XV. — Saint l^aurcnt
%\1S. In medio ignis non sum œstuatus. (Ecci.i., i-, 6.) Per multas tribulationes oportet nus intrare: on peut donc dire de tous les saints : Transierunt per if/nem, et edu.risti eus in refriijerium. Mais il n'en est point à qui ce texte s'applique avec plus de vérité qu'au glorieux saint Laurent, dont la lète est si solennelle dans toute l'Eglise : on la célèbre, en efTet, avec vigile et avec octave, sans doute parce que son sang commença à éteindre le feu des persécutions, et qu'après, l'Eglise ne tarda pas de triompher de ses persécuteurs. .^
SAÎNT LAURKNT 1155
HacoDions : i, sa vie, et II, son glorieux martyre.
i""!). I. Sa vie. t" Ouand Valénen l'interrogea sur sa naissance, le saint ilit ; Je suis cspntrnol, bien <]iic j'aie élé nourri à Home dès ma jeii- "" Tn'a fait clnrlien dès le berreaii, et j'ai toujours été élevé dans la it:e et la pratique des lois divines.
\ que ses vertus fussent grandes pour le faire élever à la dignité re des Papes; car, en ces temps, pour promouvoir aux saints •xiufait l'innocence conservée depuis le baptême.
lui donnait le soin d'administrer les trésors de l'Eglise, de iiivres, de pourvoir aux Irais des ministres sacrés; et saint l^aurent s en a(.(|uittait à la grande satisfaction du pape saint Sixte II.
-4" Son désir du martyre. Cependant Valérien, dont la fureur contre les
clM'ti.ns ■! lit extrême, fit arrêter le Souverain Pontife qu'il jeta dans la
pii>; n ^1 i!in rline. Saint Laurent l'apprit et il courut vers celui qu'il aimait
i\ pore. Où allez-vous, mon père, lui dit-il, sans votre fils? Vous
is sans moi le saint Sacrifice. Ai-je donc fait quelque chose qui
\ni,> ,. i.j'Im :• Me croyez-vous capable d'une lAcheté ? Vous m'avez confié
|.^ *..m '!.■ ii-penser aux fidèles le sang du Sauveur, et aujourd'hui vous me
lêler le mien à celui que vous allez répandre? N'e reculez pas
lice d'un enfant que vous avez élevé, son triomphe sera le
>aiiii Mxte, touché dçs généreux sentiments de son diacre, lui rcpon-
Mon fils, j(* ne vous abandonne pas, de plus grands combats que les
nt réserves : à moi (jui suis cassé de vieillesse, Jésus ménage
^ épreuves; à vous, qui êtes dans la vigueur de l'Age, de gran<ls
- -ni. préparés. Prenez patience, dans trois jours vous me suivrez ;
mt, prenez soin de distribuer les trésors de l'Eglise que je vous ai
;> ■ Saint Laurent s'éloigne donc du Pontife, et il va distribuer les biens de 1 t In.' Miit vtiiv.'s .ni\ iKiiivres, aux prêtres du Seigneur qui étaient cachés
nlion. En arrivant auprès d'eux, ce saint diacre • s pieds et par leur donner le baiser de paix ; donnait a chacun ce qui lui était nécessaire. Qui n'admirerait ici et son humilité, autant que son zèle pour le martyre? > I. \;:'S avoir passé la nuit dans ces saintes oMivres, le lendemain, iî \ r saint Sixte au supplice ; et il lui cria de loin : Père, ne m'aban-
tout ce que vous m'avez ordonné et distribué tous les - entendant ce langage se saisirent de lui et l'emmenèrent I lici uu Uibun. «jui rapporta le fait à Nalérien. et c'est ainsi que conmien(;a i;W(>. II. Soti martyre. Valérien l'interrogea sur ses trésors; le saint dia<rf ne r«''|M,n'iii |Miiiii et fut remis entre les mains d'IIippolyte. chevalier roiiiaiti. ijdi li' > n(, iiisil en pri.son. Parmi les prisonniers se li'uiivail un à fpii Laurent pnunil la guérison. s'il von! se fil baptiser, en effet, et il recouvra a
ses trésors- — Si -t, Ti
; , . , , I iiiri'iit I.- vi.iiv . . pro-
iiicts II II. cepen-
.i.lll' 111 .IIIICIIOI-
vru-. Laïu'ent i.i>|iolyte, il rt I,
ir. en lui <iisunt :
• «les scorpiiiiK. ptiis II. il ir>- .1 I bruliT avpi-
jii- iliii . Laurent, au
sii|'l'li ts. se riail du 1\imu. •) - < de le frapper ;i\
uni- 1'* plftinb. Il h" lit êlon'lr»' ir un ••br«vfil<'l cin
11- Ul L'iondrc sur uu JU ilo 1er, au-'icssuus UU'iucl li yr'iuuna 'i anumcr ae»
lir>6 iEtBS DES TAîNtâ
riiirbons. en iiu^nageanl la flainine de manière à prolonger les lourments ilii iii.u-tvr. en le bnilant à |tctil feu.
