‹ Le Prêtre dans le ministère de la prédicationChapitre 203 sur 416 · ICI · texte numérisé non relu

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78*2 Dominicales

loin en puissance ihins sa faiblesse : elle ne fail pas seulement une viergénièrc, elle fait une nii-ro de Pieu ; elle met en IKj^'lise une grAce, im étal et une tlijinilê incomparablement plus fjrande et plus éminente que toutes les autres grAecs ipie Jésus y a faites après rincarnation. Tout ce qu'il a prétentiu, souhaité et accompli par ses voyages, ses travaux, ses sueurs, ses prédications, sa mort, sa passion, sa résurrection et ses autres mystères, c'est la conversion des pécheurs, la sanclilication des Ames, c'est-à-dire de faire dos enfants de Dieu par adoption ; et ne savons-nous pas, ne nous a-lon pas souvent prêché que, d'être Mère de Dieu par nature est un ordre et un état sans comparaison plus grand, plus excellent, plus élevé et qui a un apanage et une suite de grAces plus éminentes que la tpialité d'enfants de Dieu par adoption? Or, c est l'enfance de Jésus qui a établi cette divine maternité ; car si le mystère de l'Incarnation se fût accompli par voie de grandein- et do puissance et non par voie de conception et de naissance, si rilomme-Dieu ei'it été formé comme le premier honjme, sans naître d'une vierge et sans être enfant, il y aurait bien des enfants de Dieu par adoption, mais il n'y aurait point de mère véritable de Dieu.

:Jo II exerce aussi par son enfance sa sagesse incompréhensible, il répare en nous sa grAce [tar les mêmes voies par lesquelles elle avait été ruinée ; il siu'monte l'esprit malin par les armes tiont il nous fait la guerre ; il nous donne la vie par les mêmes instruments par lesquels notre ennemi nous avait donné la mort, f't unde mors oriebutur, indevita msurgeret. Une femme avait été le commencement de notre ruine, une autre femme est le commencement de notre salut. La parole mensongère qui portait la mort, s'était insinuée au cu'ur d'Kve, la parole véritable qui portait la vie s'est insinuée au cd'ur de Marie, afin que ce qui était perdu par le sexe féminin, fi'it sauvé par le même sexe. Kve avait cru follement au mauvais ançe, Marie sagement au bon ange; la faute qu'Kvc a commise par sa crédulité trop légère, Marie l'a effacée par la prudence de sa loi. ditTertullien.

Il est vrai que Jésus était plus que très suffisant pour notre salut, car tout notre bonheur vient de lui, mais il n'était pas convenable qu'il n'y eiil que le sexe viril qui ITit employé à cette œuvre; il était plus à propos que les deux sexes contribuassent à notre réparation, puisque tous deux avaient coopéré à notre ruine. Kve a été si cruelle qu'elle a servi à l'esprit malin pour jeter au cœur de l'homme le poison mortel du péché ; Marie a été si îidèle qu'elle a présenté aux hommes et aux femmes l'antidote de salut ; celle-là a été un instnmient de séduction, et celle-ci un organe de propitiation ; celle-là a suggéré la prévarication, et celle-ci nous a apporté la rédemption. Allez, Eve, allez à Marie; que la mère s'adresse à sa (ille, que la lille réponde pour la mère, (pi'elle elTace son opprobre, en satisfaisant pour elle ; car si l'homme est tombé par la folie d'une femme, il a été relevé par la piété d'une autre femme. Que disiez-vous, Adam, quelle excuse apporliezvous au Créateur lorsque vous lui disiez : La femme que vous m'avez donnée |iour compagne m'a présenté de ce fruit et j'en ai mangé ?... trotte excuse est une parole de malice qui n'elTace pas votre faute mais qui l'augmente ; mais la sagesse de Dieu a surmonté cette malice; trouvant dans le trésor inépuisable de sa bonté le sujet de vous pardonner, qu'il devait et désirait trouver en l'humble Confession de votre crime, il vous rend une seconde Kve au lieu de la première, une très sage au lieu «le la sotte, une très humble au lieu de l'orgueilleuse, une qui vous présente le fruit de vie au lieu du fruit de mort que la première vous avait donné ; changez donc de discours et. au lieu de votre excuse malicieuse, rendez des actions de grâces et dites à Dieu: La femme que vous m'avez donnée m'a présenté le fruit de vie, j'en ai usé et il m'a vivifié.

