XVII. La piété
1TG3. Exerce autem teipsum ad pietatem... Piefas autem ad omnia utilis est, promissionem habens vitœ qme nunc est et futurtr. (I. Tim., iv, 7. 8.) h'st fiii/fm qufrstus mar/nus piefas cum su/ficientid... Tu autem. homo hei. fui'r finir, secture vent justitidiii , pietatem.{\\\\\K <>-lt.) La science sans
II ji' I. !i- lit saint Thomas de Villeneuve, est comme une épée entre les
III I 'r 1 .\: l'.inl. qui ne peut que se faire «lu mal. sans faire ilii bien à per-
' ' onvcrti par les saints et non jtar des savants. Saint
siinpleinenl et parlant très imparfaitement la lan-
i^i.i lanlde fruits ipie ses aiidileiirs allaient vile so con-
iil tant de larmes qu'ils pouvaient à [teine parler. .\u
'I -^ ' I ' <. i.-M, .. profonde, aux brillantes paroles, n'ont
en de tels minisires que se vérilie
iilram sine lilferis. et ubera arentia.
les conversions qu'ils opèrent sont dues, comme
iKjois il'Assise. non A eux. mais aux prières de
lui deiiiandeul le salut des pauvres pécheurs ; et aujourd'hui
I versions ne s'<q>érenl d'ordinaire, les imes ne sont sanctifiées
1 Saint Thomas de Villeneuve, qui entra ao couvent de* Aoguslins vrr^ l'époque nd Initier le quitta, et devint plus lard archevêque de Vairncr, disait - que c'est
un fort m)iuvai« «i^n« danii un prêtre lor»<{u'()n le voit tonn li>s ficher des
lans iirie
.-H' jiri^cn 11 .-iji uiait
et ne sortir que dtM
T^fi skRMONs roiR Les EccLésiAsriQUKâ
i|uo par «les prMios pioiix. Miiis la piét»'* no salimenlc <pie par «les exorrires ic^fiiliors. On n a [(Oiiit «le liimpc sans huile, ni «le IVii sans comhiistihle : et It's o\«Miic«>s spiriliiols sonl I aliiiieiil «le la pit'lt- ; sans eux elle séleinl. I)«»n un iiirioinenl facile, mais au«niel onsoil li«lèlc nialgn'' les travaux «lu mini^ tèrc. Celui <pii. sous pn'-lcxle «1 oeoupaliDns. abandonne ses cxerrices «lu s«''mi naire. ressemble à un sol«lat qui s"esl servi «le ses armes pour faire l'exercii' el ipii les «lépose au moincnl du combat. (On parcourt ensuite les divci^ exerci«es «le pii'té.)
17()i. 1. La fréquentation du sacrement de Pénitence. Nous disons aii\ lidèles que c'est l;ï le grand moven de salut ; le prêtre a une raison particulière de recourir à ce divin remède, à cause de la pureté que demande la célébration «les saints mystères. Saint Léonard de Port Maurice voulait «pu ses missionnaires se confessassent tous les jours. Les saints prêtres le fou; tous les buit jours ; et un bon prêtre ne dépasse pas la quinzame.
Le choix d un confesseur, qui .soit en même temps un directeur éclairé, es' d'une importance capitale pour un prêtre, surtout s'il esl jeune, (iombien !• prêtre, qui veut être à lui-même son théologien, tombe facilement «ians rillusion, et «pjcl empire le démon acmiiert p«)ur l'aveugler et le perdre 1 (;boisissons un saint prêtre, ou le meilleur entre les bons parmi ceux «pii nous entourent, à moins «ju'il n'ait à l'éganl de ses pénitents une iniiulgencc fatale, .\yons pour lui une ouverture d'Ame complète. One' secours trouverait-on dans un prêtre qui ne serait pas à son devoir ? (Juelle ferveur puiser dans nos rapports avec un prêtre tiède ? Donc «lonnons noire contiance à un vrai {)rêtre «pic nous ne confessions pas nous-mêmes, qui ait toute liberté de nous dire la vérité, que nous prierons instamment de nous reprendre et de nous faire avancer «Ians la vertu^ et dans la fidélité à notre règlement, et qui ait .soin de nous en faire remlre compte. Notre clioix une fois fait, ne quittons pas un confesseur sans «le grandes raisons. Si nous faisions ime chute, relevons-nous a\issit«jt |)ar une bonne confession et ne gardons jamais une conscience douteuse. La plus lâche des tentations, dit saint François de Sales, c'est le découragement.
