en est-il pas tpii se font une gloire de
I !!..MÉnIuM- de la vertu d'un lévite, ou qui en font le pari? Mais sans aller
ii'a-t-on pas vu île prétendues dévoles feindre une maladie secrète
pouvaient faire connaître qu'à leur confesseur afin de chercher à
le [icrdiT :* |)es personnes bien élevées, d'une famille chrétienne, tentant tout
{H'ur sciluire im prêtre leur (»roche parent? Tant il est vrai qu'il faut se dé-
' Umies. ye respicias mulierem mulf ivola/n, ne forte inridas in laqueos
>. (Eccu. IX, 3.) Nec audius iUam, ne forte pereas in efficarid if lins.
ibu>.4.]
Si elle est faible, prenons garde ! la compassion qu'elle inspire peut être
nous un péril, et les marques que nous lui en donnons peuvent la perdre.
qui par faiblesse ont des pensées coupables peuvent les porter sur nous.
le de plus de trente années de missions nous a appris plus d'une
i bon prêtre qui ne songeait par des paroles pleines de bonté qu'à
soMicnir .les Ames faibles. ou à encourager des Ames tentées, était lui-même
A son insu l'objet de leurs coupables passions. Hien entendu que ces mal-
' - ,.,ises lui cachaient au saint Tribunal leur état, afin de ne pas perdre ses
.>! i.i fem — ' linte, on vierge, ne devons-nous pas par notre ministère
i rendre ; encore ? Onel malheur, si nous attachions à la créature
■" ■■■••••••- ,,,, bi bien faits pour Dieu seul ! Et ce n'est que par une sainte
;s préserverons d'une affection naturelle des ctiMirs toujours r à <pii leur témoigne rpielque intérêt. Est-ce une piété sé- <\\n ne s'élaveque sur les secours que lui prodigue un prêtre? ibituer les Anies A marcher seule^, sans être toujours tenues 19 cela ne risque-l-on pas, i]u:tnd, par suite des circonstances, , icra. de les voir tout abandonner, comme l'expérience l'apprend i El puis la femme vertueuse a-l-elle moins d'attrait pour nous ? Ecoutons le S;iint Ksprit.
' ifinm factum est itecrati,et per ilUim omnes morimur. Eve
d'innocence qinnd elle séduisit Adam. El ne jicut-on pas
lire ijuc ceux qui se [>er'! me vocalion sainte. ne le font le plus sou-
'•n* que par siii'c d<'K s (pi'ils onl avec des femmes. l'er eam
is c'ucurc : Melior rst ifiii/iiitns viri tniam mulier
. 14.) Il vaut mieux sup|K)rter la mécnnnceté d'ua
■<>', "|iio II '^ iniiiinls, que les marques deslime ou d'afTection d"(me
'•. Vn homme mé<-hant est moins dangereux, tjui ne le comprend? \A-
' " ' ' ' .MIS enipruntons tout ce que nous di-
ons cl même le» prêtres et les rell-
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ompagnie des femmes. Comme on lui en demandait la raison, il ré|Njndit :
Si j'agissais nutreinpnt, jp risquerais de perdre par un juste jugeuieni de Dieu fa grAce qu'il m'a faite (1). Saint Thomas d'Aquin agissait et parlait de même. Saint Ignare de l.ovola recommandait d'éviter lorte familiarité avec ies femmes qui mènent ou semblent mener une vie spirituelle, mais surtout ave<- relies qui à raison de leur Age et de leur condition, oiTrcnl plus de péril.
Le V. Le Jeune avait donc raison de dire : « Avec les femmes il y a trois choses h redouter: Damntim emerffens. liicrtnn cessans. periculum sortis. » Kt saint Liguori remarque qu'il faut éviter toute familiarité avec des parentes, fussent elles môme sœm'sou nièces, et se défier même des personnes laides ; car le démon est un peintre habile qui sait rendre séiluisant même le plus rebutant visage.
