‹ Le Prêtre dans le ministère de la prédicationChapitre 321 sur 416 · II. — TuuMBaint · texte numérisé non relu

II. — TuuMBaint

2iî>6. On peut, en ce jour, parler sm* le ciel, comme au n. 1177, en se servant «le l'exorde que nous indiquons en note, ou traiter le sujet suivant : fiainleamus otnnea in Domino, diem festum célébrantes sub konore sanctorum omnium.

Nous iionorons, en «-e jour, tous les heureux habitants des cieux : la

Divine Marie , son virginal époux saint Joseph, tous les chiiHirs des anges,

los Api'tres, les Martyrs, les Docteurs, les Pontifes, les Confesseurs, les

\ ieri.'»'s et celte multitude d'élus, que saint Jean contempla dans sa vision

sans poiivoirja compter, multitude assemblée de toutes les tribus, de toutes

les lani^ups et de toutes los nations. Nous les célébrons tous, et ceux (]ui ont

déjà dos f.Mos parlicidiéres, et ceux qui n'en ont point. Il y en a un grand

nojubrc, dont l'Kgliso elle-même ignore la sainteté, et elle ne veut pas les

laisser sans honneur; voilà [tourquoi elle a institué cette fête. En ce jotu",

nous les félicitons de leur triomphe, nous sollicitons leur protection, et nous

nous excitons au désir de les imiter, afin de pouvoir les rejoindre. (Juel

tableau à retracer à nos yeux, que celui de cette armée rangée dans le plus

bel ordre, autour du Fils de Dieu et de sa divine Mère. Ce serait le lieu

d'admirer et de s'écrier : Quam pulchra tabernacula tua Jacob! .Mais

■ est-il plus pratique de ne choisir, dans ce tableau, que queltpies

• nos yeux inllrmes pourront plus facilement saisir, et de dire que

- que nous honorons ont été ce que nous sommes, afin que nous

i)ns bien ipi il nous faut être un jour ce qu'ils sont. Pas une îles

s honnêtes en «e monde qui n'ait donné au ciel des élus ; il y a en

ne foule de saints (|ui ont été dans la situation où nous nous trou-

. is-mêmes.

ii'J7. 1'» il y a au ciel des saints qui ont eu, ici bas, en partage, les (jrandi'iirs l't ft's rirfifsses, (iautres qui ont vécu dans la pauvreté. Viwnn les qui ont tout quitté elToclivomenl, d'autres qui ont usé dos lomme n'en usant pas. Notre-.Soignoiu- a dit: lieati paujifies spiritu quoniain ipsorum est reynum cœlorum ; et cette parole a inspiré l'Iiorreiir dos lionneurs et des richesses. On a vu un saint.\nlnine,on a vu des roiirlisans, tout quitter et s'enfuir dans les solitudes; ils jMissêdont au ciol d inclTables riche.sses. Il y on a rjui ont moins tpiitlo, mais (pii néanmoins ont iieaucoup quitté, parce cpi'ds n'ont rion ^'ardé : Kcce no.i reliquinitis omnifi. Kilt-on un humble ciomeslique, un pauvre ouvrier, c'est l>eau- I tout, c'est le plus parfait, c'est le plus facile, i.e le moins rapidement quo relui qui n'a rien à porter. 1. allil'ili:. aviiul lie liiUer. ipiitte ses vêti >'i| avait seulement une

cravate, son adversaire s'en servirait poui i-. Dans la lutte avec le

ludi cum nudis /uctari debemus. i H'' cm '' '^ .''ilude

li l'a compris. Désoil.s do la Thébaido, m s de

1 K '■ ' ■ nubien d'habitants vous mil |i. iijin> . hsxnit au

ciel lit le courage de leur rossoinbler ^ Oli ! il y en a

qui •II. i.ii-M I qui voudraient toujours être dans le iiiundc.

nOn d'avoir !■ i'" le quillor toujours. Vous qui êtos dans le uiniiil«\

pourquoi ne \ ■■. ■"' "'«^ !•■ 'H'ii l'i uni' Komie l'ois, s'il en est temps encore, d'autant qu il esl , :*

