‹ Le Prêtre dans le ministère de la prédicationChapitre 199 sur 416 · DIMANCHES ET FKTES DU l'aNNÉE · texte numérisé non relu

DIMANCHES ET FKTES DU l'aNNÉE

jours oltslinéo nu mal. témoin parce qu'elle condanmo toujours son obslinalion. KlTrovable conlrariélé ot suoplice insupportable! t^'esl dune celle connaissance de la vérilô qui sera la source immortelle d'une confusion inlinic. (Test ce qui fait dire au prophète : Alii erif/iftibunt in opprobrium lit videant svmpcr (Daniki., xn, 2.) plusieurs s'éveilleront à leur honte pour voir loujt>urs.

177(>. II. Mais ce nui servira davantage à la conviction et à la confusion lies iiii|-i<'s. te sont les justes (pion leur produira, les gens de bien avec lesquels ils seront confrontés. Car il j aura le troupeau d'élites, petit, fi la vérité, en coMiparaison des impies, j;rand néanmoins et nombreux en soi, dans le- (piol il |)arailra des âmes fidèles, (|ui, dans la même chair et dans les mêmes tentations, ont néanmoins conservé sans tache, ceux-là la (leur sacrée de la pureté, et ceux-ci l'honnêteté du Ml nuptial. D'autres aussi vous seront produits. Ceux-là sont, à la vérité, tombés par faiblesse ; mais s'élanl aussi relevés, ils porteront contre vous ce témoignage fidèle que, malgré la fragilité, ils ont toujours triomphé autant de fois qu'il ont voulu couibaltre. et, comme dit jidien Pomère, ils montreront par ce qu'ils ont fait ce que vous nouviez faire, à leur exemple, aussi bien qu'eux.

N'alléguez plus vos faiblesses, ne mettez plus votre appui en votre fragilité. La natin-e était faible, la grâce était forte. Vous aviez une chair qui I onvoitait contre l'esprit, vous aviez un esprit qui convoitait contre la ehair; vous aviez des maladies, vous aviez aussi «les remèdes dans les sacrements; vous aviez un tentateur, mais vous aviez un Sauveur. I^es tentations étaient fréquentes, les inspirations ne l'étaient pas moins. Les objets étaient toujours {trésents, et la grâce était toujours prête, et vous pouviez du moins fuir ce que vous ne pouviez pas vaincre. Knlin de quelque côté que vous vous tourniez, il ne vous reste plus aucune défaite, aucun subterfuge, ni aucun moyen d'évader; vous êtes pris et convaincus. C'est pourquoi le prophète Jérèmie dit que les pécheurs seront en ce jour comme ceux qui sont surpris en flagrant délit; comme un voleur est confus quand il est surpris dans son vol. Il ne peut pas nier le fait, il ne peut pas l'excuser; il ne peut ni se défendre par la raison, ni s'échapper par la fuite. Ainsi, dit le saint prophète, seront étonnés, confus, interdits, les ingrats enfants d'Israël. Nul n'échappera à cette honte.

III. Confusion des scandaleux. Tous les pécheurs seront confus, mais il y a des degrés dans la honte. 11 est des pécheurs (jue I»icu livrera à la dérision de l'univers. (>e sera le partage des pécheurs scandaleux, .\ulrcs en etfetsont ceux qui transgressent la loi et autres ceux qui insultent la loi. en faisant éclater sans crainte leurs crimes à la fa'C du ciel et de la terre: à ces pécheurs insolents, s'ils ne s'humilient bientôt par la pénitence, est réservée dans le jugement cette décision, cette moquerie terrible, et cette juste et inévitable insulte d'un Dieu outragé. Car qu'y a-l-il de plus indigne? Nous les voyons tous les jours dans le inonde, ces pécheurs superbes, qui, avec la face et le front d'une femme débauchée, osent, je ne dis plus excuser, mais encore soutenir leurs crimes. Ils ne trouveraient pas assez d'agrément dans leur intempérance, s'ils ne s'en vantaient publiquement, s'ils ne la faisaient jouir, dit Tertullien, de toute la lumière du jour, et de tout le témoignage du Ciel : Delicla vestra et loco omni et luce o/uni et iinirersa cœli consrienda frutintur. (Isai, III, 0.) Ils annoncent leurs péchés comme Sodome, 'lis;i!t un prophète; et ils mettent une partie de leur grandem- dans une lit cn'e effrénée.

.\insi nous les voyons, ces emportés oui se plaisent à faire les grands par leur licence, qui s'imaginent s'élever bien haut au-dessus des choses liumainos, par le mépris des lois, à qui la pudeur même semble une faiblesse indigne fi'eux, parce qu'elle montre dans sa retenue quelque apparence de crainte ; si liien (ju'ils ne font pas seulement un sensible outrage, mais une insulte publique à IKglise. à l'Kvangilc, à la conscience des liommes. De tels péchés scandaleux corrompent les bonnes muîurs par leurs pernicieux exemples. Ils déshonorent la terre et chargent de reproches, si j'ose le dire, la patience du ciel, qui les souffre trop longtemps. .Mais Dieu saura bien se justifier dune manière terrible, et peut-être dès celte vie, par un

r>ONtINICALES. - A VENT 765

chAtimont exoniplalrc. Une si Dieu durant celle vie les allend i\ pénilenco, si. I; il(»r sa voix, ils se rerulenl dignes «juMI les réserve à son

lier ils v hninml non soulement le breuvage de honte ('ler-

• i tous les pécheurs, mais cnoore, ils avaleront, dit • et profonde de «lérision et de moquerie, et ils seront .1. . ,i..M •> (-.1, M .- .ii>.ii,,'.s sanglantes de toutes les créatures : Calicem sororis tinp bihes profiiiultitn et latiim : eris in derisnm et in stibsannationem fjuœ est rapacinsima. (Kzech. wiii, 32.) Tel sera le juste supplice de leur impudence.

l'i. \,!i,in^. Messieurs^ cette honte «pii ne s'etTacera jamais; car ne nous pei- ':is que nous recevrons seulement à ce Irihunal ime confu-

sion ^ - le ; au contraire nous devons entendre, dit saint (irégoire de .\a/.ian/c, que par la vérité immuable de ce dernier jugement. Dieu imprimera sur nos fronts une marque éternelle d'ignominie : yotam ir/nominiœ sem/iifernam. (Oral, \v, c. i, p. 230.) Et ajoute saint Jean Chrvsoslome, i-elto honte sera plus terrible que tous les autres supplices. Car c'est par elle, mes frères, que le pécheur chargé de ses crimes et poursuivi sans relâche par sa con.science, ne pourra se souffrir soi-même; et il cherchera le néant, et il ne lui sera pas donné. Oh! mes frères, que la teinture de cette honte, si je puis parler de la sorte, sera inhérente alors. Oh ! qu'il nous est aisé maintenant do nous en laver pour jamais! Allons rougir, mes frères, dans le tribunal de la pénitence. Kh! ne désirons pas qu'on y plaigne toujours notre faiblesse. Ûu'c»n la blAme, qu'on la reprenne, qu'on la réprime, qu'on la ch;\tie!

1777. A propos de l'épitre : Hora est jam nos de somno sur gère. An*"^ *-' 'Ti. De l'indifiérence et de la négligence. (D'après Pascal et (U I N ? ce sujet en un jour on les indifférents assistent aux offices.