Il faut cependant, dira-l-on, convertir les pauvres pécheresses, soutenir les faibles, encourager les Ames pieuses. Oui certes ! Notrc-Seigncur l'a fait, et après lui tous les saints ; mais qui est-ce qui convertira le mieux les pécheresses, oui fortifiera le mieux les infirmes ? p]st-ce celui qui se fera le complice de leurs crimes ou de leurs faiblesses ? Qui fera avancer les Ames dans une piété sérieuse, sinon celui qui leur donnera l'exemple du détachement des créatures, et ipii le leur fera pratiquer?
(Jardons-nous certes de rebuter personne, sachons même courir après la brebis comme le bon pasteur. Omnihus debitor sum. Les femmes onl une Ame faite pour Dieu, et dans cette Ame il ^ a parfois des trésors de «lévouement, de générosité et de vertus. L'Evangile et la Vie des saints ne permettent pas d'en douter. Mais si nous voulons leur faire un vrai bien, si nous voulons qu'elles recourent à nous en grand nombre avec une entière confiance, soyons réservés, graves, dignes! Alors celles qui sont vicieuses nous respecteront ; elles ne viendront A nous que comme Madeleine, en versant des larmes et en sollicitant leur pardon; nous ferons taire les langues méchantes, en ne provoquant pas leur jalousie, si nous n'avons de préférence pour personne; et les Ames pieuses, toujours avides de trouver un prêtre sérieux, nous confieront les secrets de leur con.science et apprendront de nous la voie de l'abnégation qui mène au ciel. Ce sont les vrais prêtres qui ont le plus de succès dans leur ministère avec les femmes comme avec les hommes. Les femmes courent de loin auprès d'eux, quand elles voient mi'ils ne recherchent pas des entreliens frivoles avec elles : c'est ce que 1 expérience aj)prend.
Nous avons donc tout à gagner, soit pour notre Ame, soit pour le salut de tous, en gardant d'une manière exacte toutes les règles delà modestie ecclésiastique ; d'abord respectops les statuts du diocèse dans le choix des personnes que nous prenons à notre service. Massillon avait défendu sous peine de suspense ipso facto à ses prêtres d'avoir à leur service une femme ayant moins de cinquante ans, autre que leur sœur ou leur mère. (V. n» 17i4, A la note.) On ne saurait dire combien les dispen.scs d'Age que l'on demande et que l'on obtient quelquefois ont de fAcheuses conséquences. Jamais un prêtre ne devrait prendre à son service une personne pour laquelle il éprouverait une inclination trop naturelle; agir autrement c'est une imprudence fatale. Quand on a exercé le nùnistère pendant quelques années, on a rencontré parmi ses filles spirituelles des personnes bonnes d'ailleurs et dévouées; c'est sur Time d'elles cpie l'on fixe naturellement son choix. C'est souvent un péril ; il vaudrait mieux choisir une personne que l'on ne connût pas, in operibus bonis testimonium A«6e/J5, avancée en Age, que l'on n'eût jamais dirigée,
(1) Sanciie, sœur d'Alphonse H, roi de Portugal, avait parmi ses saivanles une jeune fille (le noble naissance et de grande piété, appelée Marie Garcia. Celle-ci était très avide d'avoir des entretien» spiriCucTs avec an religieux franciscain de si grande vertu qu'à sa mort saint Antoine de Padone vit son âme monter au ciel. Elle lui demanda donc avec beaucoup de larmes une entrevue. Le religieux, codant à ses imporiunités, s'y rendit, mais en portant d'une main un flambeau et de l'autre de la paille qu'il approclia du flambeau et qui fut consumée à l'instant, c Madame, dit-il, le sort de cette paille est celai des religieux qui a'entretienneat souvent avec les femmes, ils perdent tout le fruit (le t'oraison et des entretien» avec Dieu. » Cela dit, il se relira, et Marie Garcia ne demanda plu» à s'entretenir avec lai.