DIMANCHK. — DE LA PROVIDENCE
Autre plan, d'après Bourdaloue. — lie, ostendite vo$ sacerâotibus. Ces lépreux guéris et obligés de se montrer aux prêtres, nous représentent les pécheurs appelé» au tribunal de la pénitence pour y confesser leurs péchés et y être absous.
Ditiiiun. Par rapport au passé, la confession est le moyen Id plus efficace et le plus puissant que la Providence rous ait fourni pour efTacer le péché : première partie. Et, par rapport à l'avenir, ta confession est le préservatif le plus infdillib e et le plus souverain pour nous garaniirdes rpct<utes dans le péché, deuxième partie.
I. Par rapport au passé, la confession est le m<>yen le plus efficace et le plas paissantque la Providence nous ait fourni pour effacfr le péché. D'où tire-t-elle celte vert a ? \o de la volonté oo du don de Dieu ; i^ d'elle-même et de son propre fends.
10 D« la volonté ou du don de' Dieu. Un moyen de pénitence et de salut n'est efficace qu'aniani que Dieu veut l'accepter; or, il a voulu et il veut accepter, pour la rémission des péchés, la confession. £n quoi Dieu fait surtout paraître (eux de ses divins attributs : sa grandeur et sa bonté. Sa grandeur, remettant le péché en souverain et sans observer avec nous toutes les formalités d'une justice rigoureuse ; il lai suffit que nous nous reconnaissions coupables. Sa bonté, exigeant de nous si peu de cboFe, et se contentant, pour nous parionner, dn simple aveu dn notre péché et da repentir de notre cœur. Miis. dit on. c'est à an homme qu'il faut faire cet aveu. — Il est vrai, c'est à un homme, mais à un homme tenant la place de Dieu, et le ministre des miséricordes de Dieu. Est-ce donc là une condition difficile, eu égard à la grâce que flOQS obienons ?
2* D'elle-même et de son propre fonds, car la confession do péché fait trois choses Jes plus capables de gagner le cœur de Dieu. \) Elle humilie le pécheur et, par là, lai arrache jusqu'à la racine du péch<*, qui est l'orgueil. D fTérence entre l'esprit de l'hérésie et rfSf>rit de la vraie Religion. Comme l'esprit de l'hérésie est on esprit d'orgueil, :i n'a pu != ulTrir la confession des péchés aux prêtres; d'ailleurs illusion de ceux qui fuien' ia confession par la honte qu'ils y trouvent, et de ceux qui voudraient ôter cette > te aux pénnenis. i) i^ confess'on excite en nous la douleur et la contrition du péché : ' ir rous ne comprenons jamais plus vivement la malice du péché que lorsque nous en fi.s >ns la déclaration au tribunal de la pénitence; hors de là nous n'y pensons pas oa n us n'y pensons qu'à demi. 3) Enfin, il ne tient qu'à nous que la confession ne comriJi^^iice deji à expier la peine du péché, et qu'elle ne nous serve de satisfaction pour le péché; car dés qu'el'e nous est pénible et que nous y sentons une répugnance qui nous Ole \ «iirm nier, nous pouvons nous en faire un mérite auprès de Dieu. Aussi saint - craint de dire que la confession du p^'clié est l'abn^sTé de toutes les de Dieu contre le péché : Omnium pœnarutn comi>endium. '• ''".venir, la confession esi le pn'servaiif le plu» lufaillihle et le plus iiantir des rechutes dans le péch4. t'.eci se vénlie, en considérant ;> '-nce sous trois rapports : i'* par rapport à Jésus-Christ, qui en
est 1 auteur; Z« par rapport au prêtre, qm en est le ministre : 3* par rapport à nousmêmes, qui en sommes les sujets.
i» Par rapport à ié> ^' ' '.ce que le sacrement de p'nilence? C'eBl une de
ces sources de grades n mourant fît c<>uler de son sacré coté. Mais
Joelles grâces sont par,. ^ ;:ichées à la confession sacramentelle? Des grâces e défense et de soutien. Dieu veut que nous allions recueillir ces grâces dans son sacrement : et de là il s'en suit qu'on chrétien qui quitte l'usage de la confe.ssion, renonce aux grâces du salut les plus essentiel es, qui sont les grâces de précaution contre le péché, et que plus un chrétien s'approche du saint tribunal, plus il se fortifie contre la \<"":- -
lu Prêtre : car le Prêtre, en qualité de ministre choisi de Dieo, a une t^' ' pour la direction des âmes et pour les maintenir dans la voie de la
jusiice cliiéueiine. Kt. en efT>*i, que ne peut point sur nous un directeur prudent et lélé, en qui nous avons coi.iixncef Erreur ou mauvaise foi de ceux qui ne veolent prendre d'on confesseur nulle règle de direnion.
'.i> Par rapport h noiis-iiiCmr» : rpt(»érience nous apprend que la confession est un
frKin I r arti-ii' r^ -c . .■ n <■< i< M' r.(»rimer SCS désirs criminels. Celle seule pensée:
paraître au tribunal de la pénitence, est capable
~is occasions A'i coniraire, rj-nnrl «ne fois on a
n, en que - me»
r I me dira ", n ;
ni.-li^ -jr .,w..i lie J/ÏUI-...I (/oS abuser? l.Uid,.. ..u:> n..^ awu.-. Cl V.W 11 ^ t 1 . ' i u » iu.-.nf,<. ■!« la
confession.
>:t. QnMforzIème dimanche. — Aemo p<)te*t duohxu dominîs
.rf.. (I.os lioiix >lcii(laiils. I2;<H).
io:>i. Antre HUjet. — Lu l'ruviilence.
I. Wyons op ipif la foi nous enseigne sur la Providence. II. Répondom aux objections <los itnpies contre celte vérité. II!. Etudions nos devoirs à I égard de la l'iovidence.
y^O DOMIMCALUS DK LA PENTECOTE
SOriri. I. Il ij a une Providence. \' I/F-lcriliire nous l'enseigne, voyez an mol Prnviilentia les Senlentiœ et eremp/a bibiica, et IKvangile du jour.
