‹ Le Prêtre dans le ministère de la prédicationChapitre 296 sur 416 · I. deja (iviim 'H- on · texte numérisé non relu

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1044 FÊTES DE LA SAINTE VIER<it

devienne fccc»n<le en œuvres s.iinles. li s.iil, avec des pierres, faire des enfanUs d'Abraham ; il peut aussi faire qu'une vierge ail des fils spirituels bien meilleurs et plus nouibreux (pie tous ceux qu'un mariage lui pourrait donner. Kt c'est ce qui arrive souvent.

Marie rassi»rée par les paroles de l'Ange répondit : Ecce ancilla Domini, fuit mihi secundum rerhum tuum. (a) Sa foi est complote; elle croit tout t-e que l'ange vient de lui annoncer, lieatu f/iiœ credidinti, ilira plus tard avec raison Klisabeth ; celte loi a fait le bonluMir de Marie et de l'humanité. ih) Mais (pii n'atlinirorait son humilité f Après les éloges qu'elle a reçus de l'anije, après la vocation qu'il lui a manifestée, vocation (pii la destine à éfre la Mère de Dieu, la corédemptrice dos hommes, malgré les mérites acquis, (iratia nlena, elle se reronnuitia servante du Seigneur. Si vous ne pouvez l)lus imiter Marie dans sa virginité, imitez au moins son humilité. Cette seconde vertu est aussi importante et plus nécessaire que la première. Si Marie riryinitate plaçait, hximilitate concepit, comme le dit saint Ambroise. Ke.rpe.vit humilitatem ancillœ suœ; il fallait nécessairement une mère humble à un Dieu qui s'anéantissait en se faisant homme. Mien n'attire comme l'humilité les faveurs du Dieu qui résiste aux superl>es. \)onc qtianto maf/mis es, humilia te in omnibus (lùxu., ni, 20), en vos pensées, en vos actions, en vos vêtements; et si nous sommes petits, gardons-nous de nous élever ; car celui qui s'élève sera abaissé. Les païens n ont pu être humbles que par raison, si jamais ils l'ont été ; mais un chrétien trouve dans sa foi le motif le plus ellicace de pratiquer cette vertu, (lommcnt oser être plein d'orgueil quand on croit à un Dieu qui noua a sauvés par ses abaissements, quanti on lionore comme une Mère la Vierge de foutes la plus humble? Kt 1 humilité n'empêche pas la grandeur ; car elle n'a pas empêché Notre- Seigneur d'èlre le Fils de DieiC ni Marie d'être sa Mère, fc) Son obéissance n'est pas moins admirable, hrce ancilla Domini, puisipi'il est le maître et que je suis la servante, je ne puis résister à ses desseins. Sans doute l'œuvre de la rédemjtlion du inonde, à laquelle il m'associe, ne s'accomplira pas sans rie grandes soulTrances : n'importe, fiât mihi! Quelle parole ! L'univers l'attendait en suspens ; son salut dépendait de l'assentiment de Marie A la proposition de l'.Xnge. 0 Marie, votre obéissance fait votre gloire, le bunheur de l'humanité, et la ruine de l'empire de Satan. Fiat mihi. Un premier fiât, dit |)ar Dieu, a produit la création ; au fiât ((u'a prononcé la Vierge un mystère plus grand encore s'est accompli. Et Verbum caro factum est et habitavit in nobis. C'est ce mystère que nous vénérons tous les jours en récitant VAnf/elus. Quand la cloche sonne, disons avec l'Ange : Ave Maria, f/ratia plena, nous rap|»elant l'amour du Père qui nous a donné son Fils, l'amour du Fils qui s'est anéanti pour nous, la pureté, l'humilité, l'obéissance de Marie, afin de les retracer en nous, et son glorieux titre de .Mère de Dieu qui fait notre (espérance, comme il fait sa gloire. Car, en devenant la Mère de Jésus, notre chef et notre tète, elle est devenue la Mère de tous ses membres. O Itomine, ef/o servus tuus et filius ancillœ tuœ : que je sois digne rl'une telle Mère [tar l'imitation de ses vertus, afin (pie je puisse un jour partager sa gloire et la vôtre. Amen.

