‹ Le Prêtre dans le ministère de la prédicationChapitre 206 sur 416 · I>0M1NI(-AI,KS · texte numérisé non relu

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n'est pas seiilcmenl le plus court, il est encore le plus iiiauv.iis et connue la lie (le toute la vie. » fHussrET.) CI>i'avons-nous ù faire pour proOlcr du temps?

ll\)o. 11. Moyens d'en profiter. io'Ce qu'il faut éviter : l) de vivre en état de pèrhé (voir lOOo) : i) de satisfaire nos passions, même dans le bien (jue nous faisons, otnne tempus in t/ito non virtutibus desercimus sed vitiis, périt, est t/uasi non fuerit, saint Jérôme.

:i) De (jaspiller son temps, en ne faisant rien, ou en ne faisant que des choses inutiles, ou des choses bonnes, mais qui nous font néfrliger nos devoirs d elal; 4) de faire nos actions indilVérentes sans les raj)porlcr à Dieu: îi) (le faire nos actions, de remplir nos devoirs à contre-temps, et non de la manière et avec les circonstances que Dieu demande de nous. (Ij. Hélas! que d'hommes auront de sérieux reproches à se faire à l'heure de la mort, «piand ils se souviendront de la manière dont ils ont emplové leur vie. Q\ie\ compte Dieu leur en demandera! Que diriez-vous à un ouvrier à la journée qui aurait perdu seulement la moitié du jour?

2o ('e qu'il faut faire. \) liedimentes tempus quoniam dies mali sunt. On rachète le temps, non en faisant revenir les jours perdus qui se sont écoulés, ce qid est impossible ; mais en se repentant du mauvais emploi qu'on en a fait, en faisiinl pénitence. Te memineris iniquitatum nostrarum an tiquant m.

In poète a dit : Je pleure la perte des biens ; mais je pleure bien plus la porte des jours. Le souverain peut réparer la première; personne ne peut réparer la seconde. 2) Operemur bonum, hâtons-nous d'autant plus de faire de bonnes (vuvres, nue nous nous sommes attardés davantage à les entreprendre. Ln domestique qui a été négligent au service de son maître, peut

(t) On dil qu'Alexandre le Grand, en entendant les philosophes qai disaient qu'il y a plusieurs mondes, se mil à soupirer; et comme on lui en demandait la cause ; HélasI Uil-il, je m'afllige de ce que ces gens disent qu'il y a plusieurs mondes, et à l'âge où je suis, je n'en ai pas encore conquis un eoiier.

0 homme chrétien 1 si vous saviez combien longue est l'éternité, combien sont grandes, et en grand nombre les couronnes; combien riche est le royaume, ample et spacieux le nouveau monde qu'il vous faut conquérir, pour vous sauver, vous fondriez en Ifirmes, en considérant que maintenant k Vk-^t oii vous êtes, vous avez déjà passé la meilleure partie de votre vie, et vous n'avez pas encore gagné la moindre partie de ce royaume; ce n'est pas qu'il nous faille accuser la nature ou le Créateur de nous avoir donné une vie si courte, pour une entrepri>e de si longue haleine; non, car on nous répondrait avec Sénèque : Aort exiguum tempus habemus Sfd mullum perdimut Nous n'avons pas trop peu de temps pour faire notre salut, mais nous en perdons beau> coup, ^un ficcepimus brcvem vifam, sed facimus; iiec inopesejus, sedprodiyi sumus; magna vitœ pars elahitur maie ayentibus. Plusieurs personnes useat une bonne partie de leur vie à mal faire, d'autres en usent encore plus à ne rien faire; icais le nombre est bien plus grand de ceux qui l'emploient, presque tout entière à travailler pour autre chose que ce qu'ils ont à faire. (Le JEUftc).