.Ii'mis a dit ; lleiifi . laclKiiiciii du i-inir siiffï! ;

a eu dch

::i, saint 1 (OS ^ ut ni aux ni aux v'i' 'iniours. Ils ^

loui lUie d'un II I pour s'élever vers ili>

1104 rÉTRS DES SAINtS

ôlaiont le patrimoine des pauvres. Ils ne dédaignaient pas de descendre vert les petits et de Taire monter les petits jusqu'à eux. Tous les samedis, saint Louis servait à table douze pauvres. Mais comhicn que nous ne connaissons pas! Oui, il y a des âmes qui ont les richesses et qui ny tiennent point, des Ames qui no pos.sodent cpie pour donner, dont la main gauche ignore ce que tlonnc la main droite. Le christianisme les a |>roduitcs, et le ciel les couronne. Ne me parle/ pas de celte bienfaisance [thilanthropique, que l'ostentation inspire ; elle re(.-oit en ce monde sa récompense. — .\u ciel, il n'y a pas seulement ces riches (]ui sont devenus pauvres par leur propre volonté, mais encore des hommes qui, sur celte terre sont nés et ont vécu dans la pauvreté. il y a saint Benoit Labre, cet humble mendiant qui s'est sanctilié en demandant aux portes le pain de chaque jour. Il y a la pauvre bergère de Pibrac, (iermaine Cousin. Il y a la pauvre Anne-Maria Taïgi qui, avec le labeur d(' chaque jour, dut porter la charge de l'éducation de ses nombreux enfants. Kt cette multitude île pauvres inconnus qui supjiortent leur détresse, qui ne murmurent jamais contre Dieu, (pii ne se plaignent pas de la dureté de quelques riches, qui prient {)our ceux qui les rebutent, s'unissant à celui qui n'a pas eu une pierre pour reposer sa tète. Ils sont au ciel, les douleurs du temps ont fait place à la béatitude. Les pauvres haillons de l'exil ont été remplacés par les vêtements de gloire. 0 pauvres! si vous saviez les avantages de la résignation !

22!J8. :2'i 11 y a au ciel des saints qui, sur la terre, ont été savants, d'autres qui ont été if/noranfs. Que de grands Docteurs dont l'Kglise s'honore: les Hasile. les Chrysostome. les .\uguslin, les .lérome, les Thomas d'Aquin, etc. Il y a d'humbles intelligences «pii n'ont su (}ue leur catéchisme, qui n'ont lu que dans les plaies du Crucitix. Frère Gille esta côté de saint Bonaventure. (Baconler celte histoire, voir n<> 1353.)

2:2'J<J. 3" // // a des épouœ. Parmi eux il en est qui ont poussé l'héroïsme jusqu'à la pratique de la chasteté i)arfaile. Valérien est au ciel avec Cécile sa jeune épouse, parce qu'à sa persuasion il a demandé le baptême et a subi le martyre avec elle. Samt Henri^ empereur d'.Vllemagne,y est avec Cunéconde qu'en mourant il rendit vierge à ses parents, après avoir passé plus de vingt années ensemble dans l'union la plus pure. Saint KIzéard y est avec sainte Delphine son épouse, à laquelle pendant qu'il était éloigné d'elle, il donnait rendez-vous dans le Cœur de Jésus. Il y a cette multitude de saints époux qui, n'ayant pas eu le courage de garder la chasteté parfaite, ont rempli saintement les lois du mariage, et ont donné à Dieu des serviteurs, à l'Kghse des enfants, au ciel des élus. Job est au ciel avec ses fils pour lesquels il olïrait chaque jour à Dieu des sacrifices. Monique y est aussi avec cet Augustin qu'elle a tant pleuré. Sainte Félicité et sainte Symphorose, la. mère de saint Symphoricn y sont avec leurs enfants. SainteChantal y est, elle qui eut six enfants en huit ans de mariage, et qui veillait avec tant de sollicitude sur leur innocence , et cette multitude de mères saintes qui veillent et qui prient...

230<). 4" Au ciel il y a des maîtres de maison, comme David ; Ambulans in vid immaculatd hic inihi ministrabat, comme madame Acarie qui tous les mois communiait avec ses serviteurs; comme sainte (Ihantal qui venait travailler avec ses domestiques pour les instruire elletir parler de Dieu. Il y a des serviteurs: Filius hominis non venit ministrari sed ministrure. Sainte Zite qui voyait dans ses maîtres les représentants de Dieu. Sainte Dule qui subit le martyre plutôt que de céder aux infjlmes sollicitations de son maitro. lis sont rois maintenant, la couronne est sur leur front.

