‹ Le Prêtre dans le ministère de la prédicationChapitre 189 sur 416 · IM · texte numérisé non relu

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sauver! M^r Villecourl (lisnif. aux prêtres catéchistes. « fiardez-vnus de montrer plus (le svmpalhie t>u «le prclérenrc pour un sexe ipie pour un autre, de trop fixer vo»; i -• ■ •' !•- sur les enfants dont l'extérieur vous plairait naturellement davani imuiortititation no serait jairiais sans danpfr pour vous. >' (ies ; udalions ont unf portée très j^ravo pour tous; nuiis surtout pour ceux <pii avant le sacerdoce auraient eu des faiblesses avec de petits garrons. S'ils éfout.iient la nature, ils verraient bientôt renaître les déplorables tentations dont ils ont été déjà les victimes.

O vous (pii êtes jeunes, prenez donc ces habitudes d'une sainte réserve. Ouollejoie pour vous de pouvoir dire quand vos cheveux auront blanclii, que dans tout le coure de votre vie sacerdotale, vous n'avez jamais donné A personne une marque inconvenante d'afTeclion ! Cette joie n'osl-elle pas plus |»récieu.se que les vaines et cruelles satisfactions de la sensualité?

2o L'/iKt/iiliff', osi la gardienne de la chasteté. (V. cf-dessusn" 1724, en nf)te.)

iltVA.'A' Morfificatioii. (V. n» 1012 et suiv.) <> Les saints prêtres, dit saint l>iguori, ont pour pratique d'employer quelques jténilences douloureuses comme la discipline, le bracelet, l'iusieurs rlédaignent de pareilles macérati<ms, alléguant (pie la sainteté consiste dans la nKU'tification de la volonté : à cela saint Louis de (ionzague répondait avec sagesse : Utrro/wrfuit facere, ef ilhi non omiffere. Saint Laurent Juslinien répétait souvent qu'il y a autant de folie à prétendre garder la chasteté en menant une vie molle, oisive et sensuelle, qu'il y en aurait à vouloir éteindre le feu en y jetant de l'huile. Si nous n'avons pas le courage de mortilier notre chair par de dures pénitences, du moins soyons fidèles A accepter avec résignation les peino'; .mi nous viennent de Dieu, les maladies, le chaud, le froid, les incommi les assiduités aupri's des moribonds, à confesser les prisonniers, Icb ^ grossiers, qui exhalent de mauvaises 0(leurs, à nous priver de quelques plaisirs permis. »

<< Saint Chrysostome dit; Quando Deus dut alicui ut mortuos suscifef, minus dnt t/iiam cum dat occasionem pafiendi. Je le demande, quels si grands avantages avons-nous jamais retirés de toutes les satisfactions que nous nous sommes données ? Si au contraire nous avions su nous mortifier dans toutes ces rencontres, quel mérite n'aurions-nous pas maintenant auprès de Dieu ? Désormais, mettons en réserve quelijue chose pour l'éternité. Plus nous nous mortifierons, moins nous souffrirons dans le purgatoire, plus aussi nous aurons de gloire dans le ciel. t)h ! nous sommes ici-bas de bien tristes voyageurs, pressant vite notre chemin. L'éternité s'ouvrira vite devant nous ! » (Selva.)

1754. 4" La fuite du monde. Le monde est l'ennemi de la chasteté et de la vertu. « Le vrai chrétien le craint, le hait et le fuit. Tout y est en effet dangereux : ses caresses séduisent, ses persécutions découragent, ses plaisirs corrompent, ses amusements dissipent i, ses exemples égarent, ses sollicitations entraînent. Tout y est injustice. Il prodigue ses éloges au vice, ses railleries ii l'innocence, ses mépris à la vertu. Il chérit les scélérats, et ne peut souffrir les gens de bien. Les vrais sages lui paraissent insensés, les insensés comme lui sont les seuls sages.

