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CHAPITRE ni

IKTES DES S.VINTS

Du oulle (les Sainls en général.

iiX<i. Avant d'aller plus loin sur ce stijol nous no pouvons rosislor an désir (le iiioltrc sons los vpii\ de nos lecteurs quelques-uns des remarquables passages lie TcHudc de M. le chanoine Boher. sur la dérotion.

Ce culte est éminemment rationne! ; il sort comme malgré nous du fond de notre na'r-

I on des crands hommes n'est-elle pas, en effet, de tous les peuples et de

ton s ? Qu'une tête s'élève haut, dans quelque ordre que ce soil, au-dessas du

niveau commun, la gloire aussitôt la couronne de ses raycns.

I.«8 prince» He la «çjenpfi. de la poé«ie et He l'ar'. n'ont ni moin» de conrtiftns. ni moins d'alul.i ' ■ ' umenls,

dressé des *' ix, qui,

dan^ .'••i'" "■ . , s'avisa

ja;: ' et par raison, l'humanité se

re< ' sent grandir, (Ile s'honore

en les ' . ut quand ui> r, il lui semble se voir tout

entière > <r lui vers les h" ère et de la g'oire.

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sans la i ^

liberté, I lu

savoir ne hont pat, bien s'en faut, inKjoum h<>n<rrabies. l'<>ur .:■ me à tel

et tel homme qu'on est convenu d'appeler grandi, je suis foi le per»

soooage, d'tffacer l'homme pour ne voir que le poète, le savant, le in r .s. in regard sur leur vie intime suffirait peut-être à changer mon estime en dégoût, mua admiration en mépris.

Oa l'estime peut el doit être Mns resiriciion, l'adoiration sans réeerve, c'est lora*

1098 TKTES DES SAINTS

qu'elles s'adressent à ces (grands artistes en culture morale, en perfectionnement spirituel que 1'^ -' " -■■'• linis. Dans l'échelle des supérioriiés humaines, le sainl

tient, gai r rang. Il est le plus bel ornement de noire espèce, le

supréiiif I :<\

Il y a en acuun, «lans toute la vie du saint, un poème merveilleux, un chefd œuvre incomparable. Seulement son chef-d'œuvre, ce ne sera pas, à la manière des artisans vulgaires, .«ur le marbre, ou dans ses chants, que le saint le réalisera. Il travaille, lui, sur le bloc vivant de sa propre nature, qu'il dégrossit, qu'il épure et qu'il idéalise sur un type divin qui lui est apparu dans les cieux. Seul le saint a su lui rendre, dans toute son énergie, le sentiment de sa grandeur originelle et de ses hautes destinées, orientant sûrement sa voile sur le port éternel oii elle doit aborder. Seul il a montré au monde, qui ne l'aurait jamais soupçonné et qui s'en étonne toujours, quelle ravissante floraison de vertus angéliques pouvait encore s'épanouir sur son front vicié et vieilli.

C'est la reine des sciences, c'est l'art des aris, que la sanctification. Grande et labol'ieuse entreprise 1 Si laborieuse, que la plupart des hommes senib:ent ne rien craindre tant que d'y mettre la main, qu«> bien des cœurs, d'ailleurs généreux ou même héroïques, ne l'envisaîjent qu'avec effroi. Lors donc qu'un chrétien, dans la conscience de sa faiblesse native, mais comptant sur le secours d'en haut, en entreprend résolument l'édifice, et victorieux de toute difficulté, le conduit à son couronnement, qui n'admirerait un si grand courage \

2i87. Tout saint, ne fut-il qu'un enfant, prend donc rang, de plein droit, dans la pléiade des grands hommes. Il a sur nos hommages des titres hors de pair; d'autant mieux que pour lui vouer notre vénération, point n'est besoin de distinguer en lui, comme nous avons dû le faire plus haut, l'homme du personnage Le saint se présente à nous tout d'une pièce, comme d'une seule coulée, et tout son métal e$t de l'or pur.

Assimiler les saints de Dieu aux simples illustrations de la terre, sauf peut-être le degré dans l'estime et dans les honneurs, ce serait manquer de justice.