3200. Plan de Bourdaloue sur l'Annonciation. Verbum caro factum eit. Magnum pielatis $acramentum; c'est le grand inysiére de la bonté de Dieu, Alliance merveilleuse du Verbe avec l'humanité en J.-C. en Marie sa raèie et en nous fidèles. En J -C. l'humaniié s'é.'ève à la suuverainelé de Dieu, en Marie, à la maternité divine, en nous au dire d'enfants de Dieu ; Jésus- Chri.st devient un Humme-Dieu; Marie la mère de Dieu nous devenons nous-mêmes enfants adoptifs de Dieu.

\. ;Altiance avec l'humanité en J.-d. Voilà le miracle que la foi nous révèle, un Dieu incarné, un Dieu-Ilomrne, jusqu'à pouvoir dire dans le sens propre et nalorcl, qu'il s'est fait chair; Verbum euro factum est- D'oii il suit, par unecon<é |uence nécessaire que la chair de l'homme c<in>idérée dans la personne du Rédempteur, est donc véritablement la chair d'un Dieu ; que dans l'instant bienheureux oii fut conçue celte chair vireinale, elle se trouva donc loute chair qu'elle était, pénétrée, comme dit saint Paul, de l'onction de Dieu, inséparablement unie au Veri)e de Dieu, n'ayant selon le langage des théologiens, point d'autre subsistance qde celle du Verbe de Dieu; qu'en recevant l'être, elle entra donc d'abord en possession de toute la gloire qui appartient à Dieu, et que le Fils de Dieu la reconnaîtra dans toute l'éternité pour une chair qu^l s'est appropriée,

ANNONCIATION i015

qu'il a consacrée, qu'il a déifiée. Talis fuit i$ia tusceptio, dit saint Augostio, quœ Dc'"' i"-"'>nem faceret, et hominem Deum.

vinilé et l'humaniié, il y a une telle union que les deux natures en J.-C. lit l'une seule personne, lapersunnedu Verbe, de sorleque nous pouvons attri-

buer ti . -t toutes les perfections de la nature divine, et toutes les inliroiilés de

la natu - excepté le péché. Par cette union, le Verbe incarné s'est rendu pro-

pres tuuirs lis insères de l'homme, et l'homme est entré en participation de toutes les grandeurs de Dieu ; il y a néinmoins entre les deux natures qui composent cet adorable personne, la nature divine et la nature h .roaine, une distinction essentielle, sans qu'elles aient été confondues, et que l'une, comme parlaient quelques hérétiques, ait ab^orhé l'aii(r«. 0 admirabile commercium ! Dieu descend vers l'humanité, pour la fd i jusqu'à lui.

e : le Verbe se faisant enfant, il était convenable qu'il eût une Mère ; et cette Ci......... (...ilégiée que Dieu a choisie pour être sa mère, c'est Marie. C'est un dogme

de noire foi qu'elle est Mère de Dieu puisqu'elle a donné le jour à Jésus Christ qui est véritablement Dieu. Tous les honneurs que nous rendons à Marie ont pour fondement •a maternité divine qui l'a élevée au-dessus de tout ce qui n'est pas Dieu. Il n'est aucune grandeur comparable k la sienne, et Mirie elie-méme n'a pu la mesurer ni l'expliquer. Intendat ment humana. dit saint Anselme contempletur et stupenl! Le i*ère céleste avait un Kiis unique et consub-^tantiel : mais il n'a pis voulu que ce Fils n'appariiat qu'à lui s<>ul ; i.1 ena fait part à Marie, et elle est véritablement sa Mère sur la terre, comme il est son Père dans le ciel ; Son ett passas matière suum, sed eum ipsum volait esse Marice unxcum. Pensée sublime, mais qui dans sa sublimité n'exprime rien dont notre mystère ne nous fa.sse voir l'entier accomplissement.