» Tout y est faux. Ne comptez ni sur le brillant de ses pompes, ce n'est c^ue vanité ; ni sur l'apparence de ses vertus, ce n'est qu'hypocrisie ; ni sur 1 empressement de ses prévenances, ce n'est qu'adulation ; ni siu* la génénisiié (le ses services, ce n'est qu'inténH; ni sur la multitude de ses promesses, re n'est que fourberie. Tout y est trompeur. Il annonce la paix, on n'y trouve qu'inquiétude ; il promet des plaisirs, on n'y goûte qu'amertume ; il fait espérer des biens, on n'y gagne que |iauvrêté ; il excite par l'espoir de la liberté, il suscite mille embarras ; il berce par l'attente de la gloire, et il couvre de confusion. Non, non, ministres du Dieu de sainteté, vous n'êtes pas faits poiu' le monde : si tous étiez des siens, il vous aimerait. L'Kvangile que vous suivez, que vous enseignez, vous rend nécessairement l'objet de son aversion. Mundus vos odit, quia de mundo nos esfis. (Joan., XV, 19.) Le fréquenter, c'est s'exposer à se perdre ; l'aimer, c'est être déjà perdu; l'imiter, le favoriser, c'est contribuer à le perdre lui-même; s il nous plait, nous sommes vaincus ; si nous voulons lui plaire, nous sommes

QLl.x.vur.S VERTUS DU PRETRE 717

/-.c.i.v.^c m.: r,.,ii<; arrMonspas, ne passons qu'en courant sur ces lerres

l'ennemi qui nous poursuit ; et après notre ministère

■<-nous dans l'arohe, comme la colombe qui ne sait où

Mais tout cela ne suffît ni pour le désarmer ni pour lui en

, me facile de se défendre des charmes séduisants de son

commerce 1 Kt n est-ce pas le plus redoutable de ses effets, de calmer les alarmes, de forger des ciiaines. de se faire aimer?

« Un ministre des autels doit non seulement se préserver de sa corruption, mais encore l'arrêter dans ses poursuites, lui arracher ses conquêtes, combattre ses principes, ses coutumes, ses pompes, son langage. Ce sont deux ennemis irréconciliables, toujours intéressés à se détruire. Heureux même s'ils ne s'accordent jamais de relâche, malheureux s'ils faisaient la paix. Le monde perdrait dans im ministre accommodant le sel qui doit le f de la corruption, et le ministre perdrait la couronne qui doit nser son zèle. La passion désire cette paix funeste, et souvent ne = ie trop à la nésorier. Elle voudrait l'autoriser par des exemples • les, jouir du moms d'un repos qu'un zèle importun ne lui permet l'i'- "' ' -nous de trahir la vérité en négligeant de la déiendre,

ou ' riémes en cessant de nous garantir.

■> \juri iMJimcui .1 111 e persécuté avec celui qui a dit : Je ne suis pas de ce monde ! Quel funeste préjugé pour nous d'être favorisés, même tolérés, Ego non siim f/e hoc mundo. (Joan*.. vui. 23.) >■ (1) {La Tour.)

Nous lisons dans l'Flcriture que les Egyptiens faisaient leurs dieux de quelques animaux, qu'ils les adoraient en cette qualité; mais au contraire, les enfants d'Israël appelaient abominations ce que les Egyptiens appelaient des dieux ; et ils itnmolaient au vrai Dieu ces mômes animaux que les autres adoraient. Les justes, vrais Israélites, font de même; ils appellent abominations les dieux du monde, qui sont les honneurs, les plaisirs, les richesses qu'ils adorent, et sacrifient au vrai Dieu ces faux dieux comme des choses abominables. O'ïi^'onque veut offrir un sacrifice agréable à Dieu, doit prendre garde à ce que le monile adore, et le sacrifier ; et d'un autre côté embrasser de bon cœur ce qu'il voit que le monde a en horreur et en exécration. (Voir n" 9*>.) (i)

<- La famille de Jacob en Egypte vécut toujours séparée des Egyptiens, dit .Massillon. elle habita une terre à part, parce que ses mieurs n avaient rien do commun avec celles de l'Egypte. Les enfants de Jacob offraient en sacrifice des animaux au Seigneur et l'Egypte les adorait.

» Ce n'était là qu'ime figure. Nous formons im peuple à part, au milieu duuinniic. parip que nous sacrifions à Dieu les passions de la chair, et que le iimu'lc les .idore. Dès que- nous rompons la t>arriêro cpii nous

'''• lui, dés «pic nous sortons de cette heureuse terre de (iessen, et

allons nojis mêler parmi les idolâtres, leur culte devient le notre .• 1 il'ircr ce fpi'ils adorent.