Il est vrai : la dévotion qui nous amène aux pieJs du saint, est dans un mode particulier, l'accomplissement de cette loi qui poussa partout le génie humain à la glorification des grands hommes, mais c'est aussi quelque chose de plus et de mieux.

Le saint, dès ici-bas, appartient à un ordre supérieur. Il était entré par toutes les puissances de son àme dans un monde surnaturel et divin. Par l'esprit, il vivait de la foi ; par le cœur de la grâce ; et tandis que son corps se prétait encore aux relations obligées de la terre, son àme conversait déjà dans les cieux. Tout son être et toute sa vie, il les avait voués à Jésus-Christ, et ce don de lui-même, il le sentait bien, avait été agréé. Il tenait au Christ comme les membres tiennent à la tête et au cœur.

Comment aurait-il pu mettre en doute le mystère de cette ineffable union. D'oii lai venait, sinon des lèvres divines, ce souflle mystérieux qui, par moment, allumait dans son cœur des flammes si brûlantes et pourtant si douces? Aurait-il tiré de son propre néant ces sublimes vertus qui toujours nous émerveillent et souvent aussi nous etTra.ent, et ces chastes délices où il croyait déjà saisir les prémices des cieux, et ce pouvoir miraculeux qui mettait à sa merci la nature et forçait les lois du monde physique à se suspendre ou à s'assouplir dans ses mains t

Tefie était auprès de Dieu la condition privilégiée du saint, lorsqu'il gémissait encore dans le creuset de son épreuve et les larmes de son exil. Que doit ce donc être maintenant que, vainqueur du trépas, le saint, soldat valeureux du Christ, est allé rejoindre son divin Chef au lieu de l'éternel triomphe? Entre le Sauveur et ses élus, dans les cieux, plus de réserve dans l'amour, plus de limite dans la confiance?

ï2â88. L'union commencée ici- bas, consomme là-haut son doux mystère, et l'unité du corps mystique apparaît dans tout son éclat. C'est une même gloire, une même vie qui, de l'Homme-Dieu, ci<mme de sa .source, se répand avec une profusion graduée sur tous sesmembies béatifies. Si donc, quand il vivait parmi nous, le saint nous paraissait vénéfable, quels plus beaux litres n'at-il pas à notre vénération aujourd'hui que ses vertus, soustraites à toute défaillance, ont reçu du Seigneur leur lustre et leur consécration? Répandre des bienfaits, c'était, sur terre, son bonheur ; se pourrait-il que puisant au Ciel dans les trésors du divin amour, sa main incomparablement plus riche n'en soit pas devenue plus généreuse encore et plus libi'rale? Sa voix de pécheur repenti ou d'exilé suppliant opérait des prodiges et domptait la nature; cohéritier du Christel prince dans son royaume, qui peut fixer aujijurd'hui le> limites de son pouvoir?

Honneurs décernés aux grands hommes et culte rendu aux saints, ce sont deux faits anaiogues, deux expressions de la même loi; mais entre l'une et l'autre, quelle distance I Que visent dans une illustration mondaine, les hommages admirateurs? Le génie, le savoir, la valeur ou le rang. Dans les saints, au contraire, ce que nous glorifions, c'est l'homme lui-même, l'homme spirituel et moral, avec toute sa vie et toutes ses œuvres; par de-là le saint, c'est Jésus-Christ, qui a formé le saint; c'est Dieu, qui a envoyé le Christ.

Nous baisons avec émotion ses reliques, et par respect devant son image, nous découvrons nos têtes et nous inclinons nos fronts, est-ce à dire que nous y attachions, à la manière des païens, quelque idée de divinité ou quelque secrète vertu dont nous attendions une assistance?