Si noti'c confesseur, étant un peu éloigné, ne pouvait facilement nous faire remaripier nos défauts extérieiu-s ; il faudrait demander instamment ù un confrère voisin, «l'un esprit sérieux, de nous rendre ce service ; sans cela quels travers, quelles manies ri«licules on peut contracter !
Remercions celui qui nous avertit : il y en a tant d'autres qui se contenteront de se moquer de nous (1).
47(>5. IL Oraison. (Voir no 1344 de l'oraison. ) Venite seorsum in desertuin lorum et requiescite. C'est dit pour les hommes apostoli«iues. (^elui qui ne dort pas ne peut travailler. Les nourrices ont besoin d'une nourriture plus abondante, pouriîlles et leurs nourrissons ; il en est ainsi du prêtre. Sacerdotes, dit saint Ambroise, semper orationi vacare debent. « C'est là qu'il puise la s«'ience des saints, la vraie sagesse, l'amour de Noire-Seigneur, et im mot tombé de la bouche d'un prêtre qui aime vraiment Dieu, produira plus de fruits que mille beaux et savants discours d'autres qui ne l'aiment que médiocrement. » Lig. (Hépondre aux objections. V. n" d352, de l'oraison.)
Des prêtres, dit saint Liguori, passent leur temps à étudier les mathématiques, la géométrie, l'astronomie, les histoiiTs profanes (du moins devraientils mieux étudier ce «pii esl plus en ra[)port avec leur état) et puis ils viennent vous dire «|u'ils n'ont pas fait oraison. Ah ! il faut leur crier : Vucat tiffi Ht eruditus sis : non racat ut sarer'dos sis. Les œuvres de zèle .sont agréables à Dieu; cependant qui a eu l'esprit apostolique })lus que les .Apôtres ? Or, ils se sont déchargés sur les diacres du .soin des œuvres ext'"-" -
Nos vero orationi et ministerio verbi instantes erimus. Acl. 4.
(1) Saint Louis, fils de Charles II, roi des Deux-Siciles, qui renonça au trône pour se faire Franciscain, étant devenu évéque de Toulouse ei de i'amiers, avait toujours avec lui un religieux qui éiail ctiargé de l'avertir de ses manquements. Le bon père le fit un jour assez libremeiit devant plusieurs personnes qui le irouvèrent fort mauvais; mais Jév<?que l'excusa, diiianl que c'était à sa prière qu'il l'avail fait, pour lui faire plaisir, parce qu'il n'y avait rien de plus nuisible que ia flatterie, et rien de plus profitalile que la correction faite par des amis.
LA l'IKTÉ 757
iM > // (it prrji(ir<ini)n n ia messe et l'action de f/rfire^-.iS (>\r [>ius haut. Il 1T:.!i .'t suiv.)
'■' • !\ ' Dffice. (V. n» 1(>58.) « Ont prière» parliculièrcs, dit saint Lis le prix (l'une seule prière de l'omce. parce que celle-ci est ' "I nom de tonle rKf:lise, et qu'elle est faite avec les pro- ; même, (l'est ce qui faisait dire à sainte Madeleine de iison de l'oriice, toute autre prière ou toute autre pratipeu méritoire et peu ellicace au[trés de l)ie\i. Persuadonsle saint sacrifice de la messe, il n'y a point dans l'Kglise sor que l'onice divin ; nous pouvons chaque jour en faire - de grâces. Oh ! si tous les prêtres et tous les religieux comme il faut, certainement on ne verrait pas TF^glise dans I '" où elle est. (Combien de pécheurs sortiraient de l'esclavage
n d'Ames aimeraient Dieu avec plus de ferveur! On ne res eux-mêmes languir toujours dans la môme imperfectiua. luiijw.u?. . . ^ !('s, gourmands, attachés à leur intérêt et à la vanité, n
Tmit o<i\ <;unt ,i;)r)s loflice. Tout y mérite le plus grand respect. Sainteté
•' -Mimes, les cantiques, les leçons de l'Kcriture, c'est
i> sont les homélies des Pères les plus célèbres de
'•'. saint Augustin, saint Jérôme, saint (iré-
ine. Quels noms et quels ouvrages ! De là
l'K'MJiHc I ce qu'il y a de plus beau dans l'Kcriture,
et les ouvrai!' nls.
' — ' -ons ù.> [MiMics: ce sont les plus beaux sentiments de la
lies mystères, la morale la plus pure, les plus beaux
....^. Le Dieu «pii avait composé pour ses Apôtres la plus
s a fait composer par son Kglise pom* ses prêtres, l'olïice qui
in ,-,,ri.rne uous l'appclons. 11 peut bien nous dire comme
ni verbiim in ore tuo. (Isa., lix, il.>
islances. <;'est comme une préparation à la messe.