2* Vnv les Saints l'ércs, Ta>n pater nemo, dit de Dieu ïerlullien ; et il 'iornit sti|iorllii do citer leurs écrits quand les païens eux-nitinos et les phii.'s irn[iies du dernier siècle, comme Voltaire et Kousseau, ont rendu ints lénioipnages »i celte vérité. Du reste, comment en pourrait-il Atre autrement? (i) i^w'x, s'il croit en un Dieu créateur de tout, serait assez furieux, dit Salvien, pour nier «ju'il gouverne tout? Ouel est l'ouvrier qui n'a pas soin du vase d'argile qu'il a. pétri et ne le préserve dos chocs qui le pourraient briser? Oiiel est le laboiu'eur qui ne veille pas sur la semence qu'il a jetée dans le sillon, |»our en arracher l'ivraie, pour l'arroser à temps? Ourd est le roi qui ne veut se rendre compte de ce qui se passe jusqu'aux extrémités de son royaume? Kl Dieu ne s occuperait pas de ses créatures? KsI-re qu'il ne le pourrait pas? alors où serait sa toute-puissance? Est-ce (ju'il ne le voudrait pas ? mais alors où seraient sa sagesse et sa bonté ? Dire tpie Dieu néglige son ouvrage, c'est lui faii-e une plus grande injure que si on nie son existence. Plutarque disait qu'il se tiendrait pour moins offensé, si on disait qu'il n'a jamais existé, que si on l'accusait d'avoir été vicieux c( d'avoir négligé sa famille. Si cesl outrager un homme que de lui faire un tel re[)roche, qu'en est-il de le faire à Dieu? De Dieu dépendent tous les Mres, de telle sorte qu il est impossible qu'un seul d'entre eux se soustraie au gouvernement divin, comme le dit saint Thomas. Il n'est pas nécessaire qu'un ôtre existe ; mais supposé qu'il existe, qu'il soit grand ou petit, il est absolument nécessaire qu il soit gouverné par Dieu, conservé par Dieu, dépendant de Dieu, comme le rayon dépend du soleil, comme 1 image du miroir dépend de l'objet qu'elle représente ; et cela dans tous ses actes, de telle sorte que tous les actes des créatures, excepté le péché, dépendent de Dieu, de son action, de sa volonté. Par conséquent, il n'y a point de hasard, d'accident par rapport h la Providence qui gouverne, qui dispose tout, les animaux, les plantes, les venls, les tempêtes. If/nis, t/rajufo, riijc, glacies, gjtiritits procellarum quœ faciunt i^erbian ejus, qui producit ventos de f/tesait ris suis, qui dat nivem sicuf lanam. Dieu ne peut être l'auteur du itéché, qu'il abhorre : mais il est l'auteur de la liberté, il supporte l'abus que l'homme en fait, plulôt rpie de la lui ravir ; car il est de sa dignité de ne |ias être servi par conli-ainte, et il est de la dignité de l'homme d'ôtre libre et non esclave. .Mais du péché même, Dieu dans ses ressources infinies sait tirer le bien et il fait servir à ses desseins ce qui est contre ses desseins. Le pilote se montre surtout habile, quand il se sert des venls contraires pour entier ses voiles et faire voguer son navire. Un général se fait admirer, quand il fait servir à sa victoire le vent et la poussière, en donnant un poste convenable h ses troupes. Celui qui a donné ces industries à ses créatures, en a infiniment plus à son service ; et il fait réussir à l'accomplissement de ses desseins lout ce qui est contre ses desseins. Les frères de Joseph, pour empêcher (ju'il ne les gouvcrnAt, le vendent comme esclave ; et Dieu se «eri i\o
(\) « Le genre humain, en donnant sa foi au gouvernement delà Providence, <« uù Lacordaire, cède à la clarté d'une loi générale dont il est partout l'acteur autant que le témoin. Tout être sur la terre, mêm-i les poisons et sauf les scélérats, nous apparaît sous la forme d'une activité bienfaisante, et plus l'être s'élève, plus il répand autour de lui le parfum et la semence des biens dont il a le trésor. \jn éire inaclif est une chimère, et une activité qui ne se verse pas en bienfaits est un monstre. Comment donc l'Etre infini, J'I-Lire créateur, l'Etre seul qui ne perd rien en se donnant, comment Dieu, le monde une fais créé, cesserait-il d'être actif à noire égard? et comment, s'il re«te actif, nous dispenserait-il autre chose que la lumière, la force et l'amour, en qui se résument tous ses attributs? Mais la lum-ère illumine, la force soutient et combat, l'amour échauffe ce qui est déjà illuminé et resserre dans une étreinte puissante ce qui est djà fortifié ; or, être éclairé, soutenu, proiég^^. embrassé, c'est être gouverné. Ou Dieu se tait à noire égard, ou il nous gouverne : c'est l'un des deux. Mais dire qu'il se tait, dire qu'il s'enfonce loin de nous dans son inaccessible essence, spectateur à peine carieux de nos elToris et de nos maux, c'est i'accuîer d'être moins utile qu'une goutte d" pluie et moins généreux que le calice d'une fleur; ni la pluie ae regarde sa fécondité, ni la fleur son baume. »
tr l»lMANCHi;. — DE LA PROVIDENCE 921
iHiren faire l'intondant de Pharaon et le gouverneur de ses
M'culions ont fait les martyrs (i).
iw.,.i. I, .NiMi-ience ne nous fait-elle pas voir de nos yeui, et toucher du
doigt, la Providence, dans l'hannonic du monde, dans le mouvement des
astres, dans la succession des saisons, dans le brin d'herbe et dans le ciron
fi) Pourquoi Dieu sopporle-t-il les méchanis? Et un roi ne lai.tset-il pas vivre dans les galères des malfaiteurs qui ont mérité la mort. Un médecin habi'c ne recourt pas loujour? RU fer et su feu ; il préfère des remèdes plus doux. Vous êtes cultivattnr, ponri! z vous dans votre vigne des échalas qui ne portent point de raisiiis ; et
dans , des hbies d'épines qui ne produisent point d'épis; les échalas sou-
tienne, wo ... ..ins et les aident i mûrir, et les épines garantissent tes épis de la dent des animaux. Les méchants mûrissent ta vertu des bons qu'ils exercent, et les préservent par là même de la morsure du serpent infernal. Si vous êtes peintre, pourquoi mettez-vous du noir dans un tableau ? Pour faire ressortir les vives couleurs. La vertu des ^lusest plus éclatante parmi les vices des méchants. Omnis malus, dit saint Augustin, aut ideo viril ut corri(jatur ; aut ideo vivit nt per eum bonus exerceatur. Ces hommes qui nous persécutent peuvent un jour, comme saint Paul, devenir des vases d'élection et rendre service à la cause de Dieu. Dieu se comporte envers les pécheurs comme David envers Saùl. David était encore sujet de Saiil : néanmoin.% comme il était vaillant et aguerri, comme il avait tué le géant Goliath et défait en bataille plusieurs Philistin*, .Siiii commença à le craindre. Satjl craignant donc que David ne le supplantât et ne lui enlevât la couronne, commenie à le persécuter avec tant de passion qu'il assemble une grosse armée, le poursuit dans le désert, le cherche par montagnes et vallées, pour le faire mourir. Or il arriva un jour que Saiil étant campé en la solitude de Gabaon, et étant las et accablé de fitigue, s'endormit, lui et toute son armée, et même Abner, son favori. David, qui n'était guère loin de là, s'étanl aperçu du profond silence qui régnait dans le camp de l'ennemi, s'en vient épier ce qu'on y faisait, avec on de ses favoris nommé Abysal ; quand ils voient que le roi et toute sa suite sont ensevelis dans le sommeil, Abystï dit à David: Eh bien I c'est maintenant que Dieu a mis voire ennemi entre vos mains, il ne tient qu'à vous que vous ne soyez aujourd'hui roi ; vous platt-il que je lue Saiil qui vous persécute 7 Si nous ne profltuns pas de cette belle occasion, nous ne la retrouverons pas si aisément. Gardez-vous-en bien, dit David ; J'aimerais mieux perdre la vie que de permettre qu'on ftt le moindre mal au roi, qui est i'oiot du Seigneur ; il ftut Iai8.<«er faire Dieu I quand il lui plaira, il fera connaître à Satil le tort qu'il me fait en me persécutant sans cause : de sorte qu'ils ne firent point de mal à Seul, ni à aucun de ses i^ens ; seulement, pour lui montrer qu'il avait eu sa vie en sa puissance, David lui prit tout doucement une lanoe et une coupe qu'il avait auprès de lui, et puis se retira sur \n montagne voisine. Quand ils furent au sommet et qu'ils se virent en sûreté. David s'écria à haute voix : Eh bien! Abner. tu es un habile homme et que tu veilles bien à la défense de ton prince I regarde, on lui a pris sa lance et on a eu toute facilité de le mettre à mort. Quand le roi .Saiil entendit cette voix et ,1,/ I v,i I» ,i:,r,,.pr qu'il avait couru et la clémence que David avait exercée envers lui, .tlendri qu'il s'écria en pleurant : N'est ce pas vous que j'entends, mon i s un insensé de vous persécuter, retournez, je ne vous ferai jamais de
mal , véllUt>!elu^nl, vous avez bien montré que vous êtes plus sage que moi, que ma vie vous est plus chère que je ne pensais ; j'ai mal fait, je me repens de vous avoir ainsi pour«uivi. '' l'ricorde que David fit à Saul n'é'ait rien en comnarai-
son de celle de ,rd. si vous considérez sa patie/ice et sa longanimité
invincible; il fau , . .. êtes plus »ndurci que Saiil, si vous ne pleurez et si
vous ne faites pénitence. Sani était déjà réprouvé de Dieu et néanmoins il est louché et émo ; voyant tin de ses stijets qui ne l'avait pas tué, il confesse sa faute avec
• ne le plus persécuter. Pleurez, pleurez donc comme eu ; il n'est pas votre sujet comme David l'était de luverain ; vous ne cp"' " •' ■'-• qu'il vous Ole la vie , et cependant vous le vous l'ofTensez, vous
i-il fait ? en quoi a-t-i: :• vous le persécutiez
de ia .sorte .' L a luuji.uro votre vie entre ses mains ; il a toujours le pouvoir de vous précipiter aux cnfern ; il peut à chaque moment vous perdre et vous anéantir ; et s'il voulait croire sa justice, qn ' urne Abysal, il l'aurait déjà fait il y a
longtemps ; mais non, il v<< eu de vous mettre à mort, il est près
de mourir pour vous ; il vou. . , , re lance, ceiip s.inii' res biens temporels, ces forces cornorelles, cet enlani qui est cause que v<n, C'est la lance et la flèche svec l.'»(!ii(>|ie von» le persécutez, il vous les Ate ni- :i"ur voo'» montrer ly i.^sance et que toutes ir> s'il ■• VI. us nuire. Pleurez
Peccu:.. ..,.;,..;,, 1 :,".,■ — i-. . ..-,
d'olTrnser un si bon Hieu. » u«
misérable et un ingrat : iu <. (Ut
Jku.m.)
