‹ Le Prêtre dans le ministère de la prédicationChapitre 190 sur 416 · XV. — Des défauts · texte numérisé non relu

XV. — Des défauts

47.V). t'i, ji.Miiiui aussi au lieu de traiter des vertus, parler des défauts. fimne (luod in tnundo est coniupiscentia carnis, connupiscentia oculoruvi et miperbia vitœ. Kt on unirait clans la même conférence I. la sensualités no lO.'iO.

1757. II. Concupiscentia oculorum. Qui non renuntiat omnibus (pur possidet non jtotest meus esse discipulus. (Lie. xiv, H4.) Nolite solliciti esse.... ffœc omnia gentes inquirunt. (juand on n'est pas détaché par le cœur des choses de la terre, on n'est pas chrétien, mais païen. Comment serait-on un prêtre selon le cœur de Dieu ? Dominas pars ha-reditatis metr, aussi quelles instructions Noire-Seigneur a-t-il données à ses Apôtres, les modèles de tous les prêtres à venir? Gratis accepistis, f/ratis date... nolite possidere aurum neque arr/enfum... non peram in via, neque duas tunicas, neque calreamenta neque virr/am : iJif/nus est enim operarius cibo suo. (Mat., x, h et seq.) Les .Vpolres ont praticpié à la lettre ces conseils, et s'ils n'ont pas exige de tous ipi'ils les suivissent, ils ont toujours voulu qu'un ministre de Dieu ne fût pas turpi.'< lucri cupidum.

Mirum ralde est, quod te solo sit iJeus tuus contentas, neque velit aliam

pr<Pfer te hifreditntem habere, tu i^ero eo non contenfus, ad terrenas in- /ties divitias et fitereditates : su/Ticiat tibi, quceso. Dent tuus, sicut tu suffi' is Deo ttio. (S. Cyi'RIKx.) Les ricliesscs. dil saint Bernanl, possessa onerant, ariHtta i/ii/iiinant, amissa cruciant. Le concile de Milan dil aux prêtres ; Thi' non titesauros in terra, sed bonorum operum et anitnaruni

in '■ iiiie l'araignée dépense ses entrailles à ourdir sa toile, dit saint

' i . ela pour prendre ensuite une mouche, ainsi plus d'un prêtre

it en perdant leur temps cl leui"s œuvres spirituelles pour l'acquisiliuu '1 un pouce de terre. (Jui volunt divites fieri inridunt in tentationem rt in laqueuin dinboli, et in desiderin multa inutilia et nociva. (I. Tim. vi, 9.) (Jur nos affliffimusi-irca nihil,vum possidere Creatorem omnium valeamus ? «lit saint Honavenlure. Pour qui se créer de tels soucis ? l'nus est, et non habet serundum. non filium, non f rat rem ; et tamen laborare non ressat. Xec reror/itat dicens : Cui laboro et fraudo animant meum bonis ? {VxxA.. IV, 8.) — Ali ! il travaille peut-être pour ses parents; mais le prêtre n'est-il donc i»as comme Melchisedecli... sine pâtre, sine matre,sine, t/eneaiuf/ia ? qu'il aban<ionne, s'il le faut, à ses parents, son patrimoine, soit : mais quand ses parents peuvent se suffire avec un travail honnête, il n"a qu'à leur dire une bonne fois comme Noire- Seigneur : Aesciebatis f^uia in /lis </uœ Pat ris mei sunt oportet me esse. Saint Laurent JusUnien répondit ù un de ses frères qui lui demandait de l'aider à doter une de ses tilles : Si je vous donne peu, vous n'avez pas besoin de ce peu et ne vous en contenteriez pas ; si je vous donne beaucoup, je fais tort aux pauvres de mon h^'lise. Trouvez bon en conséquence que je ne vous donne rien.