1rs :, ,\. (lisait Laurent à Vaiérien, ne sont que des raFraichissements pour iiiiii. ils nservcnl toute leur ardeur jiour le bnilcr toi-niôine élernelleinenl. Puis, peu apri's. il ajuiila : Ne vois-lu pas cpie ma chair est assez rôtie d'un tùlé? Tourne-la donc, de l'autre. Cependant sa vie s'éteignait au milieu des llammes. et sentant l'heure de la victoire arrivée, il reiiu-rcia Dieu, et rendit le dernier soupir. Ainsi mourut ce héros chrétien, <pii coulcssa la loi à Rome, avec nt»n moins de i:ourage que saint Ktienne à Jérusalem.
Nous avons besoin de tels exemples de nos jours, où nous cédons si lâchement, non aux tourments que la Providence épargne a notre faiblesse, mais il un sourire, à un vil respect humain : apprenons de saint Laurent à vivre en saint, pour mourir en saint. (Jomme lui, pratiquons la pureté, l'humilité, la charité à l'égard de nos frères, cl si nous n'avons pas comme lui la gloire rie mourir martyr, du moins nons aurons une place dans le ciel, où iJieu couronne les martyrs.
XTI. — Siiaiul Joaehim.
l';!Ni. Uloria /lominis ea: honore Patns sui. (liocLi., m, il5.) telle gloire a été la vùlre, auguste Mère de Dieu; elle a été aussi celle de votre lUenheu- 1 eux l'ère dont nous vous demandons de célébrer dignement les louanges ; miiis s'il a été une de vos gloires, vous avez été sa consolation et sa couronne.
I. (Uoria hominis ex honore Pafris sui. i» Saint Joachim, sous ce rapport, n'a rien à envier à aucun inorlcl. Il est (ils d'Abraham. d'Isaac et de .lacob, ces pati'iarchcs aimés de Dieu, ijui lui ont transmis leur foi aux promesses «liviiies, leur détachement des biens de la terre, leur obéissance aux ordres du ciel. Il compte parmi ses ancêtres des rois, et David en particulier. Bien «pie ré<luit à une condition modeste, il était berger, il avait conservé les nobles sentiments de ses ancêtres, et était l'émule de leurs grandes vertus. .Serait-ce exagéré de dire que par la foi, par la justice, il l'emportait sur tous ! (]ar,
20 II devait lui, être la gloire de sa fille unique, la Vierge Marie, l'immaculée, la plus pure des créatures. Ouelle sainteté ne lui fallait-il donc pas p.» n- n'être pas indigne d'une telle lille! Son nom nous indiijue (ju'il préhi- «laii [lar sa vertu à celle de son enfant ; car Joachim signifie préparution du Seiffneur, il préparait la venue de celle qui donnerait un .Sauveur à la terre et dont le sein virginal serait le sanctuaire du Très-Haut ; mais sanctuaire bien autrement saint (jue celui (ju'avait préparé David, et qu'édifia Salomon. Notre-Seigneur a dit : A'a.' fruclibus eorum cognoscetis eos. An fruit on connaît l'arbre ; mais quel arbre que celui cpii a produit .Marie ! Après Marie elle-même dont Jésus est le fruit béni, en est-il un qui puisse être i-omparé à Joachim et à sainte .\nne, que Joachim choisit pour épouse à vingt-quatre ans, et qui d'une naissance aussi illustre que lui, ne lui cédait jioint en sainteté ?
'i'.iSi. II. Le même esprit divin qui m'apprend que la gloire du père fait l'honneur des enfants, m'apprend aussi que : Filius sapiens lœtificat patrem.
I» Cette joie se fit longtemps attendre, car ceux «pii servent le .Seigneur doivent être prêts à l'épreuve. .\nne resta pendant de longues années stérile ; el c'était un opprobre chez les Juifs : ils ne connaissaient pas les gloires de la virginité que Jésus et Marie ont révélées à la terre. Une tradition raconte qut! Joachim, allant faire une offrande au temple, fut rebuté par un prêtre (pii lui reprocha de n'être pas [lère. 11 s'en alla confus sur les montagnes avec ses troupeaux, el là il priait, pendant que Anne de son cùté priait dans son jardin. L'u ange les consola tous deux séparément ; et quand Joachim fut de retour à sa maison, les deux saints époux se racontèrent l'un à l'autre la vision qu'ils avaient eue. La promesse de l'ange ne fut point vaine; car neuf mois après, le 8 septembre, naquit la divine Vierge, à laquelle par un miracle unique de grAce, ses bienheureux parents n'avaient point transmis la souillure originelle dans laquelle ils avaient été eux-mêmes conçus.