XIX. — TrangOguratioii
2i61. Exorde : le récit de l'Evangile. (Matth. xvii, Marc, ix, Luc. ix, 28.) Ce récit renferme de grandes leçons, tâchons d'en recueillir les plus pratiques. Notre-Seiçncur a annoncé à ses Apôtres sa Passion : il ne veut pas -jue leur foi soit ébranlée des souffrances qu'il devra endurer bientôt. Il aul donc qu'il les convainque de sa divinité. Il leur a parlé du bonheur de son royaume éternel, et de l'abnégation et dos souffrances nécessaires pour le conquérir. 11 faut qu'il fortifie leur courage dans la lutte, en leur faisant voir un rayon de la gloire promise.
Il prend donc avec lui, pour être témoins de ce mystère, non les scribes et les pharisiens ; mais trois des pauvres pécheurs de Galilée qu'il s'est choisis. Abscotidisti hœc a sapientibus et prudentibus et revelasti ea parvulis. Aussi l'Eglise chante-l-elle en ce jour: Jesu tibi sit gloria, qui te révélas parvulis. L'humilité attire les faveurs de celui qui résiste aux superbes. Il en prend trois pour qu'ils puissent rendre un témoignage suffisant à ce grand fait ; il n'en prend que trois, car dans l'ordre de la Providence les faveurs extraordinaires ne sont accordées qu'à quelques âmes d'élite qui ont la charge d'en instruire les autres. Il choisit Pierre, à cause de sa foi et de son amour. Beatus es Simon liarjona </uia caro et sanguis non revelavit tibi. Tu olir/uando conversus confirma fratres tuos. Eriam, Domine, tu scia quia amo te. Il choisit Jean, à cause de sa pureté virginale. Qui diligit cordis mundifiam habebit amicum regem. Il choisit Jacques qui sera parmi les Apôtres le premier martyr, à cause de sa patience constante à supporter les épreuves. Voulons-nous les faveurs de Dieu, ayons comme Pierre une foi que rien n'abatte et un amour généreux ; comme Jean, une grande pureté ; comme Jacques la constance dans les éprouves et les persécutions. Omnes qui pie volunt vivere in Christo Jesu persecutionem patientur. Nemo tnittens manum ad aratrum et respiciens rétro aptus est regno Dei. (Lrc. ix, 62.) Avec ses trois disciples favoris, Notre-Seigneur se dirige sur la montagne du Thabor. Il aimait à se retirer dans la solitude pour s'y entretenir avec son Père, nous apprenant par là à nous écarter des créatures pour trouver Dieu. Intra in cubiculum et, clauso,ostio, ora.... .Arrivés sur la montagne, Notre-Seigneur se met en prière, et les .Apôtres s'endorment de lassitude. Or, pendant »iue Notre-Seigneur priait, il se transfigura. Saint Basile de Séleucie,dit que le soleil fut plus surpris en ce jour qu'en celui où Josué l'arrêta dans sa course, car il vit un autre soleil, morne jusque là ; et lui, devant qui toute autre lumière s'efface, s'étonna de se voir obscurci lui-môme par une lumière étrangère. Le visage de N.-S. en effet devint lumineux comme le soleil, ses vêlements blancs comme la neige. Il prit pour un moment un< des qualités des corps glorieux: la clarté; et il laissa rayonner sur sa pcisonne divine la gloire de son àrae. Il voulut nous apprendre par là à non transfigurer nous-mêmes. Il y a une sorte de transfiguration de l'infidélité ;i la foi. De tenebri* nos vocavit in admirabile lumen suum... Illujcit cordi-
{ij Rien de plus facile que de méditer sur le Cœvr de Marie en suivant le même plan. N
TftANSFKiDRATlOS' 1021
bus nostris. Ah ! ptusscnt les pauvres in6dèles se transûgurer ainsi ! Advenir' '^'troe, illuminare, Jérusalem. Il y a une transfiguralii'; iïa vie de la grAce. Le pécheur est enseveli dans les ob- ni. Le péché mortel est comme un nuage qui voile à SOI. la grAce. Ah ! prions pour les pécheurs ; et si parmi noiis n Mil. en état de péché mortel, qu'elle prie et qu'elle se transfigure 't ière, par la contrition, le repentir et la confession. 11 y a un*> <'■• .......n d'un état de grdce tiède et imparfait à la perfection de
l'a :!î. Cette transfiguration s'opère encore par la prière et l'oraison.