qui ronge un bois vermoulu. « Ouvrez donc les yeux, ù mortels, c'est Jésus- (Jhrisl qui vous y exhorte. Contemplez le ciel et la terre, et la sage économie <le cet univers. Ksf-il rien <le mieux entendu que cet édifice? Kst-il rien de mieux pourvu quc^celle famille? Ksl-il rien de mieux gouverné que cet empire? Celle {Hiissance suprémo^, qui a construit le monde et uiu n'y a rien tait qui ne soit 1res bon, a fait néanmoins des créatures meilleures les unes que les autres. Klle a fait les corps célestes qui sont immortels; elle a fait les terrestres qui sont périssables; elle a fait des animaux admirables par leur grandeur ; elle a fait les insectes et les oiseaux, qui semblent méprisables par leur petitesse ; elle a fait ces grands arbres des forêts, qui subsistent des siècles enliers; elle a fait les fleurs des champs qui se pas-sent du malin au soir. Il v a de linégalité dans ses créatures, parce que cette même bonté, qui a donné létre aux plus nobles, ne l'a pas voulu envier aux moindres. Mais depuis les plus grandes jusqu'aux plus petites, sa Providence se répand |)artout. IClle nourrit les petits oiseaux qui I invoquent, dès le matin, par la mélodie de leurs chants; et ces (leurs, dont la beauté est sitôt llétrie, elle les habille si superbement durant ce petit moment de leur être, que Salomon dans toute sa gloire n'a rien de comparable à cet ornement. Vous, hommes, qu'il a faits à son image, qu'il a éclairés de sa connaissance, qu'il a appelés à son royaume, pouvez-vous croire qu'il vous oublie, et (pie vous soyez les seules de ses créatures sur lesquelles les yeux toujours vigilants de sa Providence paternelle, ne soient pas ouverts? Nonne vos magis pluris estis iilis^ (Math., vi, 2t!.) iN'êtes-vous pas beaucoup plus queux ?
« Regardez le corps qu'il vous a formé et la vie qu'il vous a donnée. Combien d'organes a-t-il fabriqués? Combien de machines a-l-il inventées? Combien de veines et d'artères a-l-il disposées, pour porter et distribuer la nourriture aux parties les plus éloignées ?» (Bossikt.) Rappelez-vous votre propre histoire. Quels bienfaits n'avons-nous pas reçus de cette Providence paternelle, dans notre enfance, dans notre jeunesse, que n'en devons-nous pas attendre! Nos maux, par la miséricorde de IMeu, u'ont-ils pas même servi à nous détacher de la terre et î\ nous ramener à Dieu? .\ussi Aristote, le prince des philosophes païens, dit -il rpie celui qui demande «les preuves de la Providenre, mérite non qu'on lui réponde, mais qu'on le fouette.
2l)r»7. II. Cependant les impies, pour qui tout est ténèbres, ne laissent pas (l'objecter contre cette vérité. (Voir n. 7«î0, note c.) 1" Qu'il ne convient pas à Dieu de s'occuper îles mouches et des cirons et (pi'il ne pourrait sulïire à la multitude des créatures. .\h! ils jugent Dieu rl'après leur petit esprit. Saint Augustin, mieux avisé, a dit de Dieu qu'il n'était pas plus grand <lans les grandes choses, ni qu'il n'était pas plus petit dans les nioimires. Partout il est Dieu ; et sa puissance cl sa sagesse sont aussi admirables dans r<pil d'un moucheron «pie dans les défenses d'un éléphant, dans l'hysope qui croît sur les murs que dans le cèdre du Liban, .\rislitte a dit : nulla res adeo vilis et parva eut in nnturu. (/un non liceat spectare alif/uod divinum et ailmiratione dii/num. Si (.'a été une <puvre d'um* puissance et d'une sagesse infinies de créer tous les êtres, c'est d'une puissance et d'une sagesse égales de les conserver et de les gouverner. — L'homme s'abaisse en s'occupant de petites choses, mais le soleil garde la [lurcté de ses ravons en séchant la boue, comme en faisant briller un lingot d'or précieux. L'iiomme ne peut s'occuper de tant de choses à la fois ; car son intelligence est bornée. Ce[>endant ceux qui embrassent beaucoup, sans rien négliger, méritent tous nos éloges. Qui n'admire Philippe, roi de Macédoine, qui s'occupait des harnais des montures de ses soldats ? Milhridate, de ce qu'il parlait aux soldats de vingt-deux nations difTérontes, dans la langue de chacun d'eux? César, de ce qu'il dictait en même temps des lettres à sept ou huit secrétaires? Kl en le faisant, il était sans doute moins embarrassé qu'un paysan ne l'est pour faire une seule lettre. S'il est des hommes dont rinlelligenfe est si vaste, qu'ils font sans effort tant de choses, qu'en esl-il de Dieu dont l'intelligence est intinie? Aussi est-ce sans peine, sans sollicitude, qu'il gouverne toul. âo Pourquoi des êtres inutiles ? Qui vous a dit qu'il y en a d'inutiles? Vous ne savez pas à quoi tous les êtres servent : mais s"ensuil-il qu'ils ne servent à rien? Quand on ne sait pas tout, il ne faut pas dire ce qu on ne sait pas ; si on en parle, on fait
l-i« DIMANCHE.— DE LAPROVIDENCE 923
comme is d'une grande ville qui, en Iravei-sant les campagnes,
se niMci- mer sur ragriculture, qu'il n'a jamais étudiée ni pratiquée,
des lerons à un laboureur. Ce dernier sourirait de pitié, lui qui connaît son champ et ses produits. Si nous avions la science du premier homme avant sa chute, nous saurions (ju'il n'est pas un être qui ne serve ou à l'homme, ou à un autre être au service de l'homme. L'herbe de la prairie ne vous sert pas à vous ; mais à ces animaux qui vous nourrissent. Les moucherons font la pAture des petits oiseaux qui vous réjouissent de leurs chants.
Les animaux sauvages et nuisibles eux-uiémes sont utiles pour nous chAlier, si nous ollonsons Dieu, comme les verges sont utiles pour contenir ua enfant rebelle. La diversité des conditions est utile. Elle lait que les hommes se rendent service les uns aux autres; et elle répand dans l'univers cette variété qui en fait la beauté. A un tableau, il faut des ombres. Rien de triste comme une plaine immense, ou il n'y aurait que des productions de même nature ; I'dl'iI en serait fatigué ; pour se reposer, il rechercherait quelque montagne dans le lointain. Si tous étaient pauvres, à qui recourir ? Si tous étni • ' ••- 1 '^<;, à qui feraient-ils l'aumône? Les maux de ce monde servent à m.- 1.
:; 1 |..ui les justes souffrent-ils, tandis que les méchants triomphent?
Si votre entant n'avait jamais vu de vin, il murmurerait contre vous, quand il «nii-; vci iiil mettre sous le pressoir ces belles grappes de raisin. Ne vaudr:i I lieux, dirait-il, pendre ces beaux fruits à un plancher? 11 ne
pr.- . .s que ces raisins ne tarderaient pas de pourrir, ainsi suspendtis ;
tandis que dans le pressoir, ils feront un vin délicieux qui se conservera longtemps et qui réjouira toute la famille. Le père le sait ; et c'est pourquoi il foule ces raisins sans pitié.
