‹ Le Prêtre dans le ministère de la prédicationChapitre 291 sur 416 · N.lll.UI. .1.. . .111. >..H,- -M- >ilj · texte numérisé non relu

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peur col édifice pour parvenir à se rendre comple de sa Iranslalion. Tout à coup, on voit venir l'év^fpie du lieu, Alexandre. Sa présence excite un cri de Biu'prise ; on le savait très graveinenl malade, et le voilà en pleine santé, I,a Sainte Viorpc s'est montrée à lui et lui a appris nue cette maison mystérieuse est celle iniMiio on le N'crhe s'est lait rliair : et elle l'a laissé guéri.

Nicolas Iraupipane, gouverneur de Tersatz, avait suivi à la guerre Hodolphe de HabsliDurg. A cette nouvelle, il vient, lui aussi, voir le prodige II envoie ipiatre délégués pour examiner à Nazareth même l'emplacement de l'édilice. Leurs rapports furent concluants. La maison de la Sainte Famille avait disparu (le Nazareth, eneiïet; mais les fondations étaient là encore, mêmes matériaux, mêmes dimensions. Des lors, grand concours de pèlerins, sainte allégresse de tous les peuples voisins. Hélas, trois ans plus tard, cette sainte demeure était transportée de nouveau dans une forêt de lauriers en Italie, sur les bords de la mer Adriatique; puis huit mois après, dans le domaine des comtes de Antiquis ; puis quatre mois après, au milieu de la voie publique qui conduit de Hecanali au rivage de la mer. (Test là qu'on la vénère encore aujourd'hui. (Test là que les Dalmates viennent encore la visiter; et ils ne cessent de dire avec larmes à la Vierge : Uetournez à nous, ô Marie, retournez. C'est là que chacpie année vont prier un grand nombre de pèlerins qui baisent avec amour les pierres de cette sainte demeure, dont ils font le tour à genoux ; et leurs genoux ont creusé le marbre qui l'environne ! — Si nous n'avons pas le bonheur de la visiter, du moins vcnérons-la de loin et surtout cherchons à profiter des leçons qui découlent de celle dévotion.

2187. IL Leroiis. — Le culte de la maison de Loretle ne se rapporte pas aux pierres, ni au bois de ce modeste édifice, mais à ses heureux habitants. C'est là qu'a demeuré pendant de longues années la Sainte Famille, cette Trinité de la terre que les anges du ciel nous enviaient. Ses murs ont été les témoins de la vie sainte et cachée de Jésus, de Marie, de Joseph. Famille divine, le modèle de toutes les familles chrétiennes.

!• Là on louait Dieu et on le servait,

1) La prière était la vie des Ames. Flic n'était point interrompue jiour Jésus et Marie, du moins, pas mêuie durant le sommeil ; jamais tous les concerts angéïiques n'ont autant honoré le Seigneur que les louanges qui partaient des cœurs de Jésus, de .Marie et de Joseph. Quoties duo rel très sunt conf/regatiin ttomine tneo, ibi sitm. La Trinité tout entière se reposait là avec amour.

2) Les créatures matérielles des cieux et de la terre exécutent néressairemenl les ordres de Pieu et se régissent par les lois qu'il a établies ; mais leur obéissance si ponctuelle n'est pas libre ; elle n'est pas digne de Dieu. Les Esprits célestes se voilent la face devant la m.ijesté du Très-Haut, ils exécutent en tremblant ses ordres ; mais ce service fidèle nu'ils lui rendent, qu'cst-il comparé à celui de la Sainte Famille, dont tous les membres peuvent dire : Ma nourriture est de faire la xwlonté de mon Père, je fais toujours ce qui lui plaff ?

2* Là régnait la charité : quelle paix, quelle harmonie entre ces trois âmes si bien faites pour se comprendre et se perdre toutes trois dans l'amour divin, qui fait le lien mystérieux des cœurs ! Jamais le commandement n'est dur, parce qu'on se respecte mutuellement ; jamais de d^unions, de querelles, de murmure, ni de plainte. Qui désobéirait, là où celui qui gouverne l'univers donne l'exemple de l'obéissance ? et il obéit avec amour à Marie et à Joseph qu'il voit si aimants, si dévoués à sa personne adorable. Quel empressement à se rendre service mutuellement, riuelle sainte joie ! oh ! c'est l'image du ciel. Quand donc les parents seront-ils dévoués et aimants pour leurs enfants comme .Marie et Joseph l'étaient pour Jésus ! 0"and la soumission des enfants se rétablira-t-elle dans les familles? Quand la concorde règneral-elle dans tous les foyers? Quand on aura mieux étudié, mieux médité les exemples de la Sainte Famille de Nazareth. Notre orgueil, qui a la soumis- .sion en horreur, sera ruiné par l'obéissance qui se pratique dans la Sainte Famille.