2301. 5" Il y a des enfants, comme saint Barula et Ignace Fernandez (racontez leur histoire n« G72 et G76). Il y a des jeunes ijens: saint Venant qui, à quinze ans, endurait tous les tourments plutôt que de renoncer à Jésus- Christ. Saint Louis de (ionzague, saint Stanislas, ces Ames admirables, qui, à la noblesse de la naissance, à l'éclat des jeunes années, joignirent l'incomparable beauté de la vertu. Ils ont eu îles imitateurs nombreux qui, par la fuite des compagnies, par la fréquentation des sacrements, par la prière, ont su au milieu des séductions garder leur Ame pure. Leurs alTections n'étaient que pour Jésus et son auguste .Mère. Kt l'amour de ces éternelles

IUNÉGYRIOUE D*CN saint QtELCOK'QUÎÎ 1105

beautés avait à leurs yeux, enlevé tout attrait aux beautés de la terre qu'ils ont su fouler au\ iiioils ; aussi maintenant ils |iossc(lcnt la beauté de Dieu et sont enivrés dos plaisirs célestes. Oli ! iiu"clles sont bien récompensées des luttes soutenues ici-bas ! Ob ! vraiment il valait bien la peine de renoncer à tout plaisir !

Il y a surtout des Merges chrétiennes. A leur tète, est Tbècle devant laqtiello se proslornaient les lions ; nuis colles qui marcbanl sur ses traces, ont su inspirer le respect même aux libertins, hcpuis (pie Marie a levé sur le monde l'étendard virginal, quelles phalanges nombreuses se sont enrôlées sous cette glorieuse bannière! Kilos sont dans le ciel. Nuptiœ repleut terratn, virf/initas cœlum. i'armi elles, ici-bas ii y a eu des vierges folles, elles sont restées à la porte ; mais les sages se sont jetées entre les bras de Jésus et se sont assises aux noces de I Kpoux. lieynitm mttncli et omne/n ornatnm sœculi vontempsi propter amorem Domini met Jesu Christi, </uem vidi, (/uem itile-ri ! El en etïet, pour échapper à tout autre qu'à lui, que n'onl-elles pas dû faire ? FuUait-il des murailles ? elles les élevaient ; des barrières ? elles jetaient des grilles de fer entre elles et le monde : Mi/ii }nunt/us crurifixus est et ego nutndo, disaient-elles. Kt le monde leur jetait l'injure, et elles priaient p<jur les i\mes qui y sont exposées. Ou bien, elles restaient dans la famille pour être les anges de paix du foyer domestique. Là encore, (pie de moqueries amères a subies la vieille fille, que de fois on lui a otTert un époux mortel en traitant de folie son obstinationà le refuser ! Heureuse lolie qui est sagesse devant Dieu. Maintenant elles chantent le cantique qu'il n'est pas donné à d'autres de chanter, Sequantur Af/nnm.

Au ciel il y a des vi(Mllards, saint Jean l'Evangéliste, saint Paul, ermite, saint llilarion, saint Antoine, saint Liguori.

i'.iOi. G" il y a: 1) des dmes qui n'ont jamais perdu la r/rdce : sainte Thérèse, sainte Madeleine de Pazzi, saint Fran<;ois de Sales ; t) de grands pécheurs qui ont fait pénitence : le bon larron, saint .Vugustin, sainte Madeleine; et tous sont dans le sein de Dieu, tous jouissent de leur propre bonheur et de celui des autres à cause de la charité parfaite qui les unit. Tous nous invitent à les rejoindre. Et certes leur exemple n'esl-il pas à lui seul un (Miissanl encouragement "f Ils ont été ce (jue nous sommes, donc nous poiivtiiis être ce «pi'ils sont. Multi vocati. prenons garde (pi'il n'y ait que peu d'élus. Pour les rejoindre, [)as nécessaire «l'opérer des miracles ni de faire des choses extraordinaires. Si vis ad ritatn ingredi serva mandata. Ilemplissons nos devoirs d'état. Qu'avons-nous à y perdre, même pour ce monde I Donc (jue les riches soient saints, que les pauvres l« soient aussi, etc. (Récapituler.)

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