Quil U àopore deprimeris, surge et invoca Deum tuum. (Jon. i. 6.) Jonas, infidèle « la volonté de i)ieu qui lui avait ordonné de se rendre à Ninive, s'embarqua sur |ui allaita Tharsis; mais pendant la traversée !>'éleva une grande tempête, ■ndil au fond da navire et dormiebal sopore gravi. Alors le pilote va au-

(.. , et lui dii : Pourquoi éies-vous ainsi appesanti par le sommeil; levez-vous,

et invoquez votre Dieu, afin qu'il daigne se souvenir de nous et que nous ne périssions

pis. ^)::p d'hommes résistent aux ordres de Dieu qui les appelle i aller au ciel, et ils

'Mé de l'enfer. Dieu pour les ramener à lui, leur envoie des tempêtes, des

. et ils ferment les yeux; ils s'endorment sur l'abtme qui menace de leâ en-

■■"' ''■ ■'■■ '■■■!'• malheur, le prêtre, pilote des âmes, va à eux et leur crie :

(S. Vous êtes endormis dans le sommeil de l'indillérence. voilà, en efTel, le mal léthargique dont quelques-uns sont aiieiou, vuiiÀ id lenipéie qui menace de les perdre. Qu'ils se guérissent donc de ce mal en se levant et en invoquant le Sei»rnenr.

et cei toutes parts, <; fonde

'■«r ~. , . .a amour edréné -,. , ^. ..^ .or, au

n'est rien qu'on ne puisse obtenir? Tout s'achète parce que tout se honneur, reliirir'n, opinions, di£;nit<*s, pouvoir, considération, respect

! ies indiflTéreots réels

^ luuraltià, Il plu» J rhuuiuio

e. Tel e«i I re qui n'offre

■ MTé- I ■■* se

i -- . -:.-.i--L ....... „ciice,

: >noé« de 1« vérité et de l'erreur, sépulcre

1^ 1. telle est il U

ssion des I '■. sa

.lire au rin .iVo

s, indiifne u • oue

^u (vnd ùe l'atiioie, ellij (u^pri»e; ci trop bieu loslruile, désormais |M>ur illruaicr i'évi*

'66 1)IManchrs et fiâtes Ok t aNnék

dence qai sortirait bientôt d'une discossion sérieose, à tout ce qu'on penllui dire, elle >"'^; -''■-. T et détourne la tête en souriantde dédain.

ve que trop facilement créance. Subjugué parles s> . j.p^r que par eux, ou hur leur rapport. 11 ne voit de réa-

lité que dans ce qui ies frappe ; tout le reste lui paratl de vagues abstractions, des chimères. Il n'existe que dans le monde physique : îè monde iniellecluel est nul pour lui. El, chose remarquable, la culture des sciences physiques, qui avertissent l'homme à chique instant de sa supériorité sur la brute, n'a servi qu'à fortifier en lui cet abject peiuhanl à se rabaisser au niveau des êtres ies plus vils, en l'occupant sans cesse d'objets naturels.

Quand on considère d'une certaine hauteur les objets sur lesquels s'exerce d'ordinaire l'aclivilé de l'esprit humain, on est tout étonné de la petitesse du cercle oii il se renferme volontairement, et que, si peu de chose suffise pour amuser sa curiosité, et donner le change au désir infini de connaître qui le dévore. Je ne parle, ni du pauvre peuple absorbé dans les travaux du corps, ni du riche qui s'agite dans le vide des plaisirs; je parle de ceux qui tiennent du ciel, avec des sentiments élevés, une condition indépendante. Que croyez-vous qui remplisse habituellement leur pensée? L'Etre éternel, les lois immuables qu'il a établies? Oh! non; ils useront leur vie à combiner des mots, à étudier les rapports des nombres, les propriétés de la matière; il n'en faut pas davantage pour satisfaire ces puissantes intelligences. Que parlez-vous de Dieu à ce savant qui remplit le monde du bruit de son nom? Comment voulez-vous qu'il vous écoute? Ne voyez-vous pas qu'en ce moment son esprit est tout occupé de la décomposition d'un sel jusqu'ici rebelle à l'analyse? Attendez qu'il ait fait connaître à l'uni yprs un nouvel acide : alors peut-être il vous sera permis de l'entretenir de l'Etre infini qui a créé, comme en se jouant, l'univers et tout ce qu'il renferme. Cet autre compose une histoire, un poème, uue pièce de théâtre, un roman, dont il s'imagine que dépend sa gloire : ne le troublez pas, il faut qu'il se hàle, car la mort approche, et quelle incoipolable douleur, si elle arrivait avant qu'il eût mis la dernière main à sa renommée I 11 est vrai qu'il ignore sa propre nature, la place qu'il occupe dans l'ordre des êtres, ses destinées futures, ce qu'il peut espérer, ce qu'il doit craindre ; il ne sait s'il existe un Dieu, une vraie religion, un ciel, un enfer, mais il a pris depuis lonïftemps son parii sur toutes ces choses; il ne s'en inquiète point, il n'y pense point; cela n'est pas clair, dit-il; et là-dessus il agit comme s'il était clair que ce ne fût que des rêveries.

Des hommes se sont rencontrés que tout intéresse, hors leur sort éternel. Ils n'ont pas. disent-ils, le temps d'y songer : mais ils en ont abondamment dès qu'il s'agit de satisfaire la plus fragile fantaisie. Ils ont du temps pour les affaires, du temps pour les plaisirs, et ils n'en ont pas pour examiner s'il y a un ciel, un enfer. Ils ont du temps pour s'instruire des plus vaines futilités de ce monde, où ils ne passeront qu'un jour, et ils n'en ont pas pour s'assurer, s'il existe un autre monde qu'ils doivent, heureux ou malheureux, habiter éterntllement. lis ont du temps pour soigner un corps qui va se dissoudre, et ils n'en ont pas pour s'informer s'il renferme une âme mortelle. Ils ont du temps pour aller au loin convaincre leurs yeux de l'existence d'un animal rare, d'une plante curieuse, et ils n'en ont pas pour convaincre leur raison de l'existence de Dieu. Inconcevable aveuglement! Et qui ne s'écrierait avec Bossuet : « Quoil le charme des « sens est-il si furt, que nous ne puissions rien prévoir? »

2° L'indifférence dcan les a'uvres, est peut être plus commune. C'est celle de ces hommes qui ont la foi ; mais qui négligent d'en accomplir les œuvres, qui croient tout ce que la religion enseigne, et qui ne font pas ce qu'elle commande... Chacun sait et compte les hommes qui dans un pays, dans une famille, en sont venus à cette négligence. La plaie est constatée, il en faut faire connaître,

II. La (jravilé. Hélas ! ce que nous allons dire n'atteindra pas ceux qui auraient le plus grand besoin de nous entendre ; il faut toutefois que vous compreniez leur malheur afin de savoir, vous qui nous entendez, leur ouvrir les yeux sur les abîmes oii ils se précipitent, et vous en garer vous-mêmes. L'indifférence est une insulte à Dieu et à la religion, en même temps que l'avilissement et la perte de l'homme et de la société.

V fnsulle n Dieu et à la religion. 1) Dieu est le seul être nécessaire de qui tous les autres dépendent. L indifférent ne lui fait pas l'honneur de penser à lui, de s'occuper de lui plaire, de chercher à le servir, à reconnaître ses bienfaits. Il foule aux pieds son hon- "*i!'"vf-* crainte, ses récompenses. Si Uominus ego sum, ubi est honor meus. 2) Dieu * ,'A, u?** ."^''«'«n seule digne de lui. et de la grandeur de l'homme. Il a fait pour (établir des prodiges de miséricorde. Celte religion qui a fait la civilisation des peuples et e salui de tous les saints, offre à ^ous une doctrine admirable, une morale angeiique. L indifférent ne prend pas la peine de l'étudier, ou du moins de la pratiquer. Ce que Bossuel, Pascal, Féné'on. Descaries, Newton, Leibnitz, Euler, ont cru, après examen, le plus attentif, ce qui fut le continuel sujet de leurs méditations, on ne le juge pas même digne d'occuper un moment la pensée. En méprisant le christianisme sans le connaître, on s imagine s'élever au-dessus de ce qui a paru sur la terre de plus grand par le gfnie et la vertu, pendant vingt siècles ; et ridiculement fier d'un insouciant dédain pour la vérité, quelle qu'elle soit, on s'enorgueillit de garder la neu-

(raHté Hf l'ignorance entre !a doctrine qoi a produit Vincent de Paal et celle qui a produit it-on imaginer un mépris plus indigne de la grande œuvre de Dieu parmi les

-- il iierle de l'homme, et de la iociHé . 1, rfi? l homme dont elle ruine la sagesse, la prudence, la raison même et par conséquent l'honneur, et le salut.

En effet, ce défaut absolu de prévoyance, cette sécurité stupide avec laquelle on se précipite dans un arenir inconnu et sans bornes, ne sont ils pas évidemment d'un esprit aliéné? Le genre humain tout entier atteste l'existence d'une loi qu'on ne saurait violer impunément; et, sans en croire son témoignage, sans le démentir, sur un misérable peul-i'lre, on accepte toutes les suites d'une opposition formelle à celte loi, et l'on se crée à si>i-inéme. par insouciance, la double fatalité du crime bt du malheur.