'M La bonté inelTablc de Dieu se montre encore admirablement en ceci : car se faisant homme par voie de naissance, il se communique et fait du bien à tout ce qui appartient à la nature humaine : s'il se fiît incarné par voie de création et non de génération, il eût bien honoré le sexe qu'il a pris en union personnelle ; mais se faisant homme par voie de naissance, il a encore honoré, ennobli et sanctifié le sexe féminin, choisissant une femme pour l'accoiiiiilisseinenl d'un si irrand ouvratre ; le Père éternel lui commu-

OCTAVE ne LA N'oEt 783

niquanl sa fccondiU- divine, le Kils empruntant d'elle le sanctuaire de son sein virginal pour y faire son séjour, et une partie de sa très pure substance pour on tonner son corps, et le Saint-Kspril se l'associant en l'opération d'un si haut mystère : .Vtr </uis forte scrus a suo Créature se contemptum jtutnret, t'irum susce/iif. natiis est e.r femina {S. Aug. lib. de vera Heligione, c. Iti). Kt saint Justin, martyr, en prend occasion de nous avertir rpie, depuis l'Incarnation, nous devons honorer le sexe féminin, à cause de la proximité et de l'alliance qu'il a avec l>ieu par ce mystère. Kt dans saint Jérôme, en la vie de saint Hilarion. une femme demandant la charité à ce saint anachorète, lui apportait pour motif que celle qui avait porté le Sauveur était une femme. Si nous avions l'estime et le sentiment que nous devons avoir de nos mystères, quami une femme nous demande l'aumône, nous la lui donnerions, non par pure compassion naturelle, mais parce qu'elle est du sexe de Marie, pour honorer et obliger en elle la Mère de Mieu. Cette dévotion serait bien fondée, et ce serait un acte de miséricorde et de religion tout ensemble; comme au contraire, ipiand une passion ou tentation vous sollicite à vouloir outrager celle que Dieu vous a donnée en mariage, à déshonorer la femme d'aulnii. ùt llétrir la pureté d'une jeune personne, par des paroles ou autremont, vous devriez penser : Si je le lais, j'olVenserai le sexe de Marie, je désdliligerai la Mère do l>ieu, je lui donnerai sujet de s'irriter contre moi.

Kistins encore que le Kils de Dieu voulait honorer toutes les révolutions et périodes de notre vie : s'il eût été homme fait dès le commencement de son incarnation, comme il l'a été en l'Age de trente ans, il n'eiit honoré et sanctiiié que l'iiire viril, et il a voulu sanctilier et déifier en lui l'enfance, la puérilité, iadoloscence. la jeunesse, la virilité, et rendre hommage i\ Dieu, son Père, en tous ces états, pour suppléer à ce qui nous y manque à nousmêmes ; satisfaire pour les péchés que nous y commettons, consacrer toutes 1/^s actions de notre vie et nous donner sujet de l'honorer et imiter on toutes les périodes de ces ûges auxquels il a daigné s'assujettir. Le cardinal de lléruile qui nous a enseigné ces vérités et recommandé de les mettre en

fratique, les avait puisées dans les pères anciens. Voici ce qu'en dit saint renée : « Umnes venil per semetipsum salvare, infantes, et parvidos. et « ju\enes, elseniores ; ideo, per omnem venit .otatem, et infanlibus infans <• fa<-tus, san<-tiiicans infantes; in parvulis parvulus sanctilicans hanc ipsam ■■ ii.ilu'ntes a'tatom. simili et exoiiqdum illis pietatis elTeclus et juslili;»'. et lionis ,• in juvonibus juvenis. ('xem|)limi juvenibus factus, sanctiUcans MO ut sit perfectus magister in omnibus. » (Saint Iron. 1. 2 contra iiM rrs. r. ;v.).) Pour donc vous conforuier aux intentions et à la conduite du S.iiivtiir, vous devez consacrer h ses Ages et i ses années, l'Age et l'année où Vous ct*'8; quand vous clos adolescent, adorez son adolescence; quand vous èlos en la jeunesse, adorez sa sainte jeunesse et [»ortez vos enfants A faire de mi-mo ou le faire pour eux s'ils n'en sont pas ca|)ables. En la première année de votre enfant, l'olTrir à la première année <lc la vie de Jésus; la V...-, ,..,!.. à la seconde, et ainsi conséculivemeiil ; [u-ior Jésus enfant, Jésus ut. dinducr grAce, sainteté ot bénédiction A l'enfance. A la puéri-