S»» Notre nature orgueilleuse est aussi sensuelle : nous aimons l'oisiveté, le bien-être. Dans celle sainte et pauvre demeure, on travaillait et avec acli-

AtTENTR DE LA NAtSSANCE t)E JESUS 103?

v'ilé. Josepii était im ouvrier sur bois ; Marie avait les soins ilu ménage ; celui dont les iiiains divines ont fabrinué l'univers travaillait avec eux. Mais i|ui'l traviiil liciii! Marie et Joseph travaillaient pour Jésus, quelle douce tâche ! Coinuient eusscnl-ils pu estimer d'en l'aire trop ? Jésus travaillait pour expier les péchés dis honuiies et sauver le monde. (Comment eût-il regretté sa peine quand il était prêt à verser pour nous son sang 'f Travaillons, nous aussi, (l'est la loi portée contre .\dam, coupable; c'est la sauvegarde de notre vertu, c'est l'expiation do nos fautes, offrons à Dieu notre travail, et faisonsle en vue de lui plaire et de sauver les Ames.

• îrande leçon <mi vérité que nous rappelle cette maison de Nazareth que les anges ont tiMns|ioilée idus prés de nous, alin «pie nous ayons presque sous nos yeux les exemples de la Sainte Famille. Heureuses les familles qui se formeront sous ce modèle admirable ! Heureuses les maisons qui, comme ( oil'' il- \:i/:ireth, seront des sanctuaires où Dieu sera loué et servi, où la cil I 1 tous les cœurs, où le travail, non seulement procurera quehjues

res- M rissables, mais méritera des trésors pour le ciel !

lO. — Attente de la naissauce de Jésns.

2188. fpse erit eœpecfatio gentium. Tous les patriarches, depuis notre

F»rcmier père après sa chute, tous les [)rophèles avaient soupiré après le jour leurcux, où Dieu se souvenant de ses promesses, donnerait au monde le Kéflempleur promis. Marie dont la foi était plus ardente «pie celle des patriarches, «lont les lumières étaient plus vives que celles des prophètes, .Marie instruite par l'ange (labriel lui-même que l'enfant «pi'elle portait dans son sein était le Fils du Très-Haut et «lu'il s'appellerait Jésus ou Sauveur, devait av«)ir dans sa poitrine des soupirs plus embrasés, dans le co?ur des désirs plus ardents ipie tous les justes. Ce sont ces scnlinients admirables de .Marie que l'Kglise honore dans cette fête. Entrons dans cet intérieur de la Vierge Mère et cherchons la raison : I, de ses soupirs d'autrefois et H, de ceux d aujourd'hui.

2189. I. — I)'(iutrefois. 1«> 11 est si naturel à une mère de désirer de mettre , m il mr son premier-né ; mais Marie avait bien d'autres raisons qu'une Ml' lie d'attendre avec une sainte impatience la venue «le Jésus. .\h ! cei: . >iieux fardeau ne pesait pointa une mère Vierge, «pii enfantera sans douleur, comme elle a con«;u sans souillure ; mais malgré ses humiliations, cet enfant béni devait être si beau qu'il lui lardait rie reposer ses yeux sur ce visage qui ravit les anges, de recueillir son sourire «livin, de porter dans ses bras celui qui porte 1 univers, d'entendre les paroles de sa bouche dirtées par la sagesse divine. Osfende faciem fuam... sonet vox tua in aurifnis meis,

2" <;elte sainte ambition de Marie n'était pas celle qui dominait dflns son ftmo, trop généreuse nour ne s'oci^uper «pie «l'elle-mêmc. Dieu n'était pas connu et «-eux qui ne l'ignoraient pas entièrement non sicuf Detim f/lorificuverunt. (> Dieu, advcniut reijnuintuum... Clarifica Fifium tuuin ut Hlius cfari/iret te.