CULTE DBS SAJNTS EN GÉNÉRAL 1099

Le catholique n'y attache rien. Il y reconnaitce que naine peut s'eoipécher d'y voir; les restes précieux dt ' ' ièle assucié, le compagnon de fortune et de

combat d'une âme ':a un frère giurieux dont l'exemple oti're k nos

devoirs un modèle ac<. ^ • ^ ...-^i.ir stimule notre zèle et encourage notre faiblesse: car sorti de no.< rao^s, le saint marche à notre tête, et nous appelle sur ses traces à la conquête de son propre bonheur. Et parce que mérites, venus, gloire, puissance, les saints tiennent tout de leur union spirituelle avec le Christ, dont ils forment comme l'appenJice et le prolongement, nous étendons ainsi jusqu'à eux le culte que nous rendons au Christ, dans la mesure même de leur respective union avec lui.

Ce culte ne ressemble en rien à co'ui que l'on prostitue trop souvent aux vaines illustrations de ce monde, culte purement civil et social. Par essence, il est moral, sancti- Tian!, religieux. Ce n'est pas l'admiration stérile et froide de l'intelligence. Il descend dans le cœur, s'en empare, éveille en lui l'amour, provoque le dévouement. C'est comme pour le Chnsl, une véritable dévotion.

â'2S9. Mais pour le Chr.st, parce qu'il est Dieu, la dévotion prend sa forme souveraine et devient le culte de Latrie, c'est-à-dire l'adoration dans le sens absolu de ce raol.

Pour les saints, au contraire, la dévotion timte relative et limitée, se tient plus bas, prend un nom plus humb'e, et s'appelle le culte de Du'ie ou de servage, parce que, si haut qu'ils soient placé» dans le ciel, les saints restent toujours, et plus parfaitement qu'ils ne furent autrefois, les fidèles serviteurs de Jé«us-Chri«i. Telles étant sur la question des saints, les convictions du catholique, qu'y peut-on découvrir qui doive ofTenser la raison ou la foi du prétendu réformé?

S'inscrirait-il en faux contre l'existence des saints et la permanence de la sainteté dans l'Eglise? Il devrait nous dire alors ce que serait venu faire le Fils de Dieu sur la terre. En dehors de la formation des saint.<!, quel intérêt étranger et supérieur à celui-là l'aurait déterminé à épouser notre nature criminelle et si avilie?

La mort d'un Dieu se Justifierait^elle, si la sainteté n'était pas le prix de son sacrifice ? Il aurait baigné la terre de son sang très saint, et néanmoins pour la sainteté, la terre resterait inféconde ! Il se serait perpétué et multiplié sans On dans l'Eglise à l'état de victime, et, de l'autel où il s'immole, du tabernacle où il réside, il ne verrait pas se renouveler sans cesse autour de lui une couronne de saints I

9.'idO. D'autre part reconnaître les saints et leur refuser nos hommages, n'est-ce pas pour la raison autant que pour la foi une odieuse contradiction ? La sanctification, qui ne le sait? est une vocation commune à tous. Chacun s'estimerait heureux d'en posséder le trésor; et si la lâcheté nous empêche de la poursuivre, ou la faiblesse de l'atteindre, ne sommes-nous pas ravis d'en voir s'élever de nos rangs de glorieuses personnifications?

Pourquoi donc notre dévotion envers les Bienheureux provoque-t-elle de la part da protestant des censures et des sarcasmes? S'il condamne la vénération et l'amour dont nous les ent'iirons, qui d>inc. apri'S DiPti n. : Ta-t-ilde vénérer et d'aimer? Que

peuvent, du reste, les interoicuwn.s ilt: i'iif tre la puissance attractive de la

sainteté ? Qu'elle se montre, et t'iii ccur il: . 'raenl séduit, s'empresse de céder

à ses charmes : c'e»t qu'elle porte au fruni des rellets de la beauté céleste, et sur les traits la ressemblance du Sauveur. Etonn<>zv<ius ensuite que nous reportions sur ces copies vivantes quelque chose de l'am as inspire le type Uivml

Et d'ailleurs, iluranl le labeur de si ion, le serviteur de Dieu vit si souvent

\p. .,,.! .o ,..,,^^..1...^ ..,.,.-.,. -..«.^lont ^,., , ... I.. Christ lui-mt'me l'admettre, bien

le la plus iarilé, et l'on voudrait que notre

ves:Aiant iiied-il tant d'orgueil? Il suppose

donc qu'en uuiiiani ce monde le saint a rompu tout rapport avec nous, qa'il cesse d'entendre notre voix et de s'cntéresf^er à notre cause, ou que, parvenu près de Dieu >iir son sein, il a perdu, loin de i > ' :iner, celte puissance d'im-

pétr. lirait, de son vivant, tant de b' i terre?