Aii\ prêtres qui prennent sur eux toute la gestion des alTaires domestiques, saint Liguori demande pourquoi ils se sont faits ministres de la maison de Dieu, s'ils voulaient s'occuper uniquement des alTaires de leur maison. /)imitte mortuos sepelire mortuos (1).

pour la même raison, le saint conseille de perdre quebjue chose plutôt que , Perde aliquid ut Deo vaces, dil saint Augustin, perde nummos t/uiefem. p\ aussi l'honneur.

(j;;, :., lut l:i -^ A polres ? Saint Chrvsoslome nous l'apprend. .l/M)*-

ti,/f>.< 111(1 </ lin- ('(fecit verus ac non simulât us gloriie utr/ue pecu-

iiii celle de tous les saints. Saint IJoniface, archevêque : e de r.Mlemagne, disait : .\utrefiiis des prêtres d'or se ' ' ■ : mais aujounl'hui ce sont des prêtres de bois d'or. Plus nous nous éloignons de la pauvreté .]ii> ii.M,:> ^.Miiiues estimés.

is que, distribuant à ses peuples des richesses et des bénédlc-

- Il ■!,. <,.i) i,.ç permis au prêtre d'en recevoir de temporelles,

dis que c'est im opprobre poiu* le ministère et

, iM'c (liHfir ■ ic (lis (pie c'est un scandale d'en

traiter n.iiiuic ^ii ! .

In Mslrcir A\i . > son troupeau, il n'en aime

^on : cl son Irouiicau qui le connaît ne le regarde que comme un

un ioiip dévorant et non comme un père ;.cl d'autant plus, que

>> soil le revenu de la plupart il'entre vous, il est toujoiire

lU milieu d'un pauvre peu|iie, qui rejianle votre situation

; envie, et aux yeux de qui voire modicilé, comparée à son

\\. p'irait un êlnt d'opolonr»». A.loiicjuse/ don'' y.w un <*arac-

■ier

; par une «lurele qm ie(n" laii iiiaspiiemor M>ii\eiii i,i saïuielo

ijiandc de ne jamais se plaindre en chaire de ce M'I, lie ne jamais entre Citnfrères apprécier la valeur

(1) Sain*. Laareol Jaslinien confia à an économe fldéle le «oio du temporel de (oa évécl>é (le Venise, et il ^'■^'' '■.">i>"np .l- A-.r^ k ce «ujel : ■ Il est inJijrne d'un pulear des ime« d'empUiyor li: l'un leapt, qui est si précieux, à eolnsr

dans les petit* iltMails ■; :tjei. »

750 SERMONS POCR LES ECCLHSIASTIQUES

<|ps paroisses par rc qu'elles rapportent comme on le fait trop souvent, de (avoiiser lu réliabilitation des mariages, en n'exiçeant rien pour leur célébration, de ne pas exiger «les pauvres des honoraires qu'ils ne peuvent verser, lie ne pas Hre trop dilliciles à croire pauvres ceux qui protestent qu'ils le sont. Nous sommes dans un siècle si orgueilleux ! Il conseille même de dire une messe pour un pauvre défunt à qui personne ne pense. — On doit aussi se faire une loi de ne pas accepter île présents de ses pénitents ; car au témoignage du Saint-Ksprit, les présents aveuglent les juges et sont dans leur bouche comme un mors qui les rend muets et les empêche de chAtier.

Sachons même prendre sur nos modestes ressources pour faire généreusenjent l'aumône. Saint Uonavenlure dit : « Un pasteur qui aime Dieu, nourrit son troupeau par sa parole, en le consolant ; par ses exemples, en le fréquentant ; par ses biens, en subvenant à ses besoms. »

N'oublions pas la parole du Saint-Esprit: Avaro iiihil ne<juius. « Un prêtre avare et intéressé est capable de tout, dit .Vlassillon. C'est une âme vile, incapable d'aucun de ces sentiments nobles qu'inspirent les devoirs du sacerdoce ; et ce «pi'il y a ici de plus terrible et (lui nous fait mieux sentir la justice de Dieu contre un vice (|ui avilit si fort la religion et ses ministres, c'est que l'Age en rapprochant du terme où nous n'allons emporter avec nous que nos (ouvres, l'Age qui devrait nous détromper de cet aveuglement, forlilie celle malheureuse passion et la fait revivre pour ainsi dire sur les débris mêmes d'un corps défaillant. A quoi aboutit cette vie sordide? Vous le savez, A découvrir en public, par la manifestation de ces biens si sordidement accumulés, l'indignité de la vie d'un pasteur, et à flnir par un scamlale.