Que pourrez-vous dire à Dieu au lit de la mort, lorsqu'il entrera en jugement avec vous, et qu'il vous demandera compte d'un temps qu'il ne vous avait donné que pour l'employer à le glorifier et à le servir. Lui direz-vous : Toute ma vie n'a été qu'un travail et une occupatiun pénible et continuelle? liélas! vous avez toujours travailh', et vous n'avez rien fait pour sauver votre âme : temps perdu pour l'éternité. Lui direzvous : j'ai établi mes enfants, j'ai élevé mes proches, j'ai été utile à mes amis, j'ai augmenté le patrimoine de mes pores? Hélas l vous avez laissé de grands établissements à vus enfants, et vous ne leur avez pas laissé la crainte du Seigneur en les élevant et les établissant dans la foi et dans la piélé : vous avez augmenté le patrimoine de vos pères, et vous avez dissipé les dons de la grâce et le patrin>oroe de Jésus-Christ : temps perdu pour l'éternité. Lui direz-vous : j'ai fait des études profondes ; j'ai enrichi le public d'ouvrages utiles et curieux; j'ai perfectionné les sciences par de nouvelles découvertes; j'ai fait valoir mes grands talents et les ai rendus utiles aux hommesT tlélas I le grand talent qu'on vous avait confié, était celui de la foi et de la grlîce dont vous n'avez fait aucun usage; vous vous êtes rendu habile dans les sciences des hommes, et vous avez ignoré la science des saints: temps perdu pour l'éternité. Lui direz-vous enfin : j'ai passé la vie à remplir les devoirs et les bienséances de mon état; j'ai fait des amis; j'ai su plaire à mes maîtres? Hélas! vous avez eu des amis sur la terre, et vous ne vous en êtes point fait dans le ciel; vous avez tout mis en œuvre pour plaire aux hommes, et vous n'avez rien fait pour plaire à Dieu : temps perdu pour l'éternité. (Massillu>.)

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réparer les injustices qu'il a commises, en travaillant ensuite plus qu'il ne doit; nous sommes domestici Dei: donc, aumônes, prières, pénitences, sanctification de nos actions; 3) bon emploi de nos journées, règlement de vie qui nous le fixe. Hfttons-nous! nous n'avons ici bas qu'une place d'emprunt dont nos proches nous chasseront demain. Le temps s'écoule ; l'éternité avance ; semons afin de récolter, l/abcille n'attend pas les frimas pour faire son miel: elle.part de grand matin, elle vole agile sur toutes les (leurs. Vade ad formivam piger. Si labnr terret merces invitet. Momentaneum t/itod rrufiat. iptertium quod delerfat (et vice versa) ; donc dies pleni iiiveniantur pendant cette année. Abjiciamus opéra tenebrarum, le péché ; sicut in die honeste ambu le/nus, etc.

ITtx;. N. h. On pourrait encore donner les souhaits de bonne année. (Voir n'> UliS.)

1707. Dimanclic «laiia roctaye de TEpiphanie. — C'est en France la solennité des Hois, on peut donc donner le sermon sur l'Kpiphanie. (Voir n" 210i et suiv.)

Ott à propos de l'Evangile : Stupebant omnes qui eum audiebant super pmdenlia et re$ponsîs ejus.

De la prndence.

Scientia tanrtorum prudentia. (Prov, ix. 10.) II n'est pas de saint qui n'ait pratiqué les vertus à un degré liéroïque. Or, saint Ttiomas nous avertit qu'il n'est point de venu parfaite sans la prudence. Les saints ont donc tous é\é des hommes prudents. Pour le devenir nous-mêmes, étudions : I. La nature de la prndence ; il. les molifâ que nous avons de la pratiquer; III. les moyens à prendre pour y réus<iir.

I. Salure de la prudence. La prudence est une vertu de l'intelligence pratique qui montre ce qu'il faut faire, ou ce qu'il faut éviter dans chaque circonstance, afin d'agir d'une manière droite. La prudence est donc la règle de toutes les actions et de toutes les entreprises humaines. C'est à elle à décider si telle œuvre est à entreprendre, ou à rechercher les moyens de la faire réu.ssir, à observer les circonstances favorables pour l'exécuter, et ensuite à porter l'homme à faire cette œuvre, après qu'il a jugé opportuns l'œuvre elle-même, les moyens et les circonstances. Ce n'est pas assez pour la prudence de savoir qu'un acte est bon en général, elle étudie chaque acte en particulier pour en régler la marche d'une manière droite et sage. Un pécheur est frappé d'une maladie grave. On l'apprend. II est grand temps de le ramener à Dieu. Le zèle porte avec raison à entreprendre cette œuvre qui, à ce moment suprême, ne peut être négligée paruneàme chrétienne. Alors la prudence cherche les moyens de la faire aboutir Elle en découvre plusieurs. On peut ramener cette âme, ou en allant la truuver pour lui parler de son état, on en avertissant le pri^lre de lui faire visite, on en priant un pirent, un ami, un médecin chrétien de la préparera la mort. Le souvenir du passé, l'expérience faite dans des cas semblables, l'inteiligence du vrai cùté de la question présente, de la silualioo d'esprit du malade, une certaine adresse à découvrir de> industries saintes, les conseils que l'on peut demander à quelqu'un sur les meilleurs mnyens d'aboutir, la prévoyance des résultats de lelie ou telle démarche, viennent ici an secours de la prudence pour découvrir les moyens d'amener cet'e conversion. Mais - - " -;s, la pru-

