‹ Le Prêtre dans le ministère de la prédicationChapitre 292 sur 416 · IV. — Le» épousailles de la Nainte Vierge (23 Janvier · texte numérisé non relu

IV. — Le» épousailles de la Nainte Vierge (23 Janvier

2191. L'Eglise célèbre en ce iour le mariage incomparable de l'immaculée Marie, et elle nous invite à le solenniser avec joie cu/n.;wc»^nr/j^a/e. Mais pour que cette joiesainte tourne à notre édification, considérons : I, comment la Vierge s'est disposée à cet état. C'est 1" par la retraite dans le temple ; elle y est resiée depuis sa plus tendre enfance jusqu'au jour de ses épousailles; 2" par la prière, car sa vie dans le temple était toute «l'imion à Dieu ; li» en suivant le conseil des prêtres. Marie était héi'ilière de David et par conséquent de cette noble race qui devait dormerau monde un Sauveur. Elle était or[)heline, il fallait donc lui donner un appui, c'est pourquoi les prêtres l'invitèrent à entrer dans cet état qu'elle redoutait elle-même : car elle était résolue de garder une perpétuelle virginité. Quelle leçon pour ceux qui, avant de contracter des engagements redoutables, ont mené une vie mondaine et évaporée, ont couru à travers les occasions dangereuses du siècle, n'ont jamais appelé sur leur avenir, par la prière la bénédiction de Dieu, et n'ont pas même consulté celui qui devrait être toujours leur conseiller et leur guide dans toutes leurs déterminations graves, le prêtre !..,

2192. 11. Avec (jui Marie ya-t-elle contracter ses épousailles ? La loi veut qu'elle choisisse un héritier de David comme elle ; mais entre divers prétendants de cette noble race, lequel sera préféré? Plusieurs sont venus fujur demander sa main. C'est le ciel lui-même qui va désigner l'élu. Tous, comme des voyageurs, ont en main un bâton; et celui de J<?seph, par un

Les épousailles di-: la sainte vibrgiî ioâ9

prodiçe érintant, s'épanouit on un beau lys, image de la pureté de son cœur. Joseph lui aussi est vierge, c'est lui que Dieu même choisit pour époux de Marie. Il était nécessaire, en effet, A cause de la dignité incomparahle à laquelle Marie était destinée, que tout en restant vierge, elle eut un époux. Etant appelée à devenir Mère de Dieu, elle eût été accusée de crime et lapidée, si Joseph n'eût pas été le témoin et le gardien de son honneur et de sa vertu ; et une sorte d'opprobre eiit pesé siu* elle et sur l'Knfant-Dieu qu'elle devait donner au monde. Mais ciel ! quels époux !... La Vierge immaculée dans sa conception, la Vierge dés le premier instant plus pure que les anges, la Vierge que désormais (ïabriel saluera pleine de grâces, car depuis des années déjà elle multiplie sa grâce ; et Joseph, l'émule de sa vertu, digne d'elle à cause de son amour pour la virginité. Pari union sainte qu'il contracta avec elle, il entre comme en participation de tous les dons faits à Marie. r ' jet la grande voix de Léon Xlll : « La dignité de la Mère

qu'il ne peut être créé rien au-dessus. .Mais comme Joseph i ' "• mil .1 II i.i'iiiicureuse Vierge par le lien conjuçal, il n'est pas douteux qu il n'ait approché plus que itersonne de cette dignité suréminente par laquelle la .Mère de Dieu surpasse de si haut toutes les natures créées. Le mariftgi' est en eiïet la société, de toutes la jdus intime, il entraine de sa naluro la communauté des biens entre l'un et l'autre époux ». Onelle dot ces deux saints époux apportent-ils l'un k l'autre ? Tous deux sont, il est vrai, de famille rovale : toutefois ils ne conservent, des richesses et de la gloire de leui-s aïeux, que l'humiliation d'en être privés ; mais, combien les vertus sont un bien plus solide que la fortime et que la naissance, et comme elles sont une plus sûre garantie de bonheur !

21u:L 111. Les suites de cette union suinte: aussi un mariage ainsi préparé, ainsi béni de Dieu apporle-t-il à tous deux : l» une consolation, et i" un^ ''dilication. <" L'adversité viendra. L'un et l'autre trouveront dans I niutuelle un allégement à toutes les douleurs. La pauvreté de

I louce en telle compagnie. La fuite en Kgvpte plus tard, puis

les laLcurs d une vie rude ne sont pas capables de troubler un bonheur (jiie la vprtu a créé. 2" Non seulement Marie et Joseph s'aident à souffrir, mais

I !, - s'excitent mutuellement à la pratique île la vertu. Ils sont comme i s l'un de l'autre ; quelle ellicacité ont sur ces deux Ames les enlre-

d'amour, les exemples de vertus héroïques qu'elles échangent;

vie d'.Vdam etd'Kve dans l'état d'innocence. (J»c dis-je, cette

oiers parents avant leur chu',e n'est qu'une image de la pureté

I ie et de Joseph, qui font voir A tous ceux qui vivront après

Page 1