u II arrive que cet indigne pasteur n'avait accumulé avec des soins si longs et si pénibles cet amas de boue, qu'afin que sa mémoire fût salie et déshonorée pour toujours. 11 laisse la haine et la division dans l'esprit public, la honte parmi ses confrères et l'affliction «lans le cœur de tous ceux à qui la gloire de Dieu et de l'Eglise sont chers. » (1) Ùeatus vir... qui post aurum non abiif, nec speravit in pecunia et thesauris. Quis est hic et laudabimus eum. Fecit enim mirubilia in vita sua... et eleemosynas illius enarrabit omnis ecclesia Sanctorum.

t7j«. 111. L'Orgueil et l'Ambition. (V. no 1038 et 1724.) « Tous les hommes, dit Hossuet, sont nés pour la grandeur, parce que tous sont nés pour posséder Dieu. Car comme Dieu est grand, parce qu'il n'a besoin que de lui-même, l'homme aussi est grand lorsqu'il est assez droit pour n'avoir besoin que de Dieu. Tel fut lliomme dans l'état d'innocence ; en perdant Dieu, il a perdu sa vraie grandeur, et il ne lui est resté que son néant. Il lui reste pourtant une impression de sa grandeur première, et il cherche à s'agrandir comme il peut, en cherchant les biens du dehors. La vanité au dehors est la marque la plus évidente de la pauvreté au dedans. » La grandeur du sacerdoce ne doit pas nous enorgueillir. Tout ce qu'il y a de noble dans le prêtre vient de Dieu. De lui-même il n'a que les taches dont il défigure la dignité sublime à laquelle le Seigneur l'a élevé. Quand on demandait au curé d'Ars, s'il n'éprouvait pas <iuelques sentiments d'orgueil, lorsque les

(1) Il serait à propos de recommander aux préires de faire leur testament tous, et d'une manière telle que la malignité n'y retrouve rien k redire.

Saint l'airice, l'apôtre de l'Irlande, nous a laissé le sien; nous y lisons ces paroles remarquables: « Je confess» humblement mon insuffisance; mais je puis du moins me rendre le témoignage d'avoir toujours pratiqué le désintéressement le plus absolu. Combien de fois les chrétiens, les vierges de Jésus-Christ, les pieuses femmes déposaient sur l'autel des ofTiandes qui m'étaient destinées t J'eus toujours soin de les leur faire rendre. Souvent on me reprocha d'en a^ir ainsi ; mais je voulais par là honorer mon ministère aux yeux des intidèlcs, et prévenir jusqu'à l'ombre d'un soupçon d'avarice. Aussi, de tant de milliers de néophytes que j'ai baptisés, nul ne teut se vanter de m'avoir fait accepter un présent. .Mes bien-aimés, c'est vous et non vos richesses que j'ai cherchée. A vous vos biens; à moi les fatigues, les périls de tout genre, au prix desquels j'ai pu sauver quelques âmes. Jésus-Christ mon Maître fut pauvre ; je le remercie de m'avoir appelé à l'honneur de partager .son calice. Combien j'ambitionne le sort de nos martyrs qui ont versé pour lui leur sang I •