dence ne s'arrête oas là; elle examine quel est, vu les i malade,

etc.. cfi"' fl(>< rtifiyens qui sera plus efficace. Tour !■ , , <tu prêtre

réusv pour tel autre, le prêtre ne sera pas admis, si un ami, un médecin ne

lui fl les voie'^. Li priHenr*», en pç^int rfK diverj moyen», juge quel «era le

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\ !,-ririf-Tii iiii ii,:iri ; ' ;• pruiJijnor iiiii, riif la ( . , . ■ lemp*, ni

ens, ni de consulter. On va tr«ip vile et un devient imprutent et

qui ne sait pas, entre les moyens qui se prés< nteni, pi:)m'ner les

sorte qu'en emphyanl le premier qui se prêtent)

fait qu'un se liêsisie de ce qu'on a d'abord «lagrnu

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par «xcèâ i el Ut oe ionl pa« mvius funeste» ; ce »onl : le prudence de la cLatr qui ne

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juge des choses que d'après les intérêts du temps, et qui croit i)on et utile tout ce qui accroît la furlune, le crédit, les honneurs de ce monde, lors même que le salut en serait compromis. Cette prudence est la mort de l'âme; elle est terrestre, animale et diabolique, selon saint Rernard ; la ruse qui tend à ses tins par la fourberie ei la dissimulation ; on l'appelle dol quand elle se sert des paroles pour tromper le prochain, et Traude quand elle trompe par d^s actes, comme en se servant de faux poids dans les ventes, en faisant des mélanges injustes dans les marchandises; enfln la trop grande sollicitude des choses présentes ou de l'avenir qui ne laissent rien entreprendre de grand. Aussi, pour nous faire éviter ces vices, Notre-Seigneur nous a-t-il recommandti d'être prHd«M/s comme des serpents et en même temps simples comme des colombes.

II. Motifs de la pratiquer : \o Cette seul» exhortation de Notre-Seigneur devrait suffire pour nous déterminer à pratiquer la prudence ; mais que de fois le Saint-Esprit lui-même nous recommande celle vertu. Qui festimts est pedibus offendet. (Pnov.xix, j.) Videte quomodo mute ambuletis non quasi insipientes, sed ut sapientes. /Eph. v.<5.) Fili. sine consilio nihil facias et post fnctnm non pœnitehis. (Ecci.i. xxxii,24.) Palpebrw twr pra-cedant gressus tuas. Dirige semilam pedibut tuis. Ne déclines ad de.rteram, nec ad sinistram. (Hhov. iv, '25, il.)

i' L'excellence de cette verta doit nous la rendre chère. La prudence est le complément de toutes les vertus morales, d'après saint Thomas. Saint Ambroise la compare avec raison à une source limpide dont les eaux donnent aux autres vertus qui sont les fleurs dont se parent nos âmes, toute leur fraîcheur et toute leur beauté, et c'est ce qui ressortira encore mieux,

8» De la nécessité de cette vertu. Enlevez la prudence, dit Bernard, et rirtus vilium erit. Toute vertu, en effet, doit se tenir dans un juste milieu entre deux vices contraires. C'est ainsi que la libéralité lient le milieu entre l'avarice qui ne donne rien et la prodi* galiié qui dissipe tout ; or, c'est la prudence qui trace k la vertu cejuste milieu. Si donc elle fait défaut, l'homme tombe h droite ou à gauche en s'écartanl du droit chemin. Aussi dans une conférence célèbre des anciens moines sur cette question: Quelle est la vertu la plus nécessaire 1 diverses opinions furent exprimées, et saint Antoine avec sa haute autorité dit que la prudence est la plus nécessaire des vertus morales. Combien qui se sont égarés en s'appliquant imprudemment à certaines oeuvres saintes, sans se laisser guider par los bons conseils, ni par les règles de la prudence î Combien surtout se perdent en s'exposant témérairement aux occasions du péché, en se lançant dans un état pour lequel ils n'étaient pas faits I La prudence, le cocher sage des autres vertus, ne les guide plus; ils roulent dans les précipices. Comme un vaisseau sans pilote, ils vont se briser contre les écueils, donc soyez prudents comme les s:erpents.