Md - n I de tels rnsfiL'; .'Mieu;> s.tic.ii ,i . Mlé de la fanotli' liiiiii:nni> k

mettre en tronçons sans c us tlhrisi, i dess.

chrétienne l.i «(t.drce ite - .' Quoi donc? Vu.

Xi Lieux, el lie l'une à l'autre nul va-ci vient, Ht là l'idéal du prolestant I conception étrange ou

M ;:lise «st indivisible; la succession de ses phases et la

diver n rl> n ^■■n unité. La sépsriiiion i\> ^ rameaux n'est

qa'appftreoie. lia Àd ' "ni dans le n

sève. Tout lien n't ^ L'amour

sauve de ses coups l'uni ^ 'Hlombe, de l'un à l'autre bord <

être plus prés Hi- l'iis Mieux . . . . . i

Sollicitude en ' ^ vive et »» '. Ami de >

resté notre ann, <i-ur il Irans , , int de loui

el le Seigneur accurjesuuvent à sesménti's ce qui! rtfaseiAl à notre indigniK^

f¥J\. Nous honorons les saints, parce qu'ils sont eux-nOmes l'honneur du Chnsl, la

1100 l'ÊTKS DKS SAINTS

plus heureuse rëalisaiion de sa pensée, le plus beau fruit de sa grâce; et que depuis le premier linéament qui en commença l'ébauche, jusqu'au dernier coup de pinceau qui en acheva le dessin, tout en eux est son œuvre, le cherd'oeuvre dé sa sagesse et de son amour; que leur beauté, c'est lui même qui l'a faronnée en leur imprimant ses traits; leur manteau de gloire, c'est sa main qui le leur donne, en les levéïant de sa propre splendeur.

Dans It saini, c'est moins le saint que l'Iiummr-Dieu, auteur de leur sainteté, que nous vénérons. Notre dévotion ne s'arréie pas au saint, mais par le saint monte droit à Jésus-Christ, et par Jésus-Christ à Dieu. Car avec Bossuci, avec l'Eglise entière, nous Confessons sans hésiter que tout culie religieux se do'l terminer à Dieu comme à fa fin nécessaire. Et si l'honneur que l'Eglise rend à la Sainte Vierge et aux saints peut être appelé religieux, c'est à cause qu'il se rapporte nécessairement à Dieu (1).

Dieu le premier et plus que personne honore les saints, et comme le chante David, il les honore au-delà de tout méiiie et de toute attente ; il les honore à l'excès (2;. Il les aime comme lui seul peut aimer, les appelant ses amis, ses enfanta bieo-aimés, frères du Christ son Fils unique, et les cohéritiers de son royaume éternel. Qu'a donc de mieux à faire notre dévotion, que de prendre exemple sur Dieu même, de modeler notre conduite sur celle du Christ, de reproduire icibas autant qu'il est en nous les beautés de l'ordonnance céleste, et de faire de noire économie religieuse comme un calque du plan divin? Les saints nous les appelons à noire secours, non qu'ils puissent nous secourir par euxmêmes el tirer de leur propre fond, sans puiser à plus hau'.e source, les bienfaits que nous espérons. Au ciel, comme sur la terre, leur sjffifance, pour parler comme l'ApoIre, vient toute de Dieu. D'eux-mêmes, les Bienheureux ne peuvent rien nous donner, mais ils peuvent beaucoup obtenir ; toute leur puissam e est dans leur intercession.

2:292. I.«s saims sont entrés bien plus avant que nous dans l'estime et l'amilié do Seigneur. Nos prières en passant par leurs mains accroissent leur valeur el leur efficacité. La gloire de Dieu s'en rehausse davantage et son cœur en est plus attendri, car l'honneur que fait la prière à cplui vers qui elle monte, n'esi-il pas en raison directe de la dignité de celui qu'elle humilie à sts pieds? La prière du juste est bien plus puissante que celle du pécheur, et celle du saint déjà couronné plus douce au cœar de Dieu que celle du juste qui lutte encore.