DBS DÉFAUTS 751

l'oulfs s«^ prossaient autour de lui. « Ah ! répondait-il, demandez plutôt si je ne suis \nis tenté de désespoir. « Malheur à celui qui, placé par Dieu à des hauteurs suliliines, se complaît en lui nn'^me ! Que de terribles exemples pour confirmer cette vérité ! Qiiomodo cecidisti de cœlo, Lucifer ? (Voir la suite fs., XIV, {± et suivants.) Adam et Kve avaient été comblés des dons de hieu ; ils voulurent monter plus haut, et crurent au serpent qui leur avait dit: Kritis sicttf dit. On sait le reste, f.e mol du Saint-Esprit est donc bien vrai: Initinm omnis peccati superbia. (Kccu. x, i5.) Le prêtre, quelle que ^ '■ ' -iiilé, est plus faible que Satan dans le ciel, et <pie nos premiers

ins le paradis terrestre, qu'il tremble donc! et qu'il craigne l^» de lii-iiir»' if fruit de ses saintes œuvres. Qu'est-ce donc que cette gloire frivole aussi facile à perdre que ilillitile àaccjuérir? N'est-ce pas une vaine fumée qui se dissipe dans les airs, et pourtant elle est poursuivie par les diicleurs de l'humilité. 0 mon Dieu, serait-il possible que cette vaine estime ,1,. .iM..i,iii,>g mortels, souvent trompés par I ignorance, ou aveuglés par les

lis, que ces misérables éloges distribués avec si peu d'équité et si iiiifdits. fussent le mobile de nos veilles et de nos sueurs ! Seraitil p< nous travaillassions pendant îles mois, des années, pour faire dire , , s esprits faibles et bornés (|ue nous avons dirigé un grand nombre de pénitents, que nous avons habilement fjouverné une paroisse, •pic nous avons annoncé avec éloquence la parole divme ! .Vli ! ce serait bien peu estimer ces travaux que de les vendre À si vil prix ! Qui ne sait «jue, si tel était le motif dominant de nos œuvres, nous en perdrions le mérite. Ap[iroiiuns que ce qui fait la valeur de l'œuvre, c'est l'intention élevée «pli rin.spire, c'est l'amour de Dieu qui nous la fait entreprendre, n'eùt-elle •lu reste aucun succès extérieur.

i" l,'"ri,'ueil nous k\\\. perdre la pai.v. Que faut-il pour troubler un prêtre

\\1 un signe de désapprobation, une lettre sans réponse, l'absence

sonne clont il enviait les éloges, les succès d'un confrère, un rien 1' I 'il, sombre, (luelquefois haineux et jaloux.

'■V oram hominibus. Quel est le lieu de l'univers où l'orgueil ne

' ' i«risé ? On redoute dans ce prêtre orgueilleux ces airs pédants,

tenlieuses, ces paroles tranchantes, ces sourires dédaigneux.

>■- . il :.;>, eux-mêmes le fuient; comment les pau.vres pécheiu-s. les

iMi|iit>s iMiMiiMnts, ne le redouteraient-ils pas ? Volontiers ils feraient leurs

iiviMix à un pritre huuible et «loux comme Noire-Seigneur et ils rentreraient

ainsi dans sa giAce : mais osent-ils s'exposer aux dédains, aux reproches

aiiicis d'un (.r.' I. iii.iiv -' Comment les pauvres mal vêtus recourraient-ils A un

i''| (iiriic. .|ii 1 (jiie dans les sociétés brillantes et n'a de favcm's

II' i i: - .> catéchismes font trembler les pauvres enfants ijui

I un père, mais un maître •lur; ses sermons si étudiés

:it pas ce bon peuple, ampiel il fait sentir tpj'il n'a pas

assf/ lio i;ii('ui pour l'apprécier. Comment les supérieurs pourraient-ils

esii [-..liii en qui ils trouvent non un iils docile, mais un censeur amer

' l'tmini est omnis arrof/ans. (Prov., xvi, 5.) Dieu le livre

^. C'est le |»rêtrc surtout qui doit craindre le chAtiineut

I Dieu punit l'orgueil, «^'c8t-}\-dire le vice. Que de terribles

» v uiplcs nous avons auus le» yeux, de nos jours comme dans tous les

sir', IfS !

'/a cow»'/«/Mr, dit saint Bernard ; 'itrum siifnunr sufterbia. Donc

(y./r;// '., , '/ - 'iiim.