III. Pratique de la prudence. Pour l'acquérir : <» Il faut la demander à Dieu. On peut bien sans Dieu avoir une certaine prudence humaine qui fait qu'on ne s'aventure pas dans les affaires du monde ; mais la prudence cbrc'ticnne qui dirige nos pas dans le chemin du ciel, vient de Dieu. Si quis indiget snpienlià postulet à Deo. Aussi Tobie disaitil â son fils : Omni tempore pete ab eo ut rias tuas dirignt. (Ton. iv, 10.)

2" Il faut réprimer les passions qui obscurcissent l'inlellitrence ; et l'intelligence est le siège de la prudence. Aussi voit-on que des hommes, d'ailleurs doués de grandes qualités, sont tombés dans de grandes imprudences par suite de leur attachement aux plaisirs ou aux biens de la terre. C'est ainsi que la passion qu'il avait pour Dalila, fit tomber entre les mains de ses ennemis, Samson que Dieu avait <loué d'une force prodigieuse. C'est ainsi que les présents égarent les sages et ne les laissent pas juger selon les règles de la justice.

30 U réflexion. Celui qui ne réfléchit pas ne profite pas de l'expérience, et ne fait rien selon la raison ; il ne prévoit ni les suites de ses paroles, ni celles de ses actes. Pourtant l'homme doit rendre compte à Dieu, non seulement de ses démarches, mais même d'une parole inutile. Il faudrait donc se demander avant chaque action, comme le conseille saint Bernard : Primo an liceat. deinde an deceat; postremo an expédiai. Et dans un autre endroit, le même saint Docteur veut que les paroles elles-mêmes bis ad limam reniant quam semel ad lingaam. En elîet.quelles funestes suites peut avoir une parole lancée sans réflexion I

4* Savoir consulter et suivre docilement un bon coaseil. Lors même qu'on est vertueux, on porte toujours en soi un fond d'amour-propre qui incline à faire ou à dire ce qui plaît ou ce qui est avantageux, plutôt que ce qui est bon en soi. On est rarement bon juge dans sa cause. Un conseiller sage est plus désintéressé que nous dans ce qui regarde notre conduite. Aussi le Saint-Esprit dit-il : Qui confidil in corde suo stultus est, et Tobie disait à sob fils : Consilium semper à sapiente require. Moïse le plus saçe des hommes n'hésita pas à suivre docilement les conseils que Jéihro son beau-père, qui était un païen, lui donna de se reposer sur des vieillards du soin d'une partie du gouvernement du peuple de Dieu. Ah I que d'amertumes, que de déceptions, que de chutes on s'épargnerait, si on suivait les conseils d'un directeur, si on prenait la peine, avant d'agir ou de parler, d'invoquer le Seigneur, de réfléchir, et d'écouter non la passion, mais la raison et la lumière de la grâce. On échapperait ainsi aux abîmes dont est bordée notre route à travers la vie et on aboutirait, guidé par la prudence, au bonheur du ciel.

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17:'."*. Ailire pluii. — on iiien n nropos <if i rioijc qui itmic i i,ii!;int Dion aux Itois i\o lOiicnt et fi^'ure la clarté de la foi qui illumine leur os[iril, jwrler «le la toi i|iii nous révèle Jésus-(;hrist avec (juclque obscurité ; luais qui nous conduit au bonheur de le cfintcnipler un jour à découvert ilans le ciel. Les rnaftes sont les prémices dentre les infidèles appelés à la loi. Leur vocation a été' le prélude de fa nôtre. «Jomme eux, crovons lermemenl : car pour nous comme pour eux la foi est nécessaire et elle est certaine. (V. n"> 76i ou i073.»

{''sY.}. II"»< Dimanche après rEpIplianie. — Fête du saint Nom de Jésus. (V. n" 2(17(1.)

18(M>. Antre plan. — A propos de i'Kvangile : yupiiœ factœ sunt in Cana (ialHeœ. parler de ces heureux époux aux noces desquels assistèrent Jésus et Marie.

'."est là l'idéal d'un ménage chrétien que Jésus et Marie protègent. ()li ! ijuelle famille de bénédiction que celle au sein do laquelle Jésus et Marie ont leur plare. d'où Jésus n'est jamais banni par le péché, parce qu'on y observe parfaitement la loi de Dieu. Parents chrétiens, vous êtes les chefs de la famille, c'est donc à vous à y faire régner Notre-Seigneur en observant bien tous vos devoirs que nous allons vous rappeler. (V. n" 501 et suiv.)

1801. Autre plan. — On pourrait aussi parler de la foi. comme au 20"'' Dimanche après la Pentecôte où ce sujet revient. (Voir ce dimanche, n'J 2073.)

1802. Antre plan. — On pourrait encore de préférence parler en ce •our de la tiédeur.

Tiédeur.

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