On a vu des patients nre, danser sur l'échafaud ; mais la mort qu'ils bravaient, était inévitable, rien ne pouvait les y ariacher. Dans l'invincible nécessité de mourir, ils se raiftis^aient contre la nature, et trouvaient une sorte de consolation farouche à étonner les regards du peuple par le spectacle d'une gaieté plus elTrayante que les angoisses de la CT~ •- -" ' :> agonies du désespoir. Mais qu'incertain ; si .'a télé ne va pas tomber, en I s sous la hache du bourreau, et sûr de se sauver s'il veut seulement se

conv a réalité du p^rii qui le menace, un homme demeure en repos dans ce

doute epuuvantable, et i>r<'tèrc i la vie quelques moments de plaisirs, ou même d'ennui, que va terminer m supplice affreux et déshonorant : c'est ce qu'on n'a jamais vu, et u rra jamais. Quelque mépris qu'on affecte pour une existence fugitive et

cba de douleurs, on ne s'en détache pas de la sorte; i! n'est point d'apathie

sipiv,. .... ,.c ne réveille l'annonce, la seule idée d'une mtrt prochaine. Et ainsi qu'il se trouve des hommes injiiVérenis à la perle de leur être, et au périi d'une éiernilé de misère, cela n'est point oalurel. Ils sont tout autres à l'égard de toutes les autres choses ; ils craignent jusqu'aux plus petites, ils les prévoient; ils les sentent; et ce même homoe qui passe les jours et les nuits dans la rage, et dans le désespoir pour la perte d'une charge, ou pour quelque offense imaginaire & son honneur, est celui-là même qui sait qu il va perdre tout par la mort, et qui demeure néanmoins sans inquiétude, sans trouble et sans émotion. Celte étrange insensibilité pour les choses les plus terribles, dans un cœur si sensible aux plus légères, est une cnose monstrueuse. Demeurer volontairement dans cette indifférence, s'y complaire, repousser l'espérance d'une félicité infinie, et se dévouer de galié de cœur, si la religion est vraie, comme on avoue qu'elle peut être, à des luurmt-nts dont la seule idée glace d'effroi l'imagination : c'est

un i/'ii ■ i ">-. i*.i" .>',,. .).'., „e,w.û une fureur qui n'a point de nom. Car, en suppo-

sani ses à nos intérêts à venir, et la nécessité de sa-

cri:.> e ne devrait-on pas sagement hésiter sur le choix.

Qu'on observe qu'ii y a ici réiernilé d'un côté et de l'aolre un moment à peine saisissable, une ombre, moins que cela, le rêve d'une ombre.

Quand donc cette vie fugitive ne serait, pour l'homme religieux, qu'une souffrance continue, quand elle ne serait pour l'indifTérent, qu'un p aisir sans mélange, cette souffrance passagère, ce plaisir qui fuit, ne balanceraient pas nn instant, aux yeux de la raison, la puissante cunsidi'ration de l'éternité. Quiconque, plutôt que de perdre une j'iu;j«ance éphémère, -Vt-^i -e à f'tre malheureux toujours, mérite de l'élre et n'a pas

er de sa folie, son état est plus affreux lient, c'est que d'autres, cruyant qu'on " "■■ ••"■"h'ant avec ra- ■" ■■■"■• "-xraient... qi -, et de les I de.'' ment.

<: vive et meure sans s'inquiéter de l'avenir, relte

in> t nécessaire. M.ii

faci lable de s'élever

bra- 1 :tesesf>éranrp4 s.' ^... , , i

iians In viii- c veuille plw >-, a leur exemple, que des

|itniiiin'- il .: -lu partsc' .)oe lui assigna le Créateur,

li-u ;it>u'.a(ite, et l'on n'a point de paroles

p"ti I- dégradation.

I . ..«,1.^./....^...., l'étal le plus avilissant où une créa-

tur.

I re'igion d'avoir pnir .nnemis des hommes si dérei-

' si peu da (u'elle sert au contraire à

i]u'«lle niiii . Car la foi rhrt^iirnne ne

'es, la i-cirru|>ii(>n de l.i ; ' ' "

1^ à montrer la vériti

iii'xn» adairablemenl u^ ... : -

liun (t« ia nature par

&i l'on pouvait évr 'S, Je verrais an ototif à cette prodi*

gieuse insouciance; lu i -^ i, y point penser est, au contraire, le plo* sûr chemin pour y arriver. Détourner son esprit de la vérué, y étie indifïétcni, o«t le crime même qa* !•

<(î8 î)tMAN«ntRS ET réîiîs bE l'anNéK

bon Dieu punil. e( avec bien de la justice ; car, si l'on veul y réfléchir, on comprendra

que cr'' ■•f<'--' ■ .. j .1 ..,^gg n'en au fond que delà haine.

Ici. . a l'expérience générale, j'en appelle & la conscience même

de rin>: vrai, qu'il éprouve une répugnance exiréme pour tout ce

qui lui rappelle la r«iigiun, ses menaces et ses promesses? N'est-il pas vrai qu'intérieurement il souhaiierait qu'elle fût fausse? N'est-il pas vrai qu'il a toujours fui l'occasion (le s'en instruire, par une secrète appréhension d'être convaincu, ou au moins ébranlé, par les preuves nombreuses sur lesquelles elle s'appuie f N'est-il pas vrai qu'il s'aliriste et s'irrite toutes les fois que, dans une de ces discussions qu'on n'est pas maître d'écarter toujours, on présente, en faveur du christianisme, un argument auquel il ne peut rien répliquer de plausible ? N'est-il pas vrai que les objections qu'on y opposent, lui causent au contraire de la joie, et une joie d'autant plus vive que ces objections paraissent plus embarrassantes et plus fortes'? Or, qu'est-ce que tout cela, sinon la haine de la vérité, et par conséquent la haine de Dieu, vérité suprême 'i Y-a-t-il lieu de s'étonner qu'il rejette ceux qui le haïssent, et à quel autre sort ces infortunés, doivent-ils s'attendre? Et cela d'autant plus que ce mal si profond est des plus difficiles à guérir. On peut savoir comment guérir un malade qui désire sa guérison, mais celui qui ne veut pas guérir, et ne sait pas même, s'il est malade ; mais celui qui, aux portes de la mort même, a toute la confiance et la sécurité de la santé, par où le prendre, et qui le sauvera? Nous savons, comment on peut réfuter une erreur ou défendre un dogme ; mais quelle réfutation reste-i-il donc à faire, ou quelle instruction reste-t-il à donner, quand le doute prend la place de tout, et que le premier dogme est le mépris de tous les dogmes? Il n'est donc rien de plus épouvantable pour l'avenir d'un homme que l'indilVéreoce en matière religieuse, la négligence dans l'accomplissement religieux mène au même résultat ; car la foi sans les œuvres ne peut nous soustraire à la damnation. 2) La ruitie de la société. L'homme n'agit que parce qu'il croit, et les hommes en masse agissent toujours conformément à ce qu'ils croient, parce que les passions de la multitude sont elles-mêmes déterminées par ses croyances. Si la croyance est pure et vraie, la tendance générale des actions est droite et en harmonie avec l'ordre: si la croyance est erronée, les actions au contraire se dépravent ; car l'erreur vicie, et la vérité perfectionne. Cela fut bien sensib'e à l'origine du Christianisme, lorsque la religion des sens et la religion de l'esprit, subsistant à côté l'une de l'autre dans la même société, les yeux pouvaient, à toute heure, comparer leurs efTels, en même temps que la raison comparait leurs doctrines.

Or, l'indifférence enlevant à l'hemme toute doctrine, le livre à toutes les ténèbres de l'ignorance, à toutes les corruptions.

Le siècle le plus malade n'est pas celui qui se passionne pour l'erreur, mais le siècle qui néglige, qui dédaigne la vérité. Il y a encore de la force et par conséquent de l'espoir 1* ou l'on aperçoit de violents transports : mais lorsque tout mouvement est éteint, lorsque le pouls a cessé de battre, que le froid a gagné le cœur, qu'attendre alors qu'une prochaine et inévitable dissolution?