Mais les saints, redisons-le, ne se bornent pas à oflTrir à Dieu nos prières, ils y joignent aussi les leurs, mêlant leurs parfums à notre encens; nouvelle raison qui rend bonne et utile leur fraternelle intervention. Notre prière pénétrée, embaumée, agrandie par la leur, arrive avec plus d'assurance au trdn", de l'E'ernel. En passant par les saints, elle ne fait pas de détours, elle assure son succès, elle ne s'atiarde pas, elle prend des forces, elle n'implique pas un défaut de confiance envers Dieu, mais une bien légitime défiance de nous-mêmes, car elle n'a qu'! trop conscience de notre infirmité.

Ahticle I. — Panégyriques communs, pouvant servir à plusieurs saints

de même catéf/orie.

2â9-'i. I. Cnlte des eiafnts. ¥éte patronale. — Mirabilis Deus in sanctis suis: Dieu est admirable dans ses saints. Admirable pendant leur vie; car par eux il a opéré de grandes œuvres el leur a fait pratiquer de grandes vertus. Admiraldc après leur mort; car I, il les honopc magnifiquement et 11, il veut que nous les honorions nous-mêmes.

221»i. I. Il les honore, l" au ciel. Il les fait rois : car tous oiit une couronne au front, tous sont assis sur des troncs resplendissants et portent aux mains les palmes delà victoire; à tous il lait part de sa majesté, de sa puissance, de sa gloire, en même temps (jue de sa félicité. Leur triomphe est complet sur le monde, sur le démon, sur la chair et sur la mort. Aucun ennemi ne pourra les atteindre. L'œil de l'homme n'a rien vu, son cœur n'a rien senti, qui soit comparable à ce que Dieu prépare à ceux qui l'aiment.

i^ Il tes honore sur la terre : 1) par les miracles qu'ils opèrent. Leur poussière même, les fragments de leurs vêlements font quelquefois des prodi);es et iliassent les démons cux-niêmes. 2) Par le cidte que leur rend IKglise ins(pirè(^ par IHeii. L'Eglise catholique, en effet, célèbre leurs fêtes, bAlil des temples, dresse des autels à Dieu en leur honneur; et tous ses

enfants, dorjlcs m sa voix acpniir'^nl ^n fiè)orin.K/f> nn lifii ou reiio.sent Ics

(i) Bossuet, Loc. Cit.

(2) Psal. 138. V. tfi.

C'ULTK DKS SAINTS i 101

corps (les saints, se prosternent devant leurs cendres. On a vu, à travers les ftges, les empereurs, les Pontifes, les grands mêlés au peuple pour honorer ceux que Pieu honore. Quo\ conquiTanl. quel monanpie. «luel savant est honore, après sa mort, comme les s-ùnls le sont, eussent-ils été d'humbles pécheurs comme Pierre, ou de pauvres bergères, comme (ïcneviève ou (îermaine (lousin ! Et l'honneur que reçoivent les saints durera ici-bas autant que l'Kglise, c"est-à-dire jusqu'il la consommation des siècles. Toutes les grandeurs des siècles disparaissent ; tous les mérites s'oublient. Jamais l'Kglise n'oubliera d'honorer les saints, (ieux qui ambitionnent les honneui"s, n'ont donc point de plus siire voie pour y arriver que la sainteté. Insensé celui qui mendie les lionnours de la terre. Ils ne sont qu'une vaine fumée que le vent dissipe! La vraie gloire au ciel et sur la terre, c'est Dieu qui la donne, et ce sont les saints qui la méritent.

2295. — H. Mais si Dieu honore les saints et les fait honorer par son l-^lise, c'est alin >\\ic c/inrun de nous leur rende un culte; non pas le culte d'adoration cpii nest dû qu'à Dieu : (adorer une créature ce serait une idolâtrie} ; mais un culte de respect et d'amour qui nous porte à les vénérer, à les invoquer et à les imiter.

I'> A les vénérer. Nous lisons dans la sainte Kcriture que le patriarche Lolh se prosterna devant les anges qui vinrent le voir ; Abdias, un des principaux olliciers d'Achab, se prosterna devant Elle. Les saints Pères sont unanimes à nous dire que, de tout temps, dans l'Eglise, on a honoré les saints. Nous honorons, dit un saint Docteur, les serviteurs, aiin (}ue cet honneur revienne à leur Maître ; et saint .Ambroise : (Juicomiue, dit-il, honore les martyrs honore Jésus-dhrist, et celui cpii méprise les njartyrs, mépn?o .l'^-siis-Christ. La raison elle-même nous dit cpie tout être doit être estimé selon sa dignité. Or, les saints sont les amis de Difu, les héritiers ,ie, les conquérants ilu ciel, les vainqueurs du démon. Il faut donc les liuiiuier et vénérer leurs images, leurs reliques, non en elles-mêmes, mais par respect pour les saints dont elles rai»pcllent le souvenir, .Mais, entre tous, honorons d'un culte spécial celui que nous avons choisi pour patron, célébrons sa fêle, exposons son image dans nos familles.

" Ne soyons donc pas de ceux qui pensent diminuer la gloire de Dieu et de JésiisClirisl, quand ils prennent de hauts sentiments de la Sainte Vierge et

I est la vaine appréhension des ennemis do l'Eglise. Mais, certes, liuer à Dieu une laiblesse déplorable que de le rendre jaloux de ses ins et des hunières cpiil répand sur ses créatures; car, (pie sont ii...^i'l la Sainte Vierge, que l'ouvrage de sa main et de sa grftce? Si le était animé, il n'aurait point de jalousie en voyant la lune qui préside "iii< i-omme dit .Moïse, par une lumière si claire, parce que toute sa ive de lui et que c'est lui-même qui nous luit et qui nous éclaire I ilexion de ses mvons. (Juelqiie haute perfection <pie nous reconnais-

sions en .Marie, Ji poiu'rail-il en être jaloux , puisque c'est de

|iii iii'.llo est décoii ^1»; c'est à sa seule glou'e qu'elle se rapporte? »

. invoquer. T'est une vérité catholique que les anges et les saints

pour non lie Ecriture le prouve, les saints Docteurs nous l'en-

•1)1. Sfiint I me nous dit que de même <pie le 8(»ldal demande

une ^r.ue A son prince, en lui montrant ses blessiu'es, de

^. en montrant à Dion leurs membres mutilés pour l'amour

(ont obtenir. I" ■• Concile de Trenlo nous dit que les

'•nt avec Jésu Irenl leurs prières pour nous. Nous

;.s que 1rs ' i terre peuvent nous obtenir des

- et nous prière». Les saints iii b.is s.inl

iiiiiiiiiint euX-IMi'ilH'-- Mi]i'iN :iii\ ii;iiiinnc'> et (laus Ic ' ' ' \e. Juand ils sont au ciel. [>liis inliuietn(Mit unis à Dieu et . utils pas encore plus de crédit ; et lu charité ipii ne ••■ telle pas, lù-haul, à prier avec d'autant plus de S' it, qu'ils sont plus en sûreté pour le leur? Selon le m... "" /'• sud immortulitate securi, f.t de nostrd aoUkiti.

n02 rfiTES DES SAINTS

0 Parce que nous sommes chers à Dieu, tous ceux qui sont avec Dieu sont des nôtres. Oui. tous les esprits bienheureux sont nos amis et nos frères. Nous leur parlons avec conlianre, et, quoiqu'ils ne paraissent pas à nos yeux, notre loi nous les rend présents; leur charité aussi, en même temps, nous les rond propices, et ils concourent à tous les vœux que la piété nous inspire. (Uossiet.)