Dieu sait (pie la vertu des bons s'affermit dans l'épreuve, c'est pourquoi il ne leur ménage pas l'adversité ; et il fournit ainsi à toute l'Kglise un breuvage généreux (pii Ta forlilie. Combien qui ne croiraient pas à la religion, si elle navait pas eu de généreux martyrs? Combien qui se désespéreraient dans le malheur, s'ils n étaient soutenus et l'ortittés par la patience de .lob et des Saints? Le laboureur jette en terre le plus pur de son froment, afin qu'il y
fiourrisse et il rentre avec joie la paille dans ses greniers. Il sait ce qu'il fait, le roinent jeté à terre prépare une moisson; ainsi fait Dieu quand il éprouve ses élus, il leur prépare une moisson de luérile. Kt puis nous voyons les so ."^ les justes et nous ne voyons pas leui-s consolations. Les méchants
lu \nian triompha aussi.* Kl c'est parce qu'il était arrivé au faite
d. . que sa chute lut plus rapide et plus profonde. Et puis que
(I 1 ileurs que nous ne soupçonnons pas dans ceux qui jiaraissent
hou.. .^. .Ion le m(»nde ! I '^^ "f .r,,is pleurs dans les grandes maisons, a dit Bossuet.Les méchants 1 en jouissant des biens d'ici-bas, lanilis
,|n>' l.-; in».! PS en sont pri\- . .c Ict.on pour nous dont nous avons grand
b» - tenons aux biens du temps ; Dieu n'en lait pas tant <le cas,
pui , > donne a ses ennemis (1). Les méchants, d ailleurs, ne sont
(1) « Dans une grande maison, ce qoe- l'on réserve aax enflnts est loojours le plus
Îirécit-ux; et re que trs Arrviteurs peuvent avoir de eummun avec eox est luojoara e noin» imporiani. Nous somines les enfanis 'e Dieu et les tnt^chanis n'onl pas sealemenl l'honneur d'élre nommés ses esclaves : Ce sont ses ennemis et les victimes de sa farenr. Et néanmoins les pi i!<irs et les grands avantages, après lesquels les mortels abusés ne cessent de soupirer, s'^ni presque pour l'ordinaire en la possession des fflé< chants. Soohaitez-vous des richesses? Vous n'en aurei Jamais plus que Crésus. Les délices? Voo^ n>n aurrr jnmsi^ plus »loe Sirdinfipaie. le pouvoir? Vous n'en aorej jamais [■ riumam et n^^anmoins les mal- 1res du : uine, le crédii des bi-aux arts ont '■■^ - ..... ->..... V .., V..,. .i,t
in -•
sidérfi que ii«<tucoup de nié< ti«(its po8»èJeal tous rts dVit()iii)(t'» h > c .'-t
pour lequel vous servez Dieu? Vos pird» chancfllfroni-ils, el croirei v<. co
en vain, lorsque v. ' ^ ; ' pas. lous ces d . i^ |ui ,..us
manquent? Ainsi < némes.et il »e réserve, lui seul
pour !p« hnns » M i.ivres el par raxpérirnce q««
021 DOMINICALES DE L\ l'BNTECOTB
jamais enlièrcment pervers : ils ont quelques vertus naturelles peut-être, ou du moins ils font «les fifles bons, des ades de iovaulé, «le justice, de bienfaisance, il est juste que Dieu les récompense pour cela; il ne leur donne pas le ciel on retour; car ils ne l'ont i)as mérité, il leur donne des biens tem[iorels. Ou bien c'est par mi jusie cbûtimenl (pi'il les laisse dans leur prospérité, jusqu'à riieiirc du chAliment suprême qu'il leur réserve. Il n'est pas si pressé que nous. Il a l'éternité pour lui : si sa justice vient à pas lents, r'est {tarfois aussi parce quelle porte une lourde charge «le chAtiments (i). Ainsi donc les objections des impies contre cette vérité, ne viennent
Diea est près de ceux qai sont dans la tribiilalion : Humilia respicit. Bcati pauperei. Il leur fait des grftces particulières qui son) bien plus rare.» chez les heureux du siècle, si exposés à se perdre; et c'est là une compensation à l'inégalité des coodiiions, qui est tout à l'avantage des pauvres.
(\) a Quand un architecte habile cherche i rebâtir un vieil édifice dont il veut faire un palais, un hntnrae qui ne connaît rien des lèerles de l'art ni du plan de l'architecte, ne voit d'abord que des dibris et des mines, th ! ne savez-vous pas, Chrétiens, que, dans les Ecritures divines tout l'œuvre de notre salut est souvent comparé à un édifice, soutenu sur le fondement des Apôtres, et sur la pierre angulaire, qui est Jésus- Christ. Dieu donc, dans le cours des siècles, s'est proposé de rétablir l'homme comme un bâtiment ruineux. Il a pris le fondement de cette nouvelle structure en la vie de Notre-Seignenr. Les sens humains n'y comprennent rien; tout les choque, tout les embarrasse : de U le scandale et le trouble. Mais à ce grand jugement où Dieu couronnera l'édilice ()ar la glorieuse immortalité de nos corps, où toutes choses (tant consommées, il sera louten tous, comme dit l'Apôire: alors la lumière éternelle venant à se découvrir à nos cœurs, quel ordre, quelle sagesse, quelle beauté, ne verrons-nous pas dans ce qui paraissait À nos sens si confas et si mal digéré I Par conséquent, ô homme, crois en attendant que lu voies. » (Bossuet)
c S'il vous semble que la récompense court trop lentement à la vertu, et que la peine ne poursuive pas d'assez près le vice ; songez à l'éternité de ce premier être ; ses desseins formés et conçus dans le sein immense de cette immuable éternité, ne dépendent ni des années, ni des siècles qu'il voit passer devant lui comme des moments; et il faut la durée entière du monde pour développer tout à fait lesordrt s d'une sagesse si profonde; et nous, mortels, nous voudrions en nOs jours qui passent si vite,voir les œuvres de Dieu accomplies ! Parce que nous et nos conseils sommes limités dans un temps si court, nous voudrions que l'infini se renfermât aussi dans les mêmes bornes, et qu'il déployât en si peu d'espace tout ce que sa miséi icorde prépare aux bons, et tout ce que sa justice destine aux méchants • AttendiR addiex luospaucox, et diebus tuis pauris vis impleri omnia... nt damnentur omnes impii, et roronentuv omnes boni. (St Aog.) Il ne serait pas raisonnable ; laissons agir I Eternel suivant les lois de son éternité, et bien loin de la réduire à notre mesure, tâchons d'entrer plutôt dans son étendue: Junge cor tuum œlernitati Dei.
> Si nous entrons. Chrétiens, dans celle bienheureuse liberté d'esprit, si nous mesurons les conseils de Dieu selon la règ'e de l'éternité, nous regarderons sans impatience ce mélange confus des choses humaines.
» Il est vrai, Dieu ne fait pas encore de discernement entre les bons et les méchants; mais c'est qu'il a choisi son jour arrêté, où il le fera paraître tout entier à la face de tout l'univers, quand le nombre des uns et des autres sera complet.
» Mais cependant, direz-vous. Dieu fait souvent du bien aux méchants, il laisse souffrir de grands maux aux justes ; et quand un tel désordre ne durerait qu'un moment, c'est toujours que!qu<> chose contre la justice. Désabusor.s-nous, chrétiens, et entendons aujourd'hui la différence des biens et des maux ; il y en a de deux sortes: il y a les biens et les maux mêlés, qui dépendent de l'usage que nous en faisons. Par exemple, la maladie est un mal; mais qu'elle sera un grand bien, si vous la sanctifiez par la paiier.i'.c : l;i santé est un bien ; mais qu'elle deviendra un mal dangereux en favorisant la débauclie 1 Vuilà les biens et les maux mêlés, qui participent de la nature du bien et du mal. et qui touchent à l'un ou à i'autre suivant l'usage oii on les applique.
» Mais entendez, chrétiens, <|u'un Dieu tout puissant a dans les trésors de sa bonté un souverain bien qui ne peut jamais être mal, c'est la félicité élernelle, et qu'il a dans les trésors de sa justice, certains maux extrêmes qui ne peuvent tourner en bien à ceux qui les souffrent, tels que sont les supplices des réprouvés. La règle de sa justice ne permet pas que les méchants gonieni jamais ce bien souverain, ni que les bons soient tourmentais par ces maux extrêmes. C'est pourquoi il fera un jour le discernement ; mais pour ce qui regarde les biens el les maux mêlés, il les donne indifféremment aux uns et aux autres.