Il a avec la messe tme liaison telle qu'on y dit
in y honore les mêmes mystères, ou les mêmes
itpfé dnns ?on objet. C'est le culte public que l'Kglise rend à son divin
1^ le triomphe. Après le sarrilice de l'autel, c'est le sa-
-'frri/irfiim Inudis honorificahit me. (I*s. xux, %\.) Sain-
iiir par celte [trière publique la .sanclilication
lont ont besoin les prêtres et les tidèles. C'est
lui qui récite l'olïice. 11 est l'ambassadeur de
•s ; c'est le député des fidèles pour plaider leur
iioiiiiue puiiiic sur qui chacun se repose du soin de ses inté-
i-jl seul, qu'il parle à la foule et au non» de la foule : Venite
i onque le prie. Kvitons donc de re-
iM.ii tm .se débarras.se au plus vite.
une fois à sainte llri^'ilte, en lui disant
jour beaucoup «l<^ t.., .m,; ■ c ..iiif..i..iiir
rrc, lui parlent à ! uit
lin ils le ilrsliMiioi . ., , , , - ne
I aboiement deti
/ nntmam fiiam. iKcci... wni. 23.) Pensez
Ifiiior If" Srii'neur. et d'obtenir ses misé-
qu'alnrs les anges ont les
il Hermann. dr.s rnrensoir»
i.mt u<>^ uws K,iiulc9> afTections pour les ofTrir a
I encens il udcur.
Miencenienl de lullice, gardez-vous de vous presser, comme lis.
' ■ si nous Il de ne is umis u'iiir i^si^ uuih" iii.inuTf <it''-t.nM'n.iui 'i' .^'imi /,"/■
Disons les petites heures aussitôt que possible dans la matinée. Il vaufiiait mieux (^irev^pres et roniplies avant niidi, si on prévoyait des empêchements pour plus tard, que de les renvoyer. On n'est pas tranquille quand on n'a pas dit aussitôt que possible les matines du lendemain. Hidiculc négliftcnre que d'attendre toujours la dernière heure : on a toujours le même temps à donner A l'oflice: on le dit moins bien, et on garde une préoccupation pénible dont il serait facile iles'alTranchir.
Il sera très utile, pour dire roffice avec dévotion, de se mettre devant une image de Notre-Seigneur ou de la Sainte Vierge, afin qu'en la regardant de temps en temps nous puissions renouveler notre attention et nos pieuses atTeclions.
« Appliquez-vous donc, en récitant les psaumes, si vous voulez en tirer beaucoui» de fruits, à ranimer de temps à autre votre piété, de peur que la dévotion qui peu à peu se refroidit, ne s'éteigne tout à fait. Vous savez déjà que l'attention qu'on peut apporter à la récitation de l'office est de trois sortes..
» Je parle ici de l'attention intérieure; car, quant à l'attention extérieure, il est indispensable que nous nous abstenions de toute action incomnatible avec l'attention intérieure, comme d'écrire, de parler, ou d'écouler volontairement ceux qui parlent, et autres choses semblables qui toutes exigent une grande application d'esprit. 11 faut de plus remarquer ici avec lesdncleurs, que ceux-là s'exposent au danger de ne pas satisfaire à l'obligation de l'olliie, qui le récitent sur des places publiques ou dans des lieux trop exposés au bruit et au tumulte. Mais pour revenir à l'atlention intérieure, on jieut l'avoir de trois manières : en pensant ati.r paroles, au sens et à Dieu, ainsi que l'enseignent communément les théologiens, d'après le Docteur angélique.
» Premièrement, l'attention aux paroles. Elle consiste à s'appliquer à bien prononcer les paroles, c'est-à-dire entièrement et distinctement.
» Secondement, l'attention au sens, en cherchant à comprendre la signification des mots, afin de joindre à la prononciation les altections du cœur.
» Troisièmement, l'attention à Dieu, qui est aussi la meilleure, et qui consiste à s'occuper intérieurement de Dieu pendant la prière, en l'adorant, en le remerciant, en l'aimant, et en lui demandant ses grâces. La première attention suffit pour satisfaire au précejtle, toutes les fois qu'on a eu dès le commencement l'intention de prier ; car l'Eglise ne nous oblige à rien de plus, comme l'enseigne ailleurs saint Thomas.