Plus attaché à ses croyances, parce qu'il a moins de motifs de souhaiter qu'elles soient fausses, le peuple résiste longtemps à l'influence des classes supérieures. Il défend, avec sa conscience, sa foi qu'on attaque avec de l'esprit, et entoure au fond de son cœur, d'une barrière .«acrée, ses consolations et ses espérances. Mais quand une fois il a succombé, quand, à force de le corrompre, on a changé ses intérêts; quand les vices les plus hideux sont devenus ses mœurs habituelles, sauH que le remords trouble son sommeil; quand les peines cl les récompenses d'une autre vie ne lui paraissent plus que des préjugés puirils, que la religion pour lui a perdu ses terreurs, et qu'il en Ignore également les dogmes et les préceptes; quand il sourit de pitié au seul nom de Dieu! alors je me demande en tremblant, s'il reste quelque moyen humain de ramener un tel peuple à la croyance de la vérité et à la pratique de la vertu, yuand un peuple arrive à cet état d'indifférence absolue pour la vérité, sa fin, n'en doutez pas, est prochaine. C'est le signe le moins équivoque de la décrépitude des nations. Dans leur apathique insouciance elles ressemblent à un vieillard qui a perdu tous ses souvenirs : il n'y a plus à détruire en lui que quelques organes usés, dont les causes naturelles achèvent chaque jour la décomposition.

III. Ualons-nous d'indiquer lea remèdes à ce mai : 1° Le plus efficace est la réflexion sur les vérités que nous venons d'exposer. Qui, s'il est raisonnable encore, ne serait eflrsyé des suites de l'indifférence, sarge qui dormit: 2o Chercher Dieu, Pascal a dit :

Il n'y a que trois sortes de personnes : les uns qui servent Dieu, l'ayant trouvé, les autres qui s'emploient à !e chercher, ue l'ayant pas encore trouvé; et d'autres enfin qui vivent sans le cheicher ni l'avoir trouvé. Les premiers sont raisonnables et heureux; les derniers sont fous et malheureux; ceux du milieu sont malheureux et raisonnables. Soyons au moins de ces derniers, et en cherchant la vérité, dans de saintes lectures, dans nos enireiiens avec quelque prêtre instruit, nous en viendrons à la découvrir et elle fera notre bonheur, 3" Si nous avons la foi, et qu'il ne nous manque que la pratique des devoirs qu'elle nous impose, instruisons-nous de ces devoirs, et sans retard accomplissons-les. Ne soyons pas par nos exemples la cause de notre propre perte et

AVBNT — DRCTXIKNfE DIilA.NCirK 760

de celle de notre famille, et de la socii^té dont noas sommes membres ; mais assidas nous-mêmes à la prière, à la sanclificatioa du dimanche etc., veilloas à ce qae ceux dont oons avons la charge, y soient tldèles.

2 •■ Dimitiiehe de 1*4 vent. — Euntes, renunfiate Joanni

'!s '-f riiiii-fis. Kxorde : récit <le l'Kvangile. — Mat. \i, de 2 à 7.

{" S ur n'a pas donné d'autre réponse, elle siifïisait. Dieu seul

p.-iit liracles. celui qui fait des miracles ne peut être que de Dieu: or

;ieur a fait des miracles (Voir n^> l'i").i et suivants, jusqu'à li55) ;

trine est divine et nous devons la croire ; donc nous dev«}ns l'ado-

.1', 1 aimer et le servir.

io <> .jue Jésus-Christ a fait dans sa vie, il continue de le faire par son

750 et suivants jusqu'à 7.j6.) Donc écouter l'Eglise, croire ses en-

s, travailler à son triomphe.

l'il'j. Antre plan sur le mémo texte. — Divinité de Notre-Sei-

int:ur. — Enntes rcnuntiate Joanni (pui; viditis: cœ-i vident, claudi am-

nii-inèine qui donne aux disciples de Jean les preuves de

•ns-les, mes Frères, et gravons hien avant dans notre

I plus nécessaire au salut. Aussi est-elle établie sur des

■M. - ... l'ancienne loi annonçaient, des siècles à l'avance, des

s à venir, iju'il était impossible à la prudence humaine de prévoir.

donc inspirés de Dieu. La réalisation de leurs prophéties, ainsi

i'^ sainte, et les miracles qu'ils opéraient souvent, ne permet pas

!• nit>ii spiil connaît l'avenir, et celui qui l'annonce avec certitude

[tar l'esprit de Dieu. Aussi le peuple Juif n'a-t-il jamais

qu'un Sauveur, ne dût lui venir du Ciel, puisque les pro-

i>ncé.

ir Jésus-Christ est venu, et tous les oracles des prophè-

. la vie, la mort du Messie, ont été accouiplis en lui,

. 11 est donc le Messie annoncé par les prophètes. Kt il

nul autre que lui n'a eu les caractères marqués par

; et nul autre ne peut les avoir à l'avenir ; car le temps

par les prophètes pour la venue du Sauveur est passé depuis dix-neuf

I ■ tes, inspirés de Dieu même, ont déclaré formellement

' Dieu; Jésus-Christ le vrai Messie est donc vraiment

I que Difu eut pu, pour accomplir les prophélies, naître

!•, puis ressusciter et être adoré des hounues?

irisl, ce .sage par excellence, dont les incrédules eui-

'•s vertus, a laissé les hommes croire à sa divinité. Il

la. uiiuiii. .. i.ii m- me, et cela jusqu'à la veille de sa mort et devant ses

"unes.

,ii- iiii-.^ , r,,;i-.^ ,1 ses par<'''^« "• ■■■•.■i'v.m .' /.lut l)i.»ii. il a fait des mivue aux I' njouvemcnt aux .m\ iiiiii . s iiir I'i!\ .iiii:ilc, l'I la vcri MMi, is ()s,'> !'. -ui-s >ir les historiens ait : <> l,es faits de hoitl iii • iix de Jésu8ni divin aj • C't^st par lu s du mouilo i' lues. Or, III service de l lo mmirer à la [verlo ilc^ im •>. I' ^i divinité, des mira<lcs ft !

is U0U9 trompions, en le croyam. > < -i i-i-u

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lit.

770 t)0MlKl(^.ALE5«. — AVRNT

puisque, d'après eux, il aurait séduit riiumanilé en la trompant ; mais ils n'osent pas tenter de ralliriner. Un tel blasphème révcilterail toutes les Aiucs lionniMos. Qu'ils soient donc logiques, en adorant le (Ihrist avec nous, puisqu'ils reconnaissent sa sagesse.

1781. III. Jèsus-Clirist a fait lui-même «les propiiéties prodigieuses, Il a annoncé notamment la mort qu'il devait subir, sa résurrection, les persécutions auxrpielles seraient en butte ses disciples, la ruine de Jérusalem et du temple.

On .'iail comment toutes ces propiiéties se sont accomplies. Jésus-Christ était donc l'envoyé du Dieu pour lequel l'avenir n'a point de secrets. Il mérite donc qu'on le croie, quand il allirme sa divinité. Sa résurrection seule peut servir de l'ondemenl inébranlable à notre Coi. Personne n'a douté de sa mort: et pendant (piaranle jours a[»rès sa mort, il s'est montré vivant il ses Apôtres, non une s(>ule fois; mais souvent. Il s'est l'ait voir à plus de cinq cents disciples dont plusieurs, au prix de leur sang, ont attesté à la fois, la résiu-reclion et la divinité de leur Maitrc. Je crois volontiers, a dit Pascal, des témoins qui se font égorger.

1782. IV. La sainteté de Jésus-Christ est divine. Kcoutons. sur ce sujet, un grand homme, un génie. Napoléon l''"" disait : « Je délie de citer aucune existence comme celle du Christ, exempte de la moindre altération, rjui soit pure de toute souillure et de toute vicissitude. Depuis le premier jour jusqu'au dernier, il est le même, toujours le même, majestueux et simple, mfinimenl sévère et infiniment doux : dans un commerce dévie pom- amsi dire public, Jésus ne donne jamais de frise à la moindre critique ; sa contluite si prudente ravit l'admiration par un mélange de force et do douceur; «pi'il parle ou qu'il agisse, Jésus est lumineux et comme immuable et impassible. Le sublime, dit-on, est un trait de la divinité; «piel nom donner à celui qui réunit en soi tous les traits du sublime? Tout du (Ihrist m'élonne; son esprit me dépasse et sa volonté me confond. Kntre lui et quoi (pie ce .soit au monde, il n'y a pas de terme possible de comparaison. Il est vraiment un être à part : plus j'approche, plus j'examine de près, tout est au-dessus de moi, tout demeure grand d'une granfleur qui écrase! » « Si la vie et la mort de Socrale sont <i'un homme, a avoué l'impie Rousseau, la vie et la mort de Jésus-Christ sont d'un Dieu. »

1783. V. La doctrine de Jésus-Chrisl ^sl divine comme sa vie. Né d'une mère pauvre, au milieu d'un peuple grossier, élevé dans l'humble atelier «l'un artisan, Jésus-Cihrist qui ne fréquenta aucune académie, qui ne vécut avec aucun savant, que les Juifs accusaient de n'avoir jamais apj»ris à lire, Jésus-Christ qui, pendant les trente premières années rie sa vie, se tint dans la plus profonde obscurité, enseigna aux hommes des vérités que ne soupçonna aucun philosoidie d'aucun siècle, d'aucune contrée.