» Cette distinction étant supposée, il est bien aisé de comprendre que ces biens et ces maux suprêmes appartiennent au temps du discernement général, où les bons seront pour jamais séparés de la société des impies^ et que ces biens et ces maux mê'és sont
i4« DIMANCHE. — blî La pnovtDEKCË 025
que de leur ignorance ou de leur irréflexion ; et quiconque est attentif à ce que nous venons de dire, adore et bénit lit Providence. Si les raisonnements des [iirtros siiflisent A nous éclairer, qu'en serait-il donc, si nous entendions r, irlor de Dieu par un saint, par la Sainte Vierge elle in»''me, par le Fils Ouelles raisons aihnirables ne vous présenteraient-ils pas, qui
jusi' pleinement à nos vtii\ In l'i iivi.I.iu .> ^ mais quan<l même nous
distribués avec équité dao^ le mélange lu iiuu> s..iiiiiii>. Car il fallait certainement, dit saint Augustin, que la justice divine prédestinât ceriain's biens aux justes auxquels les méchants n'eussent point de part, et de raéme qu'elle préparât aux méchants des peines dont les bons ne fussent jamais tourmentés. (Knnarr. m Ps. i.v, n. iti, t. ir, p. SJfi).
• C'est ce qoi fera dans le dernier jour un discernement éternel. Mais en attendant, dan- ' n où les bons et les méchants sont mêlés ensemble, il fallait que fussent communs aux uns et aux autres, afin que le désordre oénit; ,., .^ujours suspendus dans l'attente delà décision dernière et irrévocable.
• S'il punissait ici tons les criminels, je croirais toute sa jaslice épuisée, et je ne vivrais pas en attente d'un discernement plus redoutable. Mainenant, sa douceur même et sa patience ne me permettent pas de douter qu'il ne faille attendre un grand changement. Non, les choses ne sont pas encore en leur place fixe, elles n'ont pas encore leur terme arrêté. Lazare souffre encore, quoique innocent; le mauvais riche, quoique coupable, jouit encore de quelque repos ; ainsi, m la peine ni le repos ne s<>nl pas encore ou ils doivent être ; cet étal est violent et ne peut pas durer toujours. Ne voos fier pa«, û hom'nes dn monde, il faut que les chos-'s changent. Et en eflTe», admirez l'K^ rei^u des bieus en ta rie. Lazare auxsi a reçu des mail
dés' ,r durant le temps de mélange, oii D.eu préparait un .-
ouvi — , — ... ^ , „,, ,j,eo bon et sous un Dieu juste, une telle confusion ne p u.^.; pas être éternelle C'est pourquoi, poursuit Abraham, maintenant que vous êtes arrivés tons deux au lieu de votre t-iernil^. Sunc autem. Une auire disposition va commencer. Chaqiie chose sera en sa place, la peine ne sera plus séparée du coupable à qui elle est due ni la consolation refusée au juste qui l'a espérée. A'ttnc autetn hic vero cotisolatur lu rrr '-- '" t r).
0 profonde sagesse, dans cette réponse 1 Savei-vou», en effet,
poui , ^ — acrédules tombent en tant d'erreurs sur la fin de l'homme en
ce uiucide ei sur l'économie de la Providence dans la distribution des biens d'ici-bas f C'est uniquement parce qu'ils séparent le ciel d'avec la terre, le temps d'avec l'éternité, la vie priHenie d'avec la vie future, Dieu d'avec l'homme. On sépare la prospérité des méchants j'avec celle vie de supplices qui les attJ-nd dans l'autre monde. On sépare les souffrances du juste pendant la vie d'avec les récompen.ses qui lui sont rt-servées après la mort. Dés lors tout est énigme, obscurité, incertitude, tout est inconciliable, incompréhensible.
Dans l'histoire de ces deux hommes, c'est l'histoire philosophique de l'humanité tout entière qui se dérouli» devant noo«:au flambeau de cette histoire tout s'harmonise, tout s'explique, et I. ,nis et les malheurs drs gens de bien. El'e voos
apprend que la n'est pas complète ici-bas. La vie présente n'est
que l'etjfance ; .„ >.,.■- .;».> .-..lorn que l'homme arrive à l'âge mûr, à
l'ige parfait. En envisageant ainsi It > iies, vous saisirei les biens et les mal-
heurs du présent, balarc»«s avec ur. ,-• justice par les maux et les biens de
l'éternité. Ainsi, tout le dans le pUn de Dieu.
Quel avaniage ont :é au mauvais riche ses plaisirs? Aucun. Quel domma^re
du :: Cuiubicu «c réjuuil Ldiare d'avuir été
S' a r avoir plulAt p»<«»é m vie dans les
mi*er^■^ ei u- " ! pas à Dieu
pour lui avoir ii ntinienant
que vnun siMiJj . <
Q^' Mius parait
pr^* . 'i arrivera
.ieu\ a la iii.iiiii'r«: Ue Nicentius t iiareî ^Vtxinu),
• - ' - comme on évite ''f -■*' ivance toujours,
«^' * 1 repos.
I) • |ue ie retard tl»* quenjue» j<>urs. de qui- > devant le Dteo
*nx s .' ans ne «ont pas m^me un seul jour. \ o de 30 ans cet
noins |)our ic cijupabie, que pour l'exécution d'un coodamoe a m<>rt le délai du soir M
92() DOMlNirALES bV. LA PÎîMTECOTË
no les connaissons j>jis loules, nous on savons assez pour mlorer. Un avcujjie qui ne voit pas le roi ne laisse pas pour cela do lui offrir ses hommages (i).
20ri8. III. .Vous fierons à la Providence trois sortes de dei'oirs, : l'honneur, la crainte," la confiance. I» L'honneur, le respect; donc jamais de murmure et encore moins de blasphème. Lors m^me que nous*ne com-
fironons pas les raisons de Dieu dans sa conduite h notre égard, et dans e gouvernement du monde, qu'il nous sudise de savoir qu il est infiniment jusio, miséricordieux, sage. Le père n'est pas tenu de dire à son enfant toutes ses affaires ; et si l'enfant le questionnait à ce sujet d'une manière importune, il lui dirait : Qu'il te sulHse de savoir que je suis père et que j'ai plus d'expérience que loi. Je fais tout pour tes intérêts. Quand nous rencontrons un artiste habile qui s'applique A quelque œAvre d'art, nous nous garderions bien de lui demander la raison de ce qu'il fait, persuadés qu'il en sait plus long que nous ; et si nous nous avisions de lui donner des leçons, il aurait raison d'en rire. Et nous oserions demander à Dieu compte de sa conduite !
2'i La crainte. Aon audes in officinn reprehendere fabrum et audes in hoc mundo l'eprehendere iJeum ? dit saint Augustin. Il vous not^rrit, il vous soutient , et vous le blasphémez! Insulteriez-vous celui qui vous tiendrait lie sa main suspendu par une corde sur un abime ?
3" Confiance. — Uien n'arrive que par la permission de Dieu. liona et mala, ri fa et mors a Deo sunf, donc tout est bon pour tous; car une main si patornolle que peut elle donner à son enfant qui ne soit pour «son bien ? Nolite timere, cnpilli cnpitis vestri omnes nnmerati sunt. Quid timidi estis mndicœ fideil Pierre, à l'appel du Sauveur, marchait sur les eaux ; et dès qu'il commença à craindre, il commença à s'enfoncer. Modicœ fidei quare diibitasti ? Si consistant adversutn me castra,' non timebit cor meum. Et Job : Etiamsi occiderit me, in ipso sperabo. Si bona recepimus de manu Dei, mala quare non suscipiamus ? U mon Dieu, qui prenez soin de vos ennemis, abandonnez-vous vos amis? vous qui faites lever le soleil sur les bons et sur les méchants, vous me donnerez les biens temporels, s'ils me sont utiles ; et, si vous me laissez dans l'épreuve, c'est qu'elle servira à mon salut. Quand vous avez versé pour moi votre sang, vous ne me refuserez ni le pain quotidien, ni votre grAce. Jamais donc je ne murmurerai dans l'épreuve, et je vous bénirai dans la prospérité. Je me jette avec confiance dans votre soin paternel, comme un enfant sur celui de sa mère; vous ne me laisserez pas tomber, vous me consolerez dans la souffrance, vous me guiderez dans l'obscurité, et vous me conduirez à ce ciel, où voyant ft
lendemain matin. En attendant le pécheur reste dans la vie comme dans une prison d'oîi il ne peut échapper à son juge. Que pendant ce délai, il juue et boive à son aise, qu'importe, il n'en est pas plus à l'abri du supp'ice qu'on lui prépare. Celui qui a bu le poison mortel peut il dire qu'il a échappé à la juslic«« dans les quelques instants durant lesquels il reste encore vivant? Le poisson est pris dés qu'il a avalé l'hameçon, quand même il n'a pas encore été rdti.