» Mais celui qui ne dit l'office qu'avec cette froide attention aux paroles, ne le récitera jamais avec dévotion; au contraire, il y commettra beaucoup île fautes, et n'en retirera pas grand fruit. Et quel grand fruit voulez-vous que retire jamais de son office, le prêtre qui n'a (l'autre soin que de le réciter du bout des lèvres, pressé de l'achever le plus vite possible, comme s'il se faisait violence pour avaler promptement une pilule amère? Ou, ce qui est pis encore, au milieu de la récitation, se dissipe, soit en tournant les yeux de côté et d'autre pour voir les objets capables de le distraire, soit en s'interrompant pour dire des choses inutiles ? » (1) Saint Lig.
(1) Les grandes charités qne faisait Ludger, évéqae de Munster, donnèrecl occasion ie le calomnier & quelques-uns de ces eprils envieux qui empoisonnent toujours le bien qu'ils refusent d'imiler. Parce qu'il distiibuail libéralement aux pauvres tousses revenus, il fut accusé auprès de l'empereur de dissiper les biens de son Eglise, et il eut ordre de venir rendre compte de sa conduite. 11 se rendit à la cour et prit un logement auprès do palais. Charlemagne ayant su son arrivée, le manda dès le matin. Ludger récitait alors son offlce. Il répondit qu'il irait à l'audience quand il aurait fait ses prières. L'empereur, impatient de le voir, envoya jusqu'à trois fois pour le presser, sang que rien obligeât le saint évêque de les interrompre. Quand il eut achevé, il alla saluer l'empereur, qui lui dit avec un peu d'émotion: Evéque, d'où vient ce mépris de mes ordres, et pourquoi m'obliger à vous envoyer tant de messages? — Grand prince, répondit-il, c'est que j'ai cru devoir préférer Dieu à vous et à tous les hommes. C'est ce que vous m'avez commandé de faire en me donnant mon évôché. » L'empereur fut si édifié de celte réponse qu'il l'assura qu'il ne prêterait plus l'oreille aux rapports qu'on pourrait lai faire contre lui.
Le trait suivant fait eneore bien sentir quelle attention saint Ludger voulait qu'on
DÉVOTION A LA SAINTii VIERGE 759
Lors iiiAiiio qu'on salislcrail riijourcdsemeni au |>K'co|»to de l'Kglise, priel-on roiiiiiie il ronvioni ? Qui no sail que saint Thomas enseifjne qu'on pèche on olant distrait volonlaireiuenl dans une prière même ilc dévotion? I^emande-l-on à Dieu ce dont on a besoin, quanrl on ne pense même pas à ce que Inii ili^iiiando ? Lui rend-on hommage, (piand on ne songe même pas à lui? il-on avec lui, quand on ne sait [las ce qu'on lui dit? ne mérite-l-on .roche du Saint-Esprit : Poptitus hic laOiis me honorât, cor aiitem forum louffc est a me ? *
« Oh! fnmbien de lumières el de grâces on lire des psaumes, quand on les dil (losément el avec rétlexion ! /'sa/mus mentcrn illuminât, ^h saint Kplii-em, i« cœlnm reilucif, homines familiares Deo reddit, animam Uetificat,
« Pour ceux qui disent l'oflice avec dévotion, qui sont intimement pénétrés It's pieux sentiments dont il est rempli, et qui unissent leurs c(purs aux
■ rières qui y sont oiTcrtes à Dieu, pour ceux-là certes, Tofiice n'est [)as un
MU, mais ime consolation, mais leurs plus rhères «iélices; et c'est ce qui • k tous les bons prêtres. Kt s'il faut l'appeler un [toids, c'est le fmids de I iiii'qui nous élève jusqu'à l'union <Ie Dieu. » Saint Lig.
I7(»7. \'. Lti lecture spirituelle. — Au dire de saint F'rançois de Sales, la
le. turc ';piritiiplle est llniile do la lampe de loraison. Hélas! combien de
l;uii|iis > ci(i::nent l'auto d'huile! Lisons des choses pratiques pour nous:
^ linl Lifiuuri, (irenade, Uodriguez, le I\ Valuy, le diroctoiro ilu [irêtre, le
■lêtrc en retraite.
i7tl8. VI. Visites au Saint Sacrement. — Notre-Seigneur a beaucoup à lire à son prêtre; et le prêtre, à Notre-Seigneur [lendanl qu'il est là.
VIL (fraisons jaculatoires. — « Par elles, dit saint François de Sales,
■ 1» se retire en Diou, et Ion attire Dieu à soi. Elles devraient être aussi iiôquentcs que le respirer et l'aspirer ».