" Il r)c I ml liinc aller dans le monde que comme un levain céleste qui doit faire rcruicnter toute la pâte ; et quand nous voyons le n»onde pour le sauver, Dieu nous garde des périls du monde. Pierre ne marchait sur les

(1) Saint Rémi, archevêque de Reims, voyant avec douleur que la Morinie «'(ait rede> venue pafenne, fit appeler un solitaire (joi vivait fort saintement dans les environs de Reims et il lui persuada de quitter sa solitude et de se dévouer au salut de ces pauvres Ames. En le consacrant évéque, il loi dit : « Homme de Dieu, jusqu'à présrni vouk avet

fui l»" m nde. vous auret A lutter contre lui Soye» son ennemi ili^i carê

.\nlimnndut. » Kt depuis lors le saint évéque ne .Vappela plus •! i sous

ce nom qu'il est désijfné dan» la vie d«"» •«im;-* Il convertit un gra;. ....... . païens

dans le territoire de Tliér uanne et !

(il César de Bnr, p nli'h"mmf dr ' ;> 'nr<«oivt par le dé^ir de ** eonvrrttr,

revenait triste ' sani devant k

Cette voix lui p. , . , . , ., .. fois à la renverse el .*'• rna ; « ' offenser Dieu, tandu* i|uf cfs inr

je renonce dès ce moment à toutes me» folie», j»! me di.nne tT.ii. rtiimai à v> u*. Ce fut là rachèvement de sa conversion et comme le sceau qui la rendait inviolable.

?'lS SERMONS POl'R LKS EtX'LÉSIASTlQUKS

eiiii\ «iiip jtar ordre de .Nuire-Seigncur, aussi Notre-Seigneur lui lendail-il la main. »

Mais on nu liroil de complcr sur ce secours <iu'aulanl qu'on ne va dans le monde «jue pour des intentions saintes. Massillun n'admet pas qu"i»n puisse aller, pour ,> trouver un délassement h ses travaux, dans un monde mbmo rhrétien.

u Sic non est inter vos sapiens quisquam'? dit-il après saint Paul. C'est avec des confrères fervents qu'un prêtre doit se délasser de ses fatigues. Jean-liaptisle ne va chez iièroile que pour lui dire : Non licet. Notre-Seigneur n'assiste aux noces que pour montrer sa puissance et confirmer sa doctrine; s'il va chez un publicain, c'est {louren faire un enfant d".\braham ; s'il monte à Jérusalem aux jours de fête, c'est pour chasser les profanateurs du temple. Kn envoyant ses .\pùlres, il leur ordonna de n'entrer dans les maisons (pie pour v porter la paix. \.cs Apôtres l'imitent. Ciipio enim videre ro5 /// a/i«/uul vobis imnerti/ir f/rafio' spirifalis. » Massillon recommande même d'éviter les ecclésiastiques mondains et dissi|)és. « La grAce de l'imposition des mains, dit-il, est éteinte en eux ; vous ne la ressusciterez pas, et vous verriez infailliblement {térir et éteindre la votre. »

Toutefois quand il s'agit «l'un ministère à remplir, de visiter ses paroissiens, de faire cesser des abus, de donner un conseil utile à une Ame qui s'égare, gardons-nous de laisser les autres se perdre, sous prétexte de nous mettre en sûreté.

Mais visitons tout le monde, même ceux qui nous sont hostiles. Oublier ou délaisser quelques-uns, c'est les humilier, ou leur laisser voir de l'aversion ; et tous doivent être convaincus rpie nous les aimons, (jue nos visites soient courtes, surtout chez les femmes qui seraient seules, fussent-elles même bienfaitrices de notre église. Qu'elles gardent leurs largesses plutôt que de nous enlever notre réputation. (Test le cas de ne pas s'asseoir et de laisser la porte ouverte. l{ion ne prête A la critifjue comme de voir souvent et longtemps les mêmes familles, et de délaisser les autres. Dans les vovages même, ayons soin fie garder la soutane.

17.')?». « L'habit clérical apprend au peuple à respecter le ministre, dit Massillon, et au ministre à respecter son caractère. (Test un moniteur toujours présent qui le retient. C'est l'uniforme de la milice sainte et qui nous unit et norts honore. Pourquoi en rougirions-nous, quand dans tous les états les hommes sont fiers d'en jtorter les marques dislinctives ? » Il est dit de suint IJernard : In vestihus semper ei paupertax plaçait, sorties niinqiiam. Imitons-le.

(;'esf ridicule de chercher à plaire, quand on porte un habit qui signifie qu'on est mort au monde ; et la malpropreté inspirerait le mépris de notre personne et de notre ministère.

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