Car quel prodi£;e. Chrétiens t et quel autre que Dieu-méme a pu opérer ce miracle? La vjrrr, ,..,.. ..I !, fécondité jointes ensemble; nne vierge qui conçoit dan» le temps le même

F avant tous les siècles a engendré dans l'éternité : une Mère, dit saint Au-

gu nue Mère par la seule obéissance de «on esprit, de même que le Père dans

l'ai^uralile Trinité est Père parla seule connaissance de ses infinies perfections. Qui jamais avant Marie entendit rien de pareil; et si la foi ne nous l'apprenait pas, qui jamais l'eût cru, qu'une créature dût un jour donner en quelque manière l'être à son Créateur, et que le créateur, pûi devenir en quelque sorte l'ouvrage de la créature T

Ce qui me p.îrati plus surprenant, reprend l'archevêque de Havenne, c'est que le Verbe divin, qui dans le ciel ne dépend point du Père dont il est engendré, ail voulu dépendre sur la terre de la Mère en qui il s'est incarné. Que dis-jeT le Verbe dépendant ; cela peut-il s'accorder avec la majesté de Dieu? Il faut bien le dire, puisque c'est une saile de la maternité de Mirie. Dès lorsque j« la reconnais pour la Mère de Dieu, non seulement je p"'- - ■-' • ' - reconnaître que ce Dieu-lloname a voulu dépendre d'elle, qu'il lui a rei. et une obéissance légitimes, qu'il s'est soumis à son pou-

voir, et c>«i ; \ingile nous a expressément marqué dans ces couries pa-

role* - Et eral mlidilus ilUs. Paroles auxquelles se réduit presque tout ce que nous savons de la vie morielle du Sauveur jusqu'au temps de sa prédication. Mais, demande saint Be • ■ ■ - '•Kvan^éliste T Est-ce Dieu, est-ce l'homme qui obéissait à

Marie? i isemble, r«'pond ce l'ère. Or, voyez, poursuii-il, lequel

des •!( ire admiration, ou la soumission du Fils, ou l'empire de

M > aut FiUi beneficenlissiniam dignationem^ aut Matrit

tj ■ ■•!. Cnr voiri tout h la foi* deux erands pp«die^s: prodige

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10i6 FÊTES l;E LA SAINTE VIEHGE

c'etl pour nous ; et voilà ce qui dans tous les états de vie, dans toales les conjooctares et tous ieF temps, nous fera recourir à vous avec conflance. Nous vous exposeroDS nos besoins, nous implorerons votre intercession, et vous écouterez nos vœux, et vous les présenterez à votre Fils, et vous y joindrez les vôtres et vous ferez descendre sur nous toutes les prâces divines.

L'espérance l'apprend, c'est par la protection de Marie que persévèrent les justes et qoe se convertissent les plus (grands pécheurs. Ah I dans un siècle où les dangers sont si fréquents et les besoins si pressants, ne nous privons pas du secours qui nous est ofTerl. De cet autel, si je l'ose dire, et de ce tabernacle où Jésus-Chrisl repose, il fait encore aiij.iurd'hui par proportion et pour nous, ce qu'il fil sur la croix pour son disciple bien aimé. Vuilà votre mère, lui dit-il, en lui montrant Marie ; Ecce imiter tua. El dès celte heure ce disciple que Jésus-Christ aimait, commença à regarder Marie et à l'honorer comme .sa mère: Ex illa hora aceepit enm dixcipnlus in sua. C'est ainsi que nous la pouvons regarder nous-mêmes. Heureux qu'elle daigne bien nous recevoir au nombre de ses enfants. Nous reconnaîtrons bientôt que ce n'est pas en vain qu'elle porte le titre de mère des hommes, si de notre part ce n'est pas en vain que nous portons la qualité d'enfants de Marie.