(IJ:. 1,1 . Il . <lo

Vous, ,1 I , , I, : uni ne ■ •■nii. r IC

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il ii'ini^' '■ .,. j. .,,,,,,, ^ ,,Mii.i..>. .1.1 v.j.i. ..- 1. avait appris à sc

• ' ' ■ I 1 loix. Les urètres humbles ont toujours clé les ins-

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7rj2 SERMONS POUR LES BCCLÉSiASTIQUES

Vincent <lc Paul a conquis des paroisses cl des contrées entières; c est en rcclierchant hi SMcit-t»' ilcs pelils cl des pauvres qu'il fui appelé à consoler des princesses et des rois sur leur couche Funèbre ; c'est par là qu'il a mérité les lionnours que l'Kglisc lui rend (i). Au jugement de Dieu, le prêtre orgueilleux s entendra dire : iVon novi vos. Qui se e.raltat /lumifiabitur ; le pnHre humble : Qui se humiliât exaltahitur. (D'après M. Mercier/.

C'est l'orgueil qui mène à l'ambition des honneurs et des postes élevés. (2).

Post concupiscent ias tuas non eas. Mortuiestiset vita vestra abscondita est in Ifeo. Quod mortole est absorbeatur a vita. Vivojam non eyo^ vivit rero in me Christus,ii\oc son esprit de pénitence, avec son détachement des biens de la terre, avec son humilité et sa douceur, ut vita Christi manifestetur, alin que les peuples apprennent du moins du prêtre, ces vertus cnréliennes, qu'ils ignorent hélas 1 parce qu'ils n'en ont pas assez le modèle sous les veux.

(l) Saint Grégoire le Grand écrivait à Léandre de Séviile: « Quelle distance nous sépare I Je vous envoie oies livres, lisez-les avec soin ; et puis pleurez mes péchés, puisque j'ai l'air de si bien savoir ce que je fais mal. »

Ci) (a) Le cardinal archevêque de Metz offrit au B. Pierre Fourier trois paroisses : l*oni-à-Mousson, Noméoie et Mattaincourt. Le ^aint homme va prendre conseil de Jean Fourier son parent, qui lui dit: « Si vous voulez des honneurs et des richesses, prenez une des deux premières ; si vous voulez beaucoup de peine sans récompense temporelle, choisissez .Mauaincourt. > Celait assez dire : Mattaincourt fut choisi.

(b) Saint Adalbert venait d'être nommé archevêque de Prague; il fut reçu avec des transports de joie par le peuple et par le roi Boleslas: lui seul s'aifligeait de sa dignité; d3puis ce jour jusqu'à sa mort, on ne le vit jamais rire ; et quand on lui en demandait la raison, il répondait : « Il est bien facile de porter une mitre et une crosse ; mais c'est bien terrible d'avoir à rendre compte des Ames au tribunal de Dieu. »

{c) Saint Augustin disait qu'il n'avait jamais reconnu aussi clairement que Dieu était irrité contre lui, et le voulait punir de ses égarements, que lorsqu'il avait été élu à l'épiscopal.

(d) Le B. Humbert de Romans, général des Dominicains, apprenant que Albert le Grand était nommé à l'évêché de Ratisbonne, lut écrivit pour lui représenter combien il est diflicile dans ces hautes dignités de ne pas oiTenser Dieu et les hommes. Il conclut en protestant qu'il aimerait miteux voir porter un de ses religieux dans le cercueil que sur une ch lire épiscopale. Le Pape ordonna toutefois, et il fallut obéir ; mais Albert le Grand, au bout de trois ans, put enHn faire agréer sa démission et rentrer au couvent de Cologne, en même temps que le B. Humbert qui s'était démis lui-même du généralat.