:5" i.es hommes, loin de Dieu, erraient dans les ténèbres et A l'ombre de

l;i •■ ■ ' '•'> par la lounle chaîne dont Satan les enlavail. I.e*^ '<■

iii-i avaient pro«hiit la ««irruption du cieur ; et la m -

pei... "' roulant «le pre<i'"" ■•'> précipice y^^'" > ' il..;ii.

éternel. ' elle-même, l> i s de la ]<• it la

vérili' M -i .Iiitii cllr i' .ie mère .i aux

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fraii sfili'Htloi fitir,

tt sol justttnr,iftni et liluminti. H i ni, reni et educ vinrtum i/n

domo carreris, $edentcm in tenehris. i ;>* plus lar«l pleura sur Jérusa-

lem, ne semble-t-il pas «pic Marie dut pleurer en voyant cette ville inlidèle, et le monde livré A .Satan.

4* Le démon régnait. Mm ns sa conception inimi-

culée, et Satan semblait se jiar le loiig qu il fais. «il

peser cruellemenl sur rhumanitc. l'uux- luus ces motifs, Marie soupirait :

10 i8 FKTES I>I ...V .^AINTE VTKttrtK

Venez, ù nii>ii i un. j...iir la consolation de votre Mère, pour rcndii- a votre Père ses droits méconnus ; venez, ô lumière du monde, dissiper nos ténèbres; rosée bienfaisante, laver nos souillures, exurge et juiica causam tuam; refoulez le démon dans son empire de mort.

211»04 II. Aujourd'hui, Marie a encore des désirs ardents non pas de mettre de nouveau au jour celui qu'elle nous a donne, mais de voir Dieu gloriflé, les Ames éclairées et purifiées, l'empire de Satan détruit.

Car 1" le règne de Dieu n'est pas encore complet sur celle terre, c'est IKglise qui clierche à l'établir ; mais que d'infidèles encore ! que d'hérétiques, que de cfiréliens indiiïérents ou blasphémateurs! Si Dieu n'est plus inconnu, il est méconnu d'un trop grand nombre !

2« Jésus nait, grandit et meurt d'une certaine manière dans les Ames et dans les sociétés. I) Kn nous il nail par la grAce ; il grandit quand nous nous appliquons à acquérir la perfection chrétienne ; il meurt, quand nous commettons le péché mortel. Où en sommes-nous? Jésus vit-il en nous, ou les ténèbres de la mort nous environnent-elles encore? Aveugles volontaires, ne fermons-nous pas nos yeux à la clarté du soleil de la vérité ? Le sang de Jésus a été versé pour nous laver, ne restons-nous pas dans nos souillures en l'u.vanl les sacrements?...

2j Dans les sociétés. Jésus meurt quand l'esprit chrétien n'inspire plus nos lois, nos gouvernements, nos usages. L'humilité, la soumission, voilà l'esprit de Jésus.. La société n'est qu'orgued et révolte. La pénitence, le sacrifice c est l'esprit de Jésus; la société n'est que sensualité, amour du plaisir, égoïsme.

30 Donc l'empire du démon n'est pas détruit; il s'étend sur un trop grand nombre d'Ames, sur des familles entières d'où le crucifix est banni, sur des sociétés qui semblent rivaliser de corruption avec le jiaganisme. Aussi si quelque chose au ciel était capable d'arracher des soupirs et des larmes A la Vierge, Mère de Dieu, ce serait la vue des outrages lancés contre le Seigneur, des Ames qui se perdenl, des sociétés qui s'égarent, du triomphe de Satan dans le monde présent. Aussi est-elle venue à la Salette se montrer dans les pleurs. 0 .Mère, nous mêlerons nos larmes aux vôtres pour demander que Jésus vienne dans les Ames des pécheurs, dans ces sociétés fondées, fécondées, civilisées par son Evangile et qui le rejettent, que le Irone de Satan soit à jamais renversé, et qu'il arrive enfin le règne de Dieu. Que ce soit là le but de nos prières, de nos pénitences. Ne nous contentons pas de faire naître et régner Jésus en nous, en vivant dans la grâce, mais établissons ce règne autour de nous par la prière, l'expiation, le zèle.

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