Que nous présentent les écrits de ces sages si célèbres d'Athènes et de Home? Souvent des fables, des doutes, des contradictions. Jésus-Christ seul donne au but ; la sagesse la |)lus admirable se montre dans ses discours. Nulle autre part que <lans son Evangile et dans les écrits des auteurs inspirés, on ne la trouve parfaite et sans mélange. C'est |»ar lui, que les merveilles du ciel, que les profondeurs de l'éternité nous sont rendues accessililes; c'est par lui, que nous connaissons clairement notre origine, notre fin, notre état, nos besoins, nos ressources; c'est par lui, que les vrais sentiers de la justice nous sont ouverts; on n'est dans la voie du vrai bonheur que par lui : on n'est ilans l'ordre que sous sa conduite ; on n'est rigoureusement homme de bien, homme juste et parfait qu'en suivant ses leçons,

« Jamais, dit l'impie Rousseau, la vertu n'a parlé un si doux langage, jamais la plus profonde sagesse ne s'est exprimée avec autant d'énergie et de simplicité. »

La morale de Jésus-Christ bien pratiquée ferait de l'homme un ange. Son code est le plus parfait, le plus sublime dont il soit parlé dans les annales du monde; code le plus digne de la majesté de Dieu cl le mieux adapté à la nature de l'homme, code qui convient à tous les pays, à tous les climats, A tous les peuples, à tous les gouvernements, à l'homme sain comme fi

l'hoiiiiiip iiiiilado. ail iiiiissiinl coinnic ;ni r-iiKIo .-m i'ii'1ii> iiiiniiio :iii iimiivi-p.

DEl \ll,Mh DIMA-Nt.ni. fîl

■ comme à l'ignorant, A tous les âges, à tous les états, a toutes les si code enfin, qui renversant tous les murs de division élevés

irla main de la politique, fait des diverses sociétés ré-

\'C une seule famille, lie étroitement entre eux tous ses

fv • ciu- laniiile elie-m(^me à la grande famille des intelligences et

•ute cette famille un l'éreunique. Dieu. Jésus-Christ est donc vérita-

l.Miu.ii. Hieu. A deux mille ans de dislance, la parole du Christ demeure

l'unique vr.iip hnuiôrc de l'homme sur lui-même et sur Dieu. Elle soutient le

■ •'■■ . .!i ..li.'u.v entouré de fanatiques ennemis; elle soutient la loi natu-

lue en brèche par un philosophismo insensé ; elle soutient

- sujette au vertige ; des plus stériles cœurs, elle arrache

s cris d admiration et des actes d'amour. Qui aurait inventé celte

Kilo est donr altsolumont divine, et par son caractère et par ses effets.

47S4. VI. I.l'i'lise catholique la prêche, et cette Eglise est elle-même la preuve 1' 'ante de la divinité de son auteur.

Le ton; -.lutit tous les projets humains.il amène l'exécution de ceux

(le J' •■'. Jésus meurt ; et les puissances infernales sont vaincues ; et

le i> . niquité est détruit, et celui de la justice commence. Avant de

mourir, J<siis avait prédit deux événements presque incroyables. Il avait annoncé quo les Juifs, éclairés jusque-là plus que tous les autres peuples, seraitrtt liispei-sés et que les autres peuples, assis à l'ombre de la mort, seraient appelés A son admirable lumière ; et, à peine a-l-il rendu le dernier soupir, q - - iO des Juifs est renversée, que ce peuple est dispersé

comme i. vers le monde et à travers les siècles, que les infidè-

les renoii' ••m a i i >. urie, que la croix du Sauveur passe du lieu liu supplice au front îles fiiipoieurs et qu'à son nom tout genou fléchit sur la terre.

Il avait choisi douze pauvres pécheurs de tlalilée. sans fortune, sans édin-ation. sans crédit ; et ces hommes extrêmement peureux et lâches avaic -' •" .'I »■" trouvent précisément, au jour qu'il leur a promis de leur en\ cl ses grâces, tout à coup et tous ensemble chan^'és en

dt's lUX, hardis, courageux, intrépides, pleins de lumières et

ili- - ut partout la divinité et la résurrection de leur .Maître,

p;ir iiii'ils navaieni jamais appri.ses, se faisant entendre des

pci; s, opérant au nom de Jésus les plus grands prodiges,

l.r.i . les fureurs des Juifs, les persécutions et les tortures

<[■■- l'iM II-. ; 1! lissant tous les obstacles, toutes les barrières, que les uns et I -^ i:'; - \.M,,,,i.ii) opposer à la publication de l'Evangile, triomphant du

■ t des préjugés, des philosophes et de leurs erreurs, persuadant, il, entraînant tous les peuples, brisant les icUdes. renversant les au-

l. L> .le ! i'inl;iiii<', il. ..lissant les cultes impies, faisant disparaître les fêtes, los siip.i-.t|iii.ii> ml unes do la cnliliiê. forrani sans autres armes que celles >\r ! ■ ' irs eux-mêmes de jeter

Ifii! Pirateurs, au pied de la

ii..i\ i iiiliK'i v.iiiHiiicnt ils avaient employé

i..iii.' i. Mil .11, f, et dont ils s'étaient Halles d'otein-

iln' U' ntMii ti 1 i.>.iiii;ii. .i.iii> M- :^,ing lic plusieurs millions de marlvrs. morts en publiant la gloire de leur .Sfailre cl en priant pour leurs bôurrc;ui\ ' iiMicnl expliquer une iruvre si merveilleuse, sinon par la divinité de

I,-. --' ri<.l '( i.tiiiiifiit niii> mii'i'ossli III il liiiioiiips iMimi lii.iil >i.'iii>i ri>l.'i.'lii>

•r, au icih tits, dont le

etliMii' IfS plus ini I us de martvi

éclore de leur siing un»- s«'nn'iii't' dtvérité, pour ciubr.isspr uu»^ religion .

iiiiiitiMM 'il- I---'!! ■ ' !• -' rvir de tor<:hc vivan

>i.| 1.1. Il il r!rr |. :. 1.:;- l'arène, sous les il'

vivant, d'être rùli sur un gril ardent, ou plouyc dans uu baiu de jilumb fondu !

772 DOMlNliîALES. — AVEMT

Kl poiirlant lu nionik- osl oliiïHion, cl rKf,'lisc en passant ù travers les Afjes, a (lu triomplior, non seulement des tyrans, non seulement des supplices, mais encore, tics hérésies, tics sihismes, des scandales de ses propres enfants, aussi l»icn ipie de la calomnie et de la liaine de ses ennemis. Tout homme sensé doit donc dire avec saint .\u^'uslin : Ou l'Kglisc s'est établie par des miracles; et dans ce cas, Dieu lui-même a prouvé sa divinité ; ou elle s'est établie sans miracles, et pour lors le plusf,'rand des miracles, c'est son élablisscment prodigieux et sa permanente vitalité. Aujourd'hui, en effet, .lésus-ChrisU mort depuis deux mille ans, a la puissance de se faire aimer, non seulement par le sauvage infidèle, auipiel le missionnaire apprend à le connaître, mais encore par les savants de notre Kurope civilisée.