MlMl.srcnrr .Ir \ i .1 rc iiirml .1 .'xhortcr SOUVCnl coluici A IlOIKU'Cr

et imiifi . n ces Ages, comme l'humilité, le

silenrr, I luce.

il /'nur notre instriicttun. Il a voulu nous a[)prondre : i'^ le prix «le la \ii;.'iiuir, que Mari»' a tant estimée ot <]nr- Dion a couronnée on elle de la gloire de In maternité. •> Vierge pni'l ; le saint llernard, O Vierge

flévoto. qui vous avait dit que la vir;. .1 ngréabb» à Dieu? (Quelle loi.

(piellc justice ou (piellc Kc-riluro de lain icu IVstamont avait jamais cf>mmamlc nu conseillé de mener sur la terre une vie céleste et angélique ? Oi'i avioz-vous lu ce <pio saint Paul a tlit depuis, tpn- ■• de la chair est une

morl. nu qu il n'avait point reçu ilc Dieu In «, n de commander Ja

cl qu'il en donnait seulement un conseil r .Mais vous n'en aviez ni loinent. ni conseil, ni aucun exemple devant les yeux : c'est que

I M .11 du SaintKs|iril vous instruisnil, et que le \orhe divin n voulu être

votre maître av.iiit que d'être votre (ils ; il a éclairé votre esprit avant que d'emprunter votre chair pour se faire homme en vous el par vous.

Vous vous ('onsacrpz à Dieu pour ilcnieurcr Vierge, el vous ne savez pas le dessein qu'il prend de vous faire sa Mère; vous choisissez d'ùlre uiéprist'c de voscnnrilo^ens et d eurcturir la malédiftion de la sU-rilité, el Dieu cluinge celle malédiction en bénérliction, la stérilité en fécoiidilé. Ouvrez ilonc votre cœur, sainte Vierge, el préparez votre sein, car le Toul-Puissant va faire de grandes choses en vous et pour vous; en sorte qu'au lieu de la malédiction »pie vous pensiez encourir, vous serez estimée bienheureuse de toutes les nations ; ri ne vous déliez pas de la fécondité, car elle ne fera point de tort A votre intégrité. Vous concevrez, mais sans péché ; vous enfanterez sans douleur, vous demeiu-erez vierge el vous aiu-ez un lils. Mais quel fils ? Vous serez mère de celui qui a le Dieu tout-puissant pour son l'ère ; le Fils de la chaiité du Père sera la couronne de votre chasteté ; la sagesse éternelle et ilivine sera le Iruit de votre sein virginal, et pour tout dire en un mot, vous enfanterez un Dieu et vous le concevrez par l'opération du Sainl-Kspril qui est Dieu. Voilà ce que dit saint Bernard à l'incomparable Vierge. (Le Jklne.)

2" Pour notre instruction. Pour nous enseigner les vertus de l'enfance chrétienne.

Aisi efficiamini sicut parvuli non infrxibitis in regnum cœlorum. — Que devons-nous donc imiter dans l'enfance pour mériter le ciel ? \) L'enf(int ne connaît pas de défjuisement ni d'arti/ice ; dictis credunt, dit saint llilaire. et i/iiod audiunt verian habent. Simplicité dans la foi ; pas de cette [tliilosophie orgueilleuse qui veut toul contrôler, douter de tout. Point de ces fourberies par lesquelles on trompe le prochain el dont on est dupe soimême.

2) L'enfant n'a point de haine. Non retinet memoriam injuriarum ; dit saint <;hi'\'soslome, sed eas in/'erentes adit ut amicos. ac si nihil factum esset, et (/uamvis a maire verOeribus cœdatur eam semper quœrit. Les vindicatifs n'oid)lient rien, ils fuient ceux qui leur ont fait quelque oITense.