(t) Le B. Jean de Montmirail avait été un juge inflexible. Il avait appliqué d'une manière inexorable les lois de son temps ; mais autant il était ferme, autant il était charitable pour les pauvres. Un jour que dans la ville de Crèvecœur, il avait admis à sa table, parmi de riches seigneurs, un grand nombre de pauvres et parmi eux un aveugle, ce dernier, après le repas, se mil à proférer toutes sortes de bénédictions pour Jean de Montmirail. IJn officier qui l'entendit s'approcha de lui et lui demanda pourquoi il était transporté de tant d3 reconnaissance pour son bienfaiteur : • J'étais, dit il, un sacrilège, un aiultère, un meurtrier, et il m'a sauvé en me faisant crever les yeux. » L'oflicier ayant rapporté cette parole à Jean de Montmirail, celui ci alla se jeter aux pieds de l'aveugle en fondant en larmes et en lui d<>mandani pardon du châ'imeni qu'il lui avait inflige. L'aveugle, confus, lui dit : « Seigneur, vous n'avez aucune raison de me demander pardon. Je vous supplie de cnire que je vous suis infiniment obligé, pourcei acte de ju»te sévérité; car m vous m'eussiez pardonné, il y a longtemps que mes crimes m'eussent conduit à la potence et que mon cadavre se balancerait en l'air au gré des vents. » Quand Dieu nous châtie en ce monde, nous n'avons pas toujours le bon esprit de convenir que nous l'avons bien mérité, ni la sagesse de comprendre que Dieu nous éprouve en ce monde, pour nous épargner les châtiments mille fois plus terribles de l'autre vie.
lu- iMM\.>. mK. — Î)F.S SOIFWtVNr.ÊS {^27
ilA«N»iivpr( loiiles Ins rttisitns jiisles de votre Providence, je vous remercierai à jamais
il»."»'». Antre snjet. — On pourrait encore, en ce même jour, parler du rogne lie l>ieii comme au (»« Dimanclie après la Pentecôte, n" i<Jirt. en partant de ces paroles : Nemo potast iluobus Dominis sen^ire.
itXJÔ. 1j"i' l>iiu»iiclie. — Defunctas efferebatur filius unicun matris sute : et hœr vidua frat. V.n voyant celle veuve qui suit en pleurant le corps de son ûls, qui ne se rappellerait la tendresse de notre père et de notre mère, et qui ne formerait la résolution de reuiplir à leur égard les devoirs que nous iuipose la loi de Dieu ? Devoirs des enfants. N. 50().
On comprend qu'il importe pour une paroisse que le pasteur y rappelle, chaque année, les devoirs des parents et ceux des enfants.
2tK)I. Autre Hitjel. — On pourrait encore, en ce IS""" dimanche, parler des épreuves à propos de ce texte :
Defunctus effi-n'hutar filius unicus matris suœ, et hœc vidua erat.
U'jolle douleur dans le cœur de cette pauvre mère dont l'Evangile nous fait
l'histoire ! Kilo a penlu son époux; il ne lui reste pour consolation qu'un fils
,..i; ,,,.. ,.,> .,,,; elle niellait toutes ses espérances et sur qui elle concentrait
'ions; et la mort le lui ravit encore. Son histoire est celle de
1. .. .o. .. ./no nafiis «le muliere, brevi vivens fempore, replefur miittis
niiseriis. Les années de nos douleurs sont aussi longues que celles de nos ioiiis: et ](■ iM.ilIiiii' moyen de sanctifier notre vie, c'est de profiter de nos le ciel. Nous ne savons pas le faire; et c'est ce qui \. Causa luboris iynor«/</i<z <?i/. dit sainl .\mbroise. C est pour vous 1 apprendre que nous vous dirons : I. Que la soulTrance vient de Dieu. I!. Pounpioi Dieu nous envoie la soulTrance. III. Comment nous pouvons sanctifier nos souHranccs.
2t)6i. I. La sou/france vient de Dieu. C'est une vérité certaine que tout ce • xiste en ce monde, excepté le péché que Dieu abhorre, vient de Dieu . iteur de toutes choses, lo C'est l'enseignement de l'Ecriture. Eyo Dominas formans tuiein et creans tenebras, faciens pacem et creans malum. (Is., \i.v, 7.> l.ps ténèbres et le mal ne se produisent pas, il est vrai, par une création ; ni dite ; mais par la soustraction de la hunière et du bien
qui leur ^ s. C'est Dieu qui fait lever le soleil et iiiii le fait dispa-
i ' II'' la santé et la vie, ou qui les relire ; de là, les ténèbres,
1 la mort ; 2" l'as un saint Docteur qui n'enseigne la mfrue vé-
ip.- . fi .,■ 1 i,;^lise " ■■•r> dans les prières des funérailles dit à Dieu,
sur le mort quelle - ne à sa dernière demeure : Deus tpii animam
famu/i fui ftp hor liifnirf ju^shti. Mais il a été traîtreusement as-
sa.ssinc . mais "h | :i t lii i et v.nil'i- an Wi^-sus de ses forces, on l'a maltraité, on lui a ihim. ( : iwiison. .N impuiii.' ; ml'/rure jussisti. — Nous ne comprenons pas -e qui vient de la malice des hommes peut être voulu de \>\rn . i ., i|ue pniiii.iiit si on y rétléchit. Autre cliose est la malice Mime ; et ->' l'elfet de cette malice qui est la mort, et I.c jugeqi une à mort un coupable d'homicide fait un tue que le bourreau qui est l'ennemi personnel du con- \ de se venger en exécutant la sentence, (.'elle vengeance la mort est jiisle et voulue justement par le juge, bien que ce iin«» le "î^n'iiuent mauvais du t>otirrfMii. C'est le juste quia n d'exécuter la --utence était juste; rien à lelTet. . îe. (I)
(1) Qoand le médecin appliqué la sangiae sar un membc» «nufTrftnt dn malad*, la sangsue >uca, avale tant qu'elle peut Sun inU-i ' l'épuiaer, s'il lui e»! possible; mais le médecin a t de ne tirer que le mauvais aang. àê purgt-r son santé ; ei le aiaïadi* >er»a mal avisé, s'il refusait à la mauvai.^e |ii/'rnti"n et Is »Bnc*n* qu'a 'a ! pril malin, quaii'i Vous sucer le »a dessein ••' •' ■•venl !
le mai. : . . i
sagesM. (U Jacis).