foules les forces humaines s'épuisent par la durée, par l'usage, par leurs victoires mêmes. Pourquoi la force de Jésus-tihrist ne s est-elle pas épuisée f .Ml! .!ésus-(;hrist est Noire Seigneur et notre Dieu; c'est le .Sauveur atlendii pendant quatre mille ans. 11 a paru au sommet de l'ancien monde iiiii lap[)clait, et du nouveau qui le salue et l'adore ; il a levé l'étendard de sa croix ; et un changement immense s'est accompli, qui a loul renouvelé dans l'univers. « Je connais les liommcs, disait Napoléon au général IJertrand, et je vous dis (pie Jésus n'est pas im homme. Les esprils siqierliciels voient une ressemblance entre b^ (Christ cl les fondateurs d'empires, les conquérants et les dieux des autres religions; cette ressemblance n'existe pas. 11 y a entre le (Ihrislianisme et (piebpie religion que ce soil la dislance de l'inlini. Par un prodige, tpii surpasse tout prodige, Jésus veut l'amour des hommes, c'est-àdire ce (piil est le plusdillicile au monde d'obtenir. Ce qu'un sage demande vainement à quelques amis, un frère à son frère, en un mot le cœur, c'est là ce (juil veut pour lui, et il y réussit tout de suite. J'en conclus sa divinité. Alexandre, César, Annibal, bniis XIV, avec tout leur génie, y ont échoué. Ils ont conquis le monde, et ils n'ont pu parvenir à avoir un ami. Je suis peut-ôtre le seul de nos jours qui aime Annibal, César, Alexandre... I.e Christ parle et désormais les générations lui appartiennent par des liens plus étroits, plus intimes que ceux du sang. 11 allume la llarnme d'un amour, qui fait mourir l'amour de soi,(pii prévaut surtout autre amour. A ce miracle desa volonté, comment ne pas reconnaître le Verbe, Créateur du monde?... Ciénéral iSertrand, bientcH je serai de la terre. Telle est la destinée des grands hommes, celle tJe (X'sar et d'Alexandre ; et l'on nous oublie, et le nom d'im contpiérant n'est plus qu'un tlième de collège ; nos exploits tombent sous la férule d'un pédant (pii nous loue ou qui nous insulte.

» A peine mort, Louis XIV fut laissé seul, dans l'isolement de sa chauibre à coucher de Versailles. Négligé de ses courtisans, ce n'était plus leur maître, c'était un cadavre, un cercueil, une fosse, et l'horreur d'une imminenle décomposition ; encore un moment, et voilà ce (pii va m'arriver à moi-même}. Quel abime entre ma misère et le règne éternel du Christ, prêché, encensé, aimé, adoré, vivant dans tout l'univers. Hlsl-cc là mourir? .N est-ce pas plut(.»t vivre? Voilà la mort du Christ, voilà celle de Dieu.

» Si vous ne comprenez pas cela, j'ai eu tort de vous faire général. »

11 faut être en effet bien aveugle et bien coupable pour contester cette vérité, (i) Le faire c'est blasphémer le l'ère éternel qui a dit de Jésus-Christ:

(I) Et Taire de Jésas-Christ an personnage idéal, fabuleux ou romanesque, que douze Ap()tresont imaginé an jour pour réformer le monde; quoi? ce serait sur an tel personnage qu'ils auraient bilii l'immense édifice du Christianisme; ce serait dans cette imagination vaine qu'ils ont renfermé les mystères les plus profonds, la morale la plus sévère et les lois les plus parfaites; et ce que ni l'Iaion, ni Arislote, ni Cicéron, ni Solon, ni Lycurgue, ni Alexandre, ni Auguste n'avaient ni fait ni pensé, douze hommes ignorants et grossiers l'ont accompli en révent!

Ce serait pour un personnage fabuleux, que dix-huit millions de martyrs, de tout Age de tout .sexe et de toute condition, ont sacrifié leurs espérances et leurs personnes ; que les plus grands génies de l'humanité ont épuisé leur talent et leur science; que le ciseau, le burin et le pinceau ont animé depuis dix-huit siècles le marbre et la toile ; que depuis dix huit siècles les Martin se dépouillent de leur manteau, les Elisabeth de leur diadème, les Thérèse de leur beauté et de leur parure, les Vincent de l^aul de leur liberté, les Xavier de leur famille et de leur patrie, les Borromée, les Beizunce, les François de Sa!ts, les AfTre et les Quélen de leurs honneurs, de leur santé, de leur

DKUXIKMU DIMA'Sr.HE 773

C'eft là mou Fils hien-aimé en qui j'ai mis toutes mes rom/flaisanres;

■ ' -" '' ' ■ '- rhrisl lui-même el en faire un imposloiir ; c'est blas-

|iii est «iescendu sur Noire-Seigneur sous la forme 1 • i-M(lior rKvanf:iIo. sa iloitrine, el sa morale qui sont 'H du ouMir huMiains. (^esl répudier la pureté, l'humililé, ,,.!..: .1,,,. I. cw; v..ii] a sanctifiées et apportées à la terre. ion de Marie, sa maternité divine ; . , .. ... , . lié le nom de Jésus aux nations ; cest i-s qui ont versi' pour lui leur sang. C'est insulter à la ■ns de tous les siècles, des docteurs de toute l'Kglise qui lit Thomas : Dominai' meus et Deus meus. C'est ne rien •' du monde, qui reste un livre scellé pourcpii ne sait pas y lire ia <iiviiiitf de ce Jésus, l'attente des siècles anciens, el le salut des peuples noinciiiix. C'est répudier la gloire île l'humanité que l'Incarnation a élevée jusqu'à Dieu, et qui etf ésus-(]hrisl est assise au ciel à la droite du l'rr»^ (;V<,f t;,rjr if, source du vrai bonheur ; car nous devons à Jésus-Christ iix. la première communion, etc. C'est laisser l'hu- .1 el sans espérance dans le malheur et surtout à

rrière ! cruels sophistes qui voulez arracher de mon cœur la

■ u lail houjme ! J'ai besoin de ce grand et délicieux mystère.

I moi : c'est le principe, le fondement, le gage de mon salut. C'est

!■ je me réforme, que je deviens bon. désintéressé,

/ i)ieu de l'homme dans la poi-sonne divine qui les a

II iii iiiu> 111- rédempteur, j'ai perdu ma richesse, mon espérance ;

'Sl ébranlée, mon bonheur évanoui. In Dieu qui n'est pas homme

pas ma fail)les6e : un homme qui n'est pas Dieu ne me sauve pas

I. II n'y a que le Dieu-llomme <pii in'éclah-e el qui me console ; il

l'"Miine-Dieu qui m'encourage et qui me relève. Laissez-moi donc

<;'est en rilomme-Dieu seulement que je dois espérer ; c'est

, , , .. . , L' je puis me icimsiM-. r'osi dans ses bras mie io veux mourir. »

(.Mgr. Hesson.} (1)

le s, de leurs biens et de leur vie. Ce serait an personnage romanesque, qui pendant

;ii siculcs. s'e.si fait reconnallre, croire, adorer par les nations les plus éclaiiées

le; quia donné naissance à une Eglise immortelle; qui a

- humiiines réunies p^^mr abolir son nom el son culte, el qui

i,ui, les V;: ■ ?. de. toute la hauieur de

is admelti. iu Christ, on admettra le

■'■..■'v:., I ,. . ^. , :,;i Christ menteur, c'est-à-

Ȏ par le mensonge.

.r, dans lp zf-'e. f<an5 la ?cifnce, dans le dévooe-

io lou» Ui l>h-Ji ctiréi e dans l'Eglise, dans

-f» lémoiirnaees; iu< tes qui l'enseiRnenl,

' - - • ■ ' ■■ -- ' ■'•■"■ '"- ''ites

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a datent de vingt siècles, qui lient de «e perpétuer jusqu'à la lio dt* leiups. • ibai>ii» M^r. Utb^-^.)

M, M,/i\ f$t qui vincil muudum niti qui crédit quoniam Je^ui eit Filius Dei, de- . Jean. Consultez l'eipénei.ce, el vous verrex ^ raiion parlai!

prtflpnrc Itumsire a cru pouvoir se mtinlenlr in<i. nt de celle foi,

; II» on sait .

rimioelle. i

, I . r ., ri'

, Jl»-

>*ttce d'uu Dieu, ii« devaient ÙUc luiuiclltmcal sapC», cl liaiuicllciutui vcrUuuv . mai»

0 Jésus, VOUS êtes mon Seigneur et mon Dieu, je vous adore et vous aime. Je crois la vérité que vous m'avez enseignée, je veux pratiquer les préceptes et les vertus dont vous nous avez donné l'exemple.