3) L'enfant ne tient pas auœ honneurs. Il ne recherche pas la compagnie d'autres enfants d'une condition supérieure à la sienne. Si reyinam illi ostendas diademate ornatam, dit saint Chrvsostome, non prwfert eam inatri, pannis detritis vestitœ, malletque ilîam incultam videre quam retjinam miri/ice amictam.

4) L'enfant se contente de peu. Nihil plus requirit (juam necessaria, ati/ue ut lacté repletus est, statim a inamma abscedit, dit le même Père.

ri) L'enfant, no)i. eisdem ijuibus nos œrumnis premitur, nec pecuniarum jactura, rebusf/ue similibus. Il supporte en souriant toutes les pertes ; il ne redoute rien, pas même la mort. Au moment des guerres de la Vemlée, un enfant, vo.vanl un soldat de la Révolution brandir contre lui son glaive, se mit j\ sourire^ et son sourire désarma son bourreau.

<i) L'enfant ne soupçonne pas les autres capables de malice. Il ne se scandalise pas.

7) L'enfant est défiant de lui-même; il sait qu'il lienl tout de sa mère, que sans son lait il mourrait de faim, qu'il périrait de froid si elle ne le réchaull'ait sur son cœin-, qu'il tomberait à chaipie instant si elle cessait de le soutenir; aussi, dans le sentiment de sa faiblesse, ne veut-il jamais quitter sa mère, il ne cesse (ie la tenir par la main ou par ses vêlements. Si sa mère le laisse pour un instant, il [tousse des cris, il lui tend ses mains ••omme pour lui dire qu'il a grand besoin d'elle. Sentons-nous le même besoin de Dieu?

H) Celle défiance que l'enfant a de lui-même n'empêche pas qu'il se confie entièrement à sa mère. Il sait qu'il est aimé d'elle, au.ssi il ne craint rien quand il est avec elle. Le sein maternel lui semble un abri sûr, quand l'orage gronde, quan<l le poignard d'un assassin le luenace ; il ne craint pas la faim, sa mère lui fournil sa nourriture ; il n'a pas peur de tomber tant qu'elle le soutient. Avons-nous la même confiancç en Dieu? Pourtant, quasi nutrix foveat filios suos' quasi nutritius porfabam eos. Inter ubera portahimini.... Déponentes igitur omnem malitiam et omnem dolum, et simulationes et invidias et omnes detractiones, sicut fjiodo geniti infantes, rationabile sine dolo, lac (la grAce) concupiscite ut in eo crescatis in salutem. (1. Pht. u. i. 2.)

i>i. MANCHE DANS l'octave DIÎ nuel 785

i-'i. .1 propos de l'épi tre : Misit Deus FUium tuum ut adoptionem filioruPi reciperemus.

Du Cbrétieu.

Videle qualem eharilatem dédit nobi$ Pater, ut filil Dei nomhiemur et simus.

(I. J I. m;. I. F rorde : le trait de la iiote2duu. iSO ou le n. 57ô. Qu'est-ce donc que ' !: :■ . ,en Uni estimé par les saints, quels privilèges nous confère-l-il, quels Jcvu;!-» ;.uu% ;;;i^ise-l-il, quelles récompenses pouvons-nous en attendre?

I. l'rivilèijes du Chrétien. L'homme est grand par sa natur«. Minuisti eum paulo

minus ab anijelis, ijloria et honore coronasli eum et posuisti eum super opéra

vtnmnin tuarum. Les autres éires portent en eux des vestiges ou des traces de l>ieu :

I II Miine est créé à son imjge, il a comme Dieu l'être, la connaissance et l'amour; son

àine est intelligente et immortelle. Mais dans tout homme, l'image de Dieu est depuis la

chute originelle, obscurcie et ternie par le péché, et nous naissons, natura filii irœ.

Le baptême eiïace la souillure de l'âme, rétablit en nous l'éclat de l'image de Uieu, il

élève l'àme par la gr&ce dont il l'embellit à la ressemblance de Dieu, il nous marque d'un

caractère intérieur qui est le propre des enfants de Dieu par adoption. Le Père se pen-

i'l>>' vers l'âme baptisée et dit : Ilic est filius meus dilectus; le Kils imprime en elle ses

ti i >: le Saint-Esprit répand en elle la grâce. Le chrétien est de la famille de Dieu

' '" ' Iti'i ; il est enfant de Dieu non pas de nom seulement, mais en vérité, non pas

omme toute créature sortie des mains divines, mais comme Nutre-Seigneur

'. Le divin Sauveur est le Fils propre de Dieu ; et. prenant notre nature, il

ses frères. Bien plus, il nous a faits les membres de ce corps dont il est la tête.