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928 DOMINICALES; DE LA PftNTFXOTfi
Ainsi en esl-il de lous les maiixque nous soulTrons, el qui nous viennent de la pari des créaluros, auxciuclles Dieu a donné le pouvoir de nous nuire. En tanl rjd'ils sonl produils par le crinic de ceux (jui nous persécutent, ils sont odieux ot délcslabies ; niais en tant qu'ils procèdent de la volonté et des ordres de Dieu, ils sonl les efTets d'une cause très sainte, qui ne peut produire <jue do bons elTels. Si quelqu'un vous disait : J'ai vu une lumière qui renflait 1 air ténébreux, une blancheur qui noircissait un mur comme du charbon, une chaleur qui me glayait, vous n'y croiriez pas ; car il est contraire à la naliuv de la linnière de répandre les ténèbres. Il esl plus contraire encore .1 la natiu-e de Dieu de faire ce qui ne serait pas un bien. Ces maux que nous souffrons, en tant qu'ils viennent de Dieu, sont donc un don de sa bonté ; et c'est ainsi qu'il faut les envisager. L'animal court après la pierre qu'on lui jelle et ne s'en prend point à celui qui la lui a jetée, ne faisons-nous pas comme lui, quand nous ne voyons que les hommes dans les épreuves que nous subissons, sans considérer la main de Dieu qui nous les envoie ? De \k la haine, les murmures, le désespoir et de vaines terreurs. (1) (Je n'est pas ainsi qu'agissait le saint homme Job. La perte de ses biens, la ruine de sa maison, la mort de ses enfants n'étaient pas arrivés par suite d'un accident fortuit, mais i)ar la malice du .démon et des soldats ipii l'avaient volé: ccpendiint il ne dit pas : Dominus dédit, diabolus vel latro abstulit ; mais Dominus abstulit ; car sans la permission de Dieu, ni les larrons, ni le démon, n'auraient rien [tu contre lui. Tels étaient aussi les sentiments du saint roi David. Obmutui et non aperui os meum, quoniam tu fecisti. Saiil le poursuivait de sa rage, Absalon son (ils se révoltait contre lui, Scmei lançait contre lui sesinjures. Quoniam tu /"fc/s^/. disait David. Partout il voyait la main de Dieu, et avec raison. Mais si nos peines viennent de Dieu,
2003. 11. Pourquoi nous les envoie-t-il, 1" l'arce qu'il est maître etilveut nous le faire voir. Ne voit-on pas des gens qui sont dans tous les bonheurs et qui croient qu'ils ne doivent rien à Dieu ? La fécondité de leurs champs, ils l'allnbuenl à l'engrais ou à l'habileté de leur culture ; leurs riches vignobles, ils ne s'en croient redevables qu'à leurs soins ou à leur art ; vienne une grêle qui dévaste tout, ou un insecte imperceptible qui fasse dessécher leur vigne, ils doivent reconnaître, s'ils sont raisonnables, que Dieu est maître et que c'est en vain qu'on bAlit une maison si Dieu ne l'édifie, et qu'on monte la garde autour d'une ville si Dieu ne la garde lui-même. Dieu n'a-t-il pas droit «le faire savoir ù sa créature qui l'oublie, (ju'il est maître, en lui otant ce qu'il lui a donné? Le lit-il sans raison, la créature aurait-elle le droit de se plaindre? La brebis se plaint-elle, quand son maître la tond ou l'écorche? Quand donc il nous ùterait nos biens, nos parents, notre vie, sans autre raison que «l'exercer sa souveraineté, nous n'aurions qu'à dire comme Héli : Dieu est le maître; il a droit de faire tout ce que bon lui semble. (2) Mais il n'est pas seulement maître.
2o 11 est juge. — Il doit punir celui qui est coupable ; et qui peut se flatter d'être innocent? N'eussions nous commis qu'une faute vénielle, nous avons mérité plus que tous les maux de la terre, le purgatoire aver ses tourments. Dieu qui pouvait 1res justement nous frapper de mort el nous plonger pour celte faute vénielle dans ces gouffres de feu, peut-être jusqu'à la fin du montie, nous envoie quelques perles, quel«iues maladies et nous nous plaignons ! et nous disons : Qu'ai-je donc fait pour être ainsi frappé ? Ce n'est pas la con-
(il On (iit qu'un empereur, pour se divertir avec ses favoris, faisait quelquefois limer les dents et les ongles des béies farouches, et pais les faisait lâcher sur un de ses courtisans. Ce pauvre homme était transi de frayeur, ne sachant pas ce qu'en avait fait, il pensait qu'il allait éire dévoré; mais tout se tournait en risée, et il en était quitte pour la peur. Il vous semble parfois que c'en esl fait de vous, que vous et votre famille allez éire perdus par les persécutions de vos envieux, par les hostilités de vos ennemis ; ne craignez pas. Dieu en a éinoussé les pointes, il fera réussir pour voire bien tout ce qu'ils font pour votre ruine.
(â) Plutarque raconte qu'un pauvre homme, prenant son misérable repas, vit une souris qui venait recueillir les miettes qu'il laissait tomber. Pourquoi me p'aindrais-je, se dit-il. Je ne suis donc pas la plus malheureuse des créatures, puisque cette souris est contente d'avoir mes res'^s.
,.> ...M.vNi m:. — i»Râ soûPFrànCes
i,.;i« ,!<. iiin,. ,p,i (.gt injuste, re sont nos plaintes. Suh Deo justo nemo mi-
'(//'. dit sainl Augustin. Jyb «lisait : Non intres in Judicium
itninine, quia non Justificabitur in conspectu tuo omnijs ci-
\h ! si Dieu entrait en jugement avec chacun de nous,
- - !■ s lautes vénielles qu'il aurait à nous reprocher ? S'il vous
disait ; Qu avez-vous t'ait de la santé et des Lions du monde que je vous ai donnés ? Il en est peut-être qui seraient obligés de convenir que, s ils les ont perdus, t'est parleur faute; (développer).
Iiifrrrnqiihn te rt responcle mihi. Si nous avons mal aux yeux, (juel usage
' si nos oreilles deviennent sourdes, à quels discoui-s les
etc.. Disons donc à Dieu, comme saint Uernard, vola
. l'ater inisericordiarum, sed illd ird </ud corriyis devium,
dis de cid. La colère redoutable, c'est quand Dieu nous livre
■' nos passions, qu'il nous donne tout à souhait comme à un
ré ; sa colère digne d'envie, c'est quand il nous punit juste-
• monde, pour nous ramener à lui. En faisant ainsi, il est moins
') .; ' roic, et père de miséricorde, l) Ah ! si nous savions ce que c est que
1 enfer et que le purgatoire ([ue nous avons mérités, nous surabonderions de
iint Paul, dans nos tribulations ; car elles sont destinées, dans
Dieu miséricordieux, à nous épargner les supplices de l'autre
■ Il .nr. Hii dirions avec saint .Vugustin : Ilic ure, hic... seca, modo in
mm parcas. {a) Pécheurs, sans la pénitence nous périrons tous; la
" •". nous ne savons pas nous l'imposer nous-mêmes ; c'est une misé-
land Dieu nous la fait faire malgré nous. (Ju'il est bt)n de ne pas
I- ,111111 1 riM!!< nous oublions nous-mêmes ! Quelle condescendance
io, celle pauvreté, fruit peut-être de nos crimes, si
n'sL'niition, Dieu les accepte encore comme des
ime si un voisin que vous auriez volé, vous
■\r des frais de médecine que vous auriez
•rir dune clnile faite en escaladant son grenier. (6) Il
^ que nous n'en pouvons porter. Le médecin aui traite
i.s ue lui dijuiie pas des potions plus amères que ne le comporte la fai-
'^ df l'onf-int. Pofum dahis nobis in lacrijmis in mensuva. Si un chi-
une opération sur la personne d'un fils de roi, il irait
lindrait de le faire soulirir, di* lui tirer plus de sang qu'il
i il Auiii 1)1. Il agil-il à notre égard: cum mtiffna reoerentia disponis
nous stiiiitiifs ses «'nfnnts. Un petit enfant qui a la fièvre repousse
une ptilion amèrc ; mais si c'est son père qui
en lui faisant de belles promesses, il l'avale de
' anière de la souf-
préserve des dan-
iini'^. ' ist im fait • — '■
>n lr('>no était un >
'' viii dans la pru.^,. , ...
ir la mort d'un «Mifant
I lui' fui l'iMl r-iii I Ii(H»-
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us n.
bicnb périi>sublt's de ce uiuodâ. Le dtituuu vuudi'ail s'ea servir pour uuui»
(I) «Il es; •e trouva
.'beur à qui tout réu&sil, le glaive
rre
(iu'ciit <lcvi.ta;«. a l'icurei ^uspendo sur Sâ télé.
930 l)OMlMr.ALES Dïï l.k PliNTECOtÉ
livrer au ih'-sespuir, nu bUisphèuic cl aux muruiures; mais dans les desseins de Dieu, ce inallieur nous est <lonné pour nous sevrer «les créatures. Il veut noire bonheur ; or, noire bonheur est dans son amour et dans son service. Mais pour aimer Dieu, il faut nous dépouiller de nous-mcmes, et pour cela employer le fer et le feu ; nous craignons trop de nous faire souiïrir, il faut (lue Dieu s'en môle. Il prend donc en main un glaive à deux tranchants, il
I enfonce jusque dans la moelle de l'Ame ; et sourd aux cris du patient, il nécoule que la voix de sa tendresse pour nous, et de la jalousie qu'il a conçue contre tous les objets (|ui lui ravissent notre cœia* ou qui le partagent avec lui. C'est pour cela qu'il renverse tous ces appuis des chrétiens cliarnels.