1785. — Autre plan sur le znème texte. — Les miracles — Cffci vident, Oc La preuve distinctive de la vérité d'ane doctrine, d'une religion, c'est le miracle. Or,

Su'estce qu'un miracle! C'est un prodige éclalanl, extraordinaire dépassant les forces e la nature corporelle, et qai est une marque de l'action de Dieu, qui les opère par luimême, ou par les anges, ou par des hommes de son choix. Que l'ombre recule sur un cadran solaire, que le soleil s'arrête dans sa course, qu'un mort ressuscite, qu'un aveugle de naissance soit guéri sans remède, qu'une maladie invétérée cesse tout à coup et que celui qui en était atteint reprenne toutes ses forces sans convalescence, ce sont des miracles. Or, I, les miracles sont possibles; II, on peut constater certainement un miracle, et III, le miracle prouve la divinité de la religion. (D'après Mgr Bessor : l'Homme- Dieu. (Voir la note du n» 1539.)

17S6. — I I^ miracle ett-il possible ? — Oui ; ii^ioinsque pour dire non, on ne se résigne àitreathée. c Dieu peut-il faire des miracles, se demande J.-J. Rousseau. Celte question sérieusement traitée, répond-il, serait impie, si elle n'était absurde ; ce serait faire trop d'honneur à celui qui la résoudrait négativement que de le punir, il suffirait de l'enfermer. » Il faut en prendre son parti, car il n'y a pas de milieu : ou ne pas croire en Dieu, ou croire à la possibilité des miracles. Un Dieu à qui on refuse le droit de faire des miracles, c'est un Dieu à qui on refuse le droit de parler, ce n'est plus un Dieu, c'est une idole. Un homme qui refuse d'entendre Dieu, n'est plus un homme religieux, c'est un athée; une nature que l'on condamne à n'être jamais le thé&.re d'un miracle n'est plus l'ouvrage de Dieu. Il ne répugne ni à Dieu d'opérer des miracles, ni à la nature de s'y prêter, ni à l'homme d'y croire.

D'abord, pourquoi répugnerait-il à Dieu d'opérer des miracles*? Pourquoi la main qui a allumé le soleil ne pourrait-elle pas le retenir sur l'horizon? La voix qui a dit aux flots, en les brisant sur un grain de sable : « Tu viendras jusqu'ici et tu n'iras pas plus loin ï, ne pourrait les apaiser? Quand Dieu, par une parole, a lancé et soutient le monde dans l'espace, il n'y a rien que les yeux de l'homme ne puissent s'attendre avoir, rien que son oreille ne dnive entendre, rien qui soit de nature à épuiser l'admiration de son esprit. Ouvre les yeux, regarde, écoute, réfléchis et tu avoueras, ô homme, que Dieu peut tout refaire puisqu'il a tout fait, et qu'un mot suffit pour la seconde œuvre comme pour la première.

Puisque Dieu peut faire des miracles, pourquoi ne le voudrait-il pas? N'est-il pas de sa sagesse et de sa bonté de se manifester à ses créatures, de faire voir à l'homme qu'il n'est pas l'esclave de son propre ouvrage, et qu'il a gardé sur lui l'autorité nécessaire pour en modiflir les mouvements comme il lui plaii, au profil des créatures intelligentes, pour le salut desquelles il a tout créé.

Serait-ce qu'il répugne à la matière de se prêter au miracle? Hais la matière n'a rieo de nécessaire, c'est un être qui pourrait fort bien ne pas exister, ses lois peuvent donc subir, dans des cas particuliers, des exceptions par l'efTet d'une force supérieure. D'ailleurs, par là-même qu'elle est créée, la matière qu'esl-elle autre chose qu'un instrument, et quel est le propre d'un instrument? l'obéissance. La foudre a obéi le jour où Dieu l'a enfermée dans les nuages, elle obéit encore quand Dieu en retient l'éclair dans sa main. La mort obéit à sa mission, quand elle frappe; elle obéit encore quand elle rend à la voix de Dieu ceux qui étaient déjà sous son joug. Au-dessus de toutes les lois des êtres créés, il y en a une qui domine toutes les autres, c'est celle qui soumet tout être créé à son auteur, tout mouvement de la matière au moteur suprême, tout l'univers à celui qui en est la fin dernière.

Serait-ce qu'il répugne à l'homme de croire au miracle ? Mais, au contraire, le merveilleux l'attire et lui platt ; tous les peuples ont cru aux miracles : Egyptiens, Persans,

parce qu'on ne peut être solidement vertueux et sage que par la grâce, que la grâce est attachée à Jésus-Christ, que Jésus-Christ ne nous est rien sans la foi, que la foi qui nous unit à lui est celle qui nous révèle sa divinité ; de là vient qu'avec toutes ces belles idées de la sagesse, ils ont été des insensés, des emportés ; qu'ils se sont laissés entraîner au torrent du vice, qn'is ont succombé aux plus honteuses passions, qu'ils se sont, comme dit saint Paul, évanouis dans leurs propres pensées, et qu'afTectanl d'être philosophes, ils ont même cessé d'être des hommes. An contraire, où a-t-on trouvé l'innocence et la pureté de la vie? dans cette sainte et divine foi qui nous apprend que Jésus-Christ est vrai Fils de Dieu .• Quis est qui vincit mujidum, nisi qui crédit quontam Jésus est Filtus Dei ? Voilà ce qui nous justifie ; voilà ce qui nous ouvre le trésor des grâces et des vertus, voilà ce qui nous donne accès auprès de Dieu. (Bocrdalode.)

i>eu\ii:me dimanche TIo

inains. Gaulois. Incroyance aux miracles est aussi ancienne que le monde, et erselle que le eenre humain. Chez les pafens elle va jusqu'A l'excès, chez les

uiLiruir- ■'"■- ' -^— »■ -1 magie et en Surlilége. On a vu le ivni» siècle accueillir plus

d'impiété^ ;a'il n'avait abjuré de pratiques chrétiennes, tant il est vrai

que la <l -, cnine au merveilleux est invincible. Qa'importe que la raison

dévoyée de quelques-uns n'admette que ce qui est naturel, elle ne sert point de règle à l'humanité; et si, comme Cicéron le disait il y a deux mille ans, le consentement de tous est une loi, il faut reconnaître par l'expérience universelle que l'humanité a un besoin immense de miracles.

1787. — 11. On peut constater sùn'tnent le miracle. — Les miracles sont des faits et se constatent comme tons les faits.

Hien de plus facile que de vérifier les miracles présents. Un homme est mort le vendredi, je le vois, je le louche, je le sens. C'est un premier fait. Je l'aperçois le dimanche suivant, dehoot, il marche, il parle, il me prend la main. C'est un second fait, dont je )< / bien que do premier. Je n'ai pas besoin de science pour le

C'jnslaiei, le de mes yeux. Mais en rapprochant ces deux faits l'un de

l'autre ..^ ,j„. .^,; que ceux qui sont morts sont bien morts, et ne se ressusci-

ter! : it : cet homme était certainement mort, il est certainement vivant, il a

dunr I) miracle de résurrection se soit opéré. Le doigt de Dieu est là.

Quand les miracles ont eu lieu dans les premiers siècles du monde et de l'Eglise, il n'est pas plus difficile de les constater que les autres faits de l'histoire. Deux faits extérien '<les qui étaient certains au moment oii ils ont été accomplis, ne le soni

pas urd'hui, quand ils me sont rapportés par des historiens lidèles. Il est

•us;^. — ^.; urd'hui qu'autrefois que Lazare a été vu mort et enseveli, et qu'ensuite on l'a vu debout et vivant. Il est aussi vrai aujourd'hui qu'autrefois que Jésus a été mis à mort le vendredi et a été vu plein de vie par ses disciples le dimanche. Pour croire ces faits, ceux qui en ont été témoins n'ont eu besoin que de leurs yeux : pour les croire à mon tour je n'ai besoin que d'un témoignage sincère. Si je crois les témoins quand il» me disent que Lazare et que Nutre-Seigneursont morts parce que ce sont des faits dont il» ont été iérn>jins, il faut bien les croire aussi quand ils m'attestent qu'ils les ont vus ressuscites. Sur ces deux faits, je fais le même raisonnement que j'aurais fait si je les avais vus moi-même de mes yeux. Lazare et Jésus-Christ sont sûrement morts; ils sont certainement ressuscites d'après les mêmes témoins, donc il y a là un miracle. Kt ce raisonnement loin d'être affaibli par les siècles qui nous si^parent ds cette résurrection est corroboré au contraire par le jugement de ces millions d'intelligences qui dans l'intervalle ont porté sans aucune hésitation le même jugement que moi; et bien loin d'être moins certains à mesure qu'ils s'éloignent de nous, les miracles passés n'en deviennent que plus sûrs à mesure que chaque génération les vérifie et les reconnatt.