{e) Grégoire .X, considérant le besoin qu'il avait de quelques personnes éininentes en doctrine et en sainteté, pour examiner et décider avec lui les grandes aU'aires qui se devaient proposer au concile général de Lyon, jeta, pour cela, les yeux sur saint Bonaventure et résolut de le faire cardinal. L'humble serviteur de Dieu, étant averti de ce des* sein, se retira le plus tôt et le plus secrètement qu'il lui fut possible, pour en éviter î'elTet ; et étant venu à Paris, il commença son bel ouvrage sur l'Hexaméron dont il enseigna publiquement une partie. Mais cet innocent artifice ne fut pas capable de faire changer de résolution Sa Sainteté ; au contraire, apprenant od il était, elle lui envoya un ordre exprès du se rendre incessamment auprès de sa personne. Saint Bonaventure qui, pour avoir commandé tant d'années, n'avait pas oublié d'obéir, se soumit à cet ordre. Lorsqu'il eut atteint les conlins de la Toscane, il alla se reposer quelques jours au couvent de Migel près de Florence. Deux nonces envoyés pour lui présenter le chapeau de cardinal, ayant appris en chemin où il était, le vinrent trouver, ils arrivèrent ù la fin du repas. Notre saint lavait et essuyait à son ordinaire la vaisselle, suivant l'usage de la communauté. La présence de ces députés ne l'étonna point ; il ne rougit point d'exercer devant eux un si humble emploi; il ne voulut point interrompre son travail pour les recevoir ; mais, ayant donné ordre de les conduire dans une cham* bre, il acheva tranquillement ce qu'il avait commencé. On dit même qu'il Ht suspendre le chapeau de cardinal à la branche d'un cornouiller qui était auprès de la cuisine, et Vadding affirme que le cornouiller durait encore de son temps (16'â8) plein de vie et de verdeur, qu'on le montrait aux pèlerins qui passaient par ce couvent. — Lorsque la vaisselle fut lavée, il rassembla ses frères et leur dit en gémissant: « Enfin, mes frères, après nous être acquitté des devoirs du Frère mineur, il faut que nous ployions encore les épaules sous le poids de cet office ; mais, croyez-moi, les emplois du cloître sont aisés et salutaires, tandis que ceux qui sont attachés aux grandes dignités sont pesants et pleins de dangers, m Ensuite il alla trouver les envoyés du Souverain Pontife et les reçut avec tout le respect et l'honneur que demandait leur mission. Le Pape le consacra évéque d'Albano, l'un des six sièges sufTragants de Rome, qui se donne ordloai* remenl aux six plus anciens cardinaux j>rétre8.

MErîflE "153

i/ii ifuoil fractafin. Quel affreux paralli-le ! I/orgiieil est-il suppor-

s (1 un l)i«»(i nnt'anti jirs'iu'à la riicirt. cl la niorl de la croix?

I- ■! rsl ,■!!.■ ■ \ isilile auprès d'un Dieu dé|touillé inèuie de ses vMe-

iii-iils:' l.i ■.11^11 sl-ellc lolorable auprès d'un Dieu déchiré, meurtri

|u'à la lète ? S il doit rougir le chrétien, qui s nourrit des membres délicats qu'il pare de iiiiiMoii iioiL fire celle du prêtre qui demeurerait orgueilleux, à la terre! Ce divin modèle est-il loin de vous, prêtres du .-. .juelque coté que vous tourniez les yeux, vous voyez cette Paslivine. Tous vos habits sont pai-semés de croix. L'autel où vous moni"i ralvaire ; le calice où vous buvez est plein du sang d'un Dieu; '^ vous tenez est son corps victime pour nos péchés; l'action (juc V - à l'autel est le renouvellement de sa Passion ; la division, la con-

II des espèces en sont l'image. Tous les jours ces grands objets >- vos yeux et vous les mettez sous les yeux du peuple, (juoi, vous

pourriez présenter au peuple, et soutenir vous-mêmes cette étrange opposition d'un Dieu anéanti et d'un prêtre plein de lui-même, d'un Dieu dépouillé ot d'un prêtre avare, d'un Dieu immolé et *'un prêtre sensuel. (D'après uk i.A ToiH.) Iinitamini quod tractatis, et un jour les jouissances du ciel, les richesses de Dieu, la gloire des élus seront la récompense de la guerre faite ici-bas à la sensualité, à l'avarice, à l'orgueil.

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