III. En nous. C'était une erreur des païens et une erreur aussi grossière que présomptueuse de se flgurer qu'ils étaient enfants des dieux, parce qu'ils mettaient en efTet au nombre des dieux, leurs ancêtres. Mais celte erreur quoique grossière, comme remarque saint Augustin, ne laissait pas de leur inspirer de hauts sentiments ; parce qu'il arrivait delà que se conPiant dans la grandeur ou dans la prétendue divinité de leur origine, ils entreprenaient des choses difficiles et héroïques avec plus de hardiesse, ils les exécutaient a»ec plus de résolution, et en venaient à bout avec plus de bonheur: Et sic animus dirinœ stirpig fiduciam gerem, res magnax prœsumehat audacius, agebal vehementii'is, et implebat ip$d felicitale securius. Ne dirait on pas que parmi ces ténèbres du paganisme, il y avait dès lors quelque rayon ou quelque commencement du Christianisme? et ne semble-l-il pas que la Providence qui sait profiter du mal même, se servait des erreurs des hommes pour préparer déjà le monde à la vraie religion? Oui, répond excellemment saint Augustin, il était de l'ordre de la prédestination et du salut de l'homme, que l'homme fût un jour persuadé qu'il était d'une extraction divine, et voilà pourquoi Dieu par un effet de sa grâce toute puissante, a voulu que cette persuasion ne fût ni fausse m téméraire. C'était dans les païens une vanité; mais le mystère que nous célébrons nous a fait de cette vanité une sainte et adorable vérité. Ceux-là se flallaieni en se donnant une si haute origine, et nous, si nous avons une moindre idée de nous-mêmes, nous nous méconnaissons, nons nous déshonorons, nous nou» dégradons. Ecoutons, dis-je, le disciple bien aimé ; et, sans rien perdre de l'humilité chrétienne, apprenons de lui à connaître notre véritable noblesse. Voyez, mes Frères, nous dit-il, quel amour le Père céleste nous a marqué, de vouloir que l'on nous appelle et que nous soyons en effet enfants de Dieu : Vidi;te qualem charitatem dédit nobi$ Pater, ut filii Dei nominemur et simus.

Il est vrai que ceux qui ne sont pas fidèles ne sont pas arrivés encore à jouir de cette adoption divine ; mais Dieu se fait homme pour la leur procurer, puisqu'il veut sauver tous les hommes, les Grecs et les barbares, les nobles et les pauvres, les justes et les pécheurs. Il n'a pu revêtir notre nature sans contracter avec les hommes une étroite affinité. Il s'est fait le chef, la lête de l'humanité, afin que tous les hommes devinssent ses membres ; il s'est fdii fils de l'homme afin que les hommes devinssent par adoption, et non par nature, enfants de Dieu. Et certes, il est moins étonnant que les hommes deviennent fils de Dieu, qu'il ne l'est que le Fils de Diîu se fasse fils de l'homme. De là conriuons i^ ce que nous devons à Dieu. Si pater ego sum, uhi est honor meus, uhi est timorweus. Respect et obéissance, dévouement à ses intérêts. 2° Ce que nous devons à nous-mêmes. Comme il y a dans le monde, et selon les principes de la philosophie humaine, une fierté raigonnfcble et sage, qui sans nous faire dédaigner personne, nous inspire néanmoins des sentiments généreux et dignes de notre naissance et de notre rang, je puis ajouter que dans la religion que nous professons, et selon les règles de la morale évangélique, il y a une fierté sainte et toute chrétienne, qui, sans nou« enfler, nous remet sans cesse devant Ifs yeux les caractères dont nons sommes revêius, et nous engage à y confoimernos oeuvres. C'<8t ainsi que le Prince des Apôtres représentait aux fidèles qu'ils étaient un peuple choisi et distingué : Vos autem genus eleclum; un peuple conquis, populus acquisitionis; une nation sainte élevée à l'honneur du sacerdoce, et d'un sac«rdoce royal, liegale sacerdotium, gens sancta.

Qu'un homme d'une certaine distinction dans le monde, eoit par la place qu'il occupe, soi» par le sang dont il est sorti, ait commis une action lâche, c'est une tache que rien presque ne peut tfTncer; de quel œil le regarde-t-on et de quel œil se regarde-t-il luimême, quand il vient à considérer d'un sens rassi la faute ou'il a faite, et qui le couvre de confusion? Or, est-il moins honteux à des hommes nés de Dieu, de s'asservir à leurs sens, de se rendre esclaves de leurs passions, de se laisser dominer par les brutales cupidités de leur chair, de se portera toutes les injustices qu'inspire une avare et insatiable convoitise, de nourrir dans leur cœur des haines secrètes et invétérées, d'y concevoir les plus noirs desseins pour se tromper et pour se vendre les uns les autres, de

SEPT DOCLEDRS DK MARIE Î0|7

Vcouter jamais, je ne dit pas la religion, mais même réqaité naturelle, la bonne foi. la

lisr.a.

Oavrons donc, mes frères, les yeux de notre foi ; et dt'coovrant notre dignii^, sanctifiés comme nous le sommes par l'alliance d'un Dieu, ne retombons pas dans nos premiers égarements, ne faisons pas de la (glorieuse qualité que nous portons, un vain litre qui nous déshonore lorsque notre conduite le dément.

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