■■s comme une partie de lui-même, et nous avons droit par lui à être adoptés

: lits de son l'ère céleste: ut adoplionemliliorumreciperemus.

00 ne peut avoir Dieu pourPére sans avoir l'Eglise pour mère; le baptême

>nc membres et enfants de l'Eglise, c'est-à-dire de cette société que Notre-

.>eiL'neur iui-uiéme a établie. Société divine dans son origine, divine dans son but qui

Ë>i Je procurer le bonheur éternel de l'homme, divine dans sa doctrine, dans sa morale,

sainte dans ses lois et produisant sur la terre toutes les fleurs de sainteté et de vertu.

Le chrétien le plus humble, .surtout s'il est lidèie à la grilce de son ba plême, est donc placé

au-dessus des nobles, des savants, di>s grands de la terre, des rois et des empereurs

eux-mêmes, de tout ce qui n'est pas chrétien enfin ; car il n'y a rien de plus grand ici-

has que d'être enfant de l'Eglise, que d'être appelé et d'être vraiment enfant de Dieu,

appelé à la couronne du ciel, au royaume de Dieu, à uu sacerdoce royal o/ferre Deo,

non pas des boucs et des agneaux, comme les prêtres de l'ancienne loi ; mats spiritU'

;' ' "' '- prières, des actes de vertu, uf exhibealis corpora vettra hostiam

le ministère du prêtre, l'agneau immaculé. Vos (jcnus electum, regain

. . , t,4 sancta. Af/nosce (lUristiane, dit saint Léon, diynitatem tua}n, et

.'' ce cuiisurt factus naturœ ito/i tu veterem vilitalem degeneri conversatiune

)■ 'n-f. rVst pourquoi il faut remplir

i ' ^ ' 'i' a. Nohles'^e oblige. Les llls de roi ne doivent pas se traîner

lu peuple. On les reconnaît d'ordinaire à la richesse de leurs

' de leurs allures. Il ne sufiil pas d'être chrétien de nom.

a il faut croire la doctrine de Jésus-<^hrist, observer

e ordonnent. L'Evangile*, voilà la toi du chrétien; c'est

.1 doii régler sa conduite, et non pas sur les erreurs qui se débitent, ni

: I monde. Son modèle, c'est Jésui-Christ.C/est de lui qu'il doit étudier les

luire dans son âme. Les vertus de Jésus-Christ, son humilité, sa pa-

t s i pureté, sa douceur, sa ch inlé, voilà le modèle sur lequel le chré-

' -, -ilinde perfectionner en lui la ressemblance avec Dieu et devenir ta

?;(^M naliuHii pravœ et pi'rcersœ sicut luminaria iu mundo. .Mnudala ejus

■ " l'i'i mm f'(Ht D'.iilieur-» l'Hccomplisspmçnl des préceptes de Notre-Seigneur et de

<rtàt-elle quelques difllcullés, ecc ego t 11 y est par sa grâce, il y est par l'Eu-

^ ^ s^. < w., ,,.,„. ,,.„..„.-. ,,uiser tous les jours la force. Du reste,:

ir meum ad faciendat juslificatioiiet tuas in œternum propter retri-

111. l.cx récompense» de It vie chrétienne sont en proportion avec sa dignité et la sainteté d)>.s devoirs qu'elle imuose, elles «ont ifrandea pour ce monde et pour l'autre.

1' .Vi'i-f.'^ '■ • ' ... .- ; eepenlant : PdCtfffi m^awi

/ ri<i nustra hœc est, testt-

I t'H r , __ . , ijuté à Dieu, rien de dou\

I ne la juie dune bonne conscience, rien de grand comme le m'épris de tout ce qui ,1 ', rien de consolunt comim» lit mort après une sainte vie. Pritiom in conspectu

■'. ' Du reste, le propre du Christian • laire mé-

:ineurs du temps, pour mériter c>- ailé. /t'au-

■ ...f/.-, ,,.,.,,.-,, ,..■/ in cœlii. I ' 'jusi-nL

In reliqn < . . . |«>ngues t

■/SO hOMlNfCAl.F.S

/.........<••. •) ..• »^. .••' fKi fuluram iiloriam. Haudetel Le corps est

ma resurrectio mortuorum, a dil Tcrlullnii.