Il est donc non seulement permis, mais encore bon et utile d'invoquer les sainLs. d'implorer leur secours, non pour obtenir d'eux des bienfaits nue Dieu seul peut accorder; mais aiin (ju'ils nous aident ù les obtenir de Dieu par Jésus-Christ, notre unique mé<liateur. Aussi voyons-nous, de tout temps, les saints de la terre invoquer les saints du ciel, et c'est notre consolation ici-bas de |»cnser que nous avons au ciel des amis, qui nous assistent quand nous réclamons lein-s secours. Il est peut-être de même de notre famille; mais notre saint patron est surtout attentif à nous aider, si nous recourons à lui. Invoquons-le donc souvent dans nos prières du malin et du soir, dans nos tentations, dans les jtérils.

li» Les imiter. Ce qu'il y a de plus important dans la religion c'est, au sentiment de saint .Vugustin, d'imiter ce que l'on honore. \) « Quand nous célébrons les saints, est-ce pour augmenter leur gloire? ils en sont pleins, ils en sont comblés, c'est poui* nous inciter à les suivre, .\insi, à proportion, (piand nous les honorons pour l'amour de Dieu, nous nous engageons à les imiter. C'est le dessein de TlCglise, dans les lûtes qu'elle célèbre à leur honneur : et. en exaltant la gloire des saints, elle veut nous exciter à la mériter comme eux. en faisant ce qu'ils ont fait, .\utant de fêles que nous célébrons, dit saint hasile de Séleucie, autant de tableaux nous sont proposés pour nous servir de modèles. Tout ainsi, dit saint Masilc (llomèl. Wlll, n. 1, t. n. p. 141), que les abeilles sortent de leur ruche quand elles voient le beau temps, et, parcourant les fleurs «le quehpie belle campagne, s'en retournent chargées de cette douce liiiueur que le ciel y verse tous les matins avec la rosée; de même, aux jours illustrés par la solennité des martyrs, nous accourons en foule à leurs mémoires, pour y recueillir, comme un don céleste l'exemple de leurs vertus. Les solennités des martyrs, dit saint Augustin, sont des exhortations au martyre ; les martyrs, dit le même l'èi'e, ne se portent pas volontiers à prier pour nous, s'ils n'y reconnaissent quelques-unes de leurs vertus. C'est donc la tradition et la doctrine constante de I Eglise catholi(pie, que la partie la plus essentielle de l'honneur des saints, c'est de savoir profiter de leui-s bons exemples. En vain nous célébrons les martyrs, si nous ne tAchons de nous conformer à leur patience, etc. » (Ho.'isiET.) 2) Les saints nous offrent le modèle de toutes les vertus que nous devons pratiquer ; les .Vpùtres nous apprennent le zèle ; les martyrs l'attachement à la foi ot la générosité pour Dieu; les vierges, la pureté ; tous, la mortification, l'humilité, la prière.

3) Les saints ont été ce que nous sommes {{). 11 y a au ciel des parents comnie Job et sainte .Monique, des enfants vertueux comme Rose de Lima, des grands comme saint Louis, des pauvres comme Isidore le laboureur et (îermaine Cousin, des doctetu's de l'Eglise comme Bonavenlure, des Ames simples et droites comme frère fiille, des époux comme saint Elzéard et sainte Delphine, des vierges comme Catherine de .Sienne, des religieux comme l''rançois rlWssise, des hommes vivant dans le monde comme saint Benoit Labre. Pas une carrière qui n'ait eu ses saints. Pas un d'entre nous qui ne puisse devenir un saint, en remplissant ses devoirs d'étal, comme les saints à sa place les auraient remplis, en évitant comme eux les péchés et les occasions de péché, en pratiquant les vertus, en priant, en s'approchant des sacremonts.

Lorequ'on canonisa saint François .Xavier, saint François de Sales dit : Voilà déjà trois saints du même nom, il f^aut que je fasse le quatrième,

(1) Terlullien a dil : Solutio tolius difflcuHatis Chri$tus, c'est-à diie qu'il n'y a point de difficulté dans la vie clirétienne, dont l'exemple de Notre-Seigneur ne nous aide à triompt)er. Mais Notre-Seigneur était impeccable. Les Saints sont faibles, inclinés au mni comme nous, tentés comme nous, occupés d'affaires comme nous, etc.

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