Fu...... „. lu m oraret. L'oraison nous fait connaître Dieu et nous-mêmes :
Oieu pour l'aimer, et nous-mêmes pour nous anéantir et nous mépriser. L'oraison nous met en face de Dieu, la vraie lumière, qui illumine tout homme venant en ce monde. C'est par l'oraison que nous recevons la grâce sans laquelle nous ne pouvons ni croire, ni espérer, ni aimer, ni grandir dans la perfection.
Et rh'rebant excessum ejus. L'âme transfiçurée par la perfection ne re' s les consolations, même surnaturelles, pour elles-mêmes. Son
uni est de soulTrir pour témoigner à Dieu son ardent amour, à
l'eicuiple de Jésus-(]hrist qui, en ce jour de gloire pour lui, aime à s'entretenir de sa Passion avec .Moïse et Elie. Ces derniers viennent tous deux, l'un l'in le la loi, l'autre le Père des prophètes, pour rendre hommage à
Jé> la fin, le couronnement de la loi ancienne et des prophéties.
I s lumineux qui partaient de la personne adorable du Sauveur
fr.r paiifiières des trois Apôtres, ceux-ci s'éveillèrent et virent avec
adi le merveilleux. Saint Pierre ravi s'écria : Bonum est
no .on ici. Il avait raison; rien n'est doux comme de
cûii ^0 du Sauveur ; et cependant ce n'est qu'un rayon
de ir dans sa transfiguration. Qu'en sera-t-il de le
COI ; . Ali ! Seigneur noverim te I Sainte Thérèse vit quel-
que ire ; et dès lors il lui fut impossible de rien aimer de
leii... .^. ■,..,.„..- ,.,.iem tuam et safvi erirnus.
Bonum est nos hic esse. La transfiguration des âmes est douce aussi. Bonii't, .i'.ivoir la foi. Bonum d'avoir l'amitié de Dieu. Pauvres pécheurs ! Jés V. sur eux. Si coynovisses et tu quœ ad parem tibi. La Vierge
a p! eux à la Salette. Bonum d'aimer Dieu parfaitement, d'avancer
de vertus en vertus. Melior est dies una in atriis tuis super miltia. Gustate et videte quoniam suavis est Dominus. Saint Pierre aurait voulu que cette joie qui l'enivrait durât toujours. Aussi se hasarde-t-il à dire â Notre- Seigneur Si ris faciamus hic tria tabernacula. Mais l'Evangile remarque qu'il ne > ce qu'il disait. Le bonheur parfait ne peut être goûté dans
cette vai ! mes. Ici-bas, la lutte et la souffrance; au ciel, la cou-
ronne et la iVii.ilé. Au moment donc où il parlait encore, une nuée lumineuse onvironna U>us ces saints p<»rsonnages, et une voix du ciel se fit enlen ' là mon Fils !■ écouter-le. C'est Dieu le Père qui rend
léii, 1 une manière à la Divinité de Jésus-Christ, comme il
l'a". ! jour <lc son biiiiUinc.
I ^iis. c'est le Fils <le Dieu, par conséquent la science, la vérité
Inli ' ' ' i.s parle p > ' .ile dont l'î' "^ *
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102i l^ÉTES DE NOTRÉ-SEIGNEÙK
la beauté on laquelle le Pore met ses complaisances. Il a l'ail les délices des saints, (l'csl noire niailre el notre modèle, n'écoulons ((ue lui, ne voyons que lui, cherchant à pratiquer ses enseignements el à copier ses vertus, Solum Jesuin, et un jour (ce sera alors la transliguration consommée), nous partagerons la gloire dont il nous montre aujourd'hui un rayon. AmenI