^L-nt de leur litre de Chrétien, ceux qui ledéshonu-

leni par une cuuiiuite paieane. S^ytiz tiers d'élre les enfants de Dieu et de l'E^^lise. Vivez

d'une manière qui réponde à celte gloire Si filii et hœrede* : hœredes quidem Dei,

I ' ■ lulern Christi. Le monde n'est rien. In hoc nolite (jaudrre; sed fiaudete

'l'i vestrafcripta sunt in Cipli$!(Voir sur les premiers chrétiens les notes

'\19l. Premier Dimanche de Tannée. — Du/n fempus habemus operetnur fjnntim.{{'t\i.. vi. iO. 1.) Nécessilt'; rlc bien employer le temps (|iio iMcu nous donne. II. Moyens de bien l'employer.

I. \i'cessité. l"Z,e temps est précieuw. On [uend la peine de ramasser des pii'ccs il'or ; le iemps a plus de valeur ; jn^eons-en : I) par ce quil a coiîlé à .Ndiro-Seigneiir. Nos inicpiités crient de chacun de nous: reus est mortis. l'oiir nous tlonner le temps de faire pénitence et de nous sanctifier, il a fallu le sang de .Notre-Seigneur en croix, ef si nous abusons de la vie, Noire- Soigneur pourra nous dire : quœ utilitas insanr/uine meof

i) Par ce qu"en ont fait les saints, ils peuvent dire : Momentaneum et 1ère tribaUitioais /lostrœ œternum f/loriœ pondus operatur in nobis. Comme louis soulTrances, leurs mortifications, leurs humiliations ont vite fini! Huol bonheur, quelle gloire, quel rejjos il leur en reste! .\h ! s'ils pouvaient regretter quelque chose au ciel, ce serait de ne pas avoir assez souffert pendant les courtes annces de leur pèlerinage.

3) Par le désespoir <los damnés d en avoir abusé (i), et parce qu'ils en feraient s'ils revenaient sur la terre. Ah! aucune i)énitonce ne leur paraîtrait assez rude, aucune prière assez longue, aucune humiliation trop amère, poiu' échaj)pcr à leurs éternels tourments.

•t) Par ce que nous pouvons en faire nous-mêmes. Momentum a qtio pendet (Pternitas. Le moment présent est une semence, la moisson peut en être le ciel. Par un jour, par ime heure, par une seconde bien employés, nous pouvons recevoir le pardon de nos péchés, devenir les amis de Dieu, les héritiers de sa gloire. Un seul jour perdu devrait nous laisser des regrets mille fois plus cuisants (ju'une fortune man(]uée. On compreml, après cela, que les saints aient été avares de leur temps. Saint Liguori avait fait vœu »ie n'en pas j)erdre un instant, et saint Philippe de Néri n'en laissait pas échapper inutilement une i»arcelle : il avait coutume de dire qu'en perdant un quart d'heure par jour, ce cpiart d'heure, joint au sommeil et à d'autres besoins de la nature, faisait qu'il nous reste peu de temps poin* mériter l'éternité (2). Kn elfet ;

({) Pharaon, roi d'Egypte, vit en songe sept vaches grasses et sept épis pleins, et après, sept vaches nnaigres qui dévorèrent les autres, et sept épis vides qui consumèrent ceux qui étaient pleins. Il chercliail en vain la signification de ce songe, quand Joseph !a lui donna : les sept vaches grasses sont sept années d'abondance, qui feront place à sept années de stérilité : et il conseilla de faire provisions de grains, de vivres pendant les premières années, afin qu'on ne mourdt pas de faim dans les dernières. Pharaon suivit ce conseil ; mais le peuple toujours volage jouit des sept années d'abondance ; mais à la Hn de la première année de disette, il ne lui restau plus rien, il était obligé de tout vendre pour se procurer du grain. Ah ! quel ne fut pas alors le regret de ces insouciants! C'est l'image des réprouvés qui n'ont pas su profiter de la vie pour faire de bonnes œuvres. Pour eux désormais, tempus non erit amplius.