Les incrédules veulent des témoins sincères pour admettre des faits miraculeux ; et nous aussi. Nous avons une liste assez longue de témoins morts pour attester les faits surnaturels de l'Evangile, saint Pierre, saint Paul, saint Luc, saint Jean, saint Jacques, saint Etienne, sont iri>crils les premiers. Après eux viennent seize millions de martyrs dont les lettres, les actes, la vie, la mort, sont Jes témoignages assez sincères.

m. Le miracle prouve la divinité de la religion. Le miracle, dit saint Augustin, rend sensible l'auioriié, et l'autorité commande la to\, miraculis ronciliatur aurtoritas; auctorilate flies impemtur. Quelle est cette autorité t c'est celle de Dieu. Quelle est cette foi* r>st celle du monde.

I) rnmander la foi est intervenu dans le monde, à deux reprises difTérenles, ave de miracles bien capable de révéler sa présence et de justifier sa parole. i'i:i-> rc> Jeux circonstancié ' -iait aux hommes une loi sortie de sa bouche

et gravée de sa main : dans la ; > loi écrite; dans la seconde, la loi de grice ;

dans l'une et dans l'autre, il a j c d'agir, on a vu son bras encore plus qu'on

n'entendait sa voix.

Ce fut d'ahurd à l'origine de la loi écrite. Un prophète paraît révéla de la pniisance de I ' MoTse ; l'Egypte se trouble, ses fleuves se changent en sang, ses plaines 8(.[i i>ar des sauterelles, ses habitants sont couverts d'ulcères, les premiers- Ti(-< famille son'. «•--•■: > ■" .u,.« ...w.ia,-.o„v Moïse commande aux fléaux, il I il lec ap -on de quitter, à la tête do pou, il il est le . iple est esclave. A peine la liberl*- »6t-elle conquise, leti proJKes qui i'avatenl assurtie reparaissent pour la protéger. La M'r Roucfl ouverte devant les pas de l'élu de Dieu, se referme sur Pharaon et sur son a ' ' mystérieuse éclaire la marche d'Israél lui prêtant sa lumière pendant l>re pendant le jour; la manne pleut du ciel pendant quarante ans j, .„ . le rocher s'entr'ouvre pour l'abreuver ; le Sinaf s'ébranle pour

le tenir dans l'attente, tandis que Moïse converse loin de lui avec l'auteur de tontes ces merveilles.

Enfin, quand aon'*s tant de ; ■■ conducteur du peuple red tables

de la loi à la main, quand il v l«r à la niti »n de cruirer; •• Uien

qui lui a tant de fois montré m pj.ASince de son bras, qu.înj il laju-v.iv ..^as dM

•/în DUMI.NUAI.IOS. — AVKNT

chanis magn.! ' ' • -nlenscs. ce passage triomphanl, celle lumière, celle

nourriture, ci ^fine où tout est miracle, n'y a-l-il pas dans tous

ces signe» une , . "'y *-<-'l pas dans la foi de ce peuple une suprême

raison. Miraculis cunctiinlui auclorUai: aurtorilale fidcs imperatur.

(ie fui ensuite à l'origine du chnslianisme. Pendant Imis ans, toutes les infirmités buroaincâ cèdent h la vuix de Jésus, tous les éléments sont dhns sa main; louies les créalures animées lui ohéissent. Il ouvre les yeux des aveugles et les oreilles des sourds : il redre>se if s paralytiques, il guérit les lépreux, il apaise les tempêtes, il marche curies dois, il re.'suscile les morts; les soldats qui le prennent sonttcrrassés, Judas qui le trahit meurt en désespéré, Pierre qui le renie vit en pécheur repentant, plié sous le poids d'une croix qui l'accable, il demande à la nature de nouvraux prodiges, et la nature lui obéit; elle s'ébranle, elle se voile de ténèbres, elle pleure son dernier soupir. Jésus mis au sépulcre, brise le sceau qui le fermait el disperse les soldais qui en gardaient l'entrée, il ressuscite, sort triomphanl, se montre en onze circonstances différenics à plus de cinq cents personnes, converse avec elles, monte au ciel en leur présence et va s'asseoir, dit-il, à la droite de son Père, d'où il viendra juger tout le genre humain. Et c'est ce second thaumaturge qui apporte la nouvelle loi, qui la fait écrire dans l'Evangiie, qui expose cet Evangile aux yeux de tout l'univers, el qui demande qu'on y croie à cause des prodiges qu'il a opérés pour l'accréditer : miraculis conciliatur auclorilas; aiictoritale fuies iinjieralur.

Voilà comment les miracles révèlent l'a torité cl forcent la foi.

Connaissez- vous un signe plus digne de Dieu ? les prophéties commencent la révélalion, la sainteté de la vie la fait aimer, la beauté de la doctrine la rend admirable; mais le miracle la confirme, la consolide, lui donne des fondements inébranlables, c'est le signe par excellence, parce qu'il trahit le Maître de toutes choses.

Connaissez-vous un signe plus populaire ? Ignorants, savants, hommes, femmes, enfants^ vieillards, peuples civilisés et peuples sauvages, chacun peut le voir, le reconnaître et le constater. Arrière les prétentions des savants, et les mystères des doctrines secrètes I Place au grand spectacle pour la terre entière^ parce que la terre entière doit connaître, adorer el bénin

Connaissez-vous un signe plus efficace? Il frappe l'esprit en frappant les sens, il louche le cœur rn même lenrps que l'esprit; il met l'homme dans l'alternative ou de renoncer à la raison ou d'accepter la foi. i.a science l'étudié, et elle est confondue ; l'ignorance le regarde et elle est éclaiiéc. ^on, rien n'est plus divin, plus populaire, plus efficace que le mirac'e. Non, on ne saurait refuser sa foi à la doctrine qui s'annonce avec un tel éclat. Non, Dieu ne nous demande rien de trop, quand il montre ainsi sa main en faisant entendre sa parole. Je tous entends, Seigneur, dans votre doctrine, parce que je vous vois dans vos miracles. Vous me donnez vos œuvres, et je vous donne ma foi : Miraculis conciliatur cnicloritas; auctoritate fides imperatur.

Et en vous la donnant, je n'ai plus aucun doute; car vous ne pouvez meltre votre puissance au service du mensonge. Si je me trompais en croyant une religion que vous avez établie par des miracles, c'est vous-même qui nous tromperiez, mais vous êtes le Dieu de la vérité, cl non celui du mensonge. Il est absolument impossible que vous vous fassiez le fauteur de l'erreur; ma fui est donc la vérité, puisque vous l'avez accréditée vous-même ; aussi je m'y attache de toute la force de mon &me. En elle je veux vivre, el en elle je veux mourir, afin de voir un jour à découvert au ciel, les mystères que je crois à travers les nuages et les obscurités de la terre.

1788. A propos de l'Epi fre: Quœcumque script a sitnt ad nosfram doctrininn scripta sunf.

De l'ETangile.

Le lecteur Théodore, dans son histoire ecclésiastique, dit (jn mi ui.md incendie, s'élanl élevé au port dWnlioche, le sacristain de l'église de St-Anastase, nommé Marlien. |>rit en main le livre des Kvangiles, et, montant sur le toit «le l'église, s'opposa aux llammcs avec ce divin hoiiclier, délivrant ainsi la maison de Uieu de l'einhi-asement qui ravageait toute la ville : Totus mundus in malif/no posifus eal. 11 n'y a que feu de tous cotés dans le monde, feu de colère, de dissension, de convoitise el de passions enllammées. Le meilleur moyen de garantir la maison de Dieu, (jui est l'Eglise, de cet embrasement funeste, est de présenter aux lidcles le saint Evangile el de vivifier en eux la foi, le respect el la soumission qu'ils doivent à ses maximes. A cet effet, dans im premier point je vous ferai voir l'excellence de ce divin et admirable livre ; dans le second, je vous montrerai qu'il doit Mre la règle de notre foi et de noire vie.

I. Excellence de l'Evangile, {o Hien de grand comme N. S. vrai Fils de Dieu. Il est la parole de Dieu incarnée, l'Evangile c'est la parole de Dieu

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