II ternit celle réputation ilont ils sont si jaloux; il enlève ces protecteurs ilont ils faisaient toute leur espérance ; il afllige de langueur ce corps trop chéri, et tlétruil celte santé ménagée avec trop de soins; il renverse 1 édifice de celte fortune élevée aux dépens de la conscience. Il dit à cette Ame infidèle : Je sèmerai d'épines les chemins i>ar lesquels tu marches. Convaincue par Ion expérience de la vanité de tes espérances^ tu seras obligé* de revenir à moi. Je te recevrai et tu trouveras en moi plus de plaisirs que tu n'en as trouvé dans les faux biens qui te séduisaient. Dieu agit de même envers le chrétien imparfait, encore attaché à la terre ; il répand de salutaires amertumes sur toutes les créatures qui l'environnent, afin de l'en dégoûter. Il fait |>ousser des éjiines au milieu des vaines fleurs que nous offre le monde, pour que nous n'ayons pas la tentation de les cueillir. Voyant qu'ime ftme tiède n'a guère souci de son salut, il s'en occupe pour elle et lui offre l'occasion de prali(pier des vertus sérieuses. La main de Dieu, dit saint François de Sales, esl comme celle du chirurgien, elle ne blesse que pour guérir (i).
(1) Quand vous avex un arbre sur un grand chemin et que vous en aimez les fruits, vous les cueillez avant qu'iU soient parvenus en oarfaite roaturiié, vous craignez qu'on ne les dérot-e, vous aimez mieux les avoir à demi-mûrs, que de n'en point avuir du tout ; ainsi Dieu appelle votre enfant en l'âge de cinq ou six ans, il prévoit que le monde ou la chair le lui ravirait, il a les yeux d'aigle, il prévoit les dangers qui peuvent le perdre.
Les croix sont pour les favoris de Dieu.
Il vous fait comme saint Martin à son aumdnier. Ce saint prélat fut invité et contraint à manger avec l'empereur; au milieu du repas, selon la coutume du pays, on apporja une coupe de vin, qui fut donnée au saint ; on pensait qu'après y avoir bu, il la présenterait à l'empereur, il ne le lit pas, mais il la présenta à son aumônier, parce que, ditil, étant prêtre, il est le plus digne des convives Le Fils de Dieu ne présente pas aux grands et aux riches du monte le calice de sa passion que son Père lui a donné; il vous fait l'honneur de vous le présenter et de vous dire comme à ses Apôtres : Potestis bibere ealicem quem ego bibiturus sum.
Saint Pierre était mane avant que d être appelé à l'apostolat; il eut de son mariage une tille nommée Pélronille. Cette illie À la flrur de son âge, était fort incommodée de longues et fâcheuses maladies, et même paralytique de tous ses membres ; on dit à saint Pierre : Vous guéri.ssez tant de malades, et vuus ne guérissez pas votre fille I votre ombre remet en santé tous ceux sur qui elle passe, et votre présence ne sert de rien à votre fille. Il n'est pas & propos, répondit il, que ma fîlle soit guérie, elle a besoin d'élre malade pour le bien de son &me ; et afin que vous connaissiez que si je ne la guéris pas, ce n'est pas quf je ne le puisse, mais parce que ce n'est pas utile à mon enfant, levezvous, Pétronille, et venez nous servir à table. Pétronille se lève, sert à table, puis se remet au ht par commandement de son père, et demeure malade comme auparavant.
C'est qu'elle était belle ; si elle n'eût été malade, sa beauté eût été un levain de vanité, un piège tendu ù la folle jeunesse, un péril de damnation ; si elle eût été saine, elle n'eût pas été sainte; si elle se fût bien portée, elle ne se fut pas bien comportée.
Dieu agit envers nous comme saint Pierre envers sa ftHe.
Quand vous avez un serviteur, ou un autre domestique, qui se plaint de vous, qui murmure que vuus le traitez mal, si vous voulez vous justiÀer, le convaincre de mensonge vous dues : je vous assure que je l'ai traité comme mes uropres enfants ; s'il a sujet de se plaindre, je ne lui ai fait ni plus ni moins qu'à eux. Quand vous dites cela, vous dites tout ; pourvu que vous di''i<>z vrai, il n'en faut pas davantage. Vous trouvez étrange que Dieu vous afflige, de quoi vous plaignez vous? Quel ton vous fait-il ? Il vous traite tout comme son propre Fils, son Fils unique, son Fils bienaimé, les délices de son cœur, l'héritier de tous ses biens.
Quand voire lils est impoli et décontenancé, vous le reprenez aigrement ; vous n'^o faites pas tant à votre serviteur. Quand votre fille se courbe trop, ou se met en danger d'être voûtée, vous lui criez: tenez-vous droite ; vous ne reprenez pas ainni votre ser-
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~: veut fortifier nos vérins et augmenter nos mérites, douceurs de la paix, mais sous la tente et sur le riiuiip Ml- '• > aguerrit le solilal. (a'Iui tjui n'a pas été é[»rouvé, que
sait-il 1 il II ni sa faiblesse, ni l'indulgenre que méritent le.s autres.
C'est au fiai., lin II non au Tliahor que se montrent les vrais amis de Dieu. Jgnis probat ferrttm. tentatio hoininem jiustum. il faut presser et brover je I. >iiiM.. |iour qu'il répande son parfum. C'est le ciseau qui donne au dia- II son éflat. Tribulatio patienfiam operatur : patientia auteni
', ■ fiini hubet.
ionnant nos vertus, la soufTrani-e augmente nos mérites. Ce , Miérite de nos vertus et de nos bonnes o-uvres. ce (jui quel-
quefois ie ruine, c'est l'amour de nous-mêmes. Dans nos meilleures actions, 1 aniour-proitre risque d'avoir sa part. La soutTrance répugne tellement à nature que nous n'y mettons rien de nous-mêmes. (Test donc l'amour I nt non l'amour-propre qui nous fait souffrir avec résignation. El qui • c'est l'amour de Dieu qui augmente nos mérites ? Saint Pacome rt im de f?es religieux nouimé Théodore, qui était continuellement !' mal de tète. Comme on lui disait un jour d'obtenir par in de Théodore : Je sais, répondil-il, que la prière et le igrtables à Dieu, mais rien ne lui plait tant que la patience dans
- iientant nos mérites, les soutTrances nous préparent le
in lucri/mis in exullafione metent. Il n'y a que les
iii.iif> i"Mii- y.w le fer des tribulatiims qui entreront dans l'édifice de la
Jérusalem irlesle. Viv vohis (/ui habftig cohsolufinnem nunc. Beati qui
'■■ ' ■inninm ipsi consolnbuntur. .Math, v., 5). Les méchants rommen-
> larmes et les plaisirs; et ils finissent par la réjirobalion. Vœ...
is tribuldfi""-- '""irtet nos intrare. Si stistinebi/nns et conreg-
lus. \ «ause que j'attends, les travaux me sont un passe-
ilis^iii •sniiii 1 L- Sales. Qui ne voudrait souiTrir un jour pour
■ ni il serait assuré de jouir pendant un siècle f \on
y hnJKs temporis ad futurani f/loriain quœ rêve-
ir in nohts ; mornenlaneutn et hvf. etc. <> Si nous pouvions aller passer
iirs an riel. disait le curé d'.Vrs. nous i:omprendrions le prix de ce
'Vrance : nous ne trouverions pas de croix assez lourde, pas
amére. » « L'alUiclion est la Heur des biens que nous atten-
( Grégoire de Nyssc, il faut cueillir la lleur à cause du truit
ï'iji/- a. l.ji'i et les traita qui y correspondent. C'est ainsi que Dieu se
vaole. Prenet donc d* bonne port, qoe votre Père céleste vous citrrlge, quand vous devenez vicieux , q'i'ii V' 'in reprenne el vous châtie quand vous vous courbez vers la f • ■ 1 .. o.., . 1..^ o«, ., j^g alTeciions lerresires ; c'es» un