(i) « Quand tous avez un enfant qui fait ses études à l'université de Paris on ailleurs, si vous craignez qu'il ne dépense inutilement et mal à propos l'argent que vous lui fournissez pour son entretien, vous ne le lui donnez pas tout à la fois, mais petit à petit, au commencement de chaque mois; parce que si vous le lui donniez tout ensemble, il le jouerait ou le dépenserait tout d'un coup. Dieu a un si grand désir de nous voir faire un bon usage du temps, qu'il ne le dunne que peu à peu, par mois, par semaine, par jour, par heure, par moment; et ce qui est à remarquer, c'est qu'à chaque heure et à chaque moment, il nous laisse dans l'incertitude s'il nous en donnera davantage. Si vous écriviez à votre fils qui est à Paris: Epargnez l'argent que je vous envoie ce mois-ci, car peut-être ne pourrai-je plus vous en envoyer d'autre pour cette année, à cause des mauvaises alTaires qui me sont arrivées : ou il n'aurait point d'esprit, ou il le ménagerait soigneasemeot. Nous ne savons si après cette année il y aura du temps

l'iti-.Mli-.H I >iM.\.N< ili. Ml-: 1. .\>Nr;i.

2'^ Le temps est court, i) Far l'Ecriliire : Dies met velocius transierunt (/tiam a teuenfe tela succiditur... velociores fuerunt ciirsore... pertranres... sicuf aquila volans. (Job. Voir n^ H02.) f'mbrœ us nostrum. (Sap. h, 5.) Tempus brève est.dH saint Paul ; . ,.11. iii^K.n qu'il en lire: lielinuum est ut t/ui utuntur/ioc mundo, non utantur. 0 vous qui jouissez des honneurs, des plaisirs, des i.ivii- Mv .e inonde, vous les quillerez bientôt, n'y attachez pas votre cœm*. O vous qui soulTr'^z le mépris, la pauvreté, la douleur, consolez-vous, momentaneitm et levé tribulationia nostrœ. Le présent ne peut pas être long, ce nesl qu'un moment passager qui s'échappe en un clin d'œil ; le temps passé n'est pas long, car il n'est plus; l'avenir n'est pas long, car il n'est pas encore; les qualités dune chose supposent son existence, ce qui n'est pas ne peut pas être long; être tel ou tel suppose l'être. La robe que vous portiez U y a trente ans, et qui est détruite, n'est maintenant ni longue, ni large, parce qu'elle n'est plus; celle que vous porterez d'ici à trente ans, et oui n'est pas encore faite, n'est maintenant ni longue, ni large, parce qu'elle n'est pas en»:ore ; ainsi le temps passé n'est pas long parce qu'il n'est plus ; le futur n'est pas long, puisqu il n'est pas encore; le présent n'est pas long, car ce n'est qu'un point inrlivisible ; 'i) par lexpérience. Kiwa reste-l-il des années de notre vie et que nous en semble? N'est-ce pas un songe? L'avenir sera ce qu'a été le passé. El puis sur ce temps si court, combien en donne-t-on au sommeil ? etc.

3» Le temps est irréparable. {) par l'Ecriture : Non est reversio finis nostri. (Sap. u. 5.) (Juasi aquœ dilabimur quœ non rev^ertuntur. 2) Par les païens : Fuf/if irreparabile temptis. a dit Virgile. 3) Par l'expérience. Uni peut faire revenir son enfanie, sa- jeunesse, ses heures écoulées? I^e temps es» rapide comme l'éclair : si on ne le saisit pas au passage, c'en est fait.

(jiiar ' " ■■•- ...r,....Ts un mot, la première syllabe n'est déjà plus, quand

noii ide. — Quel malheur donc de ne pas prolilerdu temps

ipii .. .... , , uous pouvons faire un tel prolit. dont le cours est si

ra(>ide. «lont la perle est si irréparable ! Ah ! dum tempus habemus operefnin honinn Ncius diii sommes si ardents à défendre quelques pouces des liii! ift^qiii remuons ciel et terre pour conserver intact

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