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tii I-. et que le giaive qui va les égorger, et le bdcher qui doit tes conaumer est déjà tuiit prêt sar l'autel. * i Màjmillox.)
03^ ItUMINMAI.l'IS DU LA 1 ' i; M l'.C'O 1 K
iiumlre \>orc, aiilanl el plus que inailrc cl juge, on nous envo,yanl «les soul- (rancos qui nous font expirrntts péc.lii's, aiïeruiissenl nos vertus, augmentent nos mérites fl nous préparent le bonheur el la gloire <iu ciel (1).
2(K>1. II! Toutefois, pour que non souffrances protluisent ces heure U' fruits, /lous devons les accepter chrétiennement, i» Co *\n"ï\ faut éviter nemo putiatur ut homicida, aut fur, aut nlienoru/n appetitor.. l'as (!■ .luttas paruji nous. Suspensus crepuit médius; pas de mauvais larron. Atlaclié au i;ihot, il mùlait ses blasphèmes à ceux des bourreaux. Pas de murmure: rimpalicnco, la colrro rcmlent la croix plus dure et on font perdre le mérite. Ouol nialheiu'de laisser perdre un bien uni coûte si cher et qui peut nous procurer de si grands avantages ! 0»elle folie daggravcr, son mal, au lieu do lo calmer, en le rendant inéritoiro, d'attirer sur soi de nouveaux châtiments par de nouveaux murmures!
io Ce qu'il faut taire : 1) souffrir au moins avec résignation comme le bon larron, (.'est facile, quand on songe que c'est Dieu lui-même qui nous envoie la croix, comme nous l'avons établi, qu'il est maitre, qu'il est juge, qu'il est père ; comment ne pas au moins se résigner à sa volonté toujours sainte et toujours aimable? Le bon larron disait à son compagnon: Nos diqna factis recepimus ; et c'est ainsi mj'il mérita d'entendre sortir do la bouche de Notre-Seigneur cette consolante parole : Hodie mecum eris in paradiso {"i) ; 2) souli'rir comme Notre-Seigneur : (a) avec courage. Calicem
(t) Les soufTrances sont autant de diamants ajoutés à notre cou'ronne. Sainte Lidwioe, après avoir soufTerl pen<iant vingt-huit ans avec une patience admirable, vit dans une vision une couronne tr^s précieuse, mais non encore achevée; elle demanda de soufTrir beaucoup pour Jésus-Christ, afin que la couronne se complétât. Elle fut exaucée; car, presque au.ssiiôl. des soldats t'acc<ibiërenl de coups et d'uuirages. Puis, un ange tout éclatant de lumière fui apparut et lui dit: « Salut, d ma sœur, voici que la couronne que vous avez vue imparfaite est terminée. Sachez que par les mauvais traitements de ces soldais, vous avez marché sur les traces du Sauveur. Les insultes et les plaies que vous avez reçues, sont les pierres précieuses que vous avez vues s'ajouter à la couronne, à laquelle il en manquait encore quelques-unes. »
(i) Supposons que vous ayez un enfant bien intelligent et de bon naturel qui, lorsque vous le châtiez pour quelque légère faute, ne s'en plaigne point, n'en murmure point et ne tâche point de s'échapper, mais reçoive patiemment les coups, qui vous regarde amoureusement, qui respecte la miin qui le châtie ; supposons même qu'après que vous l'avez puni, et quand vous jetez les verges à terre, il les recueille et les mette en réserve afin que vous vous en serviez une autre fois, si bon vous semble; n'est-il pas vrai que, quand même vous auriez un cœur de tigre, cette vertu vous attendrirait, apaiserait votre colère, ga^'neraii votre bienveillanceTN est-il pas vrai que vous aimeriez cet enfant plus que la prunelle de vos yeux! Pen'^ez vous que Dieu sott moins miséricordieux el plus dilflcile à fléchir que les hommes? Ce méchant qui a fait mourir votre mari, qui plaide contre vous injustement, qui vous ruine d'honneur et de bien, c'est la verge dont votre Cère céleste se sertpnur vous châtier; voulez-vous bien faire et tirer profit de ces traverses? ne vous tourmentez pas, ne vous en troublez pas, ne criez point insolemment comme font les mauvais enfants qumJ on les châtie; ne tâchez pas de vous échapper des mains de Dieu par des voies obliques el injustes, regardez-le amoureusement, remerciez-ie humblement, attendez avec patience le bon plaisir de sa miséricorde, tenez à grande faveur qu'il daigne vous corriger pateinellement : Mon Dieu, je baise de tout mon cœur votre main, je révère et j'adore votre justice qui daigne me châtier: Corripe me. Domine, in misericordid ; corrigez-moi aussi longtemps el aussi rigoureusement qu'il vous plaira: Hic ure, hic iec'i modo in œlernum parca$. Et puis si Dieu jette par terre la verge dont il vous a châtié, si celui qui vous a persécute tombe en quelque di.«giâce. relevez le, recueillez-le, secourez-le, rendez-lui le bien pour le mal, vous calmerez Icspril de Dieu, vous gagnerez ses bonnes gi&ces et vous l'obligerez à vous pardonner.
C'est ainsi qu'ont fait tous les saints, et ils s'en sont toujours fort bien trouvés. Dans l'histoire eccléMastique il est dit que l'an de Notre-Seigneur quatre cent cinquante el un, Attila, roi des Huns, surnommé le fléau de Dieu, après avuir ravagé l'Onent, passa en Occident, désolant el ruinant toutes les provinces par où il passait. Il entra en France et, après plusieurs victoires, il mit le siège devant la ville de Troyes en Champagne. Si Loup, qui en était évéque, voyant qu'on ne pourrait résister à ce lion par les seules forces humaine8,recourut au secours divin, et ayant fait faire dansson église des prières et des pénitences publiques, il se revêtit de ses ornements ponliflcaux, alla avec son clergé au-devant de ce barbare et lui dit avec une sainte hardiesse: Qui êtes vous, vous qui surmoatçi aiasi les rois, qui assujettissez les peuples et qui désolez les provinces ?
!"■' DIMANCHE. — DES SOUFFUANCKS 'Xi3
■' mi/ti I'atet\ non bibam illiim ? et quand Pierre le dissuadait
riisalem pour y souffrir et y mourir: Varie refro, safana, lui dit-
'7/1, • nonsapis ea qtwB Deisunt,sed quœ hominiim. El
nie.il dit à ses Apôtres : Ecce appropinquavit hora.
<» iiomuies. qu'y a-f-il d'amor dans le calice de la douleur
~t ne l'ait bu le premier? S'a^'it-il de calomnies et d'opprobres?
-ié, on lui a dit qu'il était possédé du démon. S'agit-il de
'iiis la plante des pieds ju.squ'à la tête, il n'a pas eu une place
> ..^.. L. li'une mort qui l'ait frémir la nature ? Il est mort sur un gibet
•', entre deux scélérats, suspendu par s»^s plaies. Christo passa in
ef vos eadem cogitatione armamini. iXondum usque ad sangui-
•>lc. Quoi de plus noble que de marcher sous les drapeaux d'un tel
t)ii.>nt> < :ins.' r.Iiis n.ililp que celle de la volonté de Dieu ? Quel courage
I ir. que de mourir pour elle ? Aussi quels écla-
f s les saints à ce sujet. Libenler gloriahor in
/nets, disait saint Paul ; vincufa ef frihuiafiones me manent ;
Il vereor. Scia cui credidi, patior sed non confundor. Saint
lis Xavier avait servi avec un grand dévouement les malades des hôp»
ic Home; Notre-Seigneur lui (il voir tout ce qu'il aurait à soulTrir poui
la conversion desin fidèles elle saint s'écria : Amplius, Domine, amplius. Ste
Tutherine de Sienne, quand Notre-Seigneur lui oiTrait le choix entre deux
unes, l'une d'épines, l'autre de roses, choisit la couronne d'épines. Kt
ii>an de la Croix, quand Notre-Seigneur lui demanda quelle récompense
il d' suait pour ses travaux, répondit: Et pati et contemni pro te(i).
(1)) Av.'c joie, ainsi a fait notre divin modèle. C'est à son école que l'on apprend ce qu'.\rislole et toute la philosophie n'a pu faire comprendre aux hommes. Proposito sibi qaudio sustinuit crucem. Bapfismo habeo bap- ''r' - ' 'T/or? Oui n'envie la gloire, les biens, les consola-
la souffrance endurée pour hieu. Quoi de plus
^ !■ i.iu> l'.ié dans rKglisc que les martyi's ? Pourquoi Mis ont
S' :r Dieu. Quels avantages plus grands peut-on ambitionner que ceux
"1- ,-. .c la souffranre ! (2) Kt quelle consulation ne trouve-ton pas à res-
j;: suis, dit-il, AUila, le fléau de Dieu : Aht dit le saint prélat, renex. à la bonne heure ; 6 le fléau de mon Dieu! entrez en cette ville, et faites y tout ce que Dieu vous permettra par M très juste et très adorable providence. Cède belle parole désarma ce tigre : il entra dan» la ville et la iraverta avec toute son armée sans l'endommager tant soit peu. Toutes les disgrâces ^a\ nooâ arrivent en cette fie sont des fléaux que Dieu nous envoie pour détacher notr>" -""■• ' — * -^"^ .p-m. ,...,, gj péri8»ables, comme le fléau sépare 'e grain de la paille. i bieniôi sans vous nuire, recevez-les de bon
coeur comme imentsde sa justice et de 8a providence pater-
nelle; croyez feruifiiieiii qu'tiks ne vous feront rien que ce que Dieu voudra, et que l'objet d'une si bonne et si sainte volonté ne peut être que très bon, très juste et très acceptable. (Le itx^*.)
(\) Soofl"rir est on honneur quand on le fait pour Dieu. C'est une conformité avec Hoire-Seigneur, quel p' Dieu d'ai'leurs nous 1 md
il 000» dfnne pari aux -^es martyr», de ses fa. n-
\i,\p tiir I» i,r.'-.i.,. ,i. ,■ „ , — .... .cale les bons serviteurs i ;: ,^lu8
à : qu'a la leur, et ceux qui souffrent pour Dira, le giuritient plus
qu ' r-^nrhi'.
■Il sa mort. ^ lifl
f/i • se.^ saints l-
il ... ri ,j. i„ ,, , u'rands eipl-M.^. i>.rii ne
fi ■ Dieu, sa gra: à le servir, lors même
n, ne la pauvreté, • ne».
au dire des sainia, le ch^mm r<>yai liu ciel. Le chemin royal, c'est
•• l'F.lat fait ouvrir, et dont il Hxe Ifs dimension*, il n'y a que lui qui
p' ,'ir. Die» mesure nos croix. Le chemin royal est ouvert à tout le
m ;>asser L**» époux ne peuvent pas passer parla virginité, etc..
I' ., , ^... ,. y., .es souffrances.
i) S.iini Laurent était en prison et cooflé à I* garde d'oa geôlier appelé Hippolyte .,..1, voyant les miracle» que !»• «»'iii f>i«»ii ii^ H-m.„Ha od élai«T< «'^^ ir.»..,r« < .si ▼ooa croyez en Jésus-Chnsi mrent, je !''S
trésors et je vous promets la r rut et rtçui "il*
sembler à Noire-Seigneur el iuix saints, à avoir celle marque des amis de Diou? Omnes qui pic volant virere... persecutionem patientur. Quia acceptas erns f>eo, /leresse fuit ut tentatio probar'et te.Sicut ahuntlant ])assiones C.hristi in nohis, ita et per (Jhrisfum abandat consolutio nostra. Secunf/um multituttinc/n ifolorum ineorutn in corde meo, consolutiones taœ lœfificaiwrunt (iniuidin meam. L'onction de la prAce accompagne la soulïrance (1). r/osi ce (|ui rx[»li<|ue lessenliinenls des saints. (V. S. Ignace, n. loiri). Kcoutez saint N'incenl se jouant des tourments du cruel Dacien. « J'ai loujours desiro le festin que lu m'olTres. l'ersonne ne m'a rendu un plus grand service (pie loi ». Saint Jean de la Croix à .Noire-Seigneur qui lui demandait quelle récoMipense il allcndail de lui : Pati et cnntemni pro te. n'-pondil-il. l'n prt''tro ilomandanl un jour au curé d'Ars, si les contradictions qu'il avait rencontrées ne lui avaii'nt jamais lait i)erdre la paix, M. Viannav s'écria: La croix l'aire perdre la pais ! c'est elle qui a donné la paix ati monde; c'est elle qui doit la porter dans noscœiu'S. Il faut demander l'auKturdes croix, alors elles deviennent douces, j'en ai fait l'expérience pendant quatre ou cinq ans. Oh ! j'avais des croix; j'en avais presque plus que je n'en pouvais pr)rler. Alors je me mis à demander l'amour des croix : alors je fus heureux. Je me dis : (I Vraiment il n'.v a de honheur(|ue là ».
Le IL (irignon de .Montfort disait: « Non, cette terre maudite où nous vivons ne fait point de hienheureux; on ne voit pas bien clair en ce pays de ténèbres ; on n'est point dans une parfaite trantpiillité sur cette mer orageuse ; on n'est point sans combat dans ce lieu de tentation el ce champ de bataille ; on n'est point sans picpire sur cette terre couverte d'épines; il faut que les [irédestinés el les réprouvés y portent leur croix bon gré mal gré. Helenezces quatre vers:
Choisis une des croix que lu vois au Calvaire, Choisis bien sagement ; car il est nécessaire De souffrir comme un saint ou comme un pénitent. Ou comme un réprouvé (jui n'est jamais content.
C'esl-à-dire que, si vous ne voulez pas souffrir avec joie, comme Jésus- Christ, ou avec patience comme le bon larron, il faudra que vous souffriez malgré vous comme le mauvais larron, il faudra que vous buviez la lie du calice le plus amer, sans aucune consolation de la grâce, et que vous portiez le poids tout entier de votre croix sans aucune aide puissante de Jésus- Christ. Il laudra même (]ue vous portiez le poids fatal que le démon ajoutera à votre croix, par l'impatience où elle vous jettera, et qu'après avoir été
trésors reçut-il el que gagna-t-il A élre chrétien t Ses biens furent conflsqn^, on lui brisa les dents à coups de pierre, le» membres i coups de b&ion, on lui arracna la peau et on l'aUacha à la queue d'un cheval indompté. Soni-ce là les trésors que lui avait promis saint Laurent ? Oui, de grands trésors avec lesquels il acheta le ciel. Vitam œternam promilto.
(1) Bufin, dans son histoire ecclésiastique, rapporte que de son temps un martyr nommé Théodore fut tourmenté un jour entier sur le chevalet. san« se plaindre et sans dire autre chose que ces mots; Confundanlur qui adorant sculpUlia. Théodore fut cependani remis en liberté, et Rutin Tarant rencontré, lui df manda s'il n'avait pa» sou (Te ri de grandes douleurs. « A la vérité, dit- il, j'ai soufl'erl ; mais il y avait à côié de moi un ange, sous la furme d'un jeune humme, qui m'essuyait mon v.'sage «il m'arrosait d'une eau fraîche qui me donnait tant de plaisir, que j'étais quatre fois plus triste quand on me tira de la inrture, que lorsqu'on m'y avait appliqué. ■ C'est ce qui arriva aussi à sa>nt Laurent ; car un soldat nomm>' Romain lui dit : » Je vois un beau jeune homme qui essuie la .eueur de voire visage. Hàlez-vous donc de me bapli.ser. a
Noire Seigneur présenta un jour à la bienheureuse Mar{;uerite Marie le tableau de deux vies: L'une pleine de douceurs spirituelles, de santé, d'estime ; l'autre pleine d'aridiiés, de souffrances, de contradictions, lui disant de choisir et lui promettant les mêmes grâoes. quelque choix qu'elle fli. La Bienheureuse pria Notre Seigneur de choisir lui-même. Alors, Noire-Seigneur lui présenta le tableau de la vie crucifiée.» Voilà, dit-il, ce qui m'agrée le plus, tant pour l'acomolissemeni de mes desseins que pour te rendre conforme à moi. L'autre tableau est de jouissances et non de mérites pour l'éicnité. » J'acceptai donc ce tableau et l'embrassai de tout mon cœur, dit la Bienheureuse.
15« DIMANLIIK. — UKS SOUFFHANCES 035
• iix avec le mauvais larron sur la terre, vous alliez le trouver dans
les. »
Il -'prouvées (et qui ne l'est pas?) priez, demandez, non la fin de
vos ••. mais l'amour des soutTranccs. Regardez Jésus. As/tii ienfes in
juiri. liecotjitute eiim (jxti tulem sustinuit rontradirtionem ut ne
fii ailvcrsus peccafif/n ref>iif/nanff;i. Ueyardez Marie, regardez la
\ iiij.. .os Douleurs. Regardez tous les saints et estimez-vous heureux d'être
dans les larmes, un jour viendra où le vSoigneurles essuiera de sa main divine!
Beatiijui lugent, vce vobis qui ridetis (1).
5065. Autre plan. — Sur les souffrances, d'après Bossuet.
Ver patientiam curramus ad propositum nobis certamen aspicientes in auctorem Adei Jesum. Saint Paul nous parle d'un combat auquel nuus devons courir par la patience: c'est la lutte contre les affl étions et les soufTrances de cette vie; et pour nous apprendre à vaincre dans cette lutte, il nous exhortée regarder Jésus-Christ, mais Jésus-Christ attaché à la croix. L'école où l'on apprend A souffrir, c'est le Calvaire; le Mattre, c'est Jé«us-Christ crucifié. Allons au Calvaire.' trois hommes y sont attachés à la croix : unuf Salcalor, dit saint Augustin, alius salvandus. alius damnandus. Au milieu. l'Au'eur de la grâce; d'un côté, un qui en profite; de l'autre, un qui ia ffjette; d'un côté, un qui endure avec soumission; de l'auire, un qui se rév(*lte sous la verge : un juste, un pécheur pénitent, un pécheur endurci Un juste, qui souffre volontiers et qui mérite par ses souffrances le salut de tous les coupables; un pécheur souffre avec soumission : il se convertit et reçnit l'assurance du salut; un pécheur souffre comme un rebelle, et il comm<>nce s<«n enfer en cette vie. Voilà le spectacle qui duit nous instruire. Aj^pirientes in auctorem fidei Jesum, il souffre lui-même avec patience; il couronne celui qui souffre selon son esprit; il condamne celui qui souffre dans un esprit contraire: et, par là, il nous apprend à souffrir; nous m'entre le ciel pour prix de nos souffrances, si nous en profitons, et l'enfer comme le châtiment qui nous attend, si nous souffrons en blasphémant.
2066. I. Jésus, en souffrant, nous apprend que nous devons souffrir. Notre-Seignenr s'est fait semblable à nous, afin de nous apprendre à être semblablts à lui ; ^a vie est notre règle ; ses actions sont notre modèle. Nous devons lui ressembler. Sans doute, quand un peintre !e tableau d'un grand maître, il n'atteint pas à la nerfeclion
du premier tab en fait une copie Adèle pourtant. Nous n'atteindrons jamais
à la sainteté de .N- ..^ ■ .,;ûenr ; mais nous devons en reproduire tous les traits. Or, un des caractères du Sauveur, c'est d'avoir aimé la croix : Virum dolorum et scientem infirmilat'm. On dira<t qu'il a voulu savoir, par expérience surtout, ce qui était amer; il n'est aucune partie de son humanité qui n'ait éprouvé quelque supplice. Il ^'e^t né que pour souffrir, et quand il a épuisé la coupe de toutes les peines, il dit : Tout est consommé ; il remet son âme entre les mains de son Père, et expire, mesurant la durée de sa vie à celle de s^s souffrani-es.
Dan'i *rin amour pour les souffrances, il a voulu en endurer beaucoup plus qu'il n'était
pour nous sauver ; il eût suffi, en effet, pour notre salut, d'une de ses larmes,
te de sane, et tout au plus de sa mort; mais sa mort ne suffisait pas à son
avid:ié piiur la .«oultVance. Il y a ajouté les foueis. la couronne d'épmes, la sueur de
sang, etc. Ne dirait-nn pas que toute la vie dn Sauveur fut un fe»tin et que les meis de
ce festin et- •■ • ' ■ »■'• l ■-> .. z. . ..... ip gièole, mais que Jésus a trouvé
digne de s ' du Sauv»^ur, c'est l'amour de la
souffrance : le Sauveur sur la croix. C'est de
tes blessures que Uk>ui> booiuie» ué* a la itiàce, il duus a etifantés à la vie par sa mort
(1) fa) < Lt grand présent de Dieu que la croix I écrivait le B. Crignon de Monlforls Si vous le compreniez, vous feriez dire des messes, vous feriez des neuvaines voue entreprendriez de long» voyages, comme les samts ont fait, pour obtenir du Ciel c, présent. Quand F>ictj tout hon viiii<« aura favorisé de quelque croix un peu consitlérable remerciez-l'en II ti faites l'en remercier par d'auii mple
de celte pauvn Ju tout son bien par un pmci*» i lui
luïcila. fil aus-Hi". m..; ,., " '• '■• sous qui lai resion, .•nu uc re-
mercier Dieu de la bonne .. »
'>■ 'La maladie est l'éii' irce qu'on est par là comme oa
- <it toujours èire, dans la ftuuilrauce «Je* oiitux, tiitiis la privation de tous Ira plaisirs .pn». rxcmpi de toutes les passions qui ir»viill<>nt pendant tout le cour» de la vie, ins .ivarice, dans l'a' i- de la mort. N'est-ce pas ainsi
devraient passer la \ .is un grand bonheur quand on
..c":; ... , . .. .:e.n.iité dan* l'état où . l'être, et qu'on n'a aoire chose
à faire qn à se soumritre liumhlement et p.i C'est pourqu"* j.' ne demande
autre chose que de prier Dieu qu'il me faste ' >■ • (Pascal, pentéts.)
930 bOMINICALES DE LA PENTECOTE
Cl ces grâces que le ciel déverse sur nuus sont le prix du sang qui découle de sa croix. Enfants de ^on *ang et de ses douleurA, nous espérerions nous ^a<lve^ parmt les délices ei le» plaisirs*'? NVmend'ï-vous pas saint l'ierre qui Vnu» dil : ChrintiS pa.sXMS e»t pro vobis. vobis relinquens exempt m ul^equamini rentigia ejtis. (Pet., m. 21 ) Chn$lo pansu in carne ei co* eàâem cotjHaiione armaminil N enit-nilci-vons pas JifsusChnsl lui-uiénie qui vuus dit : Si guis vuU po»i vie veuire, lollat cract'm siam.
El cerips, ne suraraes-mius pas entres en sncif'lé pvec J''8u»-C.h''isi7 Nous sommes la chair de sa (.liair, et les os de ses Os. d'après l'ApÔTe. Il est notre Chef et nous sommes ses membres . et la soif que Jésus-Christ a eue de la souffrance n'est pas sali>faite. s'il ne souffre dans tout son corps et dans tous ses membres. Sur la croix : à planta pedis ufqtte ad verticem non est sanilas in eo; et dans son Eglise, qui est son corps, tous li>s lidirles qui sudi ses membres doivent porter, imprimées sur eux, les marques de ses souffrances et de sa croix.
Faudia-t il, pour faire souffrir le' fidèles, ressusciter la rage des bourreaux? Non : le monde n'es! peut-être pas, aujourd'hui, assez ennemi de la vérité et de la vertu pour les persécuter de la sorte -, mais ne craignons pas qu'en dehors des roues et des chevalets la matière manque à notre martyre. La nature a asse? d'infirmités: et notre résignation à les supporter nous lient lieu de martyre. Quand la maladie nous étreint, quand la mort nous ravit un proche qui nous est cher, quand n<)us sacrifions, par suite d'une perte que nous éprouvons, les biens de celte terre et que notre c<£ur en saigne, c'est du sang que nous offrons à Dieu, et notre patience nous tient lieu de martyre. On dit que les sueurs et les larmes naissent de la m^me matière que le sang. Si nous suons dans des œuvres saintes entreprises pour la cau^e de Dieu, si nous versons des larmes sur nos péchés, c'est du sang que nous offrons à Dieu. Les larmes sont le sang de l'âme, selon sa<nt Augustin. Ah t l'occa'^ion de soulTrir ne nous manque pas : les alVaires ont assez d'embarras; le munde a assez d'injustice; la fortune assez d'inconstance ; il y a assez de bizarrerie dans les jugements des hommes, et d'humeur dans leur conduite, pour que le munde et la nature nous imposent la loi de la souffrance; il n'y a donc au'à nuus appliquer à retirer le fruit des douleur.» de celte terre.
20ti7. H. Jésus, en couronnant le bon tarron, nous apprend le fruit de» touffrances. Jé-us ne veut pas attendre le j ur de sa résurrection glorieuse pour nous faire voir en sa personne le fruit des soutTrances ; il nous le montre au Calvaire même, dans la personne du larron pénitent. Dieu a une tendresse particulière pour ceux qui soufTrenl. H n'est pas nécessaire de le prouver. Juxtà est Dominux his qui Iribulato $unt corde : il vaut mieux dire les causes de cette tendresse. Or, 1" la première est la contrition d'un cœur repentant. Les âmes qui dans la prospérité ne pensaient pas â Dieu, et s'endormaient dans les plaisirs coupables, sont réveillées par le fouet des souffrances; elles .sentent la justice de la main qui les frappe ; et la rigueur même de celte main, dans le temps de la miséricorde, leur fait craindre les châtiments que le temps de la justice leur réserve; el c'est ce qui arrive au bon larron. Il entend son compagnon qui blasphème et il s'en ét>>nne. Quoi, dit il, la rigueur des tourments ne l'a pas encore appris à craindre Dieu T Neque tu limes heum quoi in eddem dam7^a^io^le esh II se reconnaît coupable; il s'huimlie. l\'os qiiidcm digna faclis recepimus. Dieu ne nous frappe durant celte vii; qu'afin de nous abaisser snus sa main puissante; si nous nous humilions aux premiers coups, il suspend son bras. Si donc nous avons quelque souffrance, confessons aussitôt que nous l'avons m niée: Cet heureux voleur, s'étanl considéré comme cnm'n'l. tourne ensuite un regard ver* l'innocent qui souiïre avec lui : Hic vero nihil mali gexsit. dil-il. Ceite pensée adoucit ses maux ; car pendant que le jusie soulTie, le coupable ne doit pas se plaindre. Le bon larron nous fait donc vjir les deux objets dont nuus devons nous occuper dans nos douleurs : Jésus-Christ et nous-mêmes, notre crime et son innocence. Soutirons pour expier nos fa-. tes, soulTrons de bon cœur, à la vue d'un Dieu qui souiïre oour nous. Ces seniiments forceront le ciel, et les portes du paradis nous seront ouvertes.
â° Mais les afflictions, non seulement font naître le repentir de nos fautes, elles sent comme un feu qui éprouve noa vertus et qui les épure. 1) Qui ne sait, par l'enseignement de la foi, que la vertu doit être éprouvée comme l'or dans la fournaise. On ne connaît point la valeur d'un soldat, bien qu'il ail le costume militaire, s'il n'a jamais combattu. Bien qu'une âme ait les apparences et la montre de la vertu, on ne sait si celle vertu est sincère, si elle n'est pas éprouvée par l'adversité. C'est pourquoi saint Paul dit que palicntia probationem operatur, probatio vero spem. La vertu attend tout de Dieu; mais pour qu'elle espère, il faut qu'elle soil digne de Dieu; et comment le reconnaître, sinon par l'épreuve des souffrances, sans laquelle son espérance est douteuse? Piété délicate, nourrie à l'ombre et daas le repos, lu prétend* à l'immorlaliié. viens que je te mette à l'épreuve qiie D'eu a proposée â ses serviteurs. Voici une tempête qui s'élève, ane perte de biens, une maladie, une insulte, etc. Tu te laisses aller au roarmure, pauvre piété déconcertée. Tu n'éiais pas nne piéié chrétienne; tu n'en étaii qu'un vain simulacre; lu n'étais qu'un faux or, brillant au soleil; mais qui s'évanouit dans le creuset.
â) La véritable vertu chrétienne non seulement résiste an feu de l'épreuve, mats elle s'y épure. Nous nous plaignons quelquefois en disant : Pourquoi m'ôle-t-on cet enfant^
15* DIMANCHE. — DBS SOUFFRANCES 937
ce parent aimé, ces biens, elc. ? Mon attachement à ces biens était bien légitime. Oui, mais i cet attachement légitime se mêle souvent quelque alliage trop naturel qui loi en>éve sa beauté. Il faut le mettre au feu, afln de le purifier ; et cela de quelle manière Y Il faut qu'en perdant ces biens, on apprenne combien on péchait en les aimant, dit sarot Aueu!>iin. tn effet, quand on en e>t privé, le cœur saigne, et on voit qu'on était moins détaché qu'on ne le pensait, et de plus on acquiert l'i'Xjx^rience de la fragilité des choses de la terre. En sorte que la vertu ainsi épurée devient plu^ agréable à Dieu, qui la couronne. Et c'est ce qui arrive au non larron. Nous l'avons vu pénitent parce qu'il souffre; voyons-le en un instant consommé en saimeté. Non cont»-nl d'avoir reconnu l'innocence de J*sus, contre lequel tout le monde s'élève avec rage, il se tourne vers loi et lui dit : Mem*nto nui cum vetifris in regnum tuum. Un mourant, un crucifié, voit Jésus mourant et crucifié et il lui demande la vie et une place dans son royaume. Ses yeux ne voient que dt*s croix et sa foi lui préstnie un trône. Quelle toi I quelle espérance t et cela an moment où tuut le monde condamne Jésus, où ses disciples même l'ont abandonné. La foi du larron commence à fleurir, quand celle des Apôires a été flétrie, dit saint Augustin. Les disciples ont délaissé Celui qu'ils savaient être l'auteur de la vie, et le larnm reconnaît pour Malire le compagnon de sa mort ; il est digne, par conséquent, d'fccuper un haut rang parmi les martyrs, puisqu'il reste presque ?eul i la placp '" " ■■" Tui devaient être le* chefs des martyrs. C'est ainsi que la souffrance le fait . pidement .iu repentir à la perfection et de là à la couronne. Aussi Jésus
loi a mecum erin in parad*so Aujourd hui, quelle promptitude I avec moi,
quelle compagnie I en paradis, quel repos I
2068. IU. Jéxus condamne le larron qui se raidit contre la souffrance, bien abandonne quelquefois à leur prospemé in!<ensée les méchants qui l'outragent ; mais il sait aussi les punir par des châ'imens tragiques ; et le larron impénitent nous fait voir que la croix qui nous est, si mms le vouions, on gage assuré de miséricorde, peut être tournée par notre malice en un instrument de vengeance. Tant il est vrai qu'il faut mi'in» considérer ce que l'on souffre que l'esprit avec lequel on fouffre.
Si vous voulez voir l'image de l'enfer, n'allez pas chercher les founaises ardentes, ni les vjlcans qui vomissent de leurs cratères, que Tertullien appelle les cheminées de l'enfer, des tourbillons de fumée, de flitnnmes, de soufre ; venez voir un homme qui souffre et qui ne veut pas se convenir. En effet, le caractère de l'enfer ce n'est pas seulement la peine, c'est la peine sans la pénitence. Les Ecritures nous parlent de deux sortes de feu : l'on qui éprouve, l'autre qui dévore ; le premier s'éteint dès qu'il nous a purifiés, c'est la peine avec la péniience ; le secon t ne s'éteint jamais, c'est la peine sans la pénitence ; il ne produit que la fureur et le désespoir. Par conséquent, il n'y a rien de plus humble sur la terre que les himmps frappés de la main de Disu et en même temps impénitents, lis portent en eux le caractère essentiel de la damnation. Ils commencent leur enfer ici-bas; de la croix, comme le mauvais larron, ils sont prêts à être précipités en enfer. On leur arrache les biens de cette vie cl ils repoussent ceux de la vie future. Frustrés de tou'e part et ne sachant à qui s'en prendre, ils murmurent et blasphèment contre Dieu ; et la peine de leurs péchés devient la mère de nouveaux crim-'S. D<J deux hommes crucifiés avec le Sauveur, l'un y a trouvé la miséricorde ; l'autre, les rigueurs de la justice. 0 vous qui souffrez, craignez donc d'abu«er de la foufTr.in, *» et <\e faire tourner à »otre ruine ce qui p»'ui être pour vous un gran i moyen de ~ ts de Dieu qui êtes sur la croix, gardec-voos de croire que Dieu vous ouli ; l'il vous laisse subir les mêmes épreuves que les méchants : il sait bien déii jui sont i lui. Le même mouvement fuit exl^aler la puanteur de la boue et i-ur des purfjnis: le vm n'est pas confonilu avec le marc, bien qu'ils por " '• ' ' ' ' • ■■ ■•->^ '• "> '■'•'■'I même le pressoir qui les sépare.
S la tentation ne persévérera pas.
Mai- ic.um et non erit peccator. U y a
loDgiempii que je feuutVie. L larnuiil^ fail pitraUre loog ce qui est court. Qaxnd tout le monde s empre^s^ pour servir un malade, lui seul trouve toujours qu'on larde trop de
le soulager. Ilodie, dit J/- " •■ vie pa5>er-i ■ - - ■ ;r d'hiver dont le
soir touche de si près au n l'un mom^ :i:l paraître long.
Oh I quand nous seions au :. en consoler ">iirage. souffrons,
non comme le l*rron impénileot, mais comme le bon Urrun, et comme loi pucum eriM in paradUo.
i060. I©"'" disnnnelie Si Hrff snhhatn ntrnrf — !.<>« Pharisiens
(^Iniont si si-ni|Milpii\ M|isi>r\.itc ^ .^nl At Toir
faire ilcs miiim'Ios ou «o j"nr '^ > \ '
2070. 17 Ti- dliuHiiohe. — O'^ir-cTu vos ut </' f/ud vocafi esfii. I*ar rcs paroio.s. .saint Paul (»x)i i"
saintement los (it-voii ' . . • ^, nous ui-uiis ii>s
adressant à roin 'jni 'Utt «le vie, nom les
invitons A faire ro 'Imhx mmhi im'-u i^mh h. i.wn'j
2071. 18"">" dimanolio. Filius hominis hnhet potestnteni in terra dimittendi percuta. Ce pouvoir il l'a donné à ses ApiHres. (Divinité de la confession, n. s:»:<.) On poiirrail aussi à propos des paroles de sainl Paul: Dirites facti eslis in umni scientia, demander aux lidèles s'ils méritent cet éloj^e ol parler de ric.voKA.NCK, n. 2U7S.
207i. l»ii" dimaïK'lie. — Dicite invitatis : Venite ad nuptius. (Coininimion rré(jiicnlo. n. IKH.)
i(»7:<. 20""' dlniaii<*lt<^. — A roccasion de la foi du Jieyuli cujus filius in/ir/ziahutur, parler do la i'oî.
Aduiu/e nobis fiilem